Le bharata natyam, auparavant appelé Sadir ou Dasi Attam, est une danse classique indienne originaire du Sud-Est de l'Inde, du Tamil Nadu actuel.
C'est l'une des plus anciennes danses traditionnelles indiennes, liée aux pratiques religieuses dès son origine. Elle est l'une des huit formes de danse reconnues par la (Académie indienne des la musique, la danse et le théâtre). Elle exprime les thèmes religieux et les idées spirituelles de l'Inde du Sud, en particulier le shivaïsme, le vishnouisme et le shaktisme.
Une description du bharata natyam, au de notre ère, est mentionnée dans l'ancienne épopée tamoule Silappatikaram, tandis que les sculptures des temples du de notre ère suggèrent qu'il s'agissait d'un art du spectacle bien raffiné au milieu du premier millénaire de notre ère. Cette forme de danse était répandue dans l'ancien Tamil Nadu, et plusieurs livres les ont codifiés comme le Nâtya-shâstra. Le Nâtya-shâstra n'est qu'une codification par un auteur inconnu de nombreuses formes de danses qui existaient à travers l'Inde.
La pratique de la danse a souffert au d'une dévalorisation de cet art par les colonisateurs britanniques. Avec le temps, elle fut interdite sous la domination britannique, mais resta autorisée dans les comptoirs français de Pondichéry (Sud du pays). La tradition a été sauvée puis renouvelée au cours du , notamment après l'indépendance.
Il existe différents styles de bharata natyam. Le bharata natyam est souvent une danse de soliste dont l'apprentissage est très difficile et très long. Souvent enseignée aujourd'hui aux jeunes filles, elle est restée ouverte aux garçons.
Caractéristiques thumb|center|upright=1.85| Deux danseuses de Bharatanatyam dansent à Sri Raghavendra Swamy Mutt Sri Raghavendra Swamy Mutt est un temple et un centre de pèlerinage dédié au saint Raghavendra Swamy, situé à Mantralayam, dans l'État de l'Andhra Pradesh, en Inde. , RR Nagar est un quartier de Bangalore, au Karnataka. (2024).
Sthana (positions du corps) Il y a trois positions du corps (sthana ou sthanaka) en bharatanatyam, debout, semi-assise, et totalement assise.
Samam ou samapadam. Les pieds sont joints, la danseuse se tient debout, droite.
Araimandi, aramandi, ardhamandi ou ardhamandala. C'est la position la plus caractéristique du bharatanatyam. Les pieds sont ouverts, talons joints, dans un angle proche de 180°. Les genoux sont pliés, les jambes formant un losange, et le dos est droit. La danseuse est dans une position semi-assise. Muzhumandi. Les jambes sont totalement pliées et ouvertes, formant un angle proche de 180°. La danseuse est quasiment assise. Une quatrième posture, alidha, est parfois considérée, lorsque la jambe gauche est pliée comme en position araimandi, et la jambe droite est tendue, le talon contre le sol et le reste du pied et les orteils levés. (La position inverse, avec jambe droite pliée et jambe gauche tendue, est pratyalidha).
Position et mouvement des pieds Les positions des pieds sont désignées avec leurs mouvements par de nombreux termes techniques..
Position des deux pieds
Sama, pieds joints en position naturelle, l'un à côté de l'autre, orteils vers l'avant (position des pieds lorsque le corps est en samam) ;
Parshva, pieds tournés vers l'extérieur pour former une ligne droite (position des pieds lorsque le corps est en araimandi) ;
Tryasra, les pieds forment un "V" ;
Swastika, les pieds sont croisés.
Position de chaque pied
Ancita, talon contre le sol, et le reste du pied est levé (position d'un pied lorsque le corps est en alidha).
Agratala Sancara, orteils et pointe de pied contre le sol, talon levé (position d'un pied lorsque les deux pieds sont croisés en swastika).
Suci : un pied est contre le sol, l'autre est en pointe, avec seulement le gros orteil qui touche le sol.
Mouvements des pieds Sarika : le pied se déplace sans être levé.
