L'église Saint-Lucien est une église catholique paroissiale située à Avrechy, commune de l'Oise. Elle possède des reliques de son saint patron, saint Lucien de Beauvais, et de sa patronne auxiliaire, sainte Waudru de Mons. La partie la plus ancienne de l'église est le chœur carré, qui a été bâti au second quart du dans le style roman tardif. C'est la partie la plus intéressante de l'église pour l'ordonnancement du chevet éclairé par un triplet, et surtout pour sa voûte d'ogives romane. Elle est de dimensions considérables pour l'époque, et ses nervures sont déjà soigneusement moulurées. Les chapiteaux sont d'une grande variété, et remarquables par leurs motifs. Tout le reste de l'église a été reconstruit à partir de la fin du et jusqu'au milieu du dans le style gothique flamboyant. Les parties flamboyantes de l'église restent mal étudiées, et l'on ignore leur histoire. Elles se caractérisent par des bas-côtés presque aussi élevés que la nef, et un transept moins large que la nef, dont le croisillon nord sert de base au clocher. Certaines clés de voûte méritent l'attention. La partie la plus récente de l'église est le portail occidental de style Renaissance, qui date du règne de Henri II. L'église fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le .. Avrechy n'est aujourd'hui plus une paroisse indépendante. Son église est affiliée à la paroisse Saint-Vincent-de-Paul du Pays de Chaussé.
Localisation thumb|left|Vue depuis le sud-est.
L'église Saint-Lucien se situe en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, sur le plateau picard, dans la vallée de l'Arré, sur la commune d'Avrechy, au milieu du village, rue des Lilas (RD 158). La façade occidentale donne sur la rue, qui est en pente, et la domine grâce à un mur de soutènement. Sans accès direct depuis la rue, le portail occidental n'est pas de grande utilité ; pour l'atteindre, il faut passer par le petit parvis devant le portail latéral de la première travée du bas-côté sud. C'est par cette petite porte que l'on entre habituellement dans l'église. Elle est sinon entourée du cimetière au sud, à l'est et au nord. Un chemin traverse le cimetière et relie le parvis de l'église à la cour de la mairie, qui se trouve à l'est. Le monument aux morts de la commune se trouve à l'extrémité sud-ouest du cimetière, près du principal carrefour du village, où la RD 570 (rue de la Croix-Adam) débouche sur la RD 158.
Historique thumb|left|Châsse de sainte Waudru. thumb|Vestige de litre funéraire des Gon de Vassigny au revers de la façade. thumb|Plaque en hommage à l'amiral d'Argenlieu (en religion T.R.P. Louis de la Trinité), inhumé dans l'église.
L'on manque de renseignements sur les origines de la paroisse. La partie la plus ancienne de l'église actuelle est le chœur carré, que Dominique Vermand date des alentours de 1130.. L'église est dédiée à saint Lucien de Beauvais et à sainte Waudru de Mons, qui est sa seconde patronne. Elle possède des reliques de ses deux saints protecteurs, qui sont conservées dans des châsses placées dans des niches de part et d'autre du maître-autel néoroman. Les reliques de sainte Waudru (Waldetrudis) s'étaient perdues. En 1882, la paroisse obtient une vertèbre de la sainte de la collégiale Sainte-Waudru de Mons, qui possède encore la plus grande partie de son squelette.. Sous l'Ancien Régime, la paroisse d'Avrechy dépend du doyenné de Pont-Sainte-Maxence et de l'archidiaconé de Breteuil du diocèse de Beauvais.. Le collateur de la cure est le prieur du prieuré Saint-Rémy de Ronquerolles, sur l'actuelle commune d'Agnetz. La grosse dîme d'Avrechy revient également au prieuré.. Après la guerre de Cent Ans, l'église est rebâtie dans le style gothique flamboyant, en ne conservant de la précédente église que le chœur roman. Aucun auteur ne précise la date de ces importants travaux, qui s'échelonnent apparemment sur une longue période entre la fin du et le milieu du , comme le montre l'évolution du remplage des fenêtres entre le transept et les bas-côtés. Le portail occidental est édifié en dernier lieu, et Eugène Müller le date du règne de Henri II (1547-1559).. Il appartient donc à l'architecture Renaissance et non au Classicisme, contrairement à ce qu'affirme Ernest Laurain., ce que Louis Graves a déjà reconnu.
