La centrale hydroélectrique de la vallée de Dodé, située au nord de Lhassa, est la première centrale hydroélectrique du Tibet. Elle fut créée par Ringang W. D. Shakabpa, Derek F. Maher, One hundred thousand moons, Volume 1, p. 804, qui débuta le projet en 1924 et mit en service la centrale en 1927 Wolfgang Bertsch, The Production of Tibetan Banknotes, The Tibet journal, Library of Tibetan Works & Archives, 24 (1) 1999, p. 30 : .
Historique thumb|left|150px|Ringang (Rinzin Dorji), 1939
La Grande-Bretagne facilita l'installation d'une centrale hydroélectriqueRoland Barraux, , pp. 298-299 : . Ringang, des 4 stagiaires militaires formés en Angleterre, celui qui y était resté le plus longtemps et avait fait des études de génie électrique, fut chargé de la construire au pied d'un torrent de montagne près de Lhassa, à partir d'équipements acheminés à dos d’homme et de mules à travers l’Himalaya. Il installa également une ligne électrique desservant la capitale et le palais d'été du dalaï-lama, une entreprise colossale pour un TibétainRobert W. Ford, Tibet Rouge. Capturé par l’armée chinoise au Kham, Olizane, 1999 (édition originale en 1957) , pp. 98-100..
Le courant était conduit sur une distance d’environ par un câble de haute tension reliant la centrale électrique à une station de relais située juste au-dessous de la maison de Ringang à Lhassa Margaret D. Williamson, John Snelling, Memoirs of a political officer's wife in Tibet, Sikkim and Bhutan, Wisdom, 1987, , p. 206 : ..
Alimentation de l'usine Drapchi Lekhung
L'électricité produite par la centrale alimentait aussi une usine hydroélectrique, le Drapchi Lekhung, fondé par Ringang, sa construction fut achevée en 1935 The Tibet Album, Ringang Biography.. Elle servait notamment à fabriquer la monnaieTibetische Münzstätte Trabshi Lekhung (Grwa-bzhi glog-´phrul las-khungs). En 1931, le dalaï-lama confia le département gouvernemental regroupant la monnaie, l'arsenal et la production électrique, de son nom tibétain Trabshi Lotrü Lekhung (grwa bzhi glog ´khrul las khung) Nicholas G. Rhodes (August 1978), Tibetan Mints, Oriental Numismatic Society, Information Sheet no. 19., à Thupten Kunphel-la, un moine issu d'une famille d'humbles paysansRoland Barraux, Histoire des Dalaï Lamas - Quatorze reflets sur le Lac des Visions, Albin Michel, 1993 ; réédité en 2002, Albin Michel ..
Le complexe Trabshi Lekhung fut fermé en mars 1959 par l'armée chinoise, à l'époque du soulèvement tibétain de 1959 Wolfgang Bertsch, A survey of Tibetan paper currency (1912-1959), Bulletin of Tibetology, Institut Namgyal de tibétologie. De nos jours, le complexe est occupé par l'une des prisons de Lhassa connue sous le nom de Drapchi.
Nouveau complexe hydroélectrique Dundul Namgyal Tsarong fut à l'origine du nouveau complexe hydroélectrique, et invita le réfugié russe Dmitri P. Nedbailoff (ou Nedbailov) à participer au projetRobert W. Ford, , p. 116.. Peter Aufschnaiter, un Autrichien arrivé à Lhassa le , fut chargé par le gouvernement tibétain d'évaluer si l'ancienne centrale électrique pouvait être agrandie Peter Aufschnaiter et Martin Brauen, Peter Aufschnaiter's eight years in Tibet, 2002, p. 90 : . À l'aide de Reginald Fox, qui en conçut les plans, Aufschnaiter construisit une centrale beaucoup plus performante que la précédente, laissée sans entretien et tombant en décrépitude depuis la mort de son constructeur, RingangRobert W. Ford, , pp. 23, 100, 117., le . La nouvelle centrale était en construction en 1948, d'après le témoignage du Professeur Giuseppe Tucci, un universitaire italien, alors en voyage au Tibet. La construction était supervisée par « deux Autrichiens qui s'étaient échappés d'un camp de prisonniers de guerre en Inde » Himalayan Club, The Himalayan journal, vol. 17 à 18, Oxford University Press, 1952, p. 172 : (c'est-à-dire Peter Aufschnaiter et Heinrich Harrer).
Le , Peter Aufschnaiter, qui avait la charge de la centrale The Geographical Journal, New British Exploration in Nepal: Discussion, 1950, Evening Meeting, 20 February 1950 : , quitta LhassaPeter Aufschnaiter, , p. 15 : .
Critique Dans son livre My China eye: memoirs of a Jew and journalist, Israel Epstein rapporte que la distribution de l'électricité, souvent irrégulière, . En 1965, ajoute-t-il, les neuf-dixièmes des foyers de Lhassa disposaient de l'éclairage électrique Israel Epstein, My China Eye: memoirs of a Jew and a journalist, Long River Press, 2005, 358 p., p. 277 .. Selon Tubten Khétsun, un des travailleurs du chantier de la centrale hydroélectrique de Nagchen construite par des prisonniers entre 1959 et 1960, cette dernière située dans la région de Lhassa fournissait de l'électricité aux unités de travail chinoises, la population ne bénéficiant que d'un éclairage succinct durant près de 10 jours par mois. En hiver et au printemps, quand le niveau d'eau était au plus bas, elle ne fonctionnait pas. L'électrification n'était qu'une fictionSofia Stril-Rever, Dalaï Lama, Appel au monde, Seuil, 2011, , p. 119.
Notes et références
Voir aussi Article connexe Centrale hydroélectrique de Nagchen
Dode Catégorie:Histoire du Tibet Catégorie:Édifice construit en 1927