vignette|Mère transportant ses enfants dans un vélo cargo, un mode de transport en fort développement dans les pôles urbains.. vignette|Le vélo à assistance électrique permet d'étendre le rayon d'utilisation du vélo pour les trajets domicile-travail et cible ainsi davantage des utilisateurs périurbains ou éloignés de leur lieu de travail. vignette|Tramway à droite et tram-train à gauche à Mulhouse. Ce dernier mode de transport circule à la fois sur le réseau de tramway urbain et sur le réseau ferroviaire périurbain, qui se retrouvent ainsi interconnectés. vignette|Embouteillage à Miami en heure de pointe malgré la construction de de circulation, une scène habituelle des grandes villes. L'écomobilité cherche des réponses à ce type de problèmes, générés par les modes de transport développés au .
L'écomobilité ou mobilité durable est une notion apparue dans le sillage des questions de développement durable, qui comprend la conception, la mise en place et la gestion de modes de transport moins nuisibles à l'environnement et à la santé humaine, en particulier à moindre contribution aux émissions de gaz à effet de serre et à la pollution de l'air. Dans les pays importateurs de combustibles fossiles, l'écomobilité est également un enjeu important de souveraineté énergétique. Lorsqu'elle repose sur des moyens de transport actifs, elle permet en outre de lutter contre la sédentarité et ses effets négatifs sur la santé publique.
L'écomobilité est plus simple à mettre en œuvre, donc plus souvent pratiquée, en milieu urbain et périurbain qu'à la campagne. Des moyens techniques et des alternatives ont été et sont développés, et des mesures politiques ont montré des effets positifs dans certaines villes ou régions, mais un défi majeur reste la transition écologique, qui implique de mettre en place les conditions du changement et de l'acceptabilité des alternatives aux transports « non durables ». Ces conditions impliquent une mise en œuvre de haute qualité de systèmes innovants et performants, et nécessitent de trouver la confiance et l'acceptation de nombreuses parties prenantes ainsi qu'une participation active. Le covoiturage fait partie des solutions, notamment là où l'offre de services de transport durable est insuffisante.
La relance du transport ferroviaire (train, métro, tramway, tram-train), du vélo et de ses évolutions (vélo à assistance électrique, vélo cargo) figure parmi les mesures mises en œuvre pour lutter contre le changement climatique et la pollution de l'air. En France, elles sont notamment préconisées par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). En effet, ces moyens de transport présentent une très bonne efficacité énergétique. D'autres modes de transport économes en énergie comme la trottinette électrique font aussi leur apparition en milieu urbain.
Définition Selon Olivier Dupéron, la mobilité durable (ou écomobilité) ..
L'écomobilité mobilise les notions de service et de forme urbaine D. Stead et S. Marshall, « The relationships between urban form and travel patterns. An international review and evaluation » , European Journal of Transport and Infrastructure Research, 1 (2), 113-141, 2001., de sécurité, de moindre pollution, d'économies d'énergie et donc d'éthique de l'environnement, mais aussi d'appropriation du sujet Van den Bergh, J. C. J. M., Van Leeuwen, E. S., Oosterhuis, F. H., Rietveld, P. et Verhoef, E. T., « Social learning by doing in sustainable transport innovations: Ex-post analysis of common factors behind successes and failures », Research policy, 36(2), 2007, ., de gestion du temps, de santé publique et de qualité de vie. invite à D. Banister, « Planning more to travel less: land use and transport. Town Planning Review », 70(3), 1999, 313 (résumé)..
Enjeux vignette|droite|Différents modes de transport à Prague.
L'écomobilité est la croisée de la décarbonation des transports., de l'aménagement du territoire et de la gestion du temps (le temps est pour chacun une ressource non renouvelable), le plus souvent traités par les Agendas 21, à toutes les échelles, locale comme régionaleAssociation Réseau Alliances, sur declic-mobilites.org (consulté le 28 octobre 2016).« Bâtiments neufs : plus de places pour les voitures électriques et les vélos », sur promobilite.fr, 24 octobre 2016 (consulté le 28 octobre 2016).. La discipline scientifique qui traite de ces enjeux est l'écologie des transports.
Santé
En 2022, 99 % de la population mondiale respire un air dont le niveau de pollution ne respecte pas les normes de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Celle-ci recommande, entre autres, de mettre en place des .. La pollution de l'air dans les villes et les campagnes par les oxydes d’azote (NOx) provoque le décès prématuré de dizaines de milliers de personnes dans le monde... Dans l'Union européenne, 9 % des décès par cancer du poumon sont dus à la pollution de l'air..
La navigation maritime commerciale, qu'il s'agisse des navires de croisière ou commerciaux, pose un problème majeur de pollution de l'air dans les ports, à cause des fiouls lourds de mauvaise qualité qu'elle emploie et des gaz d'échappement des navires rejetés sans traitement.. Dans les ports, où l'on s'attendrait à ce que l'air soit propre, balayé par les vents marins, il s'avère en fait extrêmement pollué par les particules fines.. En 2024, au sein de l'Union européenne, les camions ne sont soumis à aucune contrainte visant à la diminution de leurs consommations, situation critiquée par les associations de protection de l'environnement...
L'OMS considère par ailleurs que la sédentarité est un enjeu de santé publique majeure, et encourage explicitement la pratique de la marche et du vélo pour les adultes et les séniors (65 ans ou plus).. D'après l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, il faudrait , par exemple ..
