L'enseignement du français langue étrangère (FLE) est, comme tout enseignement de langue étrangère, protéiforme selon son public et son contexte. Généralement, il correspond à l'enseignement de la langue et de la culture françaises , auquel peut être adjoint l'enseignement de la littérature de langue française, de la chanson française, de la bande dessinée franco-belge, du cinéma français et de la compétence interculturelle.
Le français est enseigné comme langue étrangère partout dans le monde, y compris dans les pays francophones. Les principales structures qui le diffusent sont les Alliances françaises (des associations privées) et, depuis 2011, les Instituts français (des établissements publics français dans les pays non francophones).
Divers manuels sont utilisés comme supports pédagogiques, mais depuis les années 2010, le site de TV5 Monde est également une ressource importante.
La plupart des enseignants sont formés dans une université, à l'Alliance française de Paris ou encore au CAVILAM, de plus en plus à distance depuis 2020. Un « étudiant en FLE » suit une formation qui le prépare à être professeur, examinateur ou ingénieur pédagogique spécialisé dans le FLE.
L'enseignant peut préparer les apprenants à des certifications (diplômes ou tests), dont la typologie se trouve dans l'article général Français langue étrangère.
Généralités
Enseignement dans les pays non francophones
Les Alliances françaises, des associations privées autonomes à but non lucratif, parfois subventionnées par les ambassades de France, et implantées dans une centaine de pays allophones et francophones (dont la France), dispensent des cours de FLE pour un certain nombre de publics (variable selon leur budget et l'offre de professeurs). Certaines organisent, en plus, des événements locaux qui visent à promouvoir la culture française contemporaine.
Les Instituts français sont, quant à eux, des établissements publics français « à caractère industriel et commercial » (EPIC), financés directement par le ministère français des Affaires étrangèreshttps://journals.openedition.org/communication/6659. Implantés seulement dans les pays non francophones, ils ont pour mission de dispenser des cours de FLE pour tous les publics et de promouvoir la culture française via des événements locaux.
Comme le ministère français des Affaires étrangères est le principal partenaire de la Fondation des Alliances françaises, dans les villes où coexistent une Alliance française et un Institut français, l'Alliance française assure les cours de FLE, tandis que l'Institut français s'occupe des manifestations culturelles et de la médiathèque.
Par ailleurs, le français est enseigné dans de nombreuses écoles commerciales privées spécialisées dans les langues étrangèreshttps://e-biblio.univ-mosta.dz/server/api/core/bitstreams/e069c0b2-7e07-474e-86b0-6803b37e2219/content, ainsi que dans plusieurs établissements des systèmes scolaires non francophones, jusqu'à l'université dans certains cashttps://journals.openedition.org/rdlc/2112.
Enseignement dans les pays francophones
Dans des écoles de langues ou des associations à but social
Dans les pays francophones, plusieurs entreprises et associations enseignent le français à certains publics.
Des associations à but non lucratif (maisons de quartier, centres sociaux) proposent des cours, le plus souvent gratuits, et parfois assurés par des bénévoles. Certaines ont pour objectif l'intégration sociale des étrangers qui résident dans un pays francophone. Des cours d'alphabétisation y sont aussi parfois proposés. En France, ces formations peuvent s'inscrire dans le cadre d'un contrat d'intégration républicaine (CIR), signé par le primo-arrivant et la direction territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) représentant l'État.
Il existe plusieurs Alliances françaises (voir supra) en France, notamment à Paris, mais aussi dans d'autres grandes villes de la métropole.
L'enseignement du FLE dans les entreprises françaises se développe à la suite de la loi de 2004 où la maîtrise de la langue française est reconnue comme compétence professionnelle. La formation peut être prise en charge dans le cadre de la formation professionnelle continue ou dans le cadre du compte personnel de formation (CPF), anciennement droit individuel à la formation (DIF).
À partir de 2007, les ministères français de l'Éducation, des Affaires étrangères et de la Culture labellisent certaines écoles de FLE en France avec le label « Qualité FLE », en s'appuyant sur quatre critères d'évaluation : l'accueil et l'hébergement, la qualité des cours et de l'enseignement, les locaux, la gestion.
Dans des structures éducatives, pour les écoliers ou les étudiants
En France, les mineurs non francophones nouvellement arrivés dans le pays ont l'obligation, comme pour tous les mineurs en France, d'être scolarisés jusqu'à l'âge de seize ans. C'est pourquoi il existe dans les écoles primaires et les collèges des dispositifs spécifiques, qui portent depuis 2012 le nom d'unités pédagogiques pour élèves allophones arrivants (UPE2A).
La plupart des universités des pays francophones proposent des cours de FLE à leurs étudiants « internationaux », c'est-à-dire issus d'un autre pays. Avec l'essor de la mobilité étudiante dans les années 2000, des centres spécifiques se multiplient au sein même des universités. En Suisse romande, l'université de Lausanne et celle de Genève dispensent, en 2023, des cours de FLE à leurs étudiants non francophones, au sein de l'EFLE (pour « école de français langue étrangère ») à Lausanne et de l'ELCF (pour « école de langue et de civilisation françaises ») à Genève.
Cours en ligne
Supports
Des manuels de FLE sont édités depuis au moins le , et depuis les années 1990 des ressources pédagogiques foisonnent sur Internet.
Manuels
CLE International
vignette|redresse|Logo de CLE International.
Hachette FLE
vignette|redresse|Logo de Hachette FLE.
Didier FLE
vignette|redresse|Logo de Didier FLE.
Ressources en ligne
Amérique du Nord
Louisiane
vignette|Panneau routier bilingue à l'entrée de la Louisiane.
