L'avenue Junot est une voie située dans le quartier des Grandes-Carrières sur la butte Montmartre, dans le de Paris en France.

Situation et accès Longue de , l’avenue Junot commence place Marcel-Aymé et finit 66, rue Caulaincourt.

Elle est desservie par la ligne 12 du métro à la station Lamarck - Caulaincourt.

Origine du nom L'avenue porte le nom du général Jean-Andoche Junot (1771-1813), duc d'AbrantèsChristophe Grand, « À Montmartre, sur les traces des impressionnistes », ilede france.fr, ..

Historique Lors du percement de la voie, les fondations partielles d’une construction d’époque romaine sont mises à jour au niveau des et des . Selon les archéologues, il s’agirait de vestiges d’un bâtiment annexe d'un temple de Mercure, situé entre le Hameau des Artistes () et le passage du , pages 106-107..

L'avenue Junot a été créée entre 1910 et 1912 dans une zone connue sous le nom de « maquis de Montmartre« Le maquis de Montmartre », www.paris-unplugged.fr. » qui s'étendait jusqu'à la rue Caulaincourt. Le maquis était un domaine occupé par des clochards, des chiffonniers et des bohèmesJean Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, .. La voie s'appelait initialement « avenue de la Tempête ».

L'avenue a été construite en deux temps. D'abord la partie comprise entre la rue Simon-Dereure et la rue Caulaincourt, puis, en 1912, entre la rue Girardon et la rue Simon-Dereure. Dans cette partie, l'avenue a été tracée entre deux impasses plus anciennes, l'impasse Girardon, ancienne impasse de la Fontaine-Saint-Denis, dont il subsiste la partie nord avec l'atelier de Gen Paul, et l'impasse des Deux-Frères, dont il subsiste la partie sud, aujourd'hui chemin privé menant au moulin de la Galette ou Blute-Fin.

Cette partie sud de l'impasse des Deux-Frères donnait accès à l'ancienne ferme Debray du . Les Debray avaient été des meuniers et des fermiers pour les Dames de l'abbaye de Montmartre depuis le . Au moment de la vente des biens nationaux, ils rachetèrent les moulins qui sont réunis par une grande maison. En 1833, le « petit père Debray » transforma sa ferme et ses moulins en bal public du moulin de la Galette. Cette partie de l'impasse des Deux-Frères a été intégrée dans la résidence privée du moulin de la Galette où se trouvent le moulin Blute-Fin et la mire du Nord.

Face à la rue Simon-Dereure se trouve l'entrée de la villa Léandre, impasse bordée d'anciennes villas lui donnant une apparence villageoise.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire : le théâtre Lepic, situé à l'arrière du moulin de la Galette. Anciennement théâtre du Tertre et Ciné 13 Théâtre, il est dirigé par Salomé Lelouch, la fille du réalisateur Claude Lelouch. et impasse Girardon : ancien atelier de Gen Paul, artiste peintre et graveur françaisHervé Odermatt, Le Chinois. Itinéraire d’un enfant placé jusqu’au coeur du gotha mondial, 2020., qui y a vécu entre 1917 et 1975. Une plaque commémorative lui rend hommage« Sur les traces de la Résistance, de Céline, de Gen Paul, d’Inghelbrecht et de Marcel Aymé sur la butte Montmartre », lefigaro.fr, consulté le 16 août 2025..

: voie privée du Hameau des artistes, bordée de villas et d'anciens ateliers d'artistes, où résida le peintre Charles Kvapil (1884-1957)André Roussard, Dictionnaire des peintres à Montmartre, Paris, Éditions Roussard, 1999, .. Elle se termine par un escalier débouchant à l'arrière sur la rue Lepic. : immeuble construit en 1933 par l'architecte Fernand Camille ChevalierMaurice Culot, Charlotte Mus (sous la direction de), « Autour de l’avenue Junot et de la villa Léandre », Montmartre, 1900-1930. Art nouveau, Art déco, AAM ÉDITIONS, 2019 .. Emplacement approximatif du moulin à Poivre. Édifié vers 1865 pour le compte de Pierre-Auguste Debray, c’est le dernier moulin à vent construit à Paris. Le percement de l’avenue entraîna sa destruction.. : maison de Francisque PoulbotMarjolaine Koch, Balades secrètes à Paris, 2023, .. Une plaque lui rend hommage.

