2008 au Niger - 2009 au Niger - 2010 au Niger - 2011 au Niger - 2012 au Niger 2008 par pays en Afrique - 2009 par pays en Afrique - 2010 par pays en Afrique - 2011 par pays en Afrique - 2012 par pays en Afrique - Cet article présente les faits marquants de l'année 2010 au Niger.

Chronologie

Janvier 2010

Février 2010 thumb|left|180px|Mamadou Tandja (juillet 2005) Jeudi : Coup militaire d'État au Niger dirigé par un officier, le commandant Adamou Harouna : le président Mamadou Tandja est arrêté ainsi que de nombreux ministres. Les putschistes ont suspendu la Constitution suspendue et dissous toutes les institutions. Il n'y a eu aucun renfort massif de l'armée en direction du palais présidentiel, cette dernière n'ayant visiblement pas pris position pour l'un ou l'autre camp. Le Niger traverse une grave crise politique depuis que Mamadou Tandja, après dix ans de pouvoir, avait dissous le Parlement et obtenu une prolongation de son mandat pour au moins trois ans à la tête du pays. Le Niger est un pays pauvre du Sahel mais troisième producteur mondial d'uranium, avec une forte implantation du groupe nucléaire français ArevaLe Monde.fr, Coup d'État: Le président arrêté et la Constitution suspendue. Vendredi : La chaîne de télévision d'État, Télé Sahel, diffuse les images des putschistes entourant le porte-parole du Conseil militaire, le colonel Goukoye Abdoulkarim, qui a annoncé avoir suspendu la Constitution après le coup d'État. Parmi eux : Le chef d'escadron Salou Djibo, chef de la junte et nouvel homme fort, il dirigeait depuis la plus importante garnison de la capitale ;thumb|right|Salou Djibo (2010) le colonel Dijibrilla Hamidou Hima, aussi appelé « Pelé », commandant de la plus importante zone de défense du Niger ; le commandant Abdoulaye Adamou Harouna, ancien aide de camp du commandant Daouda Malam Wanké, qui avait dirigé en 1999 la junte arrivée au pouvoir après avoir renversé le président Ibrahim Baré Maïnassara ; le capitaine Abdoulaye Gueriel, aide de camp du premier ministre, Ali Badjo Gamatié. Plusieurs regroupements d'habitants ont lieu dans les villes pour montrer leur joie après le coup d'État et l'opposition, regroupée dans la Coordination des forces démocratiques pour la république, appelle à une grande manifestation demain à Niamey, en soutien à la junte qui a renversé le président Mamadou Tandja. Le coup d'État a fait 3 morts et une dizaine de blessés. L'Union européenne et la France critiquent vivement le coup d'État et annoncent suspendre toute aide. Le département d'État américain estime que l'action du président déchu a « très bien pu précipiter ce qui s'est passé ». La presse internationale souligne que ce coup d'État était « prévisible », estime que le président Mamadou Tandja en est le premier responsable et voit dans ce putsch une possibilité de mettre fin à une dérive autocratiqueLe Monde.fr, Coup d'État: La junte assure vouloir rétablir la démocratie. Samedi : « Tous » les membres du dernier gouvernement du président Mamadou Tandja arrêtés lors du coup d'État de jeudi ont été libérés, annonce le colonel Djibrilla Hamidou Hima en marge d'un sommet de chefs d'État ouest-africains à Bamako. Des milliers de personnes ont défilé pour soutenir les putschistes et célébrer « le renversement de la dictature Tandja ». Lundi : L'ancien président déposé, Mamadou Tandja, serait détenu par la junte militaire dans une résidence officielle luxueuse, près du palais présidentiel, et seul son médecin peut lui rendre visite, a indiqué aujourd'hui un responsable de l'ex-parti au pouvoir. Des centaines de personnes ont manifesté, à l'appel de la Coordination des forces démocratiques (CFDR), à Diffa (sud-est), région dont est originaire le président déchu Mamadou Tandja, en soutien à la junte qui a pris le pouvoir la semaine dernière. Selon le colonel Moustapha Ledru : « Nous nous engageons à réconcilier les Nigériens et restaurer une véritable démocratie comme en 1999 », lorsque des militaires avaient renversé le régime d'Ibrahim Baré Maïnassara avant de remettre le pouvoir aux civils la même annéeLe Figaro.fr, Coup d'État: Manifestation de soutien à la junte . Le chef d'escadron Salou Djibo, de la junte, appelée « Conseil suprême pour le rétablissement de la démocratie », qui a pris le pouvoir la semaine dernière lors d'un coup d'État, est désormais le nouveau chef de l'État et du gouvernement, selon une ordonnance lue à la radio publique, relative à « l'organisation des pouvoirs pendant la période de transition », sans indication de durée. Un Comité constitutionnel et une Cour d'État seront créés pour remplacer la Cour constitutionnelle et la Cour suprême, dissoutes après le coup d'État. La junte, qui assure avoir agi « au nom de l'intérêt supérieur de la nation nigérienne, et non pour son propre compte », a plusieurs fois réaffirmé son souhait de rétablir la démocratieLe Monde.fr, Coup d'État: Le chef de la junte devient chef de l'État.

