Le Sumbawa (en indonésien , soit « cheval de Sumbawa ») est une race de poney originaire de l'île de Sumbawa, en Indonésie. Élevé pour un export florissant pendant toute son histoire, la destruction des forêts locales pour ses pâtures entraîne des effets néfastes sur la faune endémique de l'île. Ce poney est exporté sur l'île de Java et dans le sud de Célèbes au . La compagnie néerlandaise des Indes orientales l'introduit en Afrique du Sud au .

Très proche du poney de Sumba, ou Sandalwood, le Sumbawa est souvent confondu avec ce dernier. Il mesure environ . Sa robe est souvent baie avec des caractères primitifs dus au gène Dun. Deux variétés existent, l'une historiquement élevée près de Tambora, l'autre près de Bima. Ces poneys servent à tous les travaux de la vie quotidienne, notamment au transport attelé et pour l'agriculture. Ils sont montés en course par de jeunes enfants, une tradition locale très populaire sur l'île de Sumbawa. Les juments sont traites pour leur lait, réputé pour son activité antimicrobienne et son potentiel prébiotique, mais aussi frauduleusement vendu pour soigner le cancer. Bien qu'essentiellement locaux, les poneys de Sumbawa restent très nombreux, s'agissant d'une des rares races d'équidés domestiques dont les effectifs augmentent depuis les années 1990. L'Indonésie compte plus de de ces animaux en 2010.

Dénomination et source « Sumbawa », ou en indonésien « », est le nom international de la race d'après la . Ce cheval est également connu sous le nom néerlandais de . Il a été surnommé l'. Dans l'Est de l'île de Sumbawa, il est nommé jara, comme en javanais.

Il est souvent confondu, à tort selon les chercheuses Cynthia Dewi Gaina et Nancy D. F. K. Foe, avec la race voisine du Sumba, ou Sandalwood.. L'auteur anglais Elwyn Hartley Edwards traite ainsi du Sumba et du Sumbawa dans une unique entrée encyclopédique, sous l'intitulé de « Sandalwood » ; l'encyclopédie Delachaux et Niestlé commet la même confusion, dans une entrée intitulée « Sumba et Sumbawa ».

L'histoire de ces chevaux a été étudiée par la chercheuse néerlandaise Bernice de Jong Boers, qui montre la relation entre leur élevage et l'environnement de l'île de Sumbawa.

Histoire Les chevaux d'Asie du Sud-Est sont méconnus. Ils font l'objet de peu d'études. Le prisme européen, avec sa recherche d'exotisme, a influencé la vision de l'histoire chevaline. Il faut attendre les recherches de Peter Boomgaard, publiées en 2004, pour obtenir de premières analyses précises. Le commerce de chevaux depuis Sumbawa a toujours été florissant, malgré une rude concurrence avec les éleveurs de Sumba, qui exportent le poney Sandalwood. Il y a aussi une concurrence des éleveurs du Timor et de Savu. L'île de Sumbawa est historiquement très connue pour ses chevaux, qui font partie de ses principales exportations.. Les sultans de Bima et du Sumbawa occidental sont réputés posséder de nombreux chevaux.

Origine Proches des poneys des îles de Sumba, ceux de Sumbawa sont présumés descendre principalement de chevaux mongols ou arabes importés avant 1512. Leur élevage perdure pendant de nombreuses générations dans l'Ouest des Petites îles de la Sonde. Bien que l'origine arabe soit souvent invoquée dans les documents anciens (notamment néerlandais), rien ne prouve une telle ascendance des chevaux indonésiens. L'ascendance chinoise est également évoquée. La sélection naturelle a dû jouer un rôle important dans la caractérisation de la race ; seuls les animaux capables de résister à la sécheresse survivent et donnent une descendance.

Il est difficile de savoir quand a débuté l'élevage de chevaux sur l'île de Sumbawa. Les premières sources écrites connues sont les chroniques des explorateurs et colons européens, qui mentionnent déjà la présence de ces animaux. Le cheval n'étant pas autochtone sur l'île, il est possible que son introduction soit due aux Javanais de l'empire Majapahit, pendant leurs conquêtes du ..

