L'église Saint-Paul se situe dans la commune de Saint-Paul-lès-Dax, dans le département français des Landes. Elle est une étape sur la voie de Tours du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Elle est dédiée à Paul de Thèbes, dit Saint Paul l'Ermite, décédé en 345 dans le désert de Thèbes en Haute Egypte. Elle a été bâtie sur une colline connue pour l'abondance de ses sources.
Présentation À cause de son abside romane du , véritable joyau du Moyen Âge, l’église Saint-Paul fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862.
Son abside, construite vers 1120-1130, a été associée à une nef sans doute plus ancienne qui a été remplacée au par une nef gothique qui a été détruite en 1855 pour être remplacée par la présente nef à collatéraux.
La construction du clocher remonte au ou au . Autrefois, il était séparé de l'église. La nef actuelle, plus grande et plus vaste le relie à l’abside, créant ainsi un édifice d'un seul tenant réunissant trois époques distinctes.
L'abside Le décor intérieur de l'abside est sobre. Il se limite à une couronne de onze niches nues de plan triangulaire Dans l’antiquité cette disposition particulière s’observe principalement dans les édifices thermaux. et à trois fenêtres accompagnées de leurs colonnes. Ces dernières sont rehaussées de chapiteaux qui supportent des arcatures ornées d’étoiles et présentent des sculptures propres à chaque fenêtre. Les niches, formées par des arcs en plein cintre cernés de tores, constituent une suite de sièges entourant l’autel et un aménagement qui doit être en rapport avec la fonction première de l'édifice, à savoir apporter un soulagement et sans doute même la guérison aux pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle en associant la croyance à l’eau, d’autant plus que cette église a été bâtie à quelques mètres d'une source Selon cet article du Diocèse d’Aire et de Dax sur les fontaines, les eaux miraculeuses suscitaient jadis beaucoup d’intérêt. d’où partait jadis l’aqueduc alimentant en eau la cité d’Aquæ Tarbellicæ – Dax Des vestiges de cet aqueduc qui a probablement été construit au , ont été retrouvés en 1830. Il possédait des sections souterraines et aériennes formées d’arches en briques et recouvertes de dalles en pierre..
À l’extérieur, l’abside est parée de contreforts carrés qui se terminent en glacis et d’une arcature aveugle portée par des colonnes et des chapiteaux admirablement sculptés. Elle s’étend sur tout le pourtour de l’hémicycle et de la travée droite. Ses arcs sont en plein cintre, au nombre de quatre dans la partie centrale et de trois de chaque côté. Ils sont profilés d'un tore entre deux gorges qui sont ornées d'un rang de billettes. Une série de bas-reliefs aux représentations riches et variées repose sur cette arcature rehaussée d’un larmier décoré de billettes, de même que les trois fenêtres avec leurs colonnes, leurs chapiteaux et leurs arcatures ornées d’étoiles.
Dans son livre cité dans la bibliographie, Monique Veaux remarque que le procédé roman de la frise en bas-relief est exceptionnel en France et, ici, elle se compose de 11 bas-reliefs en marbre blanc qui se succèdent tel un alignement de tableaux.
Au cours des siècles, la décoration des églises a eu recours à l’imagination de ses artistes d’une façon tout à fait remarquable. Un bas-relief peut apparaître comme une représentation par image d’un écrit qui permet à chacun de se représenter une scène, même s’il ne sait pas lire ou si sa langue est différente de la langue écrite. Cette représentation qui s’offre au regard développe également l’imagination, la faculté essentielle qui participe au développement de l’intelligence et à ses créations.
Tout en faisant appel à des symboles connus, les représentations des chapiteaux de l’église de Saint-Paul ne sont pas aussi structurées que celles de ses bas-reliefs qui représentent plus particulièrement des scènes bibliques. Les premiers font appel à la libre imagination des sculpteurs et de ceux qui les observent, tandis que les bas-reliefs qui sont placés au-dessus la concentrent sur les choses supérieures que les écritures bibliques représentent au travers d’une multitude d’images et de scènes.