: maison de Tristan Tzara, construite par Adolf Loos, immeuble inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1975« Maison de Tristan Tzara », Plateforme ouverte du patrimoine (POP).. : l'acteur Charles Berling y a résidéStatuts de la Société civile immobilière Junot16, 25 et 26 novembre 2010.. : maison construite par l’architecte Perney, dont la demande de permis de construire a été déposée le 1926Joëlle Bertaut, Demandes de permis de construire parisiens. Index par nom d’architecte. Dépouillement du bulletin municipal, Journal officiel de la Ville de Paris entre 1882 et 1985, Archives de Paris., pour l’acteur et le compositeur André Mauprey. Cette villa Art déco de , comptant trois étages, est depuis 2025 une résidence hôtelière de luxeYona Baron, « La Villa Junot, nouvelle icône de Montmartre signée Iconic House », Côté Maison, 22 juin 2025.. : ce numéro n'existe pas ou plus, il est néanmoins célèbre grâce au film L'assassin habite au 21 de Henri-Georges Clouzot qui situe à ce numéro de l'avenue le lieu principal de l'intrigue macabre, la pension de famille Les Mimosas. : l'animateur de télévision Nagui y résida de 1998 à 2002« Avenue Junot (2) Montmartre », Montmartre Secret, 3 janvier 2015.. Au croisement avec le passage du Rocher de la Sorcière se trouvait le club de pétanque de Montmartre (Club Lepic Abbesses Pétanque, CLAP), installé ici en 1971 et expulsé en 2024. Le site de doit être transformé en jardin publicMarion Kremp, « Paris : le Jardin Junot proche de l’ouverture malgré le combat continu des boulistes de Montmartre ? », leparisien.fr, 9 juin 2025.Candice Doussot, « Clap de fin pour les boulistes de Montmartre : le tribunal valide la transformation du boulodrome en jardin », leparisien.fr, 18 mai 2026.. et , rue Simon-Dereure : hôtel Lejeune, hôtel particulier du sculpteur Louis-Aimé Lejeune, réalisé en 1927 par l'architecte Adolphe Thiers. Immeuble inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques. Le chanteur Claude Nougaro en fut propriétaire et y vécut plusieurs années« L'édito de la directrice artistique », sur le site de la Fête des vendanges de Montmartre.. : hôtel particulier de style Art déco construit par l’architecte Adolphe Thiers en 1925 pour le compte du sculpteur Louis-Aimé Lejeune« Montmartre aux artistes », Plateforme ouverte du patrimoine (POP).« 30 avenue Junot », sur pss-archi.eu.. : immeuble de style Art déco des années 1920 inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques réalisé par l'architecte Adolphe Thiers et où furent tournées des scènes du film Bob le flambeur de Jean-Pierre Melville (1956). La chanteuse Damia y résida à partir de 1956Yves Brunier, Dans la peau d’un monstre (gentil). Ma vie avec et sans Casimir, Intervalles, 2014.. Siège du studio Schall et de l'agence de presse Schall Press créée par le photographe Roger Schall jusqu'en 1944Salon d’automne : rétrospective Kisling, 1984.. Lieu de résidence de l'actrice Mary MarquetMary Marquet, Tout n’est peut-être pas dit, Jacques Grancher, 1977.. Atelier et domicile de Françoise Gilot« Carnet du jour », Le Figaro, 22 juin 2023., compagne de Pablo Picasso. : anciennement hôtel Alsina, où Édith Piaf avait une chambre à l'année et recevait régulièrement son amant, Yves MontandMarcel Cerdan junior, Gille Durieux, Piaf et moi, Flammarion, 2000.. Il apparaît dans le film Baisers volés (1968) de François Truffaut, où Antoine Doinel (Jean-Pierre Léaud) est réceptionniste. : l'actrice Mary Marquet y résida de 1954 à 1971Mary Marquet, Vous qui m’aimiez, vous que j’aimais..., 1979, .. : demeure de Jacques Prévert avec Janine TricotetDelphine Lacroix, René Bertelé, Jacques Prévert. Éditer Prévert. Lettres et archives éditoriales, 1946-1973, Gallimard, 2018, .. : Pierre Dac et Dinah Gervyl y résident à partir de 1946Christian Le Bars, Paris tours et détours, Société des écrivains, 2013, . Acte de mariage Paris 18e, du 30 septembre 1944 au 12 décembre 1944, cote 18M/632, page 9 sur 31 acte N°1266. Théodore Fraenkel y avait son cabinet médical. Il y a reçu Georges Bataille, Michel Leiris et Alberto Giacometti James Lord, Giacometti: A Biography, 1997, ..

L'avenue Junot dans la culture Au cinéma La pension de famille Les Mimosas, lieu où se déroule l'intrigue de L'assassin habite au 21, film d'Henri-Georges Clouzot, est située dans cette rue. En réalité, le n’y existe pas.

Dans la littérature Une nouvelle de Marcel Aymé, parue en 1943, porte le titre d'Avenue Junot. L’intrigue du roman policier Maigret et le fantôme écrit par Georges Simenon, paru en 1964, a pour cadre l’avenue Junot. Un autre roman du même auteur, Maigret et l'indicateur (1971), commence par la découverte du « corps d'un homme assassiné sur le trottoir de l'avenue Junot »Georges Simenon, Tout Maigret, Tome IX, Omnibus, 2008.. Le 36, avenue Junot est évoqué tout au long d'un roman de Patrick Modiano, Vestiaire de l'enfance.

Dans la peinture

Notes et références

Annexes Bibliographie Jacques Hillairet, Connaissance du Vieux-Paris. Les villages, 1963. et son supplément, 1972. André Roussard, Dictionnaire des peintres à Montmartre, Paris, Éditions A. Roussard, 1999. Maurice Culot, Charlotte Mus (sous la direction de), « Autour de l’avenue Junot et de la villa Léandre », Montmartre, 1900-1930. Art nouveau, Art déco, AAM ÉDITIONS, 2019 .

Liens externes

« Photographies du Hameau des artistes », carnet-aux-petites-choses.fr.

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