est un homme d'État japonais, Premier ministre du Japon de à .

Membre de Chambre des représentants de à pour l'ancien électoral de sa préfecture natale, puis pour sa nouvelle dès , il est notamment ministre des Finances de à dans le gouvernement dirigé par Naoto Kan.

Le , il est désigné président du PDJ, majoritaire à la Chambre des représentants ; il dirige, au sein de ce même parti, une faction hostile à Ichirō Ozawa, connue pour ses positions réformatrices et libérales, tout en étant conservatrices dans le domaine fiscal. Élu Premier ministre le lendemain par la Diète, il est investi par l'empereur Akihito le suivant.

À l'issue des élections législatives anticipées de 2012, sa formation subit une importante défaite face au PLD. Il présente la démission de son gouvernement dans la foulée de ce scrutin.

En , il est élu président du Parti démocrate constitutionnel et devient alors le chef de l'opposition parlementaire.

Origines et études

Yoshihiko Noda est le fils d'un soldat de la Force terrestre d'autodéfense, , membre de la Brigade aéroportée stationnée dans la base de Narashino à Funabashi dans la préfecture de Chiba et la banlieue est du Grand Tokyo. Il y naît et y grandit, et a toujours conservé dans son action politique une volonté de faire mieux respecter les Forces japonaises d'autodéfense et de les faire reconnaître comme une armée conventionnelle « Daily summary of Japanese press », , éd. American Embassy, 2004. Son frère cadet, , est élu à l'Assemblée municipale de Funabashi depuis 1999.

Il est élève à l'école élémentaire municipale de Yakuendai de 1964 à 1970, puis au collège municipal Ninomiya dans le quartier de Takidai de 1970 à 1973 et enfin au lycée préfectoral de Funabashi de 1973 à 1976. Une fois ses études secondaires terminées, il est admis en au sein de la faculté de science politique et d'économie de l'université Waseda dans l'arrondissement de Shinjuku à Tokyo. Il souhaite à l'époque devenir journaliste, et dit avoir pour modèle le journaliste indépendant Takashi Tachibana. Il est diplômé en science politique en mars 1980.

Il intègre ensuite, dès le mois suivant, la première promotion de l'Institut Matsushita de politique et de management, à Chigasaki dans la préfecture de Kanagawa. Noda y côtoie notamment Ichirō Aisawa, président du Conseil des Affaires de la Diète du Parti libéral-démocrate de 2010 à 2011, Yasutomo Suzuki ou Shin'ya Ono. Il en sort en 1985. Par la suite, il exerce plusieurs petits emplois, donne par exemple des cours privés à domicile ou est inspecteur du gaz de ville avant d'être directeur d'un cabinet de conseil éducatif privé ainsi que secrétaire général d'une organisation pour la politique de la jeunesse.

Carrière politique

Élu préfectoral puis première expérience à la Diète

Yoshihiko Noda se présente pour la première fois en à une élection pour obtenir un siège à l'Assemblée préfectorale de Chiba dans le district correspondant à sa ville natale. Menant campagne seul, sans le soutien d'aucun parti ou groupe de pression particulier, il est qualifié par les médias de « candidat perpétuel, jamais gagnant ». Pourtant, il est élu à 29 ans, et même reconduit quatre ans plus tard. De cette époque, il a gardé l'habitude de s'exprimer chaque matin sur les places publiques faisant face aux gares ferroviaires de sa circonscription, au contact de la population, ce qui lui a permis d'obtenir le soutien des électeurs les plus indécis et de lui constituer une base électorale solide R. YOSHIDA, « DPJ's Noda intent on pursuing noble cause in Diet », The Japan Times, 24/04/2003 Extrait d'un article du Yomiuri Shimbun du 10 juin 2010 in D. SMITH, « PUBLIC SPEAKING TOKYO NEWS », Public Speaking Tokyo. C'est également durant sa première campagne qu'il rencontre celle qui va devenir son épouse en 1992, , née en 1963 et fille de gérants d'une petite usine originaire de l'arrondissement d'Edogawa à Tokyo, qui lui a été présentée par l'un de ses partisans. Ensemble, ils ont eu deux fils, nés en 1992 et 1995 Yomiuri Shimbun, ANN, « », Diva, 10/09/2011.

Après être resté sans étiquette pendant cinq ans, il adhère à sa fondation en 1992 au Nouveau parti du Japon (NPJ). Celui-ci a été lancé par l'ancien gouverneur de Kumamoto, Morihiro Hosokawa, jusque-là membre du Parti libéral-démocrate (PLD), grand mouvement de droite et conservateur au pouvoir depuis sa création en 1955. Choqué par les scandales politico-financiers qui ont touché ce dernier à partir de la fin des années 1970, Hosokawa fait ainsi dissidence. Il rallie à lui de jeunes élus locaux ou figures de la société civile (telle la présentatrice de TV Tokyo Yuriko Koike), dont plusieurs anciens élèves de l'Institut Matsushita, voulant une réforme profonde du système politique, économique et social sur la base de la libéralisation, de la transparence, de la décentralisation et de la baisse du poids de l'administration d'État.

Yoshihiko Noda se présente sous cette étiquette, et avec le soutien du Nouveau Parti pionnier (autre petit mouvement tout juste créé par de jeunes parlementaires PLD progressistes et appelant à plus de morale et d'idéaux dans la vie politique japonaise, aussi appelé Nouveau parti Sakigake ou NPS) aux élections législatives du , au vote unique non transférable dans l'ancien de Chiba (soit la ville du même nom et ses environs directs à l'ouest de la préfecture, dont Funabashi) où cinq sièges sont à pourvoir. Dans le cadre d'un scrutin marqué par une forte montée des partis opposés au PLD, et tout particulièrement de ceux centristes, libéraux et réformateurs fondés en 1992 ou 1993 par des dissidents de ce dernier, Noda obtient le meilleur score avec voix et 20,54 % des suffrages exprimés. Alors qu'il s'agit de sa première candidature, il bat ainsi les quatre sortants qui se représentaient, dont un qui n'est pas réélu Résultats des élections législatives japonaises de 1993 dans l'ancien de Chiba, sur le site www.senkyo.janjan.jp.

