L'Emploi () est un film italien réalisé en 1961 par Ermanno Olmi.
Synopsis Domenico, un fils d'ouvrier de la province lombarde, habitant Meda, passe en compagnie d'une vingtaine d'autres candidat(e)s, le concours d'entrée d'une grande entreprise milanaise. Parmi ces personnes, il aperçoit l'une d'elle dans un bistro pendant leur pause de midi et l'aborde timidement dans la rue avant de retourner ensemble dans l'entreprise pour la suite des épreuves. Dactylo milanaise habitant le quartier San Siro, prénommée Antonietta mais se faisant appeler Magalie car elle trouve ce surnom donné par un camarade dans sa rue plus moderne, elle résume sa condition féminine en Italie au début des années 60, lorsqu'il lui demande ce qu'elle a fait comme études. Elle lui confie alors qu'elle voulait s'orienter dans des études de langue, qu'elle s'était lassée et que de toute façon, sitôt mariée (sans préciser peut-être, avec des enfants), à quoi bon. À la fin des épreuves, il l'attend et ils font un bout de chemin ensemble jusqu'en début de soirée avant que tous les deux rentrent chez leurs parents. À la gare de Milan-Cadorna il se met à fredonner l'une des dernières chansons à la mode Piove (ciao ciao bambina) de Domenico Modugno et finissant par la hurler en arrivant chez lui, soulignant son émoi amoureux, car elle raconte l'histoire d'un homme qui cherche à relancer son histoire d'amour finissant avec celle qu'il aime. Domenico lui-même inquiet de ne plus revoir Magalie s'ils ne sont pas engagés. Finalement titularisés tous les deux, ils travaillent néanmoins dans deux départements différents, elle au siège central, lui au département technique, ce qui ne facilite pas pour lui la poursuite de ce début d'histoire d'amour. Même au restaurant d'entreprise, les employés des deux départements ne mangent pas à la même heure. Il cherche alors à la rencontrer à la sortie de l'entreprise mais elle est toujours accompagnée de ses collègues. Aide-concierge puis garçon de courses, car il n'y a pas encore de poste pour lui dans sa fonction, il l'a rencontre néanmoins dans un couloir lorsqu'elle l'interpelle pendant une course et lui demande ce qu'il devient. Elle lui propose ensuite d'aller danser au souper qu'organise l'entreprise pour le nouvel an, car elle n'est pas insensible depuis le premier jour de leur rencontre à sa gentillesse teintée de maladresse, tout en lui précisant qu'elle devait d'abord avoir l'accord de sa mère pour s'y rendre. Alors qu'il se morfond à l'attendre, elle ne vient pas, mais il finit tout de même par s'amuser et à danser avec les collègues, grisé par la bouteille de vin de Garda offerte à l'entrée aux personnes qui sont venues non accompagnées. Plus tard dans l'entreprise, à la faveur du décès de son titulaire, écrivain à ses heures perdues dont on retrouve une partie de ses épreuves dans son bureau dans l'indifférence générale, il est titularisé pour cet obscur poste d'employé de bureau. Il s'enferme alors dans la grisaille de la vie bureaucratique et ses petites mesquineries entre collègues sous la supervision du chef, sans réelle perspective d'avenir, car quand on entre dans ces grandes entreprises, les salaires sont bas, les carrières lentes, mais le poste est assuré jusqu'à la retraite. Quant à l'évolution de ses rapports avec Magalie, ces deux jeunes encore innocents et purs au début de leurs parcours professionnels, elle nous est inconnue, mais le portrait qu'il est montré des collaborateurs plus âgés dans leurs vies privées, mariés ou pas, n'est pas des plus joyeuses. Mère qui se fait voler de l'argent dans son porte-monnaie par son fils, homme qui à l'air de se passionner plus pour les poissons que pour sa femme, couple qui ne se parle quasiment plus, couple infidèle, retraité qui continue à venir dans l'entreprise depuis trois mois car il doit probablement s'ennuyer chez lui. Dans ces portraits, seul le concierge flegmatique à l'air lucide et ne se dupe de rien ni de personne.
Fiche technique Titre original : Titre français : L'Emploi Réalisation : Ermanno Olmi Scénario : Ermanno Olmi Script-girl : Adriana Roworth Directeur de la photographie : Lamberto Caimi, Noir et Blanc Photographe de plateau : Roberto Barbieri Musique : Pier Emilio Bassi Décors : Ettore Lombardi Montage : Carla Colombo Son : Giuseppe Donato Producteur : Alberto Soffientini pour Titanus/The 24 Horses Directeur de production : Attilio Torricelli Distribution : Titanus Distribuzione Durée : 105 minutes Pays d'origine : Lieux de tournage : Meda (périphérie de Milan, Lombardie) Présenté hors concours à la Mostra de Venise le Date de sortie : en Italie Date de sortie : en France Genre : Film dramatique
Distribution artistique Sandro Panseri : Domenico Cantoni Loredana Detto : Antonietta Masetti dite Magali Tullio Kezich : l'examinateur Mara Revel : la collègue de Domenico Guido Spadea : Portioli Bice Melegari Corrado Aprile Guido Chiti
Récompenses Prix de l'Office Catholique au Festival de Venise 1961. Le jury a justifié sa décision en disant qu'il s'agit d'Une œuvre qui, contrastant avec une représentation trop souvent forcée et pessimiste de la vie, témoigne, au contraire, d'un sens aigu de la condition humaine, d'une sensibilité discrète, de fraîcheur, d'humour et de poésie. Prix de la Critique internationale au Festival de Venise 1961
Commentaire Le générique de L'Emploi se clôt par le texte :
Il posto fit découvrir Ermanno Olmi. Honoré de diverses récompenses, le film parut, à sa sortie, d'une grande singularité. Pourtant, là où Anne Kieffer y admire une œuvre , Jacques Lourcelles y dénonce tout de même Freddy Buache, proche de ce dernier point de vue, y décèle les mêmes stigmates lorsqu'il parle, à son sujet, de in: Le Cinéma italien, 1945-1990, Éditions L'Âge d'Homme. Les deux critiques insistent, en outre, sur le caractère extrêmement dédramatisé de l'action qui achève de rendre le personnage principal, comme ceux qui gravitent autour de lui, Freddy Buache, op. cité. À ce titre, les rapprochements effectués, ici ou là, avec Kafka, voire Gogol paraissent incongrus, dans la mesure où le film, contrairement au Manteau de Lattuada, est lesté, tout à la fois, de dimension fantastique et de veine satirique.
, semble regretter Freddy Buache (op. cité).
Jean A. Gili propose, quant à lui, d'envisager le film à une vie d'obscur bureaucrate, Jean A. Gili : Le Cinéma italien, Éditions de La Martinière, 2011.
, commente Ermanno Olmiin : Aldo Tassone, Le cinéma italien parle, Paris, Edilig, 1982.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Pierre Acot-Mirande, Venise 1961, Téléciné, 99, Paris, Fédération des Loisirs et Culture Cinématographique (FLECC), , Gilbert Salachas, « Il Posto », Téléciné 110, Paris, Fédération des Loisirs et Culture Cinématographique (FLECC), avril-,
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