Annegret Kramp-Karrenbauer Prononciation en haut allemand standardisé retranscrite selon la norme API., née Kramp le à Völklingen, dite AKK , est une femme politique allemande. Elle est membre de l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU), dont elle est présidente fédérale entre 2018 et 2021.

Après avoir été élue municipale à Püttlingen puis députée fédérale, elle fait son entrée au Landtag de Sarre en . Elle devient ministre régionale de l'Intérieur en 2000, ministre régionale de l'Éducation en , puis ministre régionale du Travail en .

À la suite du départ de Peter Müller, elle est investie en ministre-présidente de Sarre. Au bout de quelques mois, elle met fin à la coalition avec les libéraux et les écologistes, provoquant des élections anticipées. Après ce scrutin, elle décide de faire alliance avec les sociaux-démocrates. La grande coalition est confirmée après les élections de . Cette victoire inattendue lui donne une projection nationale.

Proche d'Angela Merkel, elle devient en secrétaire générale de la CDU. Après le refus de la chancelière de briguer un nouveau mandat, elle est élue de justesse présidente du parti, en . C'est la première fois dans l'histoire politique de l'Europe de l'Ouest qu'une femme succède à une autre à la tête d'un parti majeur de gouvernement. Elle devient ministre fédérale de la Défense en , en remplacement d'Ursula von der Leyen, élue présidente de la Commission européenne.

Après que les députés de la CDU de Thuringe ont voté avec ceux de l' lors d'une investiture parlementaire en , Annegret Kramp-Karrenbauer indique renoncer à succéder à Merkel aux élections fédérales de 2021 et cède la présidence du parti à Armin Laschet en .

Formation Elle fréquente l'école primaire de Püttlingen, puis suit ses études secondaires à Völklingen. Elle adhère à l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne en , devenant automatiquement membre de la Junge Union (JU) et de la Frauen Union (FU). En , elle obtient son baccalauréat.

Elle entre alors à l'université de Trèves, afin d'y étudier le droit et les sciences politiques.

Débuts en politique vignette|gauche|upright|Affiche de campagne d'Annegret Kramp-Karrenbauer en 1994. Élue municipale engagée à la CDU Aux élections municipales de , elle se fait élire membre du conseil municipal de Püttlingen.

Membre du comité directeur régional de la JU entre et , elle est nommée adjointe au bourgmestre en .

Elle termine son cursus universitaire en . Elle passe en effet sa maîtrise de sciences politiques et droit public avec succès à l'université de la Sarre.

Elle commence à travailler en , occupant un poste de conseillère politique et pour la planification de la CDU de Sarre. Elle renonce à ses fonctions exécutives municipales en , puis à son poste professionnel en .

Députée au Bundestag puis en Sarre Le , elle entre au Bundestag, en tant que suppléante de Klaus Töpfer. Elle ne se représente pas aux élections fédérales de , et quitte l'assemblée un mois plus tard. L'année suivante, le président du groupe au Landtag de Sarre, Peter Müller, en fait sa secrétaire personnelle. Elle est parallèlement portée à la présidence de la Frauen Union de Sarre

À l'occasion des élections régionales du , elle est élue députée au Landtag. Elle est aussitôt choisie par ses nouveaux collègues comme secrétaire générale du groupe parlementaire, désormais majoritaire avec sur 51.

Ministre sarroise De l'Intérieur, puis de l'Éducation Annegret Kramp-Karrenbauer est nommée ministre régionale de l'Intérieur et des Sports par le ministre-président Peter Müller le . Elle devient en vice-présidente fédérale de la FU et en vice-présidente de la CDU de Sarre.

À la suite de la reconduction de la majorité absolue de la CDU aux élections de , ses compétences ministérielles sont élargies, le suivant, à la Famille et aux Femmes. Lors du remaniement ministériel du , elle change de portefeuille, devenant ainsi ministre de l'Éducation, de la Culture, de la Famille et des Femmes.

Du Travail Elle est réélue députée lors des élections régionales du , alors que son parti perd sa majorité absolue. Peter Müller parvient toutefois à se maintenir au pouvoir en constituant une , avec les libéraux et les écologistes. Lors de la formation de son nouveau cabinet, le , elle est nommée ministre du Travail, de la Famille, de la Prévention, des Affaires sociales et des Sports, un poste qui rassemble des compétences éclatées jusque-là entre quatre ministères.

Ministre-présidente de la Sarre Successeur de Peter Müller Lorsque Müller annonce, le , son prochain retrait de la vie politique, elle est désignée à l'unanimité par le comité directeur régional et du groupe parlementaire pour lui succéder.. Les deux partenaires des chrétiens-démocrates dans la coalition régionale au pouvoir font alors connaître leur soutien à sa candidature..

Le , elle est portée à la présidence de l'Union chrétienne-démocrate dans la Sarre avec 95,6 % des voix, en remplacement de Müller, qui occupait ce poste depuis ..

Difficile coalition jamaïcaine

Elle se présente le à l'investiture du Landtag. Bien que sa coalition compte , elle ne remporte que lors du premier tour de vote. Un second scrutin est organisé et elle est élue ministre-présidente de la Sarre par favorables, contre 25 au social-démocrate Heiko Maas.

Le suivant, elle devient , fonction établie par le traité de l'Élysée et qui assure aux autorités françaises un interlocuteur unique en matière de politique culturelle, celle-ci étant gérée par les Länder allemands.

À la suite de la dissolution de sa coalition en , due à des dissensions internes au sein du Parti démocrate de Sarre (FDP/DPS), elle tente, sans succès, de former une avec le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD). Elle se voit finalement contrainte de convoquer des élections régionales anticipées..

