Martes americana, la Martre d'Amérique, également connue sous le nom de Martre des Hurons, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Mustélidés.

Cette martre au pelage d’un brun jaunâtre à noirâtre, se rencontre dans la partie orientale de l’Amérique du Nord, à travers tout le Canada et dans certaines régions du nord des États-Unis, y compris l'Alaska, là où son espèce sœur, la Marte caurine (Martes caurina) est surtout présente sur la côte pacifique.

Vivent en sympatrie avec le Pékan (Pekania pennanti), la martre d’Amérique s’en distingue par une plus petite taille, un pelage plus clair, mais surtout la tache caractéristique sur la gorge qui permet également d’identifier les espèces eurasiennes. Le dimorphisme sexuel est prononcé, les mâles étant beaucoup plus grands que les femelles.

Cette martres est omnivores et leur régime alimentaire varie selon les saisons, bien qu'elle s'appuie principalement sur de petits mammifères comme les campagnols. Elle mène une vie solitaire, sauf pendant la saison de reproduction au milieu de l'été. Toutefois, l'implantation de l'embryon est différée (diapause ovarienne) jusqu'à la fin de l'hiver, donnant naissance le printemps suivant à une portée de un à cinq petits. Les jeunes restent avec leur mère dans une tanière aménagée jusqu'à l'automne, et ils atteignent leur maturité sexuelle à l'âge d'un an.

Leur fourrure semblable à celle de la zibeline en a fait une espèce intensément piégée au plus fort du commerce de la fourrure en Amérique du Nord. Le piégeage a atteint son apogée en 1820, entraînant un épuisement important des populations jusqu'au tournant du XXe siècle. Les effectifs ont rebondi depuis lors, l'espèce étant aujourd'hui classée en « préoccupation mineure » par l'UICN, bien qu'elle se soit éteinte dans certaines zones du Nord-Est.

Dénominations Nom scientifique : Martes americana (Kerr, 1792) selon ; Noms vulgaires et vernaculaire anglais : American marten, American pine martenLe nom anglais est parfois traduit à tort en français sous le nom de Martre des pins mais il ne faut pas la confondre avec la véritable Martre des pins (Martes martes) vivant en Europe. ; Noms vulgaires (vulgarisation scientifique) : Martre d'AmériqueNom vernaculaire français d'après Dictionary of Common (Vernacular) Names sur Nomen.atMeyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne. Montpellier, France, Cirad. Nom vernaculaire en français d’après Termium plus, la banque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canada Voir définition donnée par le Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française. Murray Wrobel, 2007. Elsevier's dictionary of mammals: in Latin, English, German, French and Italian. Elsevier, 2007. , 9780444518774. 857 pagesRechercher dans le document numérisé (ou Marte d'Amérique), Martre américaine (ou Marte américaine), Martre des Hurons ; Noms vernaculaires (langage courant), pouvant désigner éventuellement d'autres espèces : Martre (ou Marte) ;

Taxonomie vignette|gauche|Illustration de Pine Mertens (Mustela martes) dans The Viviparous Quadrupeds of North America, 1845-1848. Dans son ouvrage de zoologie interprêtatif sur le système de la nature de L’inné, le zoologie britannique Robert Kerr décrit une sous-espèce de zibeline du nom de American sable (Martes zibellina americana) citant l’History of quadrupedis de Thomas Pennant.

Le nom Marte des Hurons, ainsi que son épithète spécifique Huro vient du nom donné par Frédéric Cuvier dans son Dictionnaire des sciences naturelles. Le terme Huron est un nom donné par les Français aux populations amérindiennes des Wendats, mais cette appellation est devenue obsolète depuis 2025..

La Marte caurine (Martes caurina) était autrefois considérée comme conspécifique avec la Martre d'Amérique, mais des études génétiques ont démontré qu'il s'agit d'une espèce distincte de M. americana. La martre caurine possède une aire de répartition plus occidentale, ce qui lui vaut son nom anglais de Pacific marten « Marte du Pacifique », s'étendant dans le Nord-Ouest Pacifique et descendant au sud jusqu'au Nord de la Californie. De plus, la martre caurine présente un museau plus long et un cranium plus large que la martre d'Amérique, ainsi que de légères variations dans la coloration de son pelage.

Sept sous-espèces régionales ont officiellement été reconnues pour M. americana :

Toutefois, aucune n’est distincte sur le plan morphologique. Généralement, la taxonomie de ces sous-espèces n'est mise en avant que dans le cadre de travaux portant sur ces groupes régionaux spécifiques, en raison de leurs besoins écologiques ou des menaces particulières qui pèsent sur eux (par opposition à une approche globale de l'aire de répartition de l'espèce).

Dans la taxonomie actuelle, l’espèce est officiellement monotypique selon .

Phylogénie Le cladogramme suivant présente les relations de parenté au sein du genre Martes. Il montre que la Martre d’Amérique (ainsi que la Marte caurine) entretient bien un lien avec la zibeline, mais reste moins proche que la marte des pins, les espèces américaines formant une branche distinctes des deux espèces eurasiatiques :

Description vignette|Crâne d'une martre d'Amérique.|289x289px La Martre d'Amérique est un mustélidé au corps long et svelte de la taille d'un Vison, caractérisé par des oreilles arrondies relativement grandes, des membres courts et une queue touffue. Sa tête est grossièrement triangulaire et son museau est pointu. Sa fourrure longue et soyeuse arbore une coloration variable, s'étendant du chamois jaunâtre pâle au brun fauve et jusqu'au noir presque complet. La tête est généralement plus claire que le reste du tronc, tandis que la queue et les pattes s'avèrent plus sombres. La martre d'Amérique présente généralement sur la gorge et la poitrine unetache sur la gorge caractéristique, dont la teinte oscille entre le jaune pâle et l'orange vif. Le dimorphisme sexuel est prononcé, les mâles étant en moyenne environ 15 % plus longs et jusqu'à 65 % plus lourds que les femelles.

