Lille est la principale ville d'une vaste conurbation transfrontalière qui constitue l'une des zones urbaines les plus peuplées de France et de Belgique avec environ habitants. Mais Lille, en tant que commune isolée, n'est que la dixième ville de France et une ville européenne de taille très moyenne.

Évolution démographique La première expansion démographique remonte aux , lorsque Lille se constitue en cité marchande : au tout début du , sa population est déjà estimée à à habitantsAlain Lottin, Histoire des provinces françaises du Nord, Volume 2, Presses Univ. Septentrion, 1989, p. 59, si ce n'est Philippe Marchand, Histoire de Lille, Éditions Jean-Paul Gisserot, 2003, p. 13, sur la base d'un document fiscal de 1318 faisant état de maisons à Lille.. Les guerres et les épidémies feront ensuite parfois des ravages - à la fin du , la population se serait trouvée réduite des deux-tiers, voire des trois quarts, par la famine et la peste noirePhilippe Marchand, Histoire de Lille, Éditions Jean-Paul Gisserot, 2003, p. 23-24 - mais le nombre des habitants se maintient globalement autour de à à partir du ( en 1686), autour de au cours du Alain Lottin, Lille - D'Isla à Lille-Métropole, collection « Histoire des villes du Nord », Éditions La Voix du Nord, 2003 . Après un fléchissement dans les années précédant et suivant 1800 dû aux troubles de la Révolution et aux guerres de l'Empire, une seconde expansion vient avec la révolution industrielle, d'abord à partir des années 1820 à l'intérieur des remparts de Vauban, atteignant une densité extrême culminant au milieu de ce siècle puis à partir de 1830 dans les communes limitrophes de Wazemmes, Moulins, Esquermes et Fives. Au recensement de 1856, la population de Lille atteignait , celles de Wazemmes , de Moulins-Lille , d'Esquermes ,de Fives soit total pour ces 4 communes. L'annexion de ces communes en 1858 explique la brusque augmentation de la population de Lille entre les recensements de 1856 et de 1861. Cette croissance se poursuit sur le territoire des communes absorbéesEn l’absence de recensements après celui de 1856 de la population de chaque quartier, l’évolution démographique par zone ne peut être documentée avec certitude, mais il n’est guère douteux que la croissance démographique après l’annexion provient jusqu'en 1914 en totalité des quartiers périphériques (territoire des communes annexées), la ville ancienne étant saturée.

Au cours de la Première Guerre mondiale, la population est amputée de 40 % et ramenée à Jean-Marie Duhamel, Lille, traces d’histoire, Éditions La Voix du Nord, 2004, .. Beaucoup de ceux qui sont partis ou ont été déportés (on estime à le nombre des déportés de la seule rafle d'René Deruyck, Lille ; 1914-1918, dans les serres allemandes, Éditions La Voix du Nord, 1992, .) ne rentreront pas, et en particulier les officiellement morts au combat.

La Seconde Guerre mondiale ramène de nouveau, la population à habitants en 1941 du fait des morts, des prisonniers et déportés et des évacués de 1940Pierre Pierrard, Lille, dix siècles d’histoire, Stock, 1979, p. 198 et 203. Là encore, beaucoup ne reviendront pas dans une ville dévastée et à une sévère crise du logement. La périurbanisation, commun à un grand nombre de villes à partir des années 1960 entraine un nouveau fléchissement, avec en l’espèce la création de la ville nouvelle de Villeneuve-d'Ascq. Mais à Lille, ce mouvement a certainement été accentué par la paupérisation d'une partie de la population du fait de la crise économique liée au déclin des industries lilloisesPhilippe Marchand, Histoire de Lille, Éditions Jean-Paul Gisserot, 2003, p. 114. Ainsi, entre 1968 et 1990, Lille perd plus de habitants en dépit de l’intégration d’Hellemmes (soit une baisse réelle de la population de la ville de l’ordre de 20 %). Ainsi, Lille ne retrouvera qu’au début des années 2000, après l’intégration d’Hellemmes et de Lomme, sa population d’avant la guerre de 1914. Et ce n’est que dans le courant des années 1990 que Lille retrouve une croissance significative, due notamment à l’afflux d’une population étudiante.

L'évolution du nombre d'habitants depuis 1793 est connue à travers les recensements de la population effectués à Lille depuis cette date :

Depuis 1977, la population de la ville de Hellemmes entre dans le total de la population. Depuis 2000, la population de la ville de Lomme est comptabilisée dans le total de la population.