Première grande coalition depuis 50 ans

thumb|gauche|Affiche électorale pour les élections régionales de . Au cours du scrutin du , la CDU remporte 35,2 % des suffrages exprimés et sur 51, devant le SPD, qui obtient 30,4 % des voix et . Bien que la gauche dispose d'une majorité de au Landtag, elle parvient ensuite à constituer une alliance avec les sociaux-démocrates de Heiko Maas.

Elle est réinvestie à son poste le par sur 51.. C'est alors la première fois depuis et la fin du premier mandat de Franz-Josef Röder que la et le forment une coalition en Sarre.

En , elle lance un projet visant à faire du français une langue véhiculaire, au même titre que l'allemand, dans toute la Sarre, y compris l'administration. À ce titre, les parents des enfants nés cette année-là sont incités à les élever en pratiquant les deux langues afin de les faire devenir bilingue. Les écoles sont aussi mises à contribution : on parlera les deux langues dans les jardins d'enfants et les élèves apprendront le français dès leur troisième année de scolarité. À terme, elle souhaite que les Français puissent prétendre à des emplois dans les collectivités territorialesFrédéric Lemaître, « Dans la Sarre, le français ça sert », M, le magazine du Monde, semaine du 22 février 2014, ..

En , Annegret Kramp-Karrenbauer compare le mariage homosexuel à l'inceste et la polygamie, suscitant l'indignation de tous les représentants de partis politiques allemands.. À la suite de cette déclaration, des groupes de défense des droits LGBT annoncent leur intention de porter plainte contre elle pour incitation à la haine..

Effet « AKK »

thumb|Annegret Kramp-Karrenbauer et Anke Rehlinger au soir des élections de sur le plateau d'ARD. Pour les élections régionales du , elle est de nouveau chef de file de la CDU et se trouve principalement opposée à sa vice-ministre-présidente sociale-démocrate Anke Rehlinger.

Alors que les sondages annonçaient un résultat serré et la possibilité que soit formée une entre le SPD et Die Linke, le scrutin est marqué par la nette victoire de l'Union chrétienne-démocrate, qui engrange 40,7 % des suffrages exprimés et fait élire , tandis que le Parti social-démocrate stagne à 29,7 % des voix et et que le recul de la gauche radicale empêche la formation d'une majorité alternative à la grande coalition.

Ce score est alors présenté comme la conséquence de sa très forte popularité personnelle, justifiée par une personnalité objective, calme et proche de la population. La presse parle ainsi de l', en référence à l' qui explique la forte remontée des sociaux-démocrates dans les sondages..

Le suivant, elle se présente à l'investiture du Landtag après avoir négocié la continuation de la grande coalition qui l'associe aux sociaux-démocrates. Elle remporte le vote avec favorables, soit l'intégralité des députés de sa majorité.. Elle forme aussitôt un cabinet de six ministres dans lequel tous les ministres de la précédente équipe sont reconduits, le seul changement notable étant le transfert de la tutelle du ministère de la Justice du SPD à la CDU.

Parcours politique fédéral Sondages favorables L'institut Forsa révèle en un sondage auprès de militants de la CDU, qui la présente comme une successeure potentielle d'Angela Merkel avec Julia Klöckner et Jens Spahn..

Elle est victime le d'un accident de la circulation aux environs de Potsdam, alors qu'elle roule en direction de Berlin pour participer aux négociations de menée par la CDU/CSU et le , dont elle dirige les travaux en matière de famille et jeunesse. Elle en sort avec des blessures superficielles. La veille, un sondage de l'institut Infratest indiquait qu'un quart des électeurs la voyaient comme la remplaçante de Merkel, derrière les ministres fédéraux Thomas de Maizière, Peter Altmaier et Ursula von der Leyen..

Ascension au sein de la CDU thumb|upright|Annegret Kramp-Karrenbauer lors de la signature de l'accord de la de 2018. Secrétaire générale Le , le journal Süddeutsche Zeitung révèle qu'Angela Merkel a l'intention de la désigner secrétaire générale de la CDU en remplacement de Peter Tauber, démissionnaire pour raisons de santé et critiqué pour le résultat des élections fédérales de . La chancelière souhaite ainsi lui donner plus de visibilité nationale mais sans la nommer au gouvernement fédéral, puisque Peter Altmaier, également de la Sarre, y siégera comme ministre fédéral de l'Économie. Un sondage publié peu avant révèle qu'Annegret Kramp-Karrenbauer est désormais préférée des adhérents pour prendre la succession de Merkel.. Ce choix est perçu comme le premier signal clair du débat autour de la succession de la chancelière. La désignation de la ministre-présidente de la Sarre, surnommée , est ressentie comme une décision d'équilibre, celle-ci étant à la fois un soutien de la politique migratoire d'Angela Merkel mais plus conservatrice sur les questions de société, donnant un gage aux partisans d'un virage à droite de la CDU pour contrecarrer l'..

Quelques heures plus tard, le président du groupe parlementaire au Landtag Tobias Hans, âgé de , est choisi pour prendre la direction du gouvernement de la Sarre à partir du , date de la reprise de la session ordinaire de l'assemblée du Land..

Elle est officiellement élue secrétaire générale le lors d'un congrès extraordinaire. Elle recueille sur 794, soit 98,6 % des suffrages exprimés. C'est le meilleur résultat jamais enregistré pour la désignation d'un secrétaire général de la . Quelques instants avant le scrutin, elle avait reçu de très fortes acclamations à l'issue de son discours, plus importantes que celles ayant suivi l'intervention d'Angela Merkel.. Tobias Hans prend sa suite dès le .. Elle est alors la première femme à quitter volontairement le pouvoir en Allemagne, dans la mesure où Heide Simonis, Christine Lieberknecht et Hannelore Kraft avaient dû renoncer après une défaite électorale.

Présidente fédérale