André BellessortSon nom est parfois orthographié, par erreur, « Bellesort », par exemple dans le volume Œuvres romanesques de Selma Lagerlöf, Actes Sud, 2014, collection Thesaurus (sur la couverture comme dans les pages intérieures), où est reprise sa traduction de La Légende de Gösta Berling, initialement parue en 1926., né le à Laval et mort le à Paris, est un poète et essayiste français.
Biographie Né en 1866, petit-fils d'instituteur, fils d'un professeur de collège devenu principal, il suit le parcours de son père : de 1872 à 1875 au lycée de Laval, au collège universitaire de Lannion de 1875 à 1881. De retour au lycée de Laval en 1881, il y effectue sa philosophie, puis sa seconde année de rhétorique, sous la direction d'Émile Trolliet.
Il étudie à partir de 1883 au lycée Henri-IV. Après avoir échoué à deux reprises au concours d'entrée à l'École normale supérieure (1885 et 1886), il passe l'agrégation des lettres, à laquelle il est reçu en 1889.
Professorat Jeune professeur de 23 ans, il débute au lycée de Nice (1889), puis au lycée de Bordeaux (1892), de Poitiers (1893), du Mans (1895), et au lycée Ampère à Lyon (1896), où il côtoie Édouard Herriot. En 1899, il est au lycée Janson-de-Sailly, où il a notamment pour élève Jacques de Lacretelle, avant d'être nommé en 1906 au lycée Louis-le-Grand à Paris, où il succède à Émile Mâle en hypokhâgne, classe où il enseigne le français et le latin durant près de vingt années, jusqu'en juillet 1926.
Classé au rang des « éveilleurs » par Jean-François Sirinelli dans son livre sur les khâgnes de l'entre-deux-guerres, il était connu pour son excentricité dans la tenue de ses cours. Les témoignages recueillis, de tonalité généralement positive (« le professeur dont nous n'oublierons jamais le nom est André Bellesort, [...] il nous subjuguait [...] »), sont parfois plus contrastés (un ancien élève lui reproche ses et un « antisémitisme odieux »). Pour corriger des copies : d’un volumineux paquet il en extrayait une, qu’il lisait et décortiquait en classe ; les autres n’avaient qu’à en induire une critique de leur propre prose. Il préparait aussi ses traductions pour la collection « Budé » en classe, en utilisant les suggestions des meilleurs latinistes placés sous sa férule, et en comparant les traductions de ses prédécesseurs.
Il est évoqué dans Notre avant-guerre de Robert Brasillach, dont il fut le professeur à Louis-le-Grand dans les années 1920 : « Nous arrivions pour la plupart, persuadés qu'Edmond Rostand était un grand poète et Henry Bataille un grand dramaturge. Nous étions des provinciaux attardés. On se tromperait beaucoup en croyant que 1925 était exclusivement adonné au culte des grands hommes de la NRF, et il est sûr en tout cas que la province les ignorait. D'un geste, André Bellessort balayait ces poussières… Sans jamais en avoir l'air, il nous a appris beaucoup de choses.. »
Journaliste et écrivain Sa vocation d'écrivain s'affirme en classe de rhétorique supérieure au lycée Henri-IV. Il entame alors une carrière de journaliste. Il publie aussi des romans et des poèmes de forme classique, refusant le vers libre.
Il est correspondant pour Le Temps au Chili, puis en Bolivie. Il débute à la Revue des Deux Mondes. En mai 1895, il est envoyé au Japon. De retour de Suède, il décide de traduire Selma Lagerlöf. Il voyage deux reprises à travers l'Amérique du Nord (vers 1900 et en 1914) pour y donner des conférences pour la Fédération des Alliances françaises.
Il alterne entre écriture de poèmes, essais littéraires, et récits de voyages et d'exploration. Il fut un voyageur, journaliste, professeur, critique littéraire et dramatique, notamment au Journal des débats.
Académie française En 1935, il est élu à l'Académie française, le même jour que Jacques Bainville et Claude Farrère. Il succède à l'abbé Bremond au . Il en est le secrétaire perpétuel de 1940 à 1942.
Politique Politiquement monarchiste., il est assez proche de l'Action française : il donne fréquemment des conférences à son Institut et figure aux banquets du Cercle Fustel de Coulanges ; il préside celui de 1936 ainsi que, la même année, une réunion du cercle en hommage à Maurras, alors emprisonné. Il est présenté comme ..
Dans les années 1920, alors qu'il écrit pour la revue belge ou le journal Le Gaulois, il soutient diverses idées racistes, antisémites, sexistes ou homophobes. En 1939 et 1940, il est invité de l'École française de Rome pour tenter un rapprochement avec le régime fasciste de MussoliniStéphane Israël, Les Études et la guerre : Les Normaliens dans la tourmente (1939-1945), Éditions ENS/Rue d'Ulm/Presses de l'École normale supérieure, 2005, ..
Il participe de 1932 à sa mort en 1942, au journal devenu antisémite Je suis partout et ce durant l'occupation nazie, lorsque ce journal devient collaborationniste. Il fut favorable au pétainismeAmin Maalouf, Un fauteuil sur la Seine, éditions Grasset, 2016..
Décès Il meurt le en son domicile dans le de Paris. Il était veuf d'Henriette Pesche.
Œuvres
Mythes et poèmes, roman, Lemerre, 1894 Chanson du Sud, poésies, Lemerre, 1896 Reine Cœur, poésies, Perrin, 1896 La Jeune Amérique (Chili et Bolivie), Perrin, 1897 En Escale (de Ceylan aux Philippines), Perrin, 1900, 1927 La Société japonaise, Perrin, 1902 La Suède, Perrin, 1911 Saint François-Xavier, l'apôtre des Indes et du Japon, Perrin, 1917 Virgile, son œuvre et son temps, Perrin, avant 1923 Sur les grands chemins de la poésie classique, Perrin, avant 1923 La Roumanie contemporaine, Perrin, avant 1923 Études et figures, série, Perrin, avant 1923 Études et figures, , Perrin, avant 1923 Un Français en Extrême-Orient au début de la guerre, Perrin, avant 1923 Le Nouveau Japon, Perrin, 1918 Les Journées et les nuits japonaises, Perrin, avant 1923 Reflets de la vieille Amérique, collection A travers les pays et les livres, Perrin, 1923 Balzac et son œuvre, Perrin, 1924 Sainte-Beuve et le dix-neuvième siècle, Perrin, 1927 Victor Hugo : essai sur son œuvre, Perrin, 1930 L'Apôtre des Indes et du Japon. Saint François Xavier, Perrin, 1931 Les Intellectuels et l'avènement de la Troisième République, Grasset, 1931 La Société française sous Napoléon III, Perrin, 1932 Athènes et son théâtre, 1934, 1954 Essai sur Voltaire, Cours professé à la société des conférences, Perrin, 1938 Sainte Bathilde Reine de France, Albin Michel, 1941 et Romantisme, Fayard, 1941 Le collège et le monde, Gallimard, 1941 Parmi les âmes étrangères, Perrin, 1942 Virgile, son œuvre et son temps, Perrin, 1943
Prix Prix de poésie de l’Académie française 1895 pour L'Hôtellerie. Prix Montyon de l’Académie française 1898 pour La jeune Amérique : Chili et Bolivie Prix Bordin de l’Académie française 1902 pour La société japonaise
Pour approfondir Bibliographie
Liens externes
Notes et références
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