François-Armand de Saige, baron de Beautiran, seigneur de Bonoas, Ducasse, etc., né le à Bordeaux où il est exécuté le 2 brumaire an II (), est un homme politique français, maire de Bordeaux.

Biographie Famille La famille Saige s’implante à Bordeaux au . D'abord marchand et constructeur naval, ce n’est qu’au milieu du que Joseph (1696-1764) accède à la noblesse en tant que secrétaire du roi.

François Saige (1626-1685), dont le père Gaston (1564-1648) est procureur du présidial de Bazas dans la première moitié du , vient le premier à Bordeaux où il est un marchand très actif et surtout un grand constructeur de bateaux aux Chartrons sous Colbertvoir Saugera, 2002 Bordeaux, port négrier .

Le fils aîné de François, Jean Saige (1660-1730) maintient l’activité paternelle et l’amplifievoir Butel, 2008 Dynasties bordelaises . Il est aussi négociant, faisant d'importants commerces avec les Indes, et, en 1705, il crée la Chambre de commerce de Bordeaux, dont il est l’un des cinq directeurs. Son fils, Joseph Saige (1696-1764), également directeur de la chambre de commerce de Guyenne à Bordeaux, marié le avec Marie Chaperon-de-Terrefort (1704-1794) dans l'église Saint-Projet de Bordeaux, est anobli en acquérant l'office de secrétaire du roi.

Jean Saige et son fils Joseph Saige, pratiquent, par trois expéditions, la traite négrière en tant qu'armateursJean Saige arme une expédition de traite en 1688 pour l’Angole avec le navire Le Glorieux. Joseph Saige arme deux expéditions (navires Lion et Bourbon), l’une en 1741 pour le Loango et l’autre en 1742 pour la Guinée (voir Éric Saugera, Bordeaux, port négrier, 2002, , 351 et 352).

Au Parlement de Bordeaux François-Armand de Saige est élève du collège de Juilly destiné à l'éducation des fils de la noblesse française. Il achète, à , avec dispense d'âge, le , une charge d’avocat général au parlement de Bordeaux.

Le 29/01/1765, épouse Marie-Jacqueline de Verthamon, membre d'une des grandes familles de la noblesse bordelaise. Cette dernière est alors âgée de . Si par ce contrat de mariage, la dot de l’épouse est de , le pactole revient surtout aux de Verthamon avec apportées par l’époux : la vieille noblesse et le négociant richissime récemment anobli échangent leurs intérêts. « C'est le pactole qui va fertiliser les mines du Pérou », écrit François de Lamontaigne, chroniqueur de son temps. gauche|vignette|La glacière, seul vestige du domaine de Bourran à l'époque de Saige.

En 1768, François-Armand de Saige acquiert pour le château de Bourran à Mérignac alors espace rural proche de Bordeaux. François-Armand Saige pratique la double résidence, comme beaucoup de nobles aisés, l’hiver à Bordeaux, l’été et l’automne à la campagne dans son château de Bourran. En 1775, Saige fait ériger sur le domaine une glacière, conçue alors comme la « plus grande de France ». Ses caves voûtées sont creusées dans le calcaire jusqu’à dix mètres de profondeur, et servent à entasser la glace provenant des eaux gelées de la Devèze durant l’hiver ou venant des Pyrénées. En cette fin du , la production de sucre par les esclaves dans les colonies permet l'essor de la gastronomie sucrée. Les nobles et la bourgeoisie appréciant particulièrement les sorbets de fruit..vignette|L'hôtel de Saige à Bordeaux. En 1776, il fait bâtir par Victor Louis un hôtel particulier somptueuxsiège de la préfecture de la Gironde de 1810 jusqu’en 1993 juste derrière le Grand-Théâtre, au meilleur emplacement de « l’îlot Louis »Lotissement de prestige destiné à financer le Grand-Théâtre ; le terrain seul lui a coûté (voir Butel, 2008 Dynasties bordelaises ).

En 1779, il quitte sa charge d'avocat général au Parlement de Bordeaux.

