Rita Strohl, née Aimée Marie Marguerite Mercédès Larousse La Villette, le à Lorient (Morbihan)Archives du Morbihan en ligne, acte , vue 189/658 et morte le à La Gaude (Alpes-Maritimes), est une compositrice et pianiste française
Biographie Aimée Marie Marguerite La Villette, surnommée Rita, est la fille de la peintre Élodie La Villette (1842-1917) et de Jules La Rousse La VilletteMariage à Lorient le 12 décembre 1860, la mariée sans profession et le marié lieutenant au bataillon d'apprentis fusiliers à Lorient.. Elle est aussi la nièce du côté maternel de la peintre Caroline Espinet (1844-1910).
En 1888, elle épouse l'enseigne de vaisseau Émile Strohl (1863-1900) dont elle garde le nomActe de mariage du 18/6/1888. et dont elle a trois filles et un fils. Les deux aînées sont vite élevées par leur grand-tante Caroline Espinet. À la mort de sont mari, les fillettes restent en Bretagne et leur petit frère Emile-Jules part chez un oncle d'Emile Strohl, en Aquitaine. Seule la dernière née, Marie-Louise, vit avec sa mère jusqu'à son mariage.
Rita Strohl crée en 1912, avec son second mari, le maître verrier et mélomane Richard Burgsthal et avec l’appui financier d'Odilon Redon, Gustave Fayet et d’autres souscripteurs, l'éphémère théâtre de La GrangeLe théâtre de la Grange. à Bièvres (Essonne), qui fermera dès le début de la Première Guerre mondiale. Elle aurait voulu y donner des représentations de ses œuvres lyriques, imprégnées de mysticisme et de symbolisme, mais la déclaration de guerre mettra un terme au projet.
Rita Strohl composa plusieurs pièces lyriques, symphoniques et de musique de chambre. Elle fut plébiscitée par Camille Saint-Saëns, par Vincent d’Indy, ou Gabriel Fauré. Jane Bathori chanta ses Chansons de Bilitis, et Pablo Casals joua sa musique.
Honorée notamment par Pierre Louÿs et Henri Duparc, elle figure dans le dictionnaire des contemporains où on signale qu’elle est officier d’Académie.
Sa condition de femme artiste et son fort tempérament, ainsi qu’une volonté farouche d’échapper aux mondanités parisiennes expliquent peut-être les raisons de son oubli : la plupart de ses œuvres n’ont jamais été éditées ni enregistrées, et les manuscrits de ses œuvres sont actuellement en possession de ses descendants lorientais.
En 2023, le label La Boîte à Pepites, fondé par la violoncelliste Héloïse Luzzati, a lancé un projet visant à promouvoir la musique oubliée de compositrices. La collection comprend actuellement un CD de musique vocale, un CD de musique de chambre et un CD de musique orchestrale.
Morte quasi oubliée, sa musique suscite depuis quelques années un regain d’intérêt, (notamment sa sonate pour violoncelle et piano « Titus et Bérénice »).
Œuvres Premier Trio en sol mineur, pour piano, violon et violoncelle (1884) Messe à six voix, orchestre et orgue (1885) donnée à Rennes et Chartres Quatuor à corde, pour deux violons, alto et violoncelle (1885) Grande Fantaisie-quintette, pour piano, 2 violons, alto et violoncelle (1886) Forêt de Brocéliande, mélodie (1888) Deuxième Trio en ré mineur, pour violon, violoncelle et piano (1888) Septuor en ut mineur, pour deux violons, deux altos, violoncelle, contrebasse et piano (1890) Quatuor pour violon, alto, violoncelle et piano (1891) Grande Sonate dramatique "Titus et Bérénice" (1892) Sonate pour piano et alto "La Mer" (1893) – œuvre perdue Six Poésies de Baudelaire mises en musique, pour voix et piano (1894) Sonate pour violon et piano n°1 (1895) – œuvre perdue Cloches de Noël, poésie du marquis de Fraysseix (1895) Jeanne d'Arc, grande symphonie dramatique en quatre tableaux pour solos, chœurs et orchestre, représentée à Lorient (1897) – œuvre perdue Scherzo pour violoncelle et piano (1897) Sonate pour violon et piano n°2 (1897) – œuvre perdue Sonnet (In Coelo et