Après la Révolution française, le diocèse de Beauvais est annexé au diocèse d'Amiens, mais regagne son autonomie en 1822. Depuis cette date, l'ensemble du département de l'Oise fait partie du diocèse de Beauvais. La paroisse Sainte-Anne d'Airion est desservie par le curé d'Avrechy dès le . Sous la monarchie de Juillet, l'abside romane se trouve dans un état inquiétant : le mur sud est profondément lézardé et très dégradé, et tout l'intérieur du chœur est également dégradé et paraît remanié. Sauf sur trois au quatre sur un total de douze chapiteaux, la sculpture disparaît sous une épaisse couche de badigeons. En 1838, Louis Graves signale encore des vitraux brisés dans les fenêtres du chœur, qui portent la date de 1554.. Vers 1935, Ernest Laurain déplore la perte du vitrail consacré aux attributs de la Vierge Marie, bien que classé aux monuments historiques par arrêté du . Deux fragments de ce vitrail ont été montés dans les soufflets de la seconde fenêtre du bas-côté nord (verrière n° 9). Ils représentent des angelots.. Les autres vitraux de la fenêtre datent de 1903, et ne sont pas classés. Ils sont signés L. Roch, Beauvais, et entretiennent le souvenir du mariage Rudeaux-Froment, le de cette année. L'église elle-même est classée au titre des monuments historiques par arrêté du . En septembre 1964, les obsèques de l'amiral Georges Thierry d'Argenlieu (en religion T.R.P. Louis de la Trinité), mort à Brest le , sont célébrées en l'église Saint-Lucien en présence du général de Gaulle.. Il est inhumé sous le sol du croisillon sud, où une plaque commémorative pour le chancelier de l'Ordre de la Libération est scellée dans le mur. En 1996, la paroisse d'Avrechy cesse officiellement d'exister avec la création des quarante-cinq nouvelles paroisses du diocèse de Beauvais. L'église Saint-Lucien est désormais l'un des vingt-huit clochers de la paroisse Saint-Vincent-de-Paul du pays de Chaussé, et les messes dominicales y sont célébrées environ une fois par mois.. Le , un pan entier du mur de soutènement devant la façade occidentale s’effondre sur une vingtaine de mètres en raison des températures hivernales en ne faisant aucun blesséLe mur de l'église s'effondre sur www.Le Courrier-picard.fr.. Il est réparé peu de temps après.
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.
D'après Eugène Woillez, l'église serait irrégulièrement orientée, avec une déviation de l'axe de l'édifice de 20° vers le sud-est du côté du chevet. En comparant avec le cadastre, cette valeur semble deux fois exagérée. Il est également difficile de souscrire à l'avis d'Eugène Woillez et Ernest Laurain, qui disent que le sol du chœur se situerait à deux mètres en dessous du niveau du sol extérieur. Cette valeur paraît également largement exagérée, et comme le montre le relevé réalisé par Eugène Woillez pendant les années 1840, le niveau du sol ne semble pas avoir beaucoup évolué depuis. L'église répond à un plan cruciforme très simple et presque symétrique. Il n'est pas clair ce que Louis Graves entend par la chapelle qui rendrait le plan irrégulier. On ne voit aucune trace d'une telle chapelle. L'église se compose d'une nef de trois travées accompagnée de deux bas-côtés ; d'un transept non débordant voûté à la même hauteur que la nef, mais moins large que cette dernière ; et d'un chœur carré au chevet plat. Il est légèrement plus large que le reste du vaisseau central, soit , et sa profondeur est de . L'ensemble de l'église est voûté d'ogives. La clé de voûte du chœur est située à une hauteur de au-dessus du sol. Le clocher s'élève au-dessus du croisillon nord, et son rez-de-chaussée sert de sacristie. Il est à ce titre séparé du reste de l'église par une clôture en bois, qui laisse libre la moitié supérieure de l'arcade vers la croisée du transept. Aucune intercommunication n'existe avec le bas-côté nord. L'église possède deux accès, à savoir le portail occidental et la petite porte de la première travée du bas-côté sud. Les bas-côtés sont recouverts par des toits en appentis s'appuyant contre les murs gouttereaux de la nef, tandis que la nef, le croisillon sud et le chœur sont recouverts de toits à deux rampants avec des pignons tournés respectivement vers l'ouest, le sud et l'est.