Du au Au début du , la présence de chevaux sur Sumbawa est certaine.. Ils sont la principale exportation avec le bois. Les îles de Bali, Lombok et Sumbawa fournissent Java en chevaux, le sud de Célèbes est également demandeur. Une littérature prolifique documente ces exportations depuis Sumbawa. Il semble que des chevaux voyagent beaucoup entre les différentes îles, plus fréquemment du Nord-Ouest de l'Indonésie vers le Sud-Est, pour finalement arriver dans le Timor oriental, d'où la grande ressemblance entre toutes les « races » indonésiennes. L'élevage du cheval a des conséquences écologiques majeures sur l'île de Sumbawa, qui accueille une faune endémique riche.. Au moins depuis le , l'extension des zones de pâturage s'effectue au détriment de la forêt locale.. De plus, l'économie est basée sur l'agriculture, la culture du maïs et du tabac complétant l'élevage équin.. En 1674, Sumbawa entame des relations commerciales avec la compagnie néerlandaise des Indes orientales, mais il semble que des échanges de chevaux existent déjà entre les deux parties avant cette date, quatre poneys présumés Sumbawa ayant été exportés vers Le Cap en 1653. Des relations régulières sont établies afin de fournir Le Cap. Les animaux, décrits comme des « poneys d'Asie du Sud-Est », sont critiqués par certains importateurs Néerlandais car « trop petits et trop légers »..

Du au Le Sumbawa jouit d'une excellente réputation, étant cité comme le plus remarquable cheval d'Indonésie, avec sa morphologie proche du cheval arabe.. (1825) distingue deux races sur cette île : le cheval de Tambora et celui de Bima. La variété de Tambora est anéantie avec les habitants locaux à cause de l'éruption de 1815, qui a des conséquences dramatiques pour toute l'île. Le commerce de chevaux ne redémarre que vers 1830. En 1847, le naturaliste suisse Heinrich Zollinger passe trois mois sur Sumbawa et signale le cheval local comme étant et la meilleure race domestique de tout l'archipel. Le cheval est surtout présent à Bima, et dans le Sumbawa occidental. Cette description est reprise par Charles Darwin dans le premier volume de De la variation des animaux et des plantes sous l'action de la domestication.. En 1888, Edmond Cotteau écrit lui aussi que , ajoutant qu'on ..

Dans les années 1930, la densité de poneys sur l'île atteint les six animaux par km². À la même époque, les îles de la Sonde sont touchées par une épidémie de morve. En juin et , les vétérinaires néerlandais procèdent à des tests et les autorités font abattre sur les dans le kabupaten de Bima, pour éviter une propagation de l'épidémie.. La motorisation commence à remplacer les poneys dès le début du , ralentissant peu à peu les exportations, faute de demandes. Dans les années 1980, le poney reste toutefois l'un des principaux moyens de transport à Sumbawa..

Description vignette|gauche|Poneys Sumbawa sur un chantier de construction de marches sur Java en 2007.|alt=Photo en noir et blanc montrant au premier plan un cheval noir harnaché et au second plan des travaux sur une montagne Il est classé parmi les races de chevaux indonésiennes. Le climat équatorial de l'île est présumé avoir fait diminuer la taille de ces chevaux, qui se révèlent similaires aux autres poneys d'Asie du Sud-Est.. Les Sumbawa appartiennent au groupe des poneys d'Indonésie.

Taille Il est un peu plus petit que le Sumba. En 1863, la taille est généralement inférieure à ; elle est de nos jours de en moyenne selon un article de Tempo, de selon l'auteur italien Maurizio Bongianni (en 1987), selon Gianni Ravazzi, selon l'auteur américain Nicola Jane Swinney. L'encyclopédie de CAB International cite une taille plus réduite, soit en moyenne.

La variété de Bima toise .

Morphologie

Le modèle est médioligne. La morphologie du Sumba est proche de celle du Sumbawa..

