Anna Quinquaud, née le dans le arrondissement de Paris et morte le à Fontenay-Trésigny, est une sculptrice française.

Biographie Anna Fanny Marguerite QuinquaudArchives numérisées de l'état civil de Paris, acte de naissance ; mention marginale : décédée à Fontenay-Trésigny (Seine-et-Marne) le (consulté le 29 septembre 2012). est la quatrième des six enfants du médecin et académicien Charles-Eugène Quinquaud et de Thérèse Caillaux (1859-1928), sculptrice, élève d'Auguste Rodin. Après le décès de son père, les siens conserveront de fidèles attaches avec son village natal de Lafat (puis plus largement avec le département de la Creuse), sa mère y conservant un atelier et Anna Quinquaud y passant ainsi ses étésGénéarc (atelier de généalogie de la médiathèque d'Arcueil), Thérèse Caillaux et Anna Quinquaud.. C'est ainsi de la Creuse, où elle est naturellement initiée à la sculpture par sa mère, qu'en 1909 arrive à la jeune Quinquaud sa première commande avec le buste d'Armand Fourot pour la place de l'église d'Évaux-les-BainsLa Creuse, être libre, Anna Quinquaud, une femme libre..

De 1912 à 1914, Anna Quinquaud est l'élève de Blanche Laurent, chez qui elle revient peu avant la fin de la Première Guerre mondiale. En 1918, elle entre à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris où elle est élève de Laurent Marqueste (1848-1920) et de Victor Ségoffin (1867-1920). En 1924, elle obtient un deuxième premier grand prix de Rome en sculpture . En 1925, plutôt que la résidence romaine à la villa Médicis, elle s'embarque pour l'Afrique-Orientale française jusqu'en Éthiopie ; elle rapporte de ses voyages de nombreuses sculptures.

Pierre Kjellberg s'appuie sur La femme maure (1937) d'Anna Quinquaud qui, sur la terrasse du musée d'art moderne de la ville de Paris , pour dire l'artiste représentative de la rencontre du cubisme, de l'orientalisme et de l'archaïsme dans la sculpture des années 1930Pierre Kjellberg, « Promenade autour de quelques statues de Paris », La Gazette de l'Hôtel Drouot, , 6 juin 1975, pages 24-25.. vignette|Anna Quinquaud, dans son atelier parisien, après sa nomination à l’Académie des sciences coloniales (désormais Académie des sciences d'outre-mer) en 1946 dans le magazine Regards.. Anna Quinquaud demeure fidèlement attachée à l'Académie des sciences d'outre-mer, dont elle réalise en 1974 la médaille du cinquantenaire, et continue de voyager jusqu'en 1977, année où elle visite le désert du Sinaï et la cité nabatéenne de Pétra en JordanieLynne Thornton, Les africanistes, peintres voyageurs, ACR Édition, 1998, .. Ce n'est qu'avec les deux ventes de son atelier à l'hôtel Drouot par les commissaires-priseurs Jacques Lenormand et Patrick Dayen, les La Gazette de l'Hôtel Drouot, du 26 février 1982, page 18. et Françoise de Perthuis, « Anna Quinquaud », La Gazette de l'Hôtel Drouot, du 12 mars 1982, ., qu'un fonds de toiles la révèle également peintre de paysages, vocation méconnue qu'il convient d'ajouter ainsi à celle de dessinatrice justement remarquée par Lynne Thornton.

Elle meurt en 1984 à Fontenay-Trésigny..

Œuvres dans les collections publiques

En France Musées Composition cubiste, sculpture, musée Despiau-Wlérick, Mont-de-Marsan. L'Indochine, sculpture, commande pour l'exposition internationale de 1937, musée Despiau-Wlérick, Mont-de-Marsan. Femme Maure, dite aussi La Mauritanienne, sculpture, vers 1937, musée d'art moderne de la ville de Paris, près de la fontaine du palais de TokyoPetit patrimoine, La jeune Maure, dite aussi La Mauritanienne, d'Anna Quinquaud. Musée du quai Branly - Jacques-Chirac : Femme hova, sculpture ; Maternité d'Antaïsaka, moulage en plâtre ; Ménagerie du Jardin des plantes, Paris : Chasseur près de sa proie abattue, 1937, moulage en plâtre ; Repos de chasseurs, 1937, moulage en plâtre ; Chasseur près de sa proie abattue, 1937, moulage en plâtre. Musée des Années Trente, Boulogne-Billancourt. Centre national des arts plastiques, ParisStéphane Allavena, Anna Quinquaud, une ethnographe en terre chrétienne, Centre national des arts plastiques, 2014. Musée des Beaux-Arts de Brest : Devant le maître ; Femme accroupie à la cruche ou esclave devant son maître, moulage en plâtreNotice de la base Joconde ; Devant le maître, moulage en plâtreNotice de la base Joconde ; Femme bellah, captive de Touareg, moulage en plâtreNotice de la base Joconde ; Femme bellah, captive de Touareg, modelage en terre cuiteNotice de la base Joconde ; La Papanga, 1933, moulage en plâtre ; Archer Coniagui au repos à Youkounkoun, vers 1930, plâtre patiné façon terre cuite, Portrait d’Emina Emi, 1932, fusain et gouache sur papier, Portrait d’Aazaft Natzimma, vers 1933, fusain sur papier, Portrait d’un jeune hova, vers 1933, fusain et pastel sur papier. Laptot du Niger ou Le piroguier, 1925, bronze patiné, fonte d’époque à la cire perdue Musée de la Sénatorerie de GuéretMusée de la Sénatorerie de Guéret, Anna Quinquaud dans les collections.

