Pedro Passos Coelho Prononciation en portugais du Portugal retranscrite selon la norme API., né le à Coimbra, est un homme d'État portugais, membre du Parti social-démocrate et Premier ministre de 2011 à 2015.
Après avoir été élu président des Jeunesses sociales-démocrates (JSD) en 1988, il devient député en 1991, puis vice-président du groupe parlementaire du PPD/PSD en 1996. Trois ans plus tard, il se retire de la vie politique et entame une carrière dans le monde des affaires. En 2005, il est désigné vice-président du Parti social-démocrate et tente sans succès d'en prendre la direction en 2008. Il y parvient en 2010 avec 61 % des voix.
Un an plus tard, son parti s'assurant d'une majorité parlementaire relative née des élections législatives anticipées, il est nommé Premier ministre, conduisant un gouvernement de coalition avec le Parti populaire (CDS/PP). Sa coalition perd la majorité aux élections de 2015 mais il est en tête et forme un nouveau gouvernement. Cependant, n'ayant pas réussi à assurer une majorité dans le cadre d'une coalition ou d'une gouvernement minoritaire, il est renversé par une motion de rejet du programme gouvernemental moins d'un mois après sa reconduction.
Biographie Jeunesse Bien qu'il soit né dans la freguesia de Sé Nova, à Coimbra, il a passé une grande partie de son enfance en Angola, alors colonie portugaise, où son père, António Passos Coelho, est médecin. Alors qu'il est âgé de neuf ans, à la suite de la révolution des œillets et au mouvement de décolonisation, sa famille rentre au Portugal et s'installe à Vila Real, dans la freguesia de Vale de Nogueiras. Il achève ses études secondaires au Liceu Nacional Camilo Castelo Branco de Vila Real.
Les débuts politiques En 1978, âgé de seulement 14 ans, il adhère aux Jeunesses sociales-démocrates (JSD), organisation de jeunesse du Parti social-démocrate (PPD/PSD), dont il devient membre du conseil national pendant deux ans à partir de 1980. Élu président de l'organisation huit ans plus tard, il entre à l'Assemblée de la République en 1991, comme député pour la circonscription de Lisbonne.
Il renonce à diriger les JSD en 1995, est désigné vice-président du groupe parlementaire du PPD/PSD en 1996, puis candidat à la mairie d'Amadora l'année suivante. Il échoue cependant à la conquérir mais siège tout de même au conseil municipal.
Carrière dans les affaires Ne s'étant pas représenté aux élections législatives de 1999, il se met en retrait de la vie politique, obtenant sa licence d'économie de l'université Lusíada de Lisbonne à 36 ans, en 2001, année de la fin de son mandat municipal. Lui qui avait déjà travaillé pour Quimibro entre 1987 et 1989 et démarré son activité de consultant en 2000 pour Tecnoforma, entame en 2001 sa collaboration avec LDN Consultores. Directeur du département de la Formation de URBE – Les centres urbains de recherche et d'intervention de 2003 à 2004, il devient cette même année le bras droit d'Ângelo Correia à la tête de Grupo Fomentinvest. Il a en outre dirigé deux sociétés holding, à savoir Ribtejo et HLC Tejo, entre 2005 et 2010.
Ascension en politique En 2005, il entame un retour progressif à la vie politique, en étant désigné vice-président du Parti social-démocrate et président de l'assemblée de Vila Real. Après le remplacement de Luís Marques Mendes par Luís Filipe Menezes à la tête du PPD/PSD en 2006, il perd son poste de vice-président. Il annonce, le , sa candidature à la direction du parti lors de l'élection du , se faisant le promoteur des « grandes réformes » et des « grandes transformations » Pedro Passos Coelho confirme qu'il est candidat à la direction du PSD, Público, le . Il échoue toutefois à prendre la tête du PPD/PSD, recueillant 31 % des voix, soit six points de moins que Manuela Ferreira Leite Manuela Ferreira Leite élue présidente, Passos Coelho devance Santana mais reste à la deuxième place, Expresso, le , première femme à devenir présidente de la formation de centre droit.
