Le bulgari ou boulgari () est un instrument de musique à cordes pincées d'origine turque, et rencontré notamment en Anatolie parmi les populations turcomanes implantées dans la région des monts Taurus, tout comme le bağlama et le çağür Laurence Picken, Folk musical instruments of Turkey, Oxford University Press, 1975, Observation rapportée par le professeur turc Ali Raza Yalgin, dans son ouvrage de 1940... Ce luth à manche long s'est ensuite répandu dans l'est du bassin méditerranéen, notamment en Égypte et en Crète.

Il tiendrait son nom des tribus proto-bulgares de la région de la Volga avec lesquelles les Turkmens avaient été en contact. Par ailleurs, il n'a pas de lien direct avec le bugarija bulgare, un autre luth assez similaire également appelé tamboura, en raison de l'isolement de cette population (d'avec les Bulgares européens) pendant plus de mille ans.

Il appartient à la famille des tambûrs (née en Mésopotamie) qui se dissémine dans le monde ottoman dès le . Le musicographe français Guillaume André Villoteau mentionne ainsi en 1807 un instrument à deux cordes existant au Caire et appelé tanbour boulghari ou guitare de Bulgarie Stanley Sadie, « Tanbûr » in The New Grove Dictionary of Musical Instruments, MacMillan, 1985, . Guillaume André Villoteau, Recherches sur l'analogie de la musique avec les arts qui ont pour objet l'imitation du langage, Librairie impériale, 1807, ., entre autres instruments de la famille du tambûr (le bağlama, le sharki, bozuk) qui y seront ensuite remplacés par le buzuq.

Aujourd'hui, en Turquie, on l'apparente avec les saz MEGEP (MESLEKÎ EĞİTİM VE ÖĞRETİM SİSTEMİNİN GÜÇLENDİRİLMESİPROJESİ)MÜZİK ALETLERİYAPIMI BAĞLAMA YAPIMI İÇİN ÖN HAZIRLIK, Ankara, 2007.

Le boulgari s'implante en Crète par le biais des réfugiés fuyant l'Anatolie dans les années 1920 Dana Facaros et Michael Pauls, Crete, New Holland Publishers, 2003, . Roberto Leydi et Tullia Magrini, Musica popolare a Creta, Ricordi, 1983, ., bien qu'un type de boulgari semble y avoir existé dès le , aussi bien parmi les populations chrétiennes que musulmanes (la Crète fut conquise en 1669), comme le montrent certains témoignages. Il y est encore en usage aujourd'hui, bien que supplanté progressivement par le laouto. Il est toutefois à noter qu'en Grèce, la désignation et la lutherie de cet instrument est variable (confusion avec le saz notamment) Fivos Anoyanakis et Fivi Caramerou, Greek popular musical instruments, Melissa, 1991, . ; ainsi un luthier crétois du , Manolis Malliotis, désignait sous les noms de boulgari ou bağlama un instrument de type tambouras ().

Lutherie

La caisse de résonance du bulgari est soit taillée dans un bloc de bois de mûrier, soit moulée en bois lamellé-collé ; la table d'harmonie est réalisée en pin ou en épicéa. Il y a une grosse ouïe avec une rosace placée soit à la base, soit sur le côté supérieur. Le long manche est muni de 16 à 22 frettes amovibles, bien que certains musiciens tels Stélios Foustaliérakis les ont remplacées par des frettes fixes. Il existe selon les versions de trois à sept cordes métalliques ; .

Selon les services du ministère de l'Éducation nationale turc chargés de la lutherie, le bulgari comportait deux ou quatre cordes. Selon les qui ont pu être faites du bulgari, il possède quatre chevilles et devait donc à l'origine posséder quatre cordes mais n'en compte plus que trois voire deuxLaurence Picken citant des sources turques, Folk musical instruments of Turkey, Oxford University Press, 1975, ..

Le boulgari crétois possède en général six cordes et six chevilles, ce qui dénote une influence des autres luths de type saz.

Jeu

Tandis que le bulgari turc se joue avec la pulpe des doigts Stanley Sadie, « Bulgari » in The New Grove Dictionary of Musical Instruments, MacMillan, 1985. comme le tambûr, le boulgari crétois se joue à l'aide d'un plectre en forme de plume proche de celui du laouto. On y interprète notamment le tabachaniotika, un style musical proche du rebetiko, développé par les populations d'origine turque.

Ross Daly Eleni Kallimopoulou, In the Labyrinth of Ross Daly's music, 2009. et Periklís Papapetrópoulos Biography en sont aujourd'hui des interprètes reconnus. .

Notes et références

Bibliographie Elizabeth Jeffreys, John Haldon et Robin Cormack, The Oxford Handbook of Byzantine Studies, Oxford University Press, 2008, Dana Facaros et Michael Pauls, Crete, New Holland Publishers, 2003 Roberto Leydi et Tullia Magrini, Musica popolare a Creta, Ricordi, 1983 Nikos Maliaras, Byzantina musika organa, Panasmusic, 2007 Laurence Picken, Folk musical instruments of Turkey, Oxford University Press, 1975 Stanley Sadie, The New Grove Dictionary of Musical Instruments, MacMillan, 1985 Giannis Tsivis, Chania 1252-1940, Gnosi, 1993 Guillaume André Villoteau, Recherches sur l'analogie de la musique avec les arts qui ont pour objet l'imitation du langage, Librairie impériale, 1807,

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