Mars 2010

Vendredi : La junte libère l'ex-premier ministre, Ali Badjo Gamatié, et les anciens ministres des Finances, de la Justice, de l'Équipement et des Mines, détenus depuis le coup d'État militaire du , mais l'ex-président Mamadou Tandja et son ministre de l'Intérieur, Albadé Abouba, restent toujours prisonniers. Lundi : Plusieurs soldats nigériens ont été tués dans une attaque surprise contre un poste militaire à Tiloa (région de Tillaberi, au nord de Niamey, ouest), près de la frontière avec le Mali. Les assaillants se sont aussitôt repliés. La junte limoge le directeur de la Société nigérienne d'électricité (Nigelec) qui la dirige depuis dix ans. Il est un proche du président déchu Mamadou Tandja. Mercredi : Le chef de la junte, Salou Djibo nomme ar décret des militaires à la tête de sept des huit régions du Niger, jusqu'ici dirigées par des civils, dont les régions d'Agadez (nord), de Tillabéri et de Tahoua (ouest), qui sont des lieux de troubles. Un seul civil, Issoufou Yacouba, est porté à la tête du gouvernorat de Dosso (sud-ouest). Lundi : L'ONG Greenpeace accuse, dans un rapport, le groupe français Areva, numéro un mondial du nucléaire civil, et le premier employeur privé au Niger, de mettre en danger la santé des riverains des mines d'uranium qu'il exploite dans le nord du Niger, exige qu'une étude indépendante établisse le niveau de radiation dans deux cités minières, Arlit et Akokan, et demande leur décontamination : « Les habitants d'Arlit et d'Akokan vivent entourés d'air empoisonné, de terres contaminées et d'eau polluée. Chaque jour qui passe, les Nigériens sont exposés aux radiations, à la pauvreté et aux maladies ». Le rapport met en évidence des concentrations anormales d'uranium dans le sol, et de radon, un gaz naturel radioactif, dans l'air, ou encore la présence sur les marchés de matériels radioactifs recyclés, provenant des mines. Les prélèvements ont été effectués aux abords des mines comme dans les deux localités, où vivent environ personnesLe Figaro.fr, Greenpeace accuse Areva de polluer une région. Mardi : Le ministre de l'Intérieur, Cissé Ousmane annonce que plusieurs anciens ministres nigériens fidèles au président déchu Mamadou Tandja ont été arrêtés, dont l'ex-premier ministre. Ils sont accusés d'avoir mené des actions « subversives » et ont été placés en détention dans un camp des forces de police pour être présentés à un juge. D'autre part, le directeur de la police annonce des centaines de personnes avaient été interpellées en vue de rétablir l'ordre.

