Jack Goldsmith (né le à Memphis, Tennessee) est un professeur de droit de Harvard, spécialisé en droit international et en droit de l'Internet.

Considéré comme l'un des juristes conservateurs les plus éminents , , , ., il a notamment été John Ashcroft, sous l'administration Bush, entre et , responsable de l’ (Bureau du conseil juridique).

Carrière

Né à Memphis, sa mère est une ex-Miss Arkansas dont les parents sont propriétaires d'une boîte de nuit connue. Il a deux beaux-pères successifs, dont l'un est un cadre des et bras droit de Jimmy Hoffa, longtemps soupçonné d'avoir participé à des meurtres organisés par ce dernier.

Diplômé d'Oxford, Yale et de l'Académie de droit international de La Haye, il est professeur à l'université de Chicago et de Virginie. Goldsmith est également secrétaire du juge à la Cour d'appel (1989-1990) et du juge à la Cour suprême Anthony Kennedy (1990-1991).

Goldsmith et la « guerre contre le terrorisme »

En 2002, il travaille comme conseiller juridique pour au Pentagone, et écrit notamment une note avertissant le ministre Donald Rumsfeld que la Cour pénale internationale pourrait poursuivre des officiers américains pour les crimes commis lors de la « guerre contre le terrorisme ». Il qualifie cette menace de « judiciarisation de la politique internationale ».

À l'automne 2003, il est, avec son ami John Yoo, l'un des plus éminents juristes à prôner la non-application du droit international, notamment des Conventions de Genève, aux personnes faites prisonniers en Afghanistan. Ceci leur vaut d'être qualifiés de (Nouveaux souverainistes) par la revue conservatrice .

Il est nommé en à l', chargée d'interpréter les normes ayant trait aux limites du pouvoir exécutif, sur les conseils de John Yoo et après avoir soutenu, lors de ses auditions les commissions militaires. Il y remplace la figure pâle de , peu expérimenté en matière de sécurité nationale. Mais il démissionne dès à la suite de conflits avec sa hiérarchie et l'administration, notamment avec Alberto Gonzales, alors conseiller juridique de la Maison-Blanche, et , l'un des juristes les plus influents de l'administration et alors conseiller du vice-président Dick Cheney, au sujet de la manière de mener la « guerre contre le terrorisme ».

Il s'oppose notamment aux notes du Bureau juridique, dotés d'une valeur contraignante, sur la torture d' et de , qui avaient été rédigés par son ami John Yoo. Gardant alors le silence sur les motifs de sa démission, il est nommé professeur à Harvard. En fait, alors que le scandale d'Abou Ghraïb avait éclaté en , et que la note d' avait fait l'objet d'une fuite en , Goldsmith, qui avait décidé six mois auparavant qu'il fallait annuler cette note (il considérait qu'il était trop difficile d'annuler la note de 2003 qui « couvrait » les activités de la CIA), présenta le même jour, à son supérieur, John Ashcroft, l'annulation de la note et sa démission, forçant ainsi l'administration à choisir entre accepter l'annulation de la note et garder confidentielle les motifs de sa démission ou refuser celle-là et risquer un scandale. Depuis, il n'adresse plus la parole à J. Yoo.

En 2007, il publie dans lequel il raconte son expérience, abordant entre autres les notes sur la torture, la question des « combattants ennemis », du camp de Guantanamo et de la non-application des conventions de Genève, ainsi que les lois sur les écoutes téléphoniques (). Soutenant la « guerre contre le terrorisme », il considère par exemple que l'arrêt de 2006, concernant l'ex-chauffeur de Ben Laden et déclarant anti-constitutionnelles les commissions militaires, était une erreur. Toutefois, il pense aussi que l'administration Bush a trop voulu étendre les pouvoirs de l'exécutif, menant à des conséquences en fin de compte contre-productives : , déclare-t-il ainsi. Il déclarera ainsi que son désaccord portait davantage sur les « moyens » que sur la « fin », et que s'il s'opposait à la politique de George W. Bush, c'était davantage sur sa réticence à faire valider celle-ci par le Congrès que sur le fond.

En 2006, il avait aussi publié, avec Tim Wu, professeur de droit à l'université Columbia, , dans lequel il argue contre la thèse selon laquelle Internet mettrait fin à la prédominance des États-nations dans le système international et s'attaque particulièrement à l'optimisme technologique propre à des essayistes comme Thomas Friedman.

Notes et références

Articles connexes Procédures judiciaires aux États-Unis liées aux détenus de Guantánamo

Liens externes

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