Les bas-reliefs ont été mis en place avec soin de façon que la frise qu’ils constituent puisse être lue. À leur conception, ils ont même été cintrés pour épouser exactement la courbe de l'abside, sauf ceux qui ne nécessitent pas d’être incurvés à cause de leur petite taille comme le et le et ceux qui sont placés sur le dos rectiligne des contreforts comme le et le .
Ces bas-reliefs sont positionnés de droite à gauche suivant l’ordre dans lequel ils sont révélés sur l’abside de l’église de Saint-Paul.
Voici la désignation Une désignation constitue un premier pas nécessaire dans la reconnaissance d’un objet et non une fin en soi. Elle peut être juste, mais elle peut aussi être imprécise, incomplète ou encore ne pas correspondre à l’objet concerné. des bas-reliefs qui a été retenue par l’association « Les amis du vieux Saint-Paul » :
N°1 et 1b (gros plan) : Animaux fantastiques surgis à l’appel des cinquième et sixième trompettes de l’Apocalypse,
N°2 : Les Saintes femmes au tombeau du Christ, N°3 : Trois évangélistes, N°4 : Trois animaux, N°5 : La Cène, N°6 : Le baiser de Judas – L’arrestation du Christ au mont des Oliviers, N°7 : La crucifixion, N°8 : Samson monté sur le lion qu'il déchire (Jg, 14, 5-6), N°9 : sainte Véronique ouvrant son voile (Sainte-Face), N°10 : Dragon, N°11 : Le Christ ressuscité (image de la Jérusalem nouvelle)
Cette frise de bas-reliefs commence par montrer une représentation animale et, au travers de représentations variées, s’achève sur la vision de la Jérusalem nouvelle de l’Apocalypse qui symbolise une finalité, un événement heureux ou encore une victoire (voir chapitre 21).
Aussi complexe que soit chaque représentation, il est possible de saisir rapidement la signification de cet ensemble de bas-reliefs de l’église Saint-Paul car il n’est au fond rien d’autre qu’un aide-mémoire. Pour certains, la première scène évoque même un combat animal. Mais comment un combat animal peut-il conduire à une finalité heureuse ? Que peut bien représenter ce combat ? Le mot « animal » vient du latin « anima ». et les musiciens savent que l’expression « con anima » signifie « avec âme ». Ce combat animal représente effectivement celui de l’âme, celui de l’esprit de l’homme qui triomphe, par le recours à la libre imagination, de l’ignorance et du mépris. À chaque fois que cela se produit, une vision nouvelle, une « Jérusalem nouvelle » apparaît.
Sept animaux sont disposés et même concentrés dans le premier bas-relief. Lorsque l’esprit de l’homme est concentré et qu’il se trouve dans de bonnes dispositions, lorsqu’il a envie de comprendre la signification des choses spirituelles, des choses d’en haut que les bas-reliefs de l'église de saint-Paul-lès-Dax représentent, la libre imagination soutient sa créativité et lui révèle un monde nouveau.
L’abside réunit ici une grande diversité de motifs en mettant en œuvre au moins deux variétés de pierres et avec des tailloirs de formes différentes qui peuvent être ou non décorés de motifs très variés, tiges enlacées qui se terminent par des têtes d’oiseaux, palmettes, entrelacs, feuillages, fleurs, grappes de raisin…
Voici la description des chapiteaux retenue par l’association « Les amis du vieux Saint-Paul », de droite à gauche (du sud au nord):
N° 1 : Sorte de grands chevaux aux longues pattes fourchues. N° 2 : Des hommes tiennent par les cheveux deux femmes placées aux angles de la corbeille. N° 3 : Deux grands oiseaux picorent des grappes de raisin. N° 4 : Des animaux hybrides à tête de cheval et serres d'oiseau. N° 5 : Deux pélicans s'ouvrent le poitrail. N° 6 : Feuilles d'acanthe. N° 7 : Des dompteurs plongent leurs mains dans la gueule du lion. N° 8 : Une bataille entre deux hyènes. N° 9 : Deux têtes de lion. De la gueule de l'un d'eux ressortent deux pattes. N° 10 : La corbeille est cylindrique. Des têtes de lions laissent