Sébastien de Brossard est un prêtre, théoricien de la musique, compositeur et collectionneur français, né et baptisé le à Dompierre (Orne) et mort le à Meaux (Seine-et-Marne). C'est un représentant de la musique baroque française.

Biographie Fils de Gilles de Brossard et d'Antoinette Le Court (ou Lecomte), Sébastien de Brossard nait le à Dompierre (Orne) ; il est baptisé le même jour dans l'église de ce village normandL'acte de baptême, aujourd'hui disparu (les registres de baptêmes de Dompierre conservés aux Archives départementales de l'Orne ne commencent qu'en 1674), était rédigé de la façon suivante : Sébastien de Brossard fils de Gilles et de Anthoinette Le Court fut baptisé et nommé par Sébastien de Bodinet et Catherine Le Court le 12 septembre 1655 (d'après Brossard 1987).. Il est issu d'une famille de gentilshommes verriers de Normandie dont l'origine remonte au : la famille de Brossard était en effet issue d'une union entre Charles de Valois (1270-1325), fils du roi de France Philippe III le Hardi, et Hélène de Brossard, fille du grand argentier du roi Herbert de BrossardVoir La Chenaye des Bois 1771, vol. 3, page 266..

Après des études de philosophie et de théologie à Caen, Sébastien de Brossard reçoit la prêtrise en 1675Philippe Vendrix, 1993, lire en ligne, étudie la musique en autodidacte et s'établit à la cathédrale Notre-Dame de Paris en 1678. Le jeune prêtre y approfondit sa connaissance, notamment sur les traités théoriques de la musique.

Il est nommé vicaire à la cathédrale de Strasbourg, à la suite de l'annexion de la ville par Louis XIV en 1681, puis maître de chapelle au service du chapitre cathédral. Il fonde également une Académie de Musique (société de concerts et d'enseignement), dans la même ville en 1687. C'est encore à Strasbourg qu'il se procure la majeure partie de son importante bibliothèque musicale. De surcroît, il établit une collection manuscrite de 157 sonates, provenant de Baden-Baden, qui porte le nom de Codex Rost, d'après celui du musicien et copiste (1640 ?-1696), en poste à l'église Saint-Pierre-le-Vieux de StrasbourgElle offre parfois l'unique source de quelques œuvres de compositeurs allemands et italiens du .

À la suite de la mort en de François Chaperon, maître de musique à la Sainte-Chapelle, Sébastien de Brossard quitte Strasbourg, voulant regagner un poste à Paris. Mais avant qu'il n'y arrive, cette fonction est attribuée à Marc-Antoine Charpentier. Le musicien déçu est accueilli à Meaux par Pierre Tabart, qui prépare sa retraite, et lui propose de lui succéder comme maître de chapelle. Ce projet ayant été contesté par un chantre, sous prétexte que Brossard n'avait jamais été enfant de chœur, il se fait enfermer dans une pièce, entre le à 13 heures et le lendemain à 22 heures, afin de composer un nouveau motet Retribuo servo tuo, qui est reconnu venir d'un musicien capable. Le , Brossard est en conséquence nommé maître de chapelle de la cathédrale de Meaux, en succession de Pierre Tabart.

Il est assez vraisemblable que Brossard était en relation étroite avec Jacques-Bénigne Bossuet († 1704), évêque de Meaux, grand théologien et membre de l'Académie française. Chanoine du chapitre depuis 1709, il laisse la maîtrise à un de ses élèves, en 1715. Il meurt le à Meaux et est inhumé dans la cathédrale Saint-Étienne de cette villeLe registre des actes de sépulture de cette époque de la cathédrale de Meaux est introuvable. Toutefois, une plaque aujourd'hui disparue qui se trouvait dans la cathédrale portait l'inscription suivante : Ci-gît Sébastien de Brossard, prêtre du diocèse du Mans, chanoine de cette Église, décédé le 10 août 1730 (d'après le Bulletin de la Société d'agriculture, sciences et arts de la Sarthe, numéro 617)..

Œuvres Musicologie Brossard écrit un ouvrage sur les termes grecs, latins et italiens dans la musique et le premier Dictionnaire de musique en langue française (1701, rééd. 1703). Il est également l'auteur d'une Histoire de la musique (perdue). Religieux sans héritier, il propose en 1724 de céder sa belle collection musicale à la Bibliothèque royale, en échange d'une pension, et en rédige le Catalogue. La collection contient alors un total de 959 ouvrages, y compris 262 traités théoriques. Si la plupart des partitions qui s'y trouvent sont des œuvres de musique sacrée avec 467 partitions, Brossard n'exclut pas la musique profane, en 132 partitions. S'y trouvent aussi 98 partitions instrumentales. Il tente encore, en 1726, de transmettre à la Bibliothèque royale la vaste collection d'œuvres italiennes de Michel-Richard Delalande, décédé, et provenant de l'abbé Nicolas Mathieu († 1706)Faute de ressources, Jean-Paul Bignon, bibliothécaire du roi, n'accepta pas cette proposition (Paris BnF (Mss.), Français 22234, f. 30, cité par Catherine Cessac Marc-Antoine Charpentier, Fayard, 2005, p. 149)..

