est une chanson du groupe allemand de metal Accept. C'est la première piste de leur album Restless and Wildmetal-archives:Restless and Wild (album). Elle est souvent considérée comme l'une des toutes premières chansons de pur speed metalSharpe Young Gary, Metal: The Definitive Guide, p.333-334.."Accept Remembered" in Wolfhoffmann.com Archives de Wolfhoffmann.com et entérine l'usage de la double pédale de grosse caisse qui deviendra très populaire dans de nombreux sous-genres de metal par la suite (notamment le thrash metal et les genres de metal extrême). Bien qu'étant l'une de leurs chansons les plus connues, elle n'a pas à proprement parler fait l'objet d'un single promotionnel à l'échelle internationale. Toutefois, elle est sortie sous ce format en Espagne en (avec la chanson "Get Ready" en Face B). Elle figure également en face B du 45 tours Restless and Wildmetal-archives:Restless and Wild (single), ainsi que sur de nombreuses compilations du groupe.
Musique
L'introduction thumb|250px|Transcription du refrain de la chanson Ein Heller und ein Batzen dans le ton de Si bémol major tel qu'on l'entend dans l'intro de Fast as a Shark
La chanson est connue pour son introduction atypique. Elle commence, en effet, par l'extrait d'un vieil enregistrement de Ein Heller und ein Batzen, une chanson traditionnelle tirée du folklore allemand. Au bout d'une vingtaine de secondes, celle-ci est subitement interrompue par des crissements de sillons de disque et laisse place au cri strident d'Udo Dirkschneider. À l’origine, le groupe avait choisi cette chanson pour « marquer un contraste avec la chanson heavy qui suivait »"1983 French Interview with Accept- Transcription par Joe Schlared du disque interview "Interview with Accept" de 1983 1983 Interview Disc. Wolf Hoffmann, le guitariste explique :
Ce contraste a particulièrement surpris les auditeurs de l’époque et a marqué durablement les esprits. Témoin, Steve Kachinsky, le guitariste du groupe Steel Prophet (qui reprendra la chanson) se rappelle sa réaction quand il a entendu pour la première fois la chanson :
Pour le chroniqueur de Allmusic, Eduardo Rivadavia, il s'agit d'une des intros « les plus inattendues, surprenantes et hilarantes jamais enregistrées ». Elle sera pourtant l'objet de nombreuses controverses tout particulièrement en France (cf voir le chapitre consacré à la question un peu plus loin).
La chanson Wolf Hoffmann, le guitariste décrit la chanson ainsi :
Fast as a Shark représente un tournant dans l'histoire du heavy metal, en ce qu’elle constitue l'une des toutes premières chansons de speed metal, un an avant la sortie de Kill 'Em All de Metallica. D’autres chansons avaient auparavant posé les prémisses de ce genre en explorant la vitesse en tant que paramètre fondamental de toute une chansonVanValkenburg Aaron, Musical Process and the Structuring of Riffs in Metallica, Mémoire de Master, soutenance sous la présidence de Timothy R. McKinney, Baylor University, Waco, Texas, 2010, pp.14-22. notamment Highway Star et Fireball de Deep PurpleAndrew L.Cope, Black Sabbath and the Rise of Heavy Metal, Ashgate,2010,pp.101-103., Stone Cold Crazy de Queen, Ace of Spades de Motörhead ou encore Exciter de Judas Priest. Cette dernière fut d'ailleurs l'une des premières chansons de metal à avoir recours à la double-grosse caisse. Fireball de Deep Purple (1971), toutefois, avait déjà recours au jeu de double-pédales en double-croches, mais sur une seule grosse caisse. Exciter poussa la technique à un nouveau degré de vitesse. Fast as a Shark entérine tous les acquis de ses prédécesseurs, et notamment les rythmiques dites en « double-time feel », il s'agit d'un terme provenant du jazz et désignant le procédé qui consiste à multiplier des valeurs rythmiques par deux par rapport au tempo donné tout en gardant une progression harmonique standard en rapport avec le tempo. Une progression deux fois plus lente que la dynamique rythmique induiteDon Michael Randel, The Harvard Dictionary of Music, Harvard University Press, 2003. p.253.. Ce qui donne l’impression que la chanson va deux fois plus vite que son tempoDans une mesure en 4/4, cet effet rythmique est obtenu par la réduction rythmique sur deux temps d’une phrase rythmique de rock classique de quatre temps, ce qui donne une illusion d'accélération de la musique par deux par rapport au tempo donné. La caisse claire ne marque plus les second et quatrième temps, mais les espaces intermédiaires entre chaque temps, donnant ainsi l’impression que la métrique a été multiplié par deux. (“Regular drum patterns in a 4/4 meter place the snare on beats two and four. Double-time drum patterns place the snare on the “and” of each beat—that is, halfway between each beat—thus creating a sense that the meter has doubled.” - VanValkenburg Aaron, Musical Process and the Structuring of Riffs in Metallica, Mémoire de Master, soutenance sous la présidence de Timothy R. McKinney, Baylor University, Waco, Texas, 2010, p.22.).