De type primitif, ils présentent une tête plutôt grande et lourde au profil rectiligne, et des yeux en forme d'amande, selon Bongianni et Hendricks. Edwards décrit au contraire une tête légère.

L'encolure est courte et large, surmontée d'une crinière hirsute et bien fournie ; Edwards la décrit comme proportionnée au corps. Le garrot est assez plat et le thorax profond. Le dos est long, équilibré, plat, et puissant. Le corps est mince et l'animal agile. L'épaule est plutôt droite selon Bongianni et Hendricks, inclinée selon Edwards. La croupe est inclinée, et le passage de sangle assez profond.

Il dispose de jambes courtes et fines mais très solides, de même que pour les pieds.

Des recherches ont visé à déterminer comment l'âge influence la structure microscopique des testicules chez le cheval de Sumbawa, afin de mieux comprendre son développement reproducteur et de fournir des données utiles pour les programmes d'élevage..

Robe vignette|Équitation sur un Sumbawa gris.

Les robes sont très variées, mais ils sont habituellement Dun, présentant des marques primitives. Les robes classiques sont le bai et le bai dun avec raie de mulet et extrémités noires, la variété Bima étant plus souvent baie. On trouve aussi du gris, occasionnellement de l'alezan, mais jamais de pie.

Tempérament et entretien Comme le Sumba, il est calme, docile et obéissant ; Bongianni l'estime plus docile que ce dernier grâce à sa capacité à être mené en bride sans mors même par des enfants. Le Sumbawa est extrêmement robuste et fort, malgré sa taille réduite. Il lui arrive de porter ds adultes, alors qu'une telle charge est totalement disproportionnée au regard de son format. Dans les publications à son sujet, il est souvent loué pour son endurance, sa résistance et sa vigueur.

Variation locale et génétique La base de données DAD-IS de la FAO compte le Bima comme une race séparée, avec ses propres effectifs distincts, signalant toutefois qu'il s'agit d'une variété du Sumbawa. Le dictionnaire de CAB International (ed. 2002) et l'encyclopédie Delachaux estiment aussi que le Bima, ou Bimanese, est une variété du Sumbawa.

Les résultats de l'analyse génétique de 24 individus de l'île ont été publiés en 2022, concluant que la race a des particularités uniques (notamment un nombre très bas d'allèles par locus) qui justifient sa préservation et qui la distinguent des races européennes, africaines et asiatiques. 49 allèles ont été détectés. L'un d'eux est spécifique à la population chevaline de .

Santé Une étude sur petit échantillon (52 prélèvements dont 8 positifs) conclut que les chevaux de Sumbawa constituent un réservoir de souches d'E. coli possédant des facteurs de virulence. La proximité phylogénétique avec des souches pathogènes suggère que ces bactéries pourraient partager une origine évolutive commune ou avoir acquis des gènes de virulence similaires. Les souches d'E. coli portant le gène chuA isolées chez ces chevaux sont phylogénétiquement proches de plusieurs souches pathogènes déjà décrites, ce qui renforce l'hypothèse que ces animaux peuvent constituer un réservoir de bactéries potentiellement pathogènes..

Les chevaux de travail de Sumbawa présentent une expression mesurable de la protéine Hsp70 en réponse au stress thermique (sous climat tropical) et à l'effort ; la salive constitue un indicateur plus sensible que le sérum pour l'évaluation du stress aigu chez ces animaux..

Utilisations vignette|Procession de chasse sur l'île de Sumbawa entre 1900 et 1940.|alt=Photo en noir et blanc montrant un homme sur un cheval blanc, à sa suite des hommes marchant avec des sacs et des lances Il est monté, bâté et attelé à des charges légère. La FAO ne signale pas quelle est l'utilisation principale du Sumbawa, mais la variété de Bima est principalement une monture pour les cavaliers agricoles. Lorsqu'ils montent, les cavaliers utilisent une bride sans mors. Ces animaux restent des moyens de transport courants (2011), en particulier attelés devant les petits véhicules hippomobiles locaux, nommés cidomo. Ils servent également aux travaux des champs..

Occasionnellement, leur viande est consommée par les éleveurs locaux..

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