Manuscrit de 393 pages accompagné d'une table alphabétique de 253 pages, le catalogue de la collection Brossard constitue encore aujourd'hui une source inépuisable de renseignements qui complète souvent nos connaissances sur la production musicale de l'époque ; toutefois de nombreuses partitions ne s'y trouvent plus, tels deux motets de Guillaume Bouzignac, des oratorios et motets de Marc-Antoine Charpentier et de Giacomo Carissimi. Brossard nous éclaire aussi sur l'esthétique et les théories musicales de son temps, dans les nombreuses annotations portées sur son catalogue. Deux traités constituent des sources uniques : les règles de l'accompagnement au clavecin de François Couperin et les règles de la composition d'après Charpentier. Le fonds manuscrit de Brossard est surtout conservé au Département de la Musique, mais une partie est conservée à Tolbiac (Dépt. des Imprimés).

Ouvrages

Composition Brossard est l'auteur de plusieurs grands et petits motets, de cantates, ainsi que d'une mise en polyphonie des Lamentations du prophète Jérémie (1721). L'imprimeur parisien Christophe Ballard, qui appréciait ce compositeur, publia de lui six Livres d'airs sérieux et à boire (1691-1698). L'œuvre instrumental de Brossard contient des sonates pour violon et basse continue, des sonates en trio et des pièces pour orchestre.

Liste sélective des œuvres :

Motets Ave vivens hostia (version de la source PR.I - 1702) SdB.23 Ave vivens hostia (version de la source Ms, BERK) SdB.23 O Jesu quam dulce SdB.24 Congratulamini filiæ Syon SdB.25 O vos ætherei SdB.26 Festivi martyres SdB.27 Angele sancte SdB.28 Sonitus armorum SdB.29 Quemadmodum desiderat cervus SdB.30 O plenus irarum dies SdB.31 Salve Rex Christe - Salve regina SdB.32 O Domine quia refugium SdB.33 Qui non diligent te SdB.34 Festis læta sonent SdB.35 Psallite superi SdB.36 Templa nunc fument SdB.37 Sicut cervus ad fontes SdB.38 O Mysterium ineffabile SdB.39 Pange lingua SdB.40 Lauda anima mea SdB.41 Pulchra chora anima SdB.42 4 Leçons des morts

Parce mihi Domine SdB.43 Tædet animam meam SdB.44 Manus tua facerunt me SdB.45 Responde mihi SdB.46

Nisi Dominus SdB.47 Elevation pro die purificationis, Stupete gentes SdB.48 Beati immaculati SdB.49 Canticum in honorem S. Cæcilliæ, in cymbalis et organo SdB.50 Canticum in honorem S.pii Quinti, felix Dominici SdB.51 Silentium dormi SdB.52 Miserere mei Deus SdB.53

Magnificat SdB.54

9 Leçons de Ténèbres SdB.57 à SdB.65 : Première leçon de Ténèbres du Mercredi Saint (1696-1697) Première leçon de Ténèbres du Jeudi Saint Première leçons de Ténèbres du Vendredi Saint Deuxième leçon de Ténèbres du Mercredi Saint Deuxième leçon de Ténèbres du Jeudi Saint Deuxième leçon de Ténèbres du Vendredi Saint Troisième leçon de Ténèbres du Mercredi Saint Troisième leçon de Ténèbres du Jeudi Saint Troisième leçon de Ténèbres du Vendredi Saint

Œuvres scéniques Typhon & les Géants SdB.67 Concert sur l'Alceste de Lully SdB.69 Intermèdes SdB.68

Œuvres chorales

Retribue servo tuo SdB.4 Missa quinti toni (Messe de Noël) SdB.5 O miraculum navitatis SdB.6 Stabat Mater SdB.8 Cantique à Ste Cécile SdB.9 Ave verum corpus SdB.10

Cantates Cantate morale sopra La vanita SdB.76 Leandro SdB.77 Judith SdB.72 Abraham SdB.69 La cheutte de Salomon SdB.71 Les misères humaines SdB.75 Les Trois enfans de la fournaise SdB.73 Samson et Dalila SdB.70