Kadé, fillette de Tougué, sculpture en bois, 1931, musée Sainte-Croix, Poitiers (dépôt du musée national d'art moderne). Musée de la Faïence de Quimper, Femme du Fouta Djallon, buste en grès rehaussé d'or et d'argent, manufacture de La Hubaudière, 1931Anne Doridou-Heim, « Beauté noire », La Gazette de l'Hôtel Drouot, 6 décembre 2009. Cité de la céramique - Sèvres et Limoges, Sèvres.

Églises Sainte Thérèse écoutant les prières des fidèles, église Sainte-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus d'Élisabethville (Yvelines), 1928. Sainte Geneviève, statue plâtre, église Saint-Sulpice, Lafat, 1942. Me voici, je viens, autel en pierre, église Saint-Julien-de-Brioude, Fresselines, 1965.

Monuments Statue bois de Sainte Geneviève, Direction générale de la Gendarmerie nationale, Issy-les-Moulineaux, 1945. Bas-reliefs de la façade de la résidence Lucien Paye, conçue par Albert Laprade, à la Cité internationale universitaire de Paris (Pavillon de France d'Outre-Mer à l'époque)Petit patrimoine, les bas-reliefs de la résidence Lucien Paye . L'Indochine, bas-relief, palais de Chaillot, ParisParis en photos, Les bas-reliefs du Palais de Chaillot. Monument au capitaine Joost Van Vollenhoven, du régiment d'infanterie coloniale du Maroc, ancien gouverneur général en Indochine et en A.O.F., tombé en ce lieu du monument le , route D2, Montgobert (forêt de Longpont), 1938Mémorial GenWeb, Le monument VollenhovenPicardie 14-18, Le monument Vollenhoven. Trois bas-reliefs, au-dessus de l'entrée de la fauverie, à la Ménagerie du Jardin des plantes, Paris. Rythme, Place de la Libération, BarentinPetit patrimoine, ville de Barentin, "Rythme" d'Anna Quinquuaud. Calvaire Saint-Pierre, Caen, 1962Petit patrimoine, Calvaire Saint-Pierre, route de La Délivrande, CaenPhilippe Lenglart, Caen, architecture et histoire, éditions Charles Corlet, Condé-sur-Noireau, 2008, . Petite fille jouant au ballon, 1965, bas-reliefs, lycée Victor-Hugo, rue Edmond-Gombeaux, CaenLycée Victor-Hugo, Caen, Petite fille jouant au ballon d'Anna Quinquaud, école Robert-Doisneau (1972) et groupe scolaire Jean-Moulin de Venoix (Les quatre saisons, quatre bas-reliefs, 1973), CaenUn pour cent « lycées », Anna Quinquaud à Caen.. Monument à Auguste Pavie, jardin anglais, DinanLe Télégramme, Dinan : sur les traces de la sculptrice Anna Quinquaud, 18 juin 2011Van der Krogt, Le monument à Auguste Pavie.

En Éthiopie Addis-Abeba (Éthiopie), palais impérial : Buste de Haïlé Sélassié Ier, 1932Galerie Ary Jan, Anna Quinquaud, biographie.

À Madagascar Tananarive (Madagascar), hôtel de ville : Le Repiquage du riz, bas-reliefŒuvre reproduite dans L'esprit des fleurs d'Hélène Dubois-Aubib, Éditions Cheminements, 2002, . et Maternité malgache, vers 1932, sculpture.

Au Maroc Casablanca (Maroc), cathédrale Notre-Dame-de-Lourdes : Vierge à l'enfant, 1954.