Mardita : la plante de pied frotte le sol.
Skhalita : le pied est glissé sur le sol.
Frappes des pieds Kuttanam : le pied frappe le sol.
Udghattita : frappe de talon dans laquelle le talon se lève alors que les orteils restent contre le sol.
Tadita : le talon reste contre le sol, l'avant du pied se lève et frappe le sol.
Kutta : le pied est sur demi-pointe, talon levé, et la demi-pointe va frapper le sol.
Positions des mains Les mains effectuent différents mudras. Leur orientation est également codifiée en quatre positions : uttana, paume vers le haut, adhomukha, paume vers le sol, unmukha, paume vers soi, paranmukha, paume à l'opposé de soi. Les pas de danse, adavu Les adavus sont les pas de base du bharatanatyam. Ils seraient inspirés des karanas, les 108 positions de base de la danse décrits dans le traité Natyashastra.
Un adavu est caractérisé par sthanaka, la position du corps lors de sa réalisation, chari, le mouvement de la jambe et du pied, et hasta, le geste de la main. Chaque adavu a différentes variations, parfois caractérisée par le sollukatu, c'est-à-dire les syllabes rythmiques, sur lequel la variation est effectuée.
Une combinaison d'adavu s'appelle korvai, et son exécution (généralement très rapide) s'appelle jati. Un jati se conclut par un teermanam, un adavu particulier où la danseuse va faire passer son bras derrière elle, la tête tournée vers lui, puis le ramener par-dessus sa tête devant elle, vers le bas.
Tattadavu La danseuse est en position araimandi, jambes pliées formant un losange. Elle fait remonter son pied vers sa cuisse, sans lever le genou, et frappe ensuite ce pied sur le sol. Toute la plante du pied doit frapper le sol. Il y a six ou huit variations de tattadavu. Les mains sont généralement placées dans le dos, au bas des reins, les coudes formant un losange de part et d'autre. +VariationSollukatuDescription1taiya tai taiya tai taiya tai taiya taiLes jambes alternent et frappent à droite et gauche2taiya tai taiya tai taiya tai taiya taiLes jambes alternent deux frappes à droite, deux à gauche.3taiya taiya tai taiya taiya taiTrois frappes à droite, un temps, trois frappes à gauche.4taiya taiya tai taiya taiya taiQuatre frappes à droite, quatre frappes à gauche.5taiya taiya tai taiya taiya taiCinq frappes à droite (2 séparées d'un temps, 3 séparées d'un demi-temps), 1 demi-temps, puis idem à gauche.6taiya tai taiya tai taiya tai taiya taiSix frappes à droite (3 frappes séparées d'un demi-temps, 1 demi temps, à nouveau 3 frappes séparées d'un demi-temps, 1 demi temps), idem à gauche.
Nattadavu Le nattadavu est caractérisé par l'utilisation de la position de la jambe ancita, la jambe est tendue, le talon contre le sol et le reste du pied et les orteils levés.
Comme pour les autres adavus, différents variations existent. Ci-dessous la description des deux variations les plus simples. +VariationSollukatuDescription1tai yum tat tha tai yum ta haCette variation commence en position araimandi, les bras tendus de part et d'autre, les mains en mudra tripataka, paumes vers le bas. La jambe droite va se placer en ancita, frappant le sol du talon. Simultanément, le visage se tourne vers la droite et la paume droite se tourne vers le haut. Puis on revient en position de base (pied, main et visage), en frappant cette fois le sol avec toute la plante de pied. Le mouvement similaire est effectué à gauche.2tai yum tat tha tai yum ta haPareil que le 1, sauf que deux mouvements sont effectués à droite puis deux mouvements à gauche.
Alarippu Alarippu est constitué de pas de base dont le nombre total s'élève à 218.
Les phases de la danse Un spectacle typique comprend plusieurs phases, le tout étant appelé margam, chemin. Les phases sont différenciées selon leurs longueurs, leurs thèmes, et surtout selon qu'elles soient des morceaux de danse pure (nritta) ou avec une transmission des sentiments par l'expression du visage (abhinaya).