Avril 2010 Jeudi : Quelque 150 participants aux « États généraux » de la presse ont adopté, à l'issue de trois jours de travaux, un texte proposant de remplacer par des amendes les peines de prison pour les journalistes accusés de délits de presse. Parmi les délits visés figurent la diffamation, l'injure ou la propagation de fausses nouvelles. Sous le régime de l'ex-président Mamadou Tandja (1999-2010), les journalistes avaient dénoncé des tentatives de « musellement » par les autorités. Responsables de publications et journalistes avaient été souvent écroués à la suite de plaintes de personnalités proches du pouvoir. Le premier ministre de transition, Mahamadou Danda estime que cette dépénalisation « ne peut et ne doit être une carte blanche aux journalistes au détriment du citoyen, de la société et de l'État […] Elle ne saurait également cautionner aucun crime, abus ou provocation »Le Figaro.fr, Les délits de presse bientôt dépénalisés ?. Vendredi : Les graves pénuries alimentaires qui touchent de nombreux villages sont la cause d'un important exode des familles rurales vers les villes et d'un abandon massif de leurs écoles par les élèves. Les populations de plusieurs pays sahéliens, en situation de malnutrition chronique depuis des années, ont été plongées dans une crise par le manque de pluies en 2009. La faim menace dix millions de personnes; plus de 50 enfants morts de malnutrition depuis janvier. La région de Zinder est l'une des plus sévèrement touchées par la crise alimentaireLe Figaro.fr, La faim vide les écoles au Niger. Dimanche : Le Maroc annonce avoir envoyé au Niger une importante aide humanitaire pour permettre à ce pays de faire face à une grave crise alimentaire. Cette aide composée de denrées alimentaires et de médicaments a été acheminée à la demande du roi Mohammed VI par 3 avions. L'ex-ministre de la Communication et ex-porte-parole du gouvernement, Moctar Kassoum, sous le régime déchu de Mamadou Tandja, a entamé une grève de la faim pour protester contre sa mise en résidence surveillée par la junte avec 13 autres personnalités détenues depuis plusieurs jours pour des « soupçons d'atteinte à la sûreté de l'État ». Mardi : Un « touriste » Français et son « chauffeur » Algérien ont été enlevés « par des hommes armés » dans le nord du Niger, près de la localité de Inabangaret près de la frontière algérienne, dans une zone où opèrent des éléments d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI). Vendredi : Selon le responsable des affaires humanitaires de l'ONU, John Holmes, quelque 10 millions de personnes souffrent de la grave crise alimentaire qui touche plusieurs pays de la région du Sahel, dont 7,8 millions d'habitants du Niger qui sont en « état d'insécurité alimentaire », mais « il y a aussi le Tchad et la Mauritanie peut-être ». « Le niveau de malnutrition a atteint un niveau alarmant dans plusieurs régions du Niger avec une malnutrition sévère surtout chez les enfants » en raison notamment de la sécheresse ayant affecté les récoltes. Il a appelé la communauté internationale à « agir maintenant pour éviter les pires conséquences »Le Figaro.fr, Dix millions de personnes en état "d'insécurité alimentaire" au Sahel. Jeudi : Le ressortissant algérien enlevé le par un groupe armé lié à AQMI dans le nord du Niger a été libéré « dans le désert du Mali » et se trouve désormais en Algérie, tandis que le Français septuagénaire avec lequel il se trouvait est toujours retenu « dans le désert côté malien ». Selon le journal En Nahar, les deux otages « ont été emmenés à bord de deux véhicules vers la région de Inabagharit » (nord du Niger), puis les ravisseurs ont libéré l'Algérien « en plein désert du Mali, après l’avoir battu et lui avoir bandé les yeux ». Aidé par des Bédouins, l'otage libéré a pu rejoindre la frontière algéro-malienne vers Tin Zitounine, avant d'être pris en charge par les forces de sécurité algériennes. « Les terroristes auraient libéré l’otage algérien afin d’éviter tout conflit avec les tribus Touareg »Le Figaro.fr, Germaneau: L'otage algérien libéré seul .

Mai 2010