Au Sénégal Dakar (Sénégal), cathédrale du Souvenir africain : quatre anges monumentaux ornant le portail, 1936.

Expositions Expositions particulières Anna Quinquaud - Souvenirs de voyage, Paris, Galerie d'art contemporain, 1926. Les Foulahs du Fouta Djallon - Sculptures et dessins, Paris, Galerie Charpentier, 1931. Anna Quinquaud - Mer Rouge et Île Roge, sculptures, dessins, Paris, Galerie Charpentier, 1934. Petit Palais, Paris, 1936. Musée de la Sénatorerie de Guéret, octobre-. Anna Quinquaud - Regards sur l'Afrique, 1920-1925, musée des beaux-arts de Brest, 1980.

Expositions collectives Salon des artistes français, Paris, à partir de 1910, médaille de bronze en 1921Dictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, tome 11, page 358.. Salon de l'Union des Femmes peintres et sculpteurs, 1914Bulletin officiel de l'Union des femmes peintres et sculpteurs du mars 1914 sur Gallica.. Exposition coloniale de 1931, Palais des beaux-arts et palais de l'A.O.F., Paris. Pavillon de Madagascar, Exposition universelle de 1935, Bruxelles. Les femmes artistes d'Europe exposent au Jeu de Paume, Paris, . Exposition universelle de 1937, Paris. Foire internationale de New York 1939-1940. Trois peintres (Mireille Montangerand, Léo Hezarifend, François Baboulet), un sculpteur (Anna Quinquaud), Galerie de Seine, rue de Seine, Paris, mars 1952Pierre Descargues, « À travers les galeries », Les Lettres françaises, 13 mars 1952, ..

Expositions rétrospectives

Sculptures'elles, musée des Années Trente, Boulogne-Billancourt, 2011« Anna Quinquaud au Musée des Années Trente », Notes pécieuses, le magazine, 30 septembre 2011.. Anna Quinquaud - Itinéraires africains dans les années 1930, musée de la Sénatorerie de Guéret, juin Robert Guinot, « Quatre-vingt sculptures et dessins d'Anna Quinquaud à découvrir au musée municipal de Guéret », Le Populaire du Centre, 18 juin 2012, musée Baron-Martin, Gray (Haute-Saône), - , musée Despiau-Wlérick, Mont-de-Marsan, mars-Philippe Clouté, « Exposition Anna Quinquaud au Musée Despiau-Wlérick », Aquitaine on line, 15 avril 2013, La Piscine, Roubaix, juillet-Art Actu, Exposition Anna Quinquaud, Roubaix, 5 juillet 2013, musée des beaux-arts de La Rochelle, - Musée des beaux-arts de La Rochelle, Anna Quinquaud - Itinéraires africains, dossier de presse, 2013. Anna Quinquaud, une sculptrice en Afrique, musée des beaux-arts de Brest, février-Jean-Yves Cordier, « Anna Quinquaud, une sculptrice en Afrique » au Musée des beaux-arts de Brest, 2014.

Prix et distinctions Prix de sculpture de l'Union des femmes peintres, sculpteurs, graveurs et décorateurs, 1914. Prix Chenavard des têtes d'expression. Deuxième premier grand prix de Rome en sculpture de 1924. Prix de l'A.O.F., 1924. Prix de Madagascar, 1932. en 1932. Membre de l'Académie des sciences d'outre-mer, 1946. Grand prix des arts décoratifs d'outre-mer, 1952.

Notes et références

Annexes

Bibliographie Henry Bérenger, « L'art d'Anna Quinquand », L'Illustration, , . Robert Rey, « De la renaissance à l'exotisme : Anna Quinquaud », L'art et les artistes, Gallica, 1935. Lynne Thornton, Les africanistes, peintres voyageurs, ACR Édition, 1990. Jean-Paul Midant, Sèvres - La Manufacture au , Éditions Michel Aveline, 1992. Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999. Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001. Marie-Jo Bonnet, Les femmes artistes dans les avant-gardes, Éditions Odile Jacob, 2002. Sous la direction d'Yves Le Fur, D'un regard l'autre - Une histoire des regards européens sur l'Afrique, l'Amérique et l'Océanie, Musée du Quai Branly/Réunion des musées nationaux, 2006. Pierre Sanchez (introduction historique de Stéphane Richemond), La Société coloniale des artistes français, puis Société des beaux-arts de la France d'outre-mer (1908-1970) - Répertoire des exposants et de leurs œuvres, Dijon, Éditions L'Échelle de Jacob, 2010. Anne Doridou-Heim, Anna Quinquaud, exploratrice sculptrice, Somogy Éditions d'art, 2011.