Le Conseil représentatif des institutions juives de France, anciennement le Conseil représentatif des israélites de France (CRIF). est une association d'intérêt général représentative, qui fédère différentes tendances politiques, sociales ou religieuses présentes dans la communauté juive de France. Il fédère plus de dont le Fonds social juif unifié et l'Alliance israélite universelle. Au niveau international, il est affilié au Congrès juif mondial.
Il représente la communauté juive auprès des pouvoirs publics et lutte contre l'antisémitisme.
Alors que le Crif comprend à ses débuts une grande pluralité de points de vue sur la question sioniste, il adopte dans les années 1970 une position qui lui est favorable, si bien qu'il est parfois qualifié de lobby pro-israélien.. Par ailleurs, des voix antisémites, en lien avec la théorie du complot juif, voient dans cette organisation un lobby juif.
Histoire Fondation Le CRIF est fondé en et est issu du Comité général de défense juive, créé dans la clandestinité dès dans la France occupée. Selon la première charte élaborée, son objectif premier est alors le sauvetage des Juifs réfugiés en France, alors gravement menacés par l'occupation par l'Allemagne nazie. Cette structure rassemble la plupart des divers mouvements activistes juifs athées de l'époque (communistes, bundistes et sionistes), avec la participation du Consistoire central israélite de France, instance religieuse historique officielle du judaïsme français. Ils rédigent une charte commune, qui sera le programme politique juif français pour l'après-guerre.
Dès sa forme primitive, il tend à unifier l'ensemble de la communauté juive. Dirigé par Léon Meiss le président du Consistoire central, le premier groupe réunit des personnalités telles que Léo Glaeser, Joseph Fisher, Chil Najman, Nahum Herman, Zvi Levin, Michel Topiol, Joseph Frydman, F. Schrager, Henri Adam, Claude Kelman, Adam Rayski..
À l'issue de la guerre, le CRIF se structure et établit ses premières passerelles politiques, notamment avec des organismes tels que le Congrès juif mondial et l'.
En , le Consistoire central obtient que les statuts du CRIF mentionnent que le président du Consistoire central préside aussi le CRIF.. Toutefois, seuls Léon Meiss de à et Alain de Rothschild de à cumulent les deux fonctions. En , la présidence des deux institutions est dissociée..
Soutien à l'État d'Israël et dénonciation du soutien au Hamas À ses débuts, le CRIF comprend une grande pluralité de points de vue sur la question sioniste. Les communistes, initialement très présents au sein de l'organisation, estiment notamment que .
D'après le chercheur Thomas Vescovi, le « franco-judaïsme » a laissé place au « franco-sionisme » au cours des années 1970. Cette évolution est symbolisée par la nouvelle charte du CRIF, adoptée en , qui définit l'. Désormais résolument , selon Charles Enderlin, l'organisation . Dans les années 1980 pourtant, le président du CRIF Théo Klein se situe dans une ligne plus critique, mais ne remet pas en cause l'orientation générale de l'organisation..
Dans les années 1990, le CRIF soutient le processus de paix avec les Palestiniens. Son président, Henri Hajdenberg, rencontre en Yasser Arafat alors président de l'Autorité nationale palestinienne, suscitant l'hostilité du premier ministre d'Israël, Benyamin Netanyahou, qui refusera de recevoir la délégation du CRIF. Jacques Kupfer, président du Likoud de France, se montre également hostile aux dirigeants du CRIF, qu'il appelle la . L'échec du sommet de Camp David, en , suivi par le déclenchement de la seconde Intifada et par l'élection de Roger Cukierman à la tête du CRIF, modifient radicalement cette approche..
Entre et , le CRIF estime que la lutte contre l'antisémitisme est une . Roger Cukierman déclare sur RTL :
Le président du CRIF s'en est pris à plusieurs partis de gauche, dont le Parti communiste français les accusant sur la Radio France internationale le de soutenir le Hamas : par leurs participations aux manifestations contre la guerre de Gaza. Marie-George Buffet lui répond deux jours plus tard : Quelques semaines plus tard, la dirigeante du PCF ne sera pas invitée au dîner annuel du CRIF..
Henri Hajdenberg, président de à , explique ce repli par . . Au moment de la seconde Intifada, des Juifs de France ont pu avoir le sentiment d'être insuffisamment protégés contre les violences antisémites, accusant le gouvernement Jospin de « laxisme ». Les questions sécuritaires ayant marqué l'élection présidentielle de , les voix des Juifs se sont reportées vers la droite. Le CRIF est courtisé par Nicolas Sarkozy avant l'élection présidentielle de et il en est resté un interlocuteur attentionné. Le vice-président du CRIF Meyer Habib assure les relations entre le président français et Benyamin Netanyahou, dont il est l'un des plus influents conseillers.. En , les Verts et le PCF ne figuraient ainsi pas parmi les invités au dîner annuel du CRIF.
Après que l'ancien Premier ministre, Raymond Barre, a défendu Maurice Papon et Bruno Gollnisch, stigmatisant le , le Crif s'est dit , accusant Raymond Barre de ..
En , l'écrivain et journaliste Jean Daniel dénonce ce qu'il considère être dans certains cas de la part du CRIF une , et Jean-François Kahn (sous son pseudonyme François Darras) écrit que le CRIF , rappelant que ..