La longueur totale de l'animal varie de 50 à 70 cm, pour une queue mesurant de 135 à 160 mm. Le poids des individus adultes oscille entre 500 et 1 400 g et fluctue selon l'âge et la localisation géographique. En dehors de ces différences de dimensions, les deux sexes partagent une apparence similaire. Les martres d'Amérique possèdent des réserves de graisse corporelle limitées, subissent une perte de chaleur massique élevée et présentent une faible endurance au jeûne. Durant la saison hivernale, les individus peuvent entrer quotidiennement dans un état de torpeur superficielle afin de réduire leurs pertes de chaleur.

Écologie et comportement Distribution et habitat La Martre d'Amérique est largement répartie dans la partie septentrionale de l'Amérique du Nord. Du nord au sud, son aire de répartition s'étend de la limite supérieure des zones boisées dans l'Arctique, en Alaska et au Canada, jusqu'à l'État de New York. D'est en ouest, sa distribution s'étend de l'île de Terre-Neuve jusqu'à l'ouest de l'Alaska, et au sud-ouest jusqu'à la côte Pacifique du Canada. L'aire de répartition de la martre d'Amérique est vaste et continue au Canada et en Alaska. Dans le nord-est et le Midwest des États-Unis, sa distribution est en revanche limitée aux chaînes de montagnes qui lui fournissent ses habitats de prédilection. Au fil du temps, cette aire de répartition s'est contractée et étendue à l'échelle régionale, marquée par des extinctions locales suivies de recolonisations réussies dans la région des Grands Lacs et dans certaines parties du Nord-Est. La martre d'Amérique a été réintroduite dans plusieurs zones d'où elle avait disparu, bien que dans certains cas, elle ait été introduite par erreur au sein de l'aire de répartition de la Martre caurine. Elle est aujourd'hui considérée comme éteinte dans les États de Pennsylvanie, du Maryland, du Massachusetts, de Virginie-Occidentale, d'Ohio, du New Jersey et de l'Illinois.

On a longtemps pensé que ces martres vivaient exclusivement dans les forêts de conifères persistantes, mais des études approfondies ont démontré qu'elles fréquentent tant les forêts anciennes que les forêts de feuillus caduques et de conifères, ainsi que les forêts mixtes. C'est le cas en Alaska et au Canada, mais aussi plus au sud dans le nord de la Nouvelle-Angleterre et dans le massif des Adirondacks dans l'État de New York. Des populations de martres sont également établies dans le Midwest, notamment dans la péninsule supérieure du Michigan, le Wisconsin et une grande partie du Minnesota. Bien que le piégeage et la destruction des habitats forestiers aient réduit leurs effectifs, elles demeurent nettement plus abondantes que le Pékan, un Guloniné plus grand. La population de Terre-Neuve (décrite sous le nom de M. a. atrata) est quant à elle considérée comme menacée.

Une vaste zone d'hybridation naturelle entre la martre caurine et la martre d'Amérique est documentée dans les montagnes Columbia, ainsi que sur les îles Kupreanof et Kuiu en Alaska. Plusieurs introductions et relâchés de martres d'Amérique ont été effectuées sans tenir compte de la présence de la martre caurine, mettant cette dernière espèce en danger. Sur l'île Dall, des martres d'Amérique ont été introduites et s'hybrident avec la population locale de martres caurines, ce qui pourrait fragiliser cette population native. Sur de nombreuses îles de l'archipel d'Alexandre, des martres d'Amérique ont été introduites et s'y maintiennent sans qu'aucune trace de martre caurine ne soit observée ; il reste impossible de déterminer si ces îles étaient historiques ou non. De plus, des preuves génétiques d'introgression par la martre d'Amérique sont visibles dans d'autres portions de l'aire de répartition de la martre caurine, ce qui constitue très probablement une autre conséquence de ces introductions artificielles.

Domaine vital Comparée à d'autres carnivores, la densité de population de la martre d'Amérique est faible au regard de sa taille de ce petit animal. Une synthèse rapporte des densités de population oscillant entre 0,4 et 2,5 individus par km². Cette densité de population peut varier sur une base annuelle ou saisonnière. Les faibles densités de population sont généralement corrélées à une faible abondance de proies de base.

La taille du domaine vital de la martre d'Amérique se montre extrêmement variable. Ces disparités s'expliquent par le sexe des individus, l'année, la zone géographique, la disponibilité des proies, le type, la qualité ou la disponibilité du couvert forestier, la fragmentation de l'habitat, le statut reproducteur, le statut de résident, la prédation et la densité globale de la population. En revanche, la taille du domaine vital ne semble pas corrélée à la taille corporelle des individus, quel que soit leur sexe. La superficie de ce domaine s'étend de 0,1 km² dans le Maine, à 15,7 km², dans le Minnesota, pour les clichés, et de 0,1 km², dans le Maine, à 7,7 km² , dans le Wisconsin) pour les femelles.

Les mâles occupent généralement des domaines vitaux plus vastes que les femelles. Certains auteurs émettent l'hypothèse que cette différence découle d'exigences d'habitat plus spécifiques chez les femelles, telles que les contraintes liées à l'élevage des jeunes au sein du gîte ou à la capture des proies, ce qui limiterait leur capacité à déplacer ou étendre leur territoire. Toutefois, des domaines vitaux anormalement grands ont été observés chez quatre femelles au cours de deux études distinctes menées en Alaska et au Québec.