Climat
Entre 2020 et 2021, la hausse des émissions de dioxyde de carbone dues aux transports terrestres a été de 8,9 %.. Selon l'Öko-Institut, l'Union européenne devrait diminuer ses émissions dues aux transports de 94 % d'ici 2050 pour éviter une augmentation de la température globale de ou plus..
Le Haut Conseil pour le climat pointe la responsabilité des transports dans les émissions de gaz à effet de serre. : compromettent les efforts de réduction des émissions.. En matière de mobilité des personnes, le développement du train est une composante nécessaire pour tenir les objectifs de la stratégie nationale bas carbone ; il doit être accompagné d'autres mesures en faveur d'une réduction de la demande, d'un report modal vers des modes de déplacement moins énergivores tels que le vélo et la marche, du covoiturage et d'une amélioration de l'efficacité énergétique des véhiculesAurélien Bigo, Le train, grand oublié de la transition énergétique ?, The Conversation, 20 juin 2018 (également sur connaissancedesenergies.org).« Transition énergétique : l’heure de vérité ? » , communiqué de l'association négaWatt.. The Shift Project mise fortement sur le train pour atteindre les objectifs de décarbonation européens..
Toutefois, pour certaines liaisons nécessitant de gros travaux, la construction du réseau ferré peut entrainer une émission substantielle de . Dans le cas par exemple de la liaison ferroviaire transalpine Lyon - Turin par tunnel, la Cour des comptes européenne estime que le lié à sa construction ne sera compensé qu'au moins 25 ans après la mise en service de l'ouvrage..
Concernant la décarbonation des transports, l'écocomparateur de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie fournit une estimation de la contribution à l'effet de serre de différents modes de transport en France. :
+ Contribution à l'effet de serre pour cent voyageurs-kilomètres en France Mode de transport kg équivalent- Avion (court courrier) 23,0 Moto 19,2 Avion (moyen courrier) 17,8 Avion (long courrier) 15,2 Voiture thermique 13,6 Bus thermique 11,2 Scooter et moto légère 7,6 Voiture électrique 6,5 TER 2,9 Autocar 2,9 Vélo à assistance électrique 1,0 Trottinette électrique 1,0 RER ou Transilien 0,7 Train Intercités 0,6 Métro 0,3 Tramway 0,2 TGV 0,2 Vélo, marche 0,0
L'effet des traînées de condensation est inclus.. Le chiffre proposé par l'écocomparateur pour les voitures thermiques repose sur l'hypothèse d'un seul occupant. La documentation de la Base Empreinte considère que le taux d'occupation moyen est de pour les trajets mixtes. ; ce taux a été appliqué dans le tableau ci-dessus. Les émissions associées à la production et à la distribution du carburant et de l'électricité et à la production des véhicules sont prises en compte ; celles liées à la production des infrastructures ne le sont pas. La Base Empreinte fournit des bilans plus précis, qui prennent en compte la distance parcourue.
Ce comparateur porte sur les transports en France, où les trains fonctionnent à l'électricité et l'électricité est largement décarbonée. Le bilan serait différent dans d'autres pays. Au Royaume-Uni, seul 42 % du réseau ferré est électrifié. L'électrification du réseau figure parmi les pistes envisagées pour relancer son économie à la suite de la pandémie de Covid-19 et contribuer à l'amélioration du bilan carbone du pays..
Dans un communiqué conjoint, l'Union internationale des chemins de fer (UIC) et l'Union internationale des transports publics (UITP) regrettent que la COP26 ne traite des transports que sous l'angle de la voiture électrique, alors que la décarbonation ne peut se faire sans le vélo, le rail et les transports en commun..
Connectivité écologique et emprise au sol
Des enjeux de connectivité écologique apparaissent, selon que les voies utilisées pour les transports ont un faible impact pour la biodiversité ou sont au contraire source de fragmentation écologique.Étude EEA, sur actu-environnement.com. et souvent de pollution lumineuse. (elle-même source de fragmentation). Ainsi, la passerelle à gibier construite au-dessus de l'autoroute A4 dans le col de Saverne sert aux randonneurs plus qu'à la faune sauvage, faute d'une conception adaptée et d'autres moyens d'échange de population entre les Vosges du Nord et le reste du massif..
La totalité des rues, routes et parkings en France occupe une surface de Science et Vie, , mai 2016, ... Selon une étude de l'Office allemand pour l'environnement, dans les villes (de ou plus), le nombre de voitures ne devrait pas dépasser pour . Il faut renforcer l'offre en transports en commun, complétée par des voitures en autopartage. Les espaces de rue ou de parking ainsi gagnés peuvent devenir des espaces verts, ou des terrains à construire. En outre, ces mêmes villes devraient proposer des voies pour les vélos et les piétons..
Selon David Banister, la transition écologique implique de mettre en place les conditions du changement et de l'acceptabilité des alternatives aux transports « non durables » D. Banister, Unsustainable transport: city transport in the new century, Taylor & Francis.. Le rail bénéficie certes d'une efficacité énergétique exceptionnelleAurélien Bigo, Le train, grand oublié de la transition énergétique ?, The Conversation, 20 juin 2018., mais les doubles clôtures des lignes à grande vitesse le rendent écologiquement fragmentant. À titre d'exemple, la population des environs de Nuremberg s'oppose à la construction d'une usine de réparation des trains à grande vitesse (ICE) longue de 3 à et large de 300 à au motif qu'il s'agit d'une immixtion importante dans la nature., même si par ailleurs les installations ferroviaires contribuent à réduire l'emprise au sol des transports.. Cela illustre le problème de l'acceptabilité locale.
Urbanisme vignette|L'étalement urbain favorise de facto l'automobile.