thumb|Éruption du Pinatubo aux Philippines (12 juin 1991).

Une catastrophe naturelle est une catastrophe qui résulte d’un événement naturel : séisme, éruption volcanique, tsunami, glissements de terrain, coulées de boue, inondation, tempête, cyclone tropical, orages.

Le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophe souligne que le changement climatique est le principal responsable du doublement des catastrophes naturelles en 20 ans. Les inondations et les tempêtes ont été les catastrophes les plus fréquentes au cours des décennies 2000 et 2010. Pour la décennie 2020, l'ONU estime que le plus grand problème sera celui des vagues de chaleur..

Les catastrophes « naturelles » Nature À l’échelle mondiale, on recense annuellement environ 300 à 500 catastrophes « naturelles » de moyenne et grande ampleur. Une grande partie de ces catastrophes est provoquées par les crues et inondations. L'origine de ces crues est météorologique et climatique : moussons, cyclones tropicaux, tempêtes… ; leurs effets sont les inondations et les mouvements de terrain – écroulements, éboulements, glissements…, les destructions d’ouvrages – barrages, ponts… Leurs effets peuvent être aggravés par l'activité humaine : réductions voire suppressions de zones inondables, forestières, agricoles…, extensions de zones d’aménagement, de construction…, ouvrages inadaptés, non-respect de règles de prévention.

En France, selon l’article L 125-1 du Code des assurances : « … Sont considérés comme les effets des catastrophes naturelles (CATNAT),.//., les dommages matériels directs « non assurables » ayant eu pour cause déterminante l’intensité anormale d’un agent naturel, lorsque les mesures habituelles à prendre pour prévenir ces dommages n’ont pu empêcher leur survenance ou n’ont pu être prises… » ; les événements naturels relevant de la loi, susceptibles d’avoir des effets catastrophiques, pris en compte dans les Plans de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) sont précisés dans la circulaire ministérielle du 19/05/1998., par ordre de fréquence et de gravité : inondations et coulées de boue : inondations de plaine - inondations par crues torrentielles - inondations par ruissellement en secteur urbain, coulées de boue ; inondations consécutives aux remontées des nappes phréatiques ; phénomènes liés à l’action de la mer : submersions marines - recul du trait de côte par érosion marine. ; mouvements de terrain : effondrements et affaissements - chutes de pierres et de blocs - éboulements en masse - glissements et coulées boueuses associées - laves torrentielles - mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols ; avalanches ; séismes.

De natures et évolutions différentes et/ou objets de réglementations spécifiques, les événements et le réchauffement climatique cyclones tropicaux, tempêtes, tornades, neiges, grêles…, les feux de forêts, les épidémies, l’activité humaine – agriculture, mines, travaux du BTP, pollutions…, les éruptions volcaniques propres aux Antilles et à la Réunion, et les événements rares – chutes de météorites, tsunamis…, ne figurent pas sur cette liste.

Caractère Des catastrophes analogues peuvent se produire de temps en temps dans un même site, dans des sites différents, selon des processus analogues ou différents. Mais il ne se passe pas n’importe quoi, n’importe où, n’importe comment et n’importe quand : chaque bassin de risque, chaque site, chaque installation, chaque événement destructeur est unique : chaque catastrophe est un événement historique qui doit être décrit et étudié spécifiquement pour en déterminer les causes et améliorer la prévention d’événements analogues.

Gravité Dans un bassin de risque, la gravité d’une catastrophe généralement estimée en nombre de victimes, dépend beaucoup plus de la vulnérabilité des aménagements et des ouvrages, des actions, comportements, densités des occupants, des mesures de prévention que l’on y a prises, du niveau de connaissance que l’on en a de l’événement, quel qu’il soit, que de son intensité : un violent séisme peut n’avoir que peu d’effet dommageable dans le désert de Gobi, n’avoir que de graves effets matériels au Japon, avoir des effets matériels considérables et produire plusieurs dizaines de milliers de victimes dans le Sichuan…

Prévention Quels qu’ils soient, où que ce soit, les aléas naturels sont toujours potentiellement dangereux ; on ne peut pas les maîtriser, mais la plupart de leurs effets éventuellement catastrophiques peuvent être sinon évités, du moins limités par l’étude prospective, les actions de prévention et de protection, et par la gestion de crise, reposant sur des études scientifiques et techniques sérieuses du phénomène naturel en cause, du bassin de risque et de la vulnérabilité des aménagements et ouvrages qui y sont construits. Il est également important de développer une culture du risque au service de la prévention pour éviter par exemple de reconstruire dans des zones à risques. Pour éviter cela, de nombreux acteurs se mobilisent. Il est par exemple possible aujourd'hui de connaitre l'exposition de sa commune aux catastrophes naturelles à l'aide d'une carte interactive.

Les actions et les moyens rationnels dont on dispose pour prévenir les effets catastrophiques de la réalisation n’importe où de n’importe quel événement naturel irrépressible, sont nombreux et variés : dans un site exposé, pour tout danger clairement caractérisé, on peut aménager et construire, se comporter et agir, définir, décider et préparer calmement ces actions et moyens, et au besoin, les mettre en œuvre efficacement. Une des applications pratiques de la géotechnique est de concourir à la prévention des dommages, accidents et catastrophes « naturels », à condition que les résultats de l’étude géotechnique spécifique, sérieuse et complète d’un site exposé à de tels événements soient correctement présentés par les spécialistes, convenablement interprétés et utilisés par les décideurs et les utilisateurs.