Président du PPD/PSD thumb|Pedro Passos Coelho (centre), Angela Merkel (gauche) et Iveta Radičová (droite) à un sommet du PPE en . À la suite de la défaite des sociaux-démocrates aux élections législatives du 27 septembre 2009, Ferreira Leite renonce à diriger le parti, devenant la quatrième chef du PPD/PSD à renoncer à son poste depuis le scrutin parlementaire de 2005. À nouveau sur les rangs, Pedro Passos Coelho, le plus populaire des quatre candidats Sondage : Passos Coelho est le meilleur pour arriver au pouvoir, Expresso, le , remporte l'élection du avec une claire majorité de 61 % des voix Passos Coelho succède à Ferreira Leite, Expresso, le et devient de facto le chef de l'opposition. Souvent réticent PSD : le gouvernement ne présente pas de stratégie, Expresso, le , il fait pourtant régulièrement en sorte que sa formation s'abstienne de voter à l'Assemblée et permette l'adoption des différents plans de rigueur budgétaire proposés par le gouvernement minoritaire du socialiste José Sócrates au cours de l'année 2010 Portugal : l'opposition inflexible, Socrates poussé vers la sortie, Le Point, le . En septembre, il propose une modification de la Constitution dans un sens libéral, évoquant notamment la fin de la gratuité en matière de santé publique ou d'éducation, ce qui lui attire de nombreuses critiques Libéral sur un mauvais terrain, Expresso, le .
Crise politique de 2011
Assurant à la fin de l'année 2010 que le PPD/PSD ne veut pas être un « facteur d'instabilité politique » « Le PSD ne veut pas être un facteur d'instabilité pour le pays », Expresso, le , il annonce le qu'il s'oppose fermement aux nouvelles mesures d'austérité budgétaire annoncées par le ministre des Finances, Teixeira dos Santos Portugal : le PSD confirme son opposition "irréductible" au plan d'austérité, Les Échos, le , ajoutant même que le pays n'aura pas d'autre choix que faire appel à l'aide financière extérieure du Fonds monétaire international (FMI) et de l'Union européenne (UE) Le Portugal "a besoin d'une aide extérieure", selon le chef de l'opposition, Les Échos, le .
Après avoir été reçu par le Premier ministre José Sócrates dans le cadre des consultations préalables au Conseil européen, le , il déclare que « Les conditions de confiance ne sont pas réunies pour une quelconque négociation » Portugal : le chef de l'opposition confirme son rejet de toute négociation, Les Échos, le et que des élections anticipées sont désormais « inévitables » Passos Coelho n'a pas peur d'aller aux élections, qu'il considère « inévitables » , Público, le . Ce refus devient plus explicite lorsque le président du groupe parlementaire fait savoir le lendemain qu'il déposera, à l'instar de tous les autres partis représentés à l'Assemblée de la République, excepté le Parti socialiste (PS), une résolution de rejet du quatrième plan de rigueur depuis 2009 Portugal : le premier ministre, José Socrates, sur la sellette, Le Monde, le . Le « programme de stabilité et de croissance » (PEC) est effectivement rejeté le . Il déclare le lendemain que sa formation recommandera au chef de l'État de prononcer la dissolution de l'Assemblée de la République Le PSD va réaffirmer à Cavaco que des élections sont l'unique sortie , Público, le et lui propose, lors des auditions menées par ce dernier le , la date du Passos propose des élections le 29 mai, Expresso, le , soit une semaine avant la date préconisée par le Parti socialiste Le PS choisit le 5 juin pour aller aux élections, Expresso, le .