En , Meyer Habib permet l'élection au comité directeur de Gilles-William Goldnadel, avocat de personnalités comme Anne Kling, responsable du parti régionaliste et identitaire Alsace d'abord et de l'essayiste italienne Oriana Fallaci. Pour Mediapart : ..
En , Les Études du CRIF considèrent que la fonction de la barrière de séparation israélienne édifiée entre Israël et les Territoires palestiniens occupés est de .
Le , Richard Prasquier est réélu face à Meyer Habib par contre 61. et, à l'issue de son mandat, Francis Kalifat est élu pour lui succéder le .
En , le CRIF soutient l'annonce du président des États-Unis, Donald Trump, de vouloir implanter à Jérusalem l'ambassade américaine en Israël et demande au président français, Emmanuel Macron, de faire de même alors que ce dernier juge la position américaine ..
Selon Jacques Lewkowicz, président de l'Union des Juifs pour la résistance et l'entraide, ..
Avant les élections législatives de , la consigne de vote donnée par le CRIF est avec le slogan ..
En , le CRIF appelle le gouvernement français à ne pas reconnaitre d’État palestinien. Alors qu'Emmanuel Macron avait évoqué la possibilité d'une telle reconnaissance, l'organisme critique un retour des ..
En , le CRIF reconnaît apporter un soutien à Léon le média, connu pour un montage mensonger visant à faire croire que Jean-Luc Mélenchon a tenu des propos antisémites, ce qui n'est pas le cas ; de plus, ce site n'a pas de mentions légales, bien qu'elles soient obligatoires....
Défections En , le Consistoire central israélite de France se retire du Crif après avoir demandé, sans succès, une meilleure représentation au sein du CRIF..
En , l'Union des Juifs pour la résistance et l'entraide (UJRE), mouvement né dans la Résistance et cofondateur du CRIF, décide de suspendre sa participation. Dans une lettre ouverte à son président Richard Prasquier, elle déclare s'inquiéter , considère que la direction s'en prend au caractère en n'invitant plus ni les Verts, ni le PCF au dîner annuel et déclare que le CRIF doit ..
En , c'est l'ancien président du CRIF Théo Klein qui rompt avec celui-ci, reprochant à Richard Prasquier de participer à la campagne contre le journaliste de France Télévisions Charles Enderlin dans l'affaire Mohammed al-Durah, en utilisant le site et la lettre d'information du Conseil pour relayer les propos diffamatoires et condamnés comme tels à plusieurs reprises par la justice française..
Fonctionnement Le CRIF est composé des organes suivants : un Bureau exécutif ; un Comité directeur ; des commissions spécifiques ; une assemblée générale représentant toutes les associations membres ; des sections régionales.
Le président du CRIF est élu par l'assemblée générale pour un mandat de trois ans, renouvelable une seule fois.
Présidents vignette|Roger Cukierman en . Léon Meiss : Vidal Modiano : Ady Steg : Jean Rosenthal : Alain de Rothschild : Jean-Paul Elkann : par intérim à la suite de la mort d'Alain de Rothschild Théo Klein : Jean Kahn : Henri Hajdenberg : Roger Cukierman : Richard Prasquier : Roger Cukierman : Francis Kalifat : . Yonathan Arfi : depuis le .
Antisémitisme et racisme : cause commune Le , le CRIF et le Conseil représentatif des Français d'outre-mer (CReFOM) signent un mémorandum commun afin d'unir leurs forces contre le racisme et l'antisémitisme.. Celui-ci prévoit la création d'une commission paritaire entre les deux organisations afin de définir les actions communes. Le CRIF et le CReFOM souhaitent créer un mémorial commun en Île-de-France à la mémoire des victimes de la Shoah et de l'esclavage..
Controverses et polémiques Polémiques de et Selon , à partir de se répandent sur les réseaux sociaux des appels à la , en référence à la séparation des Églises et de l'État. en fait état en en jugeant que c'est et l'observe chez des personnalités telles que François Burgat ou Tariq Ramadan..
En , l'Union juive française pour la paix qualifie le CRIF de faisant pression pour censurer.. toute critique et accusation de violation des droits de l'homme en Israël.. Puis en , le président du CRIF Roger Cukierman est critiqué par SOS Racisme. et le Conseil français du culte musulman pour avoir déclaré : . Ils lui reprochent par ailleurs l'expression et d'avoir qualifié Marine Le Pen ..
Le , après la marche blanche qui suit le meurtre de Mireille Knoll, le président du CRIF Francis Kalifat est critiqué par nombreuses personnalités politiques de tous bords, certaines estimant qu'il ne représente pas les Juifs de France, car il a refusé la venue de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon au motif que les antisémites seraient à l'extrême gauche et à l'extrême droite. Daniel Knoll, fils de la victime ne se dit , déclare que à la marche blanche, ajoutant : ....
La ministre de la Justice, Nicole Belloubet et le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, indiquent ne pas partager la position du CRIF. Les remous conduisant à l'exfiltration de Jean-Luc Mélenchon sont déclenchés par un groupe de la Ligue de défense juive (LDJ), menée par son chef de file Eliahou, un proche à la fois du CRIF et de l'extrême droite, selon l'enquête de StreetPress...
Polémique avec Dominique de Villepin