tomber des lianes qui se courbent et se croisent. N° 11 : Trois grands oiseaux piquent le sol et de belles grappes - bien décorées. N° 12 : Trois hyènes marchant de gauche à droite sont plus exactement traitées que celles du chapiteau N° 8. N° 13 : Un baladin se tient en équilibre sur la tête et les mains et fait rouler sur ses pieds nus une grosse boule. Il y a un personnage assis et un musicien. Le tailloir est orné de grappes de raisin. N° 14 : Des acrobates suspendus aux cheveux d'une femme qui les retient par les pieds. Cette scène se rapproche de celle des baladins. N° 15 et N° 16 : Feuillages. N° 17 : Deux oiseaux de proie, peut-être des aigles et un oiseau plus petit : un corbeau. N °18 : Un chapiteau assez médiocre inventé dans les années 1960 lors d'une restauration. L'original, retiré au siècle dernier, serait au musée des Beaux-Arts d’Agen. Il figure un homme et une femme enlacés Peut-être étaient-ils enlacés corps et âme comme dans le chapiteau suivant ? Lorsque deux êtres sont parfaitement enlacés, il en résulte une plénitude d'être, une plénitude d’âme et de corps que le vingtième chapiteau représente en étant plein de formes humaines et de formes animales. Le dernier chapiteau exprime cette finalité dans son graphisme : telles les frondes d'une fougère, la vie se déploie et s'épanouit. N°19 : Des feuillages et têtes d’oiseaux. N°20 : Trois oiseaux à figure humaine, trois têtes d’hommes et mufles de lions. N°21 : Des feuilles d'acanthe stylisées. L’étude de ces réalisations a mis en évidence l’existence d’œuvres similaires à Sorde-l'Abbaye, à Saubrigues mais aussi en Navarre sur le portail de Leyre et elle tend à conclure que leurs sculpteurs venaient probablement d’Espagne et qu'ils se mouvaient par ailleurs dans un monde de symboles qui leur était familier.
Les travaux de restauration de l’abside ont également mis au jour l’existence de deux escaliers ascendants et murés, à droite et à gauche du chœur, au niveau des portes.
Le clocher
L'imposante tour carrée du clocher, autrefois séparée de l’église, est pourvue de puissants contreforts. Elle a été rehaussée au , puis équipée au de quatre cloches issues des fondeurs dacquois Delestan et fils François-Dominique Delestan (1806-1865) et son fils Louis-Rémy (1843-1896) .
L'orgue
L’église Saint-Paul dispose d’un orgue expressif construit en 1976 par le facteur Robert Chauvin de Dax.
Cet orgue se compose d’un buffet moderne à trois tourelles plates encadrant deux plates-faces qui est peint en vert et rouge rehaussé de dorures. La boîte expressive du positif de poitrine. est apparente au-dessus de la console en fenêtre. Les transmissions sont mécaniques. Il dispose de 3 claviers de 56 notes et un pédalier de 32 notes.
Les jeux se répartissent comme suit : I : Résonance : Bourdon 16, Flûte 8, Prestant 4, Flûte 2, Trompette 8 II : Grand Orgue : Montre 8, Bourdon 8, Prestant 4, Quarte de nasard 2, Plein Jeu V, Cornet III, Trompette en chamade 8, Voix Humaine 8 III : Positif de poitrine : Bourdon 8, Flûte à cheminée 4, Nazard 2 2/3, Doublette 2, Tierce 1 3/5, Larigot 1 1/3, Sifflet 1, Cromorne 8 Pédale : en tirasse
À noter que la configuration de l’église Saint-Paul se prête à l'organisation de nombreux concerts.
Les tombeaux merveilleux
Du de « La géographie universelle » de 1791, ce passage : « Derrière l'église de St. Paul, située à une très petite distance de l'Adour, à l'opposite de la ville, est une spélunque ou caverne voûtée qui renferme trois tombeaux de marbre antique, qu'on a regardés comme merveilleux à cause d'une certaine mesure d'eau qui s'y trouve constamment. Les auteurs philosophes en attribuent la cause au flux de la mer qui n'en est éloignée que de cinq lieues, & qui doit y communiquer par des voies souterraines & des espèces d'aqueducs spongieux commons. »
En 1575, André de la Serre, natif de Dax, écrit :