Dans un entretien télévisé accordé le soir même, il affirme que son parti souhaite obtenir la majorité absolue dans la prochaine législature, sans que cela remette en cause l'intégration « d'autres partis, d'autres personnalités », dans son gouvernement, annonce qu'il présentera, avant le scrutin, un « programme de stabilité et de croissance » (PEC) définissant sa stratégie budgétaire et économique, et dénonce le fait que le FMI ait été « diabolisé », tout en reconnaissant toutefois qu'il pouvait « ne pas avoir résolu tous les problèmes de la Grèce et de l'Irlande » Passo admet intégrer d'autres partis au gouvernement, quand bien même le PSD obtiendrait la majorité absolue, Público, le .
Victoire aux élections législatives anticipées
Au cours de la campagne pour les élections anticipées du 5 juin, il propose des mesures de réduction des dépenses publiques, comme le non-remplacement de 80 % des fonctionnaires partant à la retraite ou un gouvernement réduit à dix ministres, un marché du travail plus flexible, le soutien aux petites et moyennes entreprises. Le jour du scrutin, il est élu député du district de Viana do Castelo tandis que le PPD/PSD remporte 38,6 % des voix, dix points d'avance sur les socialistes. Il déclara avoir pour dessein la formation d'un gouvernement disposant d'une majorité absolue Passos : un gouvernement majoritaire le plus rapidement possible, Diário de Notícias, le , une idée accueillie favorablement par le Parti populaire (CDS/PP) Paulo Portas est disponible pour former une majorité avec le PSD, Diário de Notícias, le , et qu'il fera tout son possible pour que le Portugal regagne la confiance des marchés, en appliquant le plan de rigueur négocié par le gouvernement démissionnaire Portugal: le premier ministre veut apaiser les marchés, Le Figaro, le .
Le lendemain, Passos Coelho est reçu, lors d'une audience, par le président de la République, Aníbal Cavaco Silva, au palais présidentiel de Belém Cavaco est réuni avec Passos au palais de Bélem, Expresso, le , qui souhaite que la formation du gouvernement soit la plus rapide possible Cavaco veut dans la rapidité dans la formation du nouveau gouvernement, Público, le . Le directeur de cabinet du chef de l'État annonce, peu après la réunion, que le président du PPD/PSD a été appelé à former le gouvernement constitutionnel Cavaco donne le feu vert à Passor pour former le gouvernement , Público, le . Le , il rencontre le président du CDS/PP, Paulo Portas, afin d'entamer les négociations pour former une coalition Passos et Portas se réunissent aujourd'hui pour négocier l'exécutif, Expresso, le .
Premier ministre du Portugal
thumb|Pedro Passos Coelho en compagnie de José Luis Rodríguez Zapatero, au palais de La Moncloa, à Madrid, en .
Le , soit le lendemain de son audience avec chef de l'État au cours de laquelle il l'avait informé que le PPD/PSD et le CDS/PP avaient achevé les négociations concernant un accord de coalition donnant au futur gouvernement une majorité absolue de presque 130 députés sur 230 « Passos disse a Cavaco que já há acordo entre PSD e CDS », Expresso, Pedro Passos Coelho est désigné Premier ministre du Portugal par Aníbal Cavaco Silva « Presidente da República indigitou o Presidente do PSD para o cargo de Primeiro-Ministro », site de la présidence de la République portugaise, le . C'est alors la première fois depuis la Révolution des Œillets que le centre droit contrôle le pouvoir exécutif. La signature de l'accord entre les deux formations est fixée au lendemain « Acordo de Governo PSD/CDS será assinado amanhã », Público, le , même s'il existe encore des divergences entre les deux partis, comme la privatisation partielle de la télévision publique, la réduction du nombre de députés et de fonctionnaires, ou l'élection de Fernando Nobre à la présidence de l'Assemblée de la République « PSD e CDS têm de ultrapassar diferenças no sistema político e privatizações », Expresso, le « CDS não vota em Fernando Nobre », Expresso, le . Il annonce ensuite qu'il ne compte pas emménager à la Résidence officielle du Premier ministre, à Lisbonne, mais rester à son domicile « Passos Coelho: Ministro das Finanças será um independente », Diário de Notícias, le , situé à quinze kilomètres de la capitale.