Intérieur Nef et bas-côtés thumb|upright|Nef, vue vers l'est. thumb|upright|, élévation nord. thumb|upright|Nef, vue vers l'ouest.
Avec seulement trois travées et une largeur ne dépassant pas les six mètres, la nef est de dimensions modestes, mais elle est visuellement augmentée par la parfaite continuité de sa largeur et de sa hauteur sur l'ensemble du vaisseau central, jusqu'au chevet. La hauteur de la nef est également médiocre, mais ici encore, deux astuces gomment en grande partie ce défaut. Premièrement, les grandes arcades qui assurent la communication avec les bas-côtés sont élevées, et ont la même hauteur que les piliers de la nef. Deuxièmement, les grandes arcades sont en arc brisé surbaissé, et les arcs formerets aussi, quoique légèrement plus pointues. De ce fait, une plus importante proportion de la hauteur de la nef incombe aux piliers, et une plus faible proportion à la lunette des voûtes. La nef et ses bas-côtés sont de style flamboyant.
Comme c'est la règle pour les églises rurales de la région bâties à la période flamboyante, l'élévation latérale de la nef ne comporte que l'étage des grandes arcades et une portion de murs hauts aveugles. Nonobstant, le teint clair des surfaces entièrement badigeonnées de blanc et la proportion favorable entre grandes arcades et murs hauts assurent un éclairage suffisant par la lumière naturelle, via la rosace occidentale et les fenêtres des bas-côtés. Elles sont au nombre de trois tant au nord qu'au sud. Le portail ne se substitue donc pas à une fenêtre, mais il n'y a pas de fenêtre occidentale pour les bas-côtés. Les grandes arcades sont à double rouleau. Le rouleau inférieur est un gros boudin, dont les faces latérales sont légèrement concaves. Ce profil est parfaitement adapté aux piliers ondulés, qui présentent quatre ondulations ou renflements séparées par de larges gorges. De ce fait, le rouleau inférieur se fonde directement dans les piliers. Le rouleau supérieur est mouluré de chaque côté de deux gorges, la seconde étant plus étroite que la première. Ces moulures s'estompent à la rencontre avec les piliers, où ils ne trouvent pas de correspondance. Au-dessus des piliers des grandes arcades, les piliers de la nef sont seulement esquissés par un faible renflement dans le mur. Les nervures des voûtes de la nef retombent en effet sur des culots, qui sont essentiellement décorés de moulures ; certains présentent un bourgeon en dessous. Au revers de la façade, des piliers ondulés sont engagés dans le mur occidental, et les nervures des voûtes de la nef sont pénétrantes. À l'est, les deux piles occidentales de la croisée du transept sont cylindriques, et les nervures sont également pénétrantes. Dans les bas-côtés, l'on trouve des piliers ondulés engagés dans les murs. Les bases sont prismatiques et reposent sur des socles octogonaux. Les piliers ondulés sont d'un type largement répandu, et évoquent l'église Saint-Samson de Clermont largement remaniée et agrandie à la même époque ; la proportion des élévations latérales rappelle l'église de Pont-Sainte-Maxence.