Cependant l’accès des systèmes d’alertes précoces multidangers restent limités à seulement la moitié des 193 membres de l’Organisation météorologique mondiale.

Gestion et suites La gestion est généralement une gestion de crise qui doit souvent faire appel à la médecine de catastrophe et d'urgence, à une aide alimentaire et au logement, qui recherche à protéger, dans la mesure du possible les personnes, les biens et les infrastructures. Elle précède une phase de reconstruction.

Les catastrophes naturelles (de type tempête, tremblement de terre et tsunamis notamment) génèrent parfois de grandes quantités de déchets de tous types. En France, l’article 266 sexies du code des douanes prévoit que la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) ne s’applique pas « aux réceptions de déchets non dangereux générés par une catastrophe naturelle (…) entre la date de début de sinistre et cent vingt jours après la fin du sinistre » ; ce délai a néanmoins dû être prolongé dans certains cas.

Dans le cadre du régime d’indemnisation des catastrophes naturelles, créé par la loi du , le Maire peut faire une demande de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle. À la suite de cette demande, un arrêté interministériel de catastrophe naturelle sera publié au journal officiel pour reconnaître ou non la catastrophe naturelle. Si oui, alors les assurés de la commune pourront être indemnisés. Pour information, l’assurance catastrophe naturelle est une extension de garantie obligatoire pour tous les contrats d’assurance de dommages (multirisque habitation, tous risques auto, local professionnel…) en dehors des contrats d’assurance des bateaux. Selon l’article L125-1 du Code des Assurances, cette garantie prend en charge les « dommages matériels directs non assurables ayant eu pour cause déterminante l’intensité anormale d’un agent naturel, lorsque les mesures habituelles à prendre pour prévenir ces dommages n’ont pu empêcher leur survenance ou n’ont pu être prises. »

Coût Le coût des catastrophes climatiques s’élèverait à 520 milliards de dollars par an (estimation de 2019). La fréquence des catastrophes est en augmentation, désormais de une par semaine selon l'ONU, et frappant le plus souvent les pays peu développés.

Il aurait été de 250 milliards de dollars en 2021, en hausse de 24% par rapport à 2020 selon le réassureur Swiss Re.

Catastrophes remarquables Parmi les innombrables catastrophes qui se sont produites partout dans le monde, certaines sont remarquables en ce que leurs particularités tant naturelles qu’humaines en font des exemples génériques, des cas d’école montrant que les effets d’événements naturels irrépressibles ne sont catastrophiques que parce qu’ils ont été ignorés, mésestimés, mal prévenus…

Chutes de météorites

La chute d'une grosse météorite est le plus destructeur de tous les événements naturels. Celle de la Toungouska a été le pire des cataclysmes naturels historiques ; catastrophe écologique considérable, elle n'a pas été une catastrophe humaine, car elle s'est produite dans une région pratiquement inhabitée.

Cyclone En 2008, le cyclone Nargis a lui tué 138 000 personnes lors de son passage en Birmanie.

Éruptions volcaniques

vignette|Éruption de la montagne Pelée - Saint-Pierre après la catastrophe. L’éruption de la montagne Pelée, en Martinique, a été la plus meurtrière du ; en quelques minutes, sa nuée ardente paroxystique a entièrement détruit Saint-Pierre et exterminé ses habitants, environ personnes. La destruction de la ville et de ses alentours était inévitable, mais non la mort de ses habitants qui ont été victimes de décisions administratives aberrantes en empêchant leur départ pour assurer le second tour d’une élection législative le , alors qu’un extrême danger était évident.

Séismes

À la Conférence intergouvernementale sur l’évaluation et l’atténuation des risques sismiques, au siège de l'Unesco à Paris, au cours de la session spéciale de Le courrier de l’Unesco – Mai 1976 : « Pour la première fois dans l'Histoire, la Chine a prévu un séisme à heure dite et sauvé les populations », les sismologues chinois ont présenté leur méthode de prédiction des séismes appliquée à celui d’Anshan (04/02/1975, M 7,4), dommages matériels - bâtiments, ponts, routes… considérables, mais moins d’un millier de victimes dans une région de plus de trois millions d’habitants : la prédiction des séismes et la prévention des habitants étaient donc possibles. Malheureusement, 18 mois plus tard, le séisme de Tanshan (27/07/1976, M 7,6), démontra le contraire : il fit des dommages matériels aussi considérables, mais surtout victimes selon les Chinois et sans doute plus de en réalité ; il serait ainsi le séisme le plus meurtrier depuis plus de deux siècles et peut-être depuis toujours.

Après 1976, de nombreux séismes violents et pour certains catastrophiques, tous imprévus et non prévenus, ont affecté plusieurs provinces chinoises ; celui du 12/05/2008 dans le Sichuan a provoqué près de victimes et des dommages matériels considérables… Ensuite, il y a eu au moins cinq autres séismes destructeurs en Chine : Yushi 2010, Yunnan 2010 – 2011, Dingxi 2013, Sichuan 2013.

Tsunamis

vignette|Le désastre à Sendai. Le tsunami de Sendai, provoqué par un séisme M 9 qui s’est produit vers au large de la côte nord-est de l'île de Honshu, a localement atteint de hauteur sur le rivage et a pénétré jusqu'à à l'intérieur des terres.