Pushpanjali
Une prière traditionnelle d'ouverture au dieu Ganesha, qui écarte les obstacles. Elle comprend une courte partie d'abhinaya (expressions du visage). C'est une prière avec des fleurs (pushpa, पुष्पं, signifie fleurs en sanskrit). La prière dure environ 8 minutes, les deux premières consistant en des frappes de pieds en tenant les fleurs, puis les fleurs sont offertes à la divinité Nataraja (shiva dansant).
Une présentation du tala (rythme), suite de syllabes chantées par la danseuse.
Le reste de la prière comprend une séquence de danse pure (Nritta). Cette danse est entièrement dédiée au dieu Nataraja. Entièrement technique, elle représente l'ouverture : les postures et les mouvements de plus en plus complexes symbolisent l'épanouissement d'une fleur et de l'art. Jathiswaram C'est une danse technique, rapide et rythmée. Le rythme est scandé par le tambour. La danseuse montre ici sa dextérité dans le travail des pieds et la grâce des mouvements de son corps. Les pas (ou Jatis), composés dadavus (enchaînements de mouvements) sont chorégraphiés en harmonie avec les notes (ou svara) sur une mélodie (appelée raga). Le jathiswaram est composé de 5 ou 6 séquences rythmiques, séparées par un interlude de quelques pas plus lents et d'une pause.
Shabdam Dans cette séquence d'une dizaine de minutes, la danse est accompagnée par un poème ou une chanson sur un thème dévotionnel ou amoureux. Ici le récit est chanté par la danseuse et pas par le nattuvanar (contrairement au varnam). Cette danse parle souvent des dieux, racontant une histoire ou un récit épique. Dans le déroulement d'un récital, c'est la première danse narrative, développant labhinaya qui signifie l'expression du visage ou du corps.
Varnam alt=Géraldine Nalini|vignette|329x329px|Figure de dos Aussi appelée Pada Varnam (à ne pas confondre avec Tana Varnam). La pièce centrale du spectacle. C'est aussi la partie la plus longue qui montre les mouvements les plus complexes et les plus difficiles. Les positions des mains et du corps racontent une histoire, habituellement d'amour et de désir. La danseuse incarne un personnage de nayika, héroïne romantique. Le varnam est généralement soit un dialogue entre la nayika et son amant, le nayaka, soit un dialogue entre la nayika et son amie, la sakhi (les personnages de nayaka et sakhi étant imaginaires). Elle varie entre sa partie technique et sa partie d'abhinaya et dure de .
Padam Les thèmes et le style de cette partie sont similaires à ceux du varnam, mais le padam est bien plus court (quelques minutes). C'est la partie la plus lyrique et la plus orientée vers l'expression des sentiments. La danseuse exprime certaines formes d'amour : dévotion à l'être suprême, amour maternel, amour des amants séparés puis réunis. Tout comme le shapdam ou le javali, c'est une danse d'abhinaya.
Javali Danse d'abhinaya pure ; parfois, elle se substitue au Padam, parfois seul le Padam est dansé, parfois les deux séquences sont dansées dans la composition totale. vignette|Figure de face.
Thillana Cette dernière partie d'une dizaine de minutes est une danse abstraite (ou danse pure, nritta, c'est-à-dire basée uniquement sur les mouvements et sans abhinaya), où la virtuosité de la musique trouve son parallèle dans le travail des pieds et les poses captivantes de la danseuse. C'est la danse la plus technique qui clôt le spectacle.
En sanscrit thillana signifie « explosion de joie ».
Mangalam Le spectacle se termine par la récitation de quelques versets religieux en forme de bénédiction.
Musique et instruments La musique est dans le style carnatique du sud de l'Inde..
Les instruments utilisés dans l'ensemble cinna mêlyam (« petit ensemble ») accompagnant le bharata natyam sont le mridang (tambour), le nâgasvaram (un hautbois), la flûte venu, le violon et la vînâ (un instrument à cordes, luth indien)..
Histoire Origines possibles de l'expression