in terra), poésie de Charles Sinoir (1897) Madeleine, mélodie sur un poème du marquis de Fraysseix (1897) Solitude, rêverie pour piano et violoncelle ou violon (1897) Bilitis, poème en douze chants extraits des Chansons de Bilitis de Pierre Louÿs pour voix et piano (1898), créés par Jane Bathori en 1898 Arlequin et colombine, trio pour clarinette, violoncelle et piano (1898) Carmen, mélodie pour voix et piano sur un poème de Théophile Gautier (1899) Les Cygnes, mélodie pour voix et orchestre sur un poème de Georges Rodenbach (1899) Thème et variations pour piano, op. 40 (1900) La Flûte de Pan, mélodie pour voix et orchestre sur un poème de Pierre Louÿs (1900) Dix poésies mises en musique, pour voix et piano (1901) Quand la flûte de Pan, pour récitant et piano sur un poème de Sophie de Courpon (1901) Symphonie de la forêt (1901 ou 1903) dont le Finale est créé aux Concerts Lamoureux en 1911 Musique sur l'eau, pour piano (1903) Les Noces spirituelles de la Vierge Marie (1903-1904) Le Promeneur de ciel, symphonie lyrique pour solos, chœur et orchestre (1904) Trois Préludes pour orchestre, aux Concerts Lamoureux en 1904 La Momie, mélodie pour voix et orchestre sur un poème d'Achille Segard (1905) La Cloche félée, mélodie pour voix et orchestre sur un poème de Charles Baudelaire (1905) Symphonie de la mer (1905) Yajnavalkya, mystère sacré en trois actes (1907) Saint Jean-Baptiste au désert (1908) Le Nardjol (1908) La Légende de Hu-Gadarn, cycle en cinq parties (1910-1911) La Femme pécheresse, drame lyrique (1913) Le Suprême Puruscha, cycle mystique en sept parties (1923-1939) – inachevé
Discographie
Titus et Bérénice, Aude Pivôt (violoncelle) et Laurent Martin (piano), avec la Sonate pour violoncelle et piano de George Onslow, Ligia Digital, 2017. Titus et Bérénice, Edgar Moreau (violoncelle) et David Kadouch (piano), avec d'autres œuvres de compositeurs français de la même période, sur double album Warner Classics / Erato, 2018. Rita Strohl, une compositrice de la démesure. Monographie en 3 volumes, musique vocale, musique de chambre et musique orchestrale (6 CD), La boîte à pépites, 2023-2024.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie et filmographie Agnès Boucher, A la recherche de Rita Strohl, compositrice française, 1865-1941 - Biographie, Paris, Editions L'Harmattan, 2026 - Carlos Larronde, L'art cosmique et l'œuvre musical de Rita Strohl, Paris, Denoël et Steele, 1931 (lire en ligne). Florence Launay, Les compositrices en France au , Paris, Fayard, 2007. Mario d'Angelo (coord. avec le concours de l'Observatoire musical français), La musique à la Belle Époque. Autour du foyer artistique de Gustave Fayet (Béziers, Paris, Fontfroide), Narbonne, MAGFF, 2010. Mario d'Angelo, « Musique et musiciens à la Belle Époque », dans Mario d'Angelo (coord.), La musique à la Belle Époque. Autour du foyer artistique de Gustave Fayet, Paris, Éditions Le Manuscrit, 2013, p. 109-142. Présentation en ligne Vidéo sur le site de La Boite à Pépites, qui a édité un CD (monographie en 3 volumes)
Liens externes
« Rita Strohl, une carrière fulgurante », sur lepetitrenaudon.blogspot.fr. Émission Musicopolis d'Anne-Charlotte Rémond, sur France Musique, consacrée à sa Sonate dramatique « Titus et Bérénice » pour violoncelle et piano
Catégorie:Pianiste française Catégorie:Compositrice française de la période romantique Catégorie:Musicien breton Catégorie:Naissance en juillet 1865 Catégorie:Naissance à Lorient Catégorie:Décès en mars 1941 Catégorie:Décès à La Gaude Catégorie:Décès à 75 ans Catégorie:Compositrice française de musique classique de la période moderne Catégorie:Compositrice française de musique classique de la période contemporaine Catégorie:Compositrice française du XIXe siècle Catégorie:Compositrice française du XXe siècle