Désormais député à la Chambre des représentants, il devient secrétaire général adjoint du NPJ, secondant les secrétaires généraux et numéros 3 du parti successifs Satoshi Arai puis Masuo Matsuoka. Sa formation participe alors à une coalition anti-PLD, anti-communiste formée de sept mouvements (outre le NPJ, il s'agit à gauche ou au centre gauche du Parti socialiste japonais (PSJ), du Parti démocrate socialiste (PDS) et de la Fédération sociale-démocrate (FSD), au centre du NPS et du Kōmeitō d'influence confessionnelle bouddhiste, et au centre droit du Shinseitō) et Morihiro Hosokawa devient Premier ministre. Cette majorité ne dure toutefois que moins d'un an, en raison de l'écart idéologique souvent important entre ses membres et des critiques apportées à l'influence en coulisse du secrétaire général du Shinseitō, Ichirō Ozawa. Morihiro Hosokawa, touché par un scandale financier, doit démissionner en et la coalition éclate le . Le PSJ et le Nouveau Parti pionnier rejoignent le PLD dans une Grande Coalition qui porte à la tête du gouvernement le socialiste Tomiichi Murayama. Les autres formations de l'alliance de 1993, dont le NPJ et donc Yoshihiko Noda, rejoignent un nouveau grand parti d'opposition, le Shinshintō ou « Parti de la nouvelle frontière », fondé le .

Aux élections législatives du (les premières à se faire selon le nouveau mode de scrutin mis en place par la réforme de 1994, remplaçant le vote unique non transférable par un système mixte unissant scrutin uninominal majoritaire à un tour dans 300 circonscriptions et proportionnelle de liste dans onze blocs législatifs correspondant plus ou moins aux régions géographiques japonaises), Yoshihiko Noda tente de conserver son siège. Il est candidat sous l'étiquette du Shinshintō au vote majoritaire dans le nouveau électoral de la préfecture de Chiba, soit uniquement sa ville natale de Funabashi. Il est concurrencé par le candidat du récemment créé Parti démocrate du Japon (PDJ, unissant des dissidents du PSJ et du NPS ayant choisi de quitter la Grande Coalition et donc de retourner dans l'opposition, défendant le principe d'une « troisième voie » sur le modèle de Bill Clinton aux États-Unis et de Tony Blair au Royaume-Uni, et partageant sensiblement le même électorat que le Shinshintō). Il est alors battu de peu (105 votes et 0,05 points d'écart) par le candidat PLD Akikazu Tanaka, avec voix et 31,94 % des suffrages exprimés , sur le site www.senkyo.janjan.jp.

Retour à la Diète et ascension

Yoshiko Noda ne reste toutefois hors du Parlement que le temps d'une législature, de 1996 à 2000. Le Shinshintō ayant explosé en , il a rejoint entre-temps le PDJ, devenu désormais la première force d'opposition au PLD. Aux élections législatives du , c'est donc sous cette nouvelle étiquette qu'il retente sa chance contre Akikazu Tanaka dans le de Chiba. N'ayant pas cette fois à souffrir de la concurrence d'un autre candidat sérieux de l'opposition non-communiste, il l'emporte largement avec voix et 47,27 % des suffrages, contre et 30,96 % au sortant Tanaka Résultats des élections législatives japonaises de 2000 dans le de Chiba, sur le site www.senkyo.janjan.jp.

Il occupe ensuite très vite des responsabilités au sein de l'opposition. Le , il est nommé par le président du mouvement, Yukio Hatoyama, au sein du , le cabinet fantôme du Parti démocrate du Japon. Il le reste jusqu'au . Chargé de la Réforme réglementaire et administrative, il se confronte régulièrement au ministre titulaire de cette question dans le premier gouvernement de Jun'ichirō Koizumi, à savoir Nobuteru Ishihara.

Chef de file de la jeune garde du PDJ

Au sein du PDJ, il se rapproche dès son retour à la Diète en 2000 des autres membres d'une génération d'hommes politiques rassemblés par leurs convictions politiques réformatrices, libérales sur le plan économique mais aussi par leur volonté de rajeunir la direction du parti, dont plusieurs autres anciens élèves de l'Institut Matsushita (Seiji Maehara ou Shigefumi Matsuzawa) ou ex-NPJ (Yukio Edano). Leur but est ainsi de ne pas laisser une trop forte mainmise sur le PDJ aux « baby boomers » comme Naoto Kan (tout en restant toutefois plus proche de ce dernier que des autres, en raison de son passé d'activiste étudiant et citoyen et de son image d'homme politique pouvant s'imposer face aux hauts-fonctionnaires) et Yukio Hatoyama ou aux vétérans ayant déjà connu une longue carrière au sein de l'un des deux grands partis du « système 1955 » (le PLD, comme Tsutomu Hata, et le PSJ, comme Takahiro Yokomichi). Yoshihiko Noda rejoint ainsi le groupe de pression, ou « faction », fondé en 1999, appelé C. P. HOOD, « The politics of modern Japan: critical issues in modern politics », éd. Routledge, 2008. Il en devient l'un des principaux animateurs, avec Seiji Maehara.