Hubert Meyer, né le à Flavigny-sur-Moselle, et mort le à SaintesÉtat civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970, est un officier de marine et homme politique français.
Missionné par le Gouvernement Provisoire de la République Française présidé par le général de Gaulle, il joue un rôle important lors du siège de La Rochelle ( - ), œuvrant notamment à la signature d’une Convention protégeant la ville et ses ports avec le vice-amiral allemand Ernst Schirlitz responsable de la poche de La Rochelle. Il termine sa carrière militaire en 1954 avec le grade de contre-amiral. Il est maire de Royan de 1959 à 1965.
Biographie Hubert Meyer naît dans une famille protestante, dernier d’une fratrie de sept enfants. Lorrain, il parle couramment la langue allemande. Son père Rupert décède d’une fièvre typhoïde peu avant sa naissance. Hubert Meyer effectue ses études secondaires à Nancy, où il obtient son baccalauréat en 1917. À la fin de la Première Guerre mondiale, durant laquelle son frère aîné a trouvé la mort, Hubert s’engage comme matelot dans la Marine Nationale () et connait plusieurs affectations embarqués : il intègre l’École navale de Brest en 1919, avec le grade de second-maître.
Après sa formation, il embarque comme enseigne de vaisseau sur la Jeanne d’Arc puis sur le croiseur Colmar, participant à de nombreuses missions à l’étranger. Promu lieutenant de vaisseau en 1927, il reçoit en 1927 la même année la médaille commémorative de Syrie-Cilicie pour sa participation aux opérations dans cette région. Il est instructeur à l’école d’application des officiers de marine, à bord de la Jeanne d’Arc et de l’Edgar Quinet en 1928-1929.
En 1931 il épouse Hélène Gros. Ils auront quatre enfants.
Dans les années 1930, il occupe divers postes à responsabilités, embarqués ou à terre ; il est notamment aide de camp du ministre des Colonies lors de la conférence navale de Londres sur la limitation des armements navals. Il prend ensuite la direction du port de Brest, puis de Lorient. Breveté de l’École de guerre navale en 1934, promu capitaine de corvette en 1937, il commande le torpilleur La Bayonnaise en 1937-1938. Il a été nommé chevalier de la Légion d’Honneur en 1931.
Durant la Seconde Guerre mondiale, sous les ordres du gouvernement de Vichy, il occupe des postes de responsabilités en Afrique du Nord, puis sur le croiseur Jean-de-Vienne. Il est promu capitaine de frégate en 1940. Il participe à la préparation du sabordage de la flotte à Toulon en novembre 1942, coulant le contre-torpilleur Le Lynx dont il venait de prendre le commandement.
Il est nommé chef du Service Local des Œuvres de la Marine de Paris en , puis délégué du commandement français pour le port de Rochefort en .
Négociateur pour de Gaulle Le , lors d’une entrevue à Châtelaillon avec le vice-amiral Ernst Schirlitz commandant la forteresse de La Rochelle, en présence du général Chevance-Bertin délégué du général de Gaulle pour exercer le commandement des Forces françaises de l’intérieur (FFI) dans tout le Sud-Ouest, il obtient un cessez-le-feu local de 48 heures ; cet accord permet aux forces allemandes stationnées à Rochefort d’évacuer la ville sans combat durant la nuit du 11 au . Hubert Meyer est aussitôt fait Citoyen d’Honneur de Rochefort par la nouvelle municipalité.
Chargé par le colonel Adeline, chef des Forces Françaises face à la poche de La Rochelle et à la poche de Royan, de garder le contact avec le vice-amiral Schirlitz, le capitaine de frégate Meyer reçoit pour mission prioritaire d’empêcher la destruction de la ville et de ses installations portuaires, conformément aux instructions de la direction provisoire de la Marine.
Lors d’une rencontre à Saintes le , le général de Gaulle cadre l’action de Meyer :
Le , Meyer obtient la reconnaissance des FFI comme combattants réguliers, à la condition qu’ils portent un brassard distinctif, ainsi que l’arrêt de l’application de la peine de mort aux Résistants, saboteurs et espions français pris sur le territoire de la forteresse. Après de nombreuses négociations, les 18 et , est conclue la « Convention d’Octobre » : une ligne de démarcation sépare les forces allemandes à l’intérieur et les forces françaises à l’extérieur, créant une zone neutre où les combats sont limités et où chaque camp s’engage à ne pas franchir la frontière définie. En échange, le commandement allemand garantit l’intégrité des installations portuaires.
En , chargé de ravitailler la population rochelaise « empochée », Meyer est en butte à des agressions verbales comme physiques de la part de civils ou de Résistants, ignorants de la Convention d’Octobre et de ses clauses.
Lorsque le général de Larminat résilie la Convention en afin de reprendre la Poche par la force, conformément aux ordres de de Gaulle, Meyer plaide pour contenir les forces militaires françaises en dehors de La Rochelle afin d’éviter de nouvelles pertes humaines et dégâts matériels.
Le , au lendemain de la capitulation inconditionnelle de la Wehrmacht, le vice-amiral Ernst Schirlitz signe l’acte de reddition et remet sa dague d’honneur au commandant Meyer, libérant ainsi la dernière préfecture de France encore occupée.
Le , le général de Larminat cite le capitaine de frégate Meyer pour la Croix de guerre 1939-45 avec étoile de bronze, pour les raisons suivantes14-5-45, Citation par Ordre Général n°40 en date du 14 mai 1945. :
Après la guerre À la Libération, le capitaine de frégate Hubert Meyer prend le commandement de la marine à La Rochelle, tandis que Schirlitz est fait prisonnier ; jugé à Bordeaux en , ce dernier obtient un non-lieu pour les faits qui lui étaient reprochés et se voit libéré en octobre de la même année.
Inscrit au tableau d’avancement de capitaine de vaisseau par décision du Ministre de la Marine le pour « Services exceptionnels », Hubert Meyer est promu capitaine de vaisseau le . Il est à nouveau cité, cette fois à l’ordre de la Division, par le général de Larminat le suivant. En , il prend le commandement de la division navale du Levant. Début 1948, il est fait Citoyen d’Honneur de la ville de La Rochelle : « Il y a unanimité à La Rochelle pour reconnaître, souligner et magnifier l’action décisive du commandant Meyer dans la tâche de libération, sans dommages de guerre, de notre cité investie ». Cette même année, il est envoyé en Palestine comme observateur auprès du comte Bernadotte, médiateur des Nations unies, et sera témoin de son assassinat le .
En octobre de la même année, il devient attaché militaire naval et de l’air au Caire, auprès de l’ambassadeur de France en Égypte, Maurice Couve de Murville. Le , il est élevé au grade de Commandeur de la Légion d’Honneur par le général de Gaulle. Enfin, à partir de 1952, il représente la Marine dans le cadre de la préparation de la Communauté européenne de défense, projet finalement rejeté par l’Assemblée nationale en