Évolution démographique à frontières constantes + Année Commune de Lille dans ses frontières d'avant 1858()(1) Communes d'Esquermes, Fives, Moulins-Lille et Wazemmes annexées en 1858(2) Commune de Lille dans ses frontières de 1858 à 1977()(1+2) Hellemmes-Lille()(3) Lomme()(4) Commune de Lille dans ses frontières depuis 2000()(1+2+3+4) 180154 756 7 272 62 028 497 1 757 64 282 180661 467 7 333 68 800 530 1 737 71 067 182164 291 8 488 72 779 524 1 767 75 070 183169 073 11 783 80 856 665 2 067 83 588 183672 005 13 260 85 265 666 2 181 88 112 184172 537 15 304 87 841 732 2 309 90 882 184675 430 20 351 95 781 838 2 480 99 099 185175 795 24 706 100 501 1 095 2 421 104 017 185678 641 34 479 113 120 1 153 2 465 116 738 1861- - 131 727 1 265 2 952 135 944 1866- - 154 749 2 163 3 596 160 508 1872- - 158 117 2 368 3 870 164 355 1876- - 162 775 2 812 4 099 169 686 1881- - 178 144 3 880 4 364 186 388 1886- - 188 272 4 855 4 836 197 963 1891- - 201 211 5 428 5 245 211 884 1896- - 216 276 6 967 5 677 228 920 1901- - 210 696 9 329 7 065 227 090 1906- - 205 602 10 971 9 152 225 725 1911- - 217 807 12 231 10 761 240 799 1921- - 200 952 13 330 11 321 225 603 1926- - 201 921 15 925 18 288 236 134 1931- - 201 568 18 096 20 684 240 348 1936- - 200 575 18 512 21 583 240 670 1946- - 188 871 14 140 18 469 221 480 1954- - 194 616 18 135 23 488 236 239 1962- - 193 096 19 174 27 650 239 920 1968- - 190 546 18 670 29 315 238 531 1975- - 172 280 17 646 29 262 219 188 1982- - - - 28 281 196 705 1990- - - - 26 549 198 691 1999- - 166 283 18 374 27 940 212 597 2007- - 180 023 17 850 27 916 225 789 2009- - 226 827Sources : Recensements de population de 1801 à 2007....

Population étrangère Comme toutes les grandes villes européennes, Lille a connu plusieurs vagues d'immigration, qui sont venues compenser en partie le déficit démographique après les deux conflits mondiaux. Mais la première a commencé dès le milieu du lorsque, après la crise de 1845 en Flandres belges, des milliers de familles ont franchi la frontière pour chercher du travail dans les usines textiles du Nord de la France. Sans être aussi importante qu’à Roubaix ou Tourcoing, la population étrangère, essentiellement belge, représente ainsi jusqu’à 25 % de la population lilloise au cours de la seconde moitié du Pierre Pierrard, Lille, dix siècles d’histoire, Stock, 1979, p. 154. Entre les deux guerres, des Italiens et déjà plusieurs milliers de travailleurs maghrébins ont contribué au repeuplement. Des Polonais sont également venus s'installer à Lille, mais moins massivement que dans le Bassin Minier du Nord. Après la Deuxième Guerre mondiale, la ville connaît de nouveau une forte immigration, en provenance du sud de l'Europe (principalement d'Italie et du Portugal) et surtout du Maghreb (essentiellement d'Algérie et du Maroc), fortement concentrée dans les quartiers sud et est de la ville, à Wazemmes, Lille-Moulins et Fives. L'immigration en provenance de Turquie, de Chine ou d'Afrique noire est plus récente et de moindre ampleur. Enfin, Lille connaît actuellement une immigration de Roms qui vivent souvent dans des conditions particulièrement précaires. Au total, les principales vagues d'immigration sont relativement anciennes. En 2006, seuls habitants, soit 4,1 % de la population totale, sont français par acquisition et , soit 8 % de la population totale, sont de nationalité étrangère. Parmi eux, les plus nombreux sont Marocains (), majoritairement issus de la région du Rif, et Algériens (). Viennent ensuite Européens, Africains (hors Maroc et Algérie) et ressortissants d'autres pays du monde..

Pyramide des âges

Lille est aussi une ville jeune : la part des moins de 20 ans atteint 24 % de la population, soit un taux proche de ceux de Marseille (23 %) et Nantes (22 %), sensiblement supérieur à ceux de Lyon (21 %) ou Toulouse (19 %). D’abord en raison d'un solde naturel (naissances - décès) relativement élevé : depuis le début des années 2000, la ville enregistre plus de naissances domiciliées à Lille pour un peu moins de décès. Ensuite parce que c’est une ville étudiante : 20,8 % de la population est étudiante, taux comparable à ceux de Rennes ou Montpellier, voire de Toulouse (17,8 %), mais très supérieur à ceux de Nantes (15,4 %), Lyon (13,8 %) ou Marseille (10,1 %). Enfin parce que c’est une ville d'actifs plutôt jeunes et où l’on ne reste pas l’âge de la retraite venu : les plus de 60 ans ne représentent que 13 % de la population de la ville, contre 18 % à Nantes, 19 % à Lyon et Toulouse, 23 % à Marseille.

L'examen de la pyramide des âges de la population lilloise en 2006. et la comparaison avec 1982 font apparaître que les classes d'âge les plus nombreuses, qui sont aussi celles qui ont le plus fortement progressé, sont 20 à 24 ans ( individus) et 25 à 29 ans ( individus).

Voici la comparaison entre la pyramide des âges de Lille et celle du département du Nord en 2007 :

Répartition des ménages

En 2006, le nombre total de ménages lillois est de . Voici ci-dessous, les données en pourcentage de la répartition de ces ménages par rapport au nombre total de ménages. Les ménages en 2006 Ménages de : 1 personne 2 pers. 3 pers. 4 pers. 5 pers. 6 pers. ou +Lille 52,2 % 26,0 % 9,6 % 6,6 % 3,3 % 2,2 %Moyenne Nationale 32,8 % 32,6 % 15,0 % 12,7 % 4,9 % 1,9 %Sources des données : INSEE.

Notes et références Références

Autres références

Notes

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