Les Samanides sont une dynastie turco-sogdienne qui gouverne le Khorassan à partir du pour le compte des califes abassides. Vers la fin du , Ils s'émancipent progressivement et fondent un émirat indépendant.

Origines Cette famille fait partie de l'aristocratie turco-sogdienne qui existait déjà en Sogdiane avant la conquête arabe. Pour légitimer leur pouvoir, ils prétendent descendre de Vahram VI, un usurpateur sassanide du qui avait fini sa vie chez les Turcs d'Asie centrale, c'est-à-dire près de leur région d'origineCours 2025-2026 de Frantz Grenet au Collège de France, intitulé "Aux origines du Khurâsân médiéval...", disponible en vidéo (publiée le 02/02/2026) sur la chaîne histoire et archéologie de l'institution. De 21:12 jusqu'à 22:00. En 819, le calife Al-Ma'mūn (813-833) avait récompensé les quatre petits-fils du persan Saman Khoda (Nuh, Ahmad, Yahya et Elyas) pour leurs bons et loyaux services en leur attribuant à chacun une province. Ismail (892-907), le fils d'Ahmad, prit rapidement le contrôle de la Transoxiane (Mawarannahr) et du Khorassan et s'y installa comme gouverneur indépendant, choisissant Boukhara comme capitale.

Montée en puissance En 900, au nom du calife, Ismail vainquit près de Bactres le Saffaride Amr ibn Layth (Amr ebn Leys) qui voulait envahir ses territoires. Il annexe du même coup ses possessions, ce qui lui permet d'assurer sa pleine indépendance dès 902. Deux ans plus tard, il domine la totalité du nord de l'Iran, de Rey à Qazvin.

Politique

L'État samanide était fort, autoritaire et appliquait la loi musulmane. Il s'appuyait à la fois sur une police secrète et une importante bureaucratie, permettant une surveillance étroite des gouverneurs des provinces. Ainsi veillait-on à ce qu'ils ne se montrassent pas oppressifs. Enseignement et agriculture avaient une importance particulière pour les Samanides : le premier devait être dispensée à tous, et la seconde fit l'objet d'un code qui resta en vigueur pendant deux siècles. Le prince tenait en fait par ses mesures à s'appuyer sur le peuple, contre les nobles (dihqan) jugés trop puissantsJean-Paul Roux, Histoire de l'Iran et des Iraniens, Fayard, pages 286 et 287.

Selon l'historien Jean-Paul Roux, les Samanides ont fait preuve d'un fort anti-arabisme, les poussant même à faire lire le Coran en langue vernaculaire dans les mosquées. Ceci n'a entraîné aucun anti-islamisme, des princes comme Ahmad II ou Nouh II ayant fait preuve d'une forte religiosité. L'islamisation de la Sogdiane a ainsi progressé énormément durant le règne des Samanides. Toutefois, ils ont laissé les communautés mazdéennes et nestoriennes vivre et se développer (permettant notamment la christianisation des nomades Kereyits, plus au nord).

Économie Les Samanides étaient à la tête d'un État riche et prospère, produisant et exportant de nombreux produits : fruits, légumes, papier, textiles de qualité, soie et coton, céramiques.

Culture

L'Empire samanide vit une certaine renaissance de la culture iranienne, face à l'arabisation due à l'Islam. Par exemple, le créateur de la poésie persane, Roudaki (-) fut poète officiel de la cour de (-). (?-), considéré comme créateur de la prose persane, fut ministre de (-). Il fut notamment chargé de donner une adaptation en persan de l'Histoire de Tabari, écrite en arabe. Enfin le poète Daqiqi (-) a été chargé par les Samanides de mettre en vers persans l'ancien Shâh Nâmeh (Livre des Rois), mais la mort l'empêcha de finir son œuvre, qui fut reprise par FerdowsiJean-Paul Roux, Histoire de l'Iran et des Iraniens, Fayard, page 294.

Les empires de l'Iran oriental, samanide et ghaznévide, virent également apparaître les premières khanqah, maisons communes des soufis. De plus, il est probable que les médersas apparurent à la même époque et dans les mêmes régions. La plus ancienne qu'il soit possible de dater se trouve à Samarcande et fut construite après , mais les textes évoquent des madrasas en fonction au au Khorassan et en Transoxiane. Elles furent probablement organisées sur le modèle des centres d'enseignement bouddhistesJean-Paul Roux, Histoire de l'Iran et des Iraniens, Fayard, pages 298 et 299.

Fin des Samanides Sous la pression des tribus turques d'Asie centrale, (-) dut nommer Sebuktigin au poste de gouverneur de Ghazna, et son fils Mahmûd comme gouverneur du Khorassan. Les Turcs Qarakhanides s'allièrent alors avec Mahmûd. , le dernier Samanide, lutta cinq années durant contre ces alliés mais il fut assassiné en 1005.

En 997, fut soigné par le jeune médecin Ali ibn Sina (Avicenne), alors âgé de .

Liste des émirs

Notes

Voir aussi Articles connexes Forteresse Kirk-Kiz, près de Termez (Ouzbékistan), sans doute construite par les Samanides

Liens externes , Les Sâmânides / Les Banû Sâmân

Janine et Dominique Sourdel, Dictionnaire historique de l'islam, Éd. PUF, , article Samanides, p. 728. web.genealogie,

* Catégorie:Histoire de l'Iran Catégorie:Histoire de l'Afghanistan Catégorie:Histoire du Tadjikistan Catégorie:Histoire de l'Ouzbékistan Catégorie:Dynastie musulmane Catégorie:Histoire de l'islam