Oratorios Dialogus Pœnitentis animæ, SdB.55 Oratorio sopra L’immaculata, SdB.56

Grands Motets In convertendo Dominus SdB.2 Miserere mei Deus SdB.1 Canticum eucharisticum SdB.3

Musique instrumentale

Première courante SdB.214 Seconde courante SdB.215 Sonate pour violon et basse continue SdB.216 Sonate pour violon et basse continue SdB.217 Menuet SdB.218 Symphonie SdB.219 Sonate en trio SdB.220 Sonate en trio SdB.221 Sonate en trio SdB.222 Sonate en trio SdB.223 Sonate en trio SdB.224 Symphonie de Noël SdB.225 Ritournelle ajoutée au Vidi Impium de Carissimi SdB.226 Symphonia ajoutée au Exalta vocem tuam de foggia SdB.227 Simphonie pour le Graduel (sol mineur) ajoutée à la missa S. Antonii Padovani de Baldrati SdB.228 Simphonie pour le Graduel (la Majeur) ajoutée à la Missa Gaudimus omnes de Cosset SdB.229 Simphonie pour le Graduel (la mineur) ajoutée à la Missa Concertata de Grandi SdB.230

Airs

Vous demandez, Iris SdB.78 Je ne viens plus SdB.79 Héros dont le départ SdB.83 Vous me dites, Iris SdB.84 Un berger amoureux SdB.85 Ne crois pas, folâtre berger SdB.86 Lisette n'est plus inhumaine SdB.87 Pour chanter de bon gout SdB.89 Iris, si c'est vous offenser SdB.90 Vous m'accusez à tort SdB.91 Quand une inconstante bergère SdB.92 Je meurs pour vous SdB.93 Ah ! Je sens bien SdB.94 Chaque jour l'ingrate Climeine SdB.95 Ah ! qu'un berger est dangeteux SdB.96 Tous les jours dans ce bocage SdB.97 Quand je n'aimais que ma musette SdB.98 On sait que j'ai pour vous SdB.99 Jeanne et Colin SdB.100 Vous que le ciel fit naître SdB.101 Que vous êtes heureux SdB.102 L'amour, quand on aime SdB.103 Non, vous ne m'aimez plus SdB.104 Sombres forêts SdB.105 Heurux moutons SdB.106 Tu gardes tes moutons SdB.107 Ne me demandez point SdB.108 L'Amour folâtrant SdB.109 Que sert à mon amour SdB.110 Charmante Iris SdB.111 Une langueur extrème SdB.112 Je suis tendre et fidèle SdB.113 Pour avoir bu de notre vin SdB.114 Pour n'avoir su me défendre SdB.115 Je suis prêt de revoir SdB.116 Consolez vous SdB.117 Aimables lieux SdB.118 Qu'un cœur souffre SdB.119 Peut être de vos amis SdB.120 Doux amis du repos SdB.121 Ô l'heureux sort SdB.122 Quand on est aimé SdB.123 Est bien fol qui se délivre SdB.124 Chez cette rare beauté SdB.125 Soyez tendre, soyez fidèle SdB.126 Que le tourment est rigoureux SdB.127 Pourquoi me fuyez vous SdB.128 Que ces prés, ces ruisseaux SdB.129 Qu'on puisse oublier SdB.130 Aimons, c'est un plaisir extème SdB.131 De vos rigueurs et de mes peines SdB.132 Le peu de résistance SdB.133 Gardez vous d'être inhumaines SdB.134 Mes moutons, mon chien SdB.135 Iris au bord de la Seine SdB.136 Facheux respect SdB.137 Aux lois d'amour mon cœur SdB.138 Chaque, chaque instant SdB.139 Tandis qu'on vous aime SdB.140 Petits moutons, qui dans la plaine SdB.141 a Petits moutons qui dans la plaine SdB.141 b Je cherche en vain SdB.142 Amants quand finiront vos peines SdB.143 Je ne saurais donner SdB.144 Vous savez tous chanter SdB.145 Sans l'amour, les plaisirs SdB.146 Je n'aime plus ni catin ni Sylvie SdB.147 Pressé de mon dépit extrême SdB. 148 a Pressé de mon dépit extrême (Annexe) SdB.148 b Iris, est-il un cœur SdB.149 Vous ne m'entendrez plus SdB.150 En vain je languis SdB.151 Dans ce vaste univers SdB.152 Retirons nous dans les hameaux SdB.169 Feuillages, bois SdB.170 La fierté sied bien SdB.171 Lisette me dit SdB.172 Tout ce qui flatte SdB.173 Une flamme satisfaite SdB.174 Dans ces lieux rêvons SdB.175 Les amants pour se saisfaire SdB.176 Déjà l'hiver menace SdB.177 Mes moutons sont tous languissants SdB.178 a Mes moutons sont tous languissants SdB.178 b