Entre 1916 et 1931, des lois successives interdisent l'emploi de la langue française dans les écoles. En 1921, la Constitution louisianaise déclare l’anglais seule langue autorisée.
C'est seulement avec l'arrivée de James Domengeaux (1907-1988) que débute la refrancisation de la Louisiane. En 1968, il obtient l'adoption de la Loi 409, portant création du Conseil pour le développement du français en Louisiane (CODOFIL) qui a pour mission de . À cette époque, seulement le quart de la population parlait une variété de français, sans pouvoir ni le lire ni l'écrire.
Depuis la création du CODOFIL les Louisianais ont pris conscience qu'il fallait sauvegarder cette culture française et plusieurs lois ont été votées dont :
la Loi (1968) prévoyant l'enseignement du français dans les cinq premières années des écoles primaires et les trois premières années des écoles secondaires ; la Loi (1968) exigeant que les universités et les collèges forment des enseignants qualifiés en français ; la Loi (1968) reconnaissant la langue française comme officielle dans la publication des avis juridiques et des contrats ; la Loi (1968) autorisant l'établissement d'une station de télévision en français .
En 1971, la partie méridionale de la Louisiane est reconnue officiellement comme région francophone de l'État de Louisiane sous le nom d'Acadiana .
En 1976, publication du premier livre en français cadien, Lâche pas la patate de Revon Reed. Arrivée des premiers enseignants belges.
En 1987, pour la première fois, la Louisiane participe au Sommet de la Francophonie de Québec en tant qu'observateur.
En 1991, arrivée des premiers enseignants acadiens et en 1992 les premiers programmes d'immersion débutent.
C'est en 1994 que l'université de Louisiane à Lafayette lance le premier programme de doctorat en Études francophones en Amérique du Nord.
En 1999, la FrancoFête célèbre trois cents ans de l'héritage français en Louisiane et durant l'année 2000, on assiste à la création de la première section francophone du barreau louisianais.
Québec
La loi 101 oblige toute personne à étudier dans une école publique francophone, sauf si l'un des deux parents a fait son éducation primaire ou secondaire au Canada dans une école anglophone. Le nombre d'élèves anglophones a chuté de 43 % en vingt ans, passant de anglophones en 1971-72 à en 1994-95. Ce phénomène est encore plus présent dans l'île de Montréal, ou le nombre d'élèves étudiant en anglais a subi une diminution de 60 % entre 1971 et 1995Le nombre d'élèves anglophones a chuté de 43 % en vingt ans..
Ce grand projet de francisation est considéré comme une réussite, sachant que les anglophones sont passés de 14 % en 1971 à 7 % en 2006Évolution des langues au Québec (1844-2006), consulté le 4 avril 2010.. Mais aussi le pourcentage de nouveaux immigrants choisissant l'anglais comme langue d'étude est passé de 90 % en 1966 à 4 % en 2006.
La connaissance du français dans l’ensemble du Québec est passée de 93,6 % en 1991 à 93,9 % en 1996 puis à 94,6 % en 2001 ..
Chez les personnes de langue maternelle anglaise, l'aptitude à parler le français est passée de 35 % en 1971 à 60 % en 1991, à 67,2 % en 2001La connaissance du français et de l'anglais par langue maternelle, 1991, 1996, 2001., puis à 71 % en 2006Les Canadiens et le bilinguisme Rapport final ..
Chez les personnes de langue maternelle tierce, l'aptitude à parler le français est passée de 35 % en 1971 Connaissances des langues, par langue maternelle et région ensemble du Québec, 1971-1991. à 68,6 % en 1991 à 73,5 % en 2001 puis à 75,3 % en 2006Synthèse du rapport sur l'évolution de la situation linguistique au Québec http://www.oqlf.gouv.qc.ca/etudes/synthese.pdf ..
Amérique centrale
Amérique du Sud
Afrique
Le français est devenu la langue la plus parlée d'Afrique grâce à l'approfondissement de l'enseignement. Le nombre de locuteurs a évolué très rapidement entre 1992 et 2002 ; le nombre d'apprenants du français en Afrique subsaharienne et océan Indien a ainsi augmenté de 60,37 %, passant de à de personnes.
On peut observer une tendance similaire au Maghreb. Cependant, les chiffres fournis par l'OIF pour le Maghreb ont été réunis avec ceux du Moyen-Orient ; le décompte exact pour les pays du Maghreb n'est donc pas possible mais on observe une augmentation de à d'apprenants pour cet ensemble, quand bien même le français n'est pas une langue officielle (Algérie). Il faut aussi considérer le nombre de locuteurs du français dans chaque pays pour se faire une idée de l'importance que joue le français en Afrique.
Nigeria
vignette|L'Alliance française de Lagos en 2019.
Le Nigeria est un État anglophone qui se trouve « enclavé » entre des pays francophones (le Bénin, le Niger, le Tchad et le Cameroun)Carte des langues officiels en Afrique, consulté le 27 mai 2010.
C'est donc vers la fin des années 1990 – début 2000 qu'il a été fait état de la volonté du gouvernement fédéral nigérian de franciser le pays en envisageant notamment un enseignement obligatoire du français comme langue vivante voire l'institution du français comme seconde langue officielle..
C'est donc dans ce contexte que le français devient progressivement langue officielle du Nigeria, comme le précise la section 1, 10 de la Politique d'éducation nationale de 1998 : .
Le Nigeria a récemment fait preuve de son envie de francisation en appelant à un soutien accru à la formation de professeurs de français.
C'est en 1996 que le président nigérian Sani Abacha déclarait devant le Nigerian Institute for International Affairs que « le Nigeria est résolu à lancer un programme national d'apprentissage linguistique qui permettra, rapidement, à notre pays de devenir parfaitement bilingue ».