À la fin du François-Armand de Saige fait construire le château de Saige à Cadaujac.

Possédant dix millions de livres, il est réputé pour être la plus grosse fortune bordelaise à la fin de l'Ancien Régime. Cependant, noble depuis seulement deux générations, les Saige sont considérés comme des parvenus par les membres de l’ancienne noblesse de robevoir Butel, 2008 Dynasties bordelaises ; font partie des cette vieille noblesse les de Verthamon du côté de son épouse..

La Révolution Bourgeois anobli par l'achat d'une charge, François-Armand de Saige est porté par les idées de la Révolution. En 1789, il devient commandant de la Garde nationale de Bordeaux. Il est élu maire de Bordeaux à trois reprises, le par sur 1408 votants, le et enfin le .

En 1793, durant la Terreur, les partisans de la Convention nationale désignent une Commission militaire pour remplacer la municipalité en place. Le quatre représentants en mission, dont Tallien et Ysabeau entrent dans Bordeaux avec une armée révolutionnaire pour . Jean-Baptiste-Marie Lacombe est alors désigné président de la Commission militaire révolutionnaire à Bordeaux . Près de cinq mille personnes sont arrêtées et la Commission prononce environ trois cents condamnations à mort. Trop puissant, trop riche et trop influent, François-Armand de Saige est arrêté dans son château de Bourran à Mérignac, puis emprisonné dans le château du Hâ. Le 2 brumaire an IIVoir Desgraves, 1989 Évocation du vieux Bordeaux ; (), Saige est jugé, condamné à mort et guillotiné le jour même, place Nationale à Bordeaux, à cause de ses sympathies pour les Girondins. Ses biens sont confisquésLettre au Comité de salut public d'Ysabeau et Tallien, en date du 8 brumaire : « Le Capet de Bordeaux, le maire Saige, a expié, il y a deux jours, sur l'échafaud, les forfaits nombreux dont il s'était rendu coupable ; sa mère vient de mourir aujourd'hui. Cette mort rend la nation propriétaire de plus de dix millions de biens. Voilà de quoi payer les frais de la révolution bordelaise et procurer du pain au peuple à bon marché. Nous ne négligeons pas pour cela les saignées pécuniaires à faire aux riches, aux accapareurs, aux fédéralistes. Le résultat de nos opérations sera plusieurs millions acquis à la nation ». Arch. nat. AF II, carton 170, brumaire, pièce 58.. L'inventaire réalisé en décembre 1793 permet d'attester d’un style de vie où l’opulence et le luxe dominent, et où l’on a l’habitude de recevoir.

Sa femme brièvement emprisonnée, puis libérée, récupère son hôtel et ses biens en . Marie-Jacqueline de Verthamon se remarie avec Jean-Baptiste Coudol-Belleisle. Aucun enfant n'est issu de ses deux mariages.

Portraits

Vers 1760, un portrait au pastel est réalisé par Paul-Romain ChaperonPaul-Romain Chaperon (Libourne 1732-1793) est un avocat, élu jurat de Libourne, puis membre du présidial de Libourne, par ailleurs cousin germain de Raymond de Sèze. Il prend le parti de la révolution en 1789, il est guillotiné en 1793 à Libourne. Pastelliste célèbre, il est l'auteur du Traité de la peinture au pastel, édité en 1788.. En 1789, Louis Pierre Deseine réalise un buste de François-Armand de Saige. Ces deux œuvres sont conservées au musée des Arts décoratifs et du Design.

Hommage La ville de Bordeaux donne, en 1864, le nom de « Saige » à une petite rue (ancienne nommée « rue de La-Petite-Intendance ») située à proximité du Grand-Théâtre. Une station de la ligne B du tram porte le nom de Saige (entre Unitech et Bougnard). Bibliographie .

Notes et références

Notes

Références

Voir aussi

Articles connexes

Hôtel de Saige Château de Saige Joseph Saige Guillaume-Joseph Saige

Liens externes

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