300px|centré|Les cultures précolombiennes de la période préclassique.

Les civilisations précolombiennes en Colombie sont aujourd'hui l'objet de l'intérêt de la science et de la culture, la connaissance de ces civilisations étant une manière de s'approcher de l'identité et de la genèse de la nation colombienne. Bien que l'époque précolombienne puisse se révéler complexe et que dans de nombreux cas les informations disponibles soient incomplètes ou interprétées selon différents points de vue, elle intéresse des sciences telles que l'archéologie, l'anthropologie, l'histoire, la sociologie et d'autres. Dans l'étude de l'époque précolombienne sur le territoire national, les travaux et l'avancée des recherches dans les autres pays d'Amérique sont utiles.

Le terme « précolombien » fait référence aux populations qui peuplaient le continent américain avant l'arrivée de Christophe Colomb en 1492, mais s'applique exclusivement aux anciennes colonies espagnoles sur le continent, région connue sous le nom d'Amérique hispanique.

Premiers peuplements ()

L'époque précolombienne en Colombie commence lors de l'arrivée des premières populations humaines, . Les premiers habitants arrivent par la côte Caraïbe et par l'est. À partir de ce moment, de nombreux groupes se déplacent lentement vers l'intérieur des terres et occupent la cordillère des Andes. Certains peuples deviennent sédentaires tandis que les autres maintiennent leur nomadisme.

Les peuples ancestraux recensés en Colombie sont au nombre de 87, chiffre qui diffère de celui avancé par les organisations qui représentent ces communautés (ONIC) qui affirment l'existence de 102 peuples indigènes. dont 18 sont en voie d'extinction. La population indigène totale en Colombie se monte à ., dont vivent dans une des 710 réserves indigènes existantes.

vignette|Pétroglyphes à El Abra.

Dans les abris rocheux d'El Abra, à l'est de Zipaquirá dans la savane de Bogota, ont été découverts en 1967 des outils de pierre datés de (± 160 ans). Cette découverte, dans le centre du pays, signifie que les migrations paléoaméricaines ont atteint l'Amérique du Sud des années avant cette date . De datations au carbone 14 sur le site de Pubenza, dans le département de Cundinamarca, indiquent que les premiers habitants de la région sont arrivés avant .

Entre et , on trouve moins d'objets en pierre mais plus d'objets en bois ou en os d'animaux.

Dans la savane de Bogota se situe le site archéologique de Tequendama où ont été découverts des objets de pierre soigneusement fabriqués tels que des couteaux, des racloirs, des laminoirs et des pointes de projectiles datant d'un millénaire plus tard. Ils furent élaborés entre -7000 av. J.-C. et -3500 av. J.-C. par des groupes de chasseurs spécialisés dont 25 squelettes ont été retrouvés.

On trouve des squelettes complets datant de de personnes arrivées postérieurement dans la région, et d'un type physique différent des Muiscas.

Cultures agricoles (de à )

Les premiers vestiges connus d'agriculture sur le territoire colombien sont situés dans la serranía de San Jacinto, dans les actuels départements de Bolívar et Sucre, ainsi que dans son prolongement dans le département d'Atlántico où vivaient des tribus regroupées dans la zone appelée Puerto Hormiga. Il y a été réalisé des excavations qui ont mis au jour des vases et autres objets en céramique que les tests pratiqués ont datés entre et Puerto Hormiga, pueblosoriginarios.com. Ces communautés se sont dispersées et paraissent avoir transmis leurs connaissances sur la pêche et le travail de la céramique à la culture Zenú à laquelle elles se sont intégréés en se déplaçant vers le nord.

Étonnamment, à Araracuara, en pleine forêt amazonienne, se trouvent des vestiges de colonies de peuplement, de pratiques agricoles ainsi que de céramiques datant de ..

Le site de Zipacón indique que le développement de l'agriculture dans la savane de Bogotá est antérieur à , ses pratiques coexistant avec la chasse, la cueillette et le travail de la céramique.

La culture San Agustín

vignette|Pendentif doré de San Agustín, Musée de l'or, Bogota.

Cette culture, bien que nommée dans de nombreux livres d'histoire et recherches, est techniquement très peu connue. Le peuple augustinien a disparu aux environs de 1250 et, dès 1300, la forêt a envahi ses cités. Le manque de ressources pour la recherche a généré de nombreuses interprétations sur les origines, le développement et la chute de cette culture, au point que des experts ont affirmé que certains peuples mésoaméricains, en particulier les cultures de Teotihuacan et d'Oaxaca (Monte Albán, Mitla, etc.) sont arrivés par mer ou via l'Amérique centrale et se sont installés dans la région. Cette théorie a été amplement réfutée.

Il existe beaucoup de théories similaires à la théorie « mexicaine » qu'il est inutile de développer, mais toutes ou presque nous laissent dans une impasse en raison de l'absence de preuves causée par la mystérieuse extinction de la culture augustinienne. Les seules traces qui existent sont les vestiges archéologiques situés dans le département de Huila, dans le parc archéologique de San Agustín. À l'intérieur du parc, il y a trois sites d'importance : la fontaine de Lavapatas., la forêt de statues. et le musée archéologique. D'autres sites existent avec des sculptures monolithiques, mais sont dans un état de conservation lamentable et techniquement irrécupérables en raison de l'action lente mais effective de l'érosion.

vignette|gauche|La fontaine de Lavapatas, San Agustín.

La fontaine de Lavapatas est une magnifique démonstration des compétences sculpturales et de la créativité de la culture augustinienne (consulté le 31 mars 2018).. À l'emplacement d'une source située dans une crique naturelle, les pierres qui se trouvaient dans le ruisseau furent taillées, créant un réseau complexe de canaux et de chutes d'eau artificielles entourées de figures zoomorphes, anthropomorphes ou un mélange des deux. Certaines théories prétendent que les Augustins avaient une connaissance primitive de la physique, car les courbes de ces petits canaux et les cercles des bassins de cette source sont d'une telle perfection qu'ils devaient être faits avec l'aide de l'eau et ses propriétés connues qui facilitent l'érosion contrôlée de la pierre et des autres matériaux. Les recherches postérieures de l'archéologue allemand Konrad Theodor Preuss ont affirmé, au contraire, que les figures présentes dans la fontaine de Lavapatas appartenaient à des divinités augustiniennes de l'eau, de la fertilité, de la prospérité et que, par conséquent, en plus des caractéristiques architecturales et le soin apporté à sa construction, la source de Lavapatas faisait office de temple. Plus tard, elle a donc été désignée comme étant le temple-fontaine de Lavapatas.

vignette|La forêt de statues, San Agustín.

La forêt de statues est un grand terrain où se trouvent une multitude de monolithes et autres dolmens, fruits de l'ingénierie augustinienne. Cette esplanade, témoignant de la simplicité de certaines statues ou de l'ornementation et le souci du détail des autres, regroupe des figures zoomorphes de pierre avec des références à l'alter ego. Elle pose de nouvelles questions sur le fait que les Augustins étaient de simples sculpteurs ou bien avaient une connaissance avancée dans les autres sciences, sur la profondeur de certains sculptures qui pourrait être le signe de notions philosophiques ou culturelles augustiniennes et, finalement, sur la raison pour laquelle cette culture visiblement brillante a disparu en laissant si peu d'indices.

La culture Tierradentro

vignette|Hypogée à Tierradentro.

La culture Tierradentro a également laissé d'importantes contributions à la sculpture et la poterie, mais est allée plus loin en ce qui concerne la question de la vie et la mort. Les vestiges les plus tangibles sont les hypogées, situés dans le bassin supérieur du río Cauca, plus exactement dans le corregimiento de San Andres Psimbalá appartenant à la municipalité d'Inzá. Sur cette zone a été créé en 1945 le parc archéologique national de Tierradentro, devenu monument national en 1992 après décision du Conseil national des monuments et inscrit en 1995 sur la liste du patrimoine de l'Humanité par l'UNESCOTierradentro sur le site de l'UNESCO en tant que réservoir important de la culture précolombienne.

vignette|redresse|gauche|Sculpture anthropomorphique Tierradentro.

Près de 80 % de la zone d'influence de la culture de Tierradentro sont aujourd'hui contrôlés par un garde au nom des Indiens Páez, qui descendraient apparemment des habitants de Tierradentro.. Dans cette zone, les Indiens ont leur propre gouvernement et leurs propres institutions, une langue indigène y est parlée qui est peut-être issue de la langue parlée par le peuple Tierradentro.

Tierradentro est le nom espagnol donné à cause de la topographie du territoire situé dans les hautes montagnes de la Cordillère Centrale et difficile d'accès, mais aussi à cause de la ténacité des indigènes qui y habitaient et refusaient de laisser envahir leur territoire.

Les archéologues ont découvert une centaine d'hypogées et, grâce à la datation par le carbone 14, on sait que les tombes datent de la période comprise entre 600 et 900 ans Les hypogées sont formés par un puits avec des escaliers droits ou en spirale qui mènent jusqu'à l'entrée de la chambre funéraire. Ils ont été taillés dans le tuf, une roche volcanique semi-dure. La chambre est généralement composée de niches latérales et de pilastres. Dans les plus grandes tombes, le plafond de l'édifice peut être soutenu par deux ou trois colonnes. Les murs, les colonnes et les plafonds des chambres mortuaires sont souvent décorés de dessins représentant des formes géométriques, anthropomorphiques et zoomorphiques, à l'aide de piments naturels rouge et noir sur fond blanc. Les chambres les plus petites mesurent entre 2,5 et de large. Quant aux plus grandes, elles peuvent atteindre 10 à de largeÉvaluation des Organisations consultatives sur Tierradentro.

La culture Tierradentro, comme celle de San Agustín, a disparu, mais les recherches effectuées indiquent que les Indiens Páez et Guambianos, les habitants autochtones de la région, sont les survivants du métissage, de la colonisation et de tous les processus historiques de la Colombie jusqu'à aujourd'hui.

Cultures dorées (de 1200 à 1510 )

Les Tayronas

vignette|Vue de la zone centrale de la cité de Ciudad Perdida, dans la Sierra Nevada de Santa Marta.

Les Tayronas habitaient la partie la plus septentrionale de la Colombie, plus exactement dans la Sierra Nevada de Santa Marta. Ils ont atteint un niveau de développement élevé. Leur connaissance de l'architecture, de l'agriculture et de l'hydraulique donne l'image d'une nation bien structurée, technologiquement avancée, plus que certains pays européens de l'époque. Le déclin de la nation Tayrona a commencé avec l'arrivée du conquistador espagnol Rodrigo de Bastidas en 1528 dans la région où les Tayronas vivaient. Dès 1550, plus de 80 % de la population avaient déjà été tués, et les 20 % restants étaient divisés entre ceux qui trouvèrent refuge dans les zones les plus élevées de la montagne, et ceux qui ont disparu dans le processus de métissage.. Ceux qui sont restés dans les montagnes de la Sierra Nevada, survivant encore aujourd'hui de l'héritage de la culture Tayrona, sont les Kogis, les Arhuacos (ou Ikas) et les Sankás.