Fast as a Shark reprend donc ce principe, appuyé en outre par le dispositif rythmique de la double grosse caisseElflein Dietmar, Schwermetallanalysen: Die musikalische Sprache des Heavy Metal, Transcript Verlag, 2010, pp.158-159 et p.165 employé sur Exciter, accentuant encore le sentiment de vitesse — procédé qui deviendra une des caractéristiques marquantes du genre. Fast as a Shark est ainsi construite sur une rythmique fulgurante en « double-time feel » sur un tempo de 140bpm. Mike Portnoy, l'ex-batteur du groupe de metal progressif Dream Theater, se rappelle qu'à l'époque, cette partie de batterie était certainement l'une des choses les plus rapides qu'on pouvait trouverBosso Joe, "Interview avec Mike Portnoy",musicradar.com"When I was younger, the fastest things on double bass were songs like Fast As A Shark by Accept or Overkill by Motorhead. Now double bass drumming is twice that speed!. Depuis cette vitesse a été dépassée. D’autres groupes ont poussé encore plus loin l'utilisation de tempi rapides, VanValkenburg cite notamment les titres « Raining Blood » de Slayer et « Pleasure to Kill » de Kreator qui utilisent aussi une rythmique en « double-time » mais en poussant la vitesse jusqu'à des tempi de 250 bpm.
La structuration du riff de la chanson d’Accept est aussi caractéristique des rythmiques qui seront employées par la suite dans le speed metal et de thrash metalElflein Dietmar « Slaying The Pulse”, actes du colloque interdisciplinaire « Heavy Fundamentalism » du 4 novembre 2008, à Salzbourg, Autriche, Disponible en ligne : http://www.inter-disciplinary.net/ci/mmp/mmp1/Elflein%20Paper.pdf., p.4-5.. La phrase se construit sur une répartition contrastée entre deux groupes de pulsations. La première partie expose une série de pulsations en double-croches construite autour d’une seule et unique note (mi grave jouée sur la corde à vide) et exécuté en palm mute, la seconde partie est contrastante en ce qu’elle fait intervenir des changements de hauteurs, une série de trois power chords répétés de façon obsédante.
Malgré tout ce qui a pu être dit sur le caractère innovateur de la chanson, Hoffmann se veut modeste et insiste sur le fait que cela n’avait rien de prémédité ou de conscientisé :
Paroles
Sur son site, Wolf Hoffmann, le guitariste faisait part de sa perplexité quant au sens de la chanson : « À ce jour [...], je n’ai toujours aucune idée de ce dont il est question dans les paroles de la chanson ! ». D'une façon générale, le texte de « Fast as a Shark » rejoint l'esprit de chansons comme The Ripper de Judas Priest – chanson qui traite du thème du tueur Jack l'Éventreur rôdant dans les rues de Londres, traquant et surprenant ses victimes par derrière.. La chanson d'Accept traite de la même manière de l’attaque imminente d’un tueur « rapide tel un requin » rodant la nuit. Mais là où la chanson de Judas Priest se plaçait du point de vue cynique du tueur, la chanson d’Accept se place plutôt du point de vue d’un narrateur omniscient qui enjoint les potentielles cibles du tueur à prendre garde. Le texte d'abord plante une ambiance angoissante typique des thrillers : du brouillard dans les rues, une cloche d'église sonnant les douze coups de minuit, l'obscurité environnante :
Diffusion
La chanson n'ayant pas fait l'objet d'un single en tant que tel, sa diffusion s'est faite en premier lieu via la sortie de l'album Restless and Wild, sorti en Allemagne en 1982, puis de 1983 à 1985 dans les autres pays d'Europe et en Amérique du Nord. Le single Restless and Wild sur lequel Fast as a Shark figure en face B est quant à lui sorti en 1984.
Album Restless and Wild
+ Pays Label Année de première sortie AllemagneBrainDiscogs: Restless and Wild / Allemagne1982Pays-BasCNRDiscogs: Restless and Wild / Pays-Bas1982États-UnisPortraitDiscogs: Restless and Wild / États-Unis1983CanadaPortraitDiscogs: Restless and Wild / Canada1983Royaume-UniHeavy Metal WorldwideDiscogs: Restless and Wild / Royaume-Uni1983FrancePolydorDiscogs: Restless and Wild / France1983EspagneVictoriaDiscogs: Restless and Wild / Espagne1983ItalieRCADiscogs: Restless and Wild / Italie1985BelarusBelotonDiscogs: Restless and Wild / Belarus (premier pressage, non officiel)1992
Compilations et albums en concert
Fast as a Shark figure aussi sur plusieurs compilations du groupe : Restless the Bestmetal-archives: Restless the Best Hungry Yearsmetal-archives: Hungry Years A Compilation of the Best of Balls to the Wall / Restless and Wildmetal-archives: A Compilation of the Best of Balls to the Wall / Restless and Wild The Collectionmetal-archives: The Collection No Substitutesmetal-archives: No Substitutes Steel Glovemetal-archives: Steel Glove The Bestmetal-archives: The Best Sharkbite - Best Ofmetal-archives: Sharkbite - Best Of
Ainsi que sur deux albums live: Staying a Lifemetal-archives: Staying a Life metal-archives: All Areas: Worldwide
Singles
La chanson n'a jamais fait l'objet d'une sortie en single à une échelle internationale. Elle figure uniquement en face B du single Restless and Wild. Il existe un single Fast as a Shark qui a fait l'objet d'une distribution uniquement pour les radios espagnoles.. Ce 45 tours, sorti en 1982, avait pour face B la chanson Get Ready, et disposait d'un petit descriptif du groupe sur la pochette.
Controverses autour de la chanson
thumb|Udo Dirkschneider en costume militaire (2004) thumb|En France et en Pologne, la chanson Heidi, heido est synonyme de l'occupation par les nazis
Au cours de sa carrière, le groupe fut la cible de nombreuses accusations, concernant notamment de prétendues sympathies envers le régime soviétique avec la sortie de l'album Russian Roulette ou bien à propos de l'album Balls to the Wall, interprété à sa sortie comme étant centré sur l'homosexualité. Mais les principales accusations concernaient de prétendues sympathies envers l'idéologie nationale socialiste. Ces allégations ont été favorisées par leur nationalité allemande (ce qui fut également le cas pour Rammstein au cours de la décennie 1990) et le fait que Dirkschneider portait un costume paramilitaire sur scène. Mais le catalyseur de cette polémique fut le choix de l'introduction de la chanson. Il s'agit en effet du début du refrain de la chanson traditionnelle Ein Heller und ein Batzen (la chanson est plus connue sous le nom de Heidi, Heido, Heida). Cette mélodie est souvent vue dans les pays qui ont été occupés pendant la seconde guerre mondiale (notamment en France et en Pologne) comme une chanson typiquement nazie, alors qu'il s'agit en fait d'une simple chanson à boire dans le folklore allemand, qui ne traite en rien d'une quelconque idéologie d'extreme-droite. et qui de plus, préexistait au régime nazi (elle date de 1830).. Udo Dirkschneider, le chanteur revient sur la controverse à l'époque (relative à son uniforme dans un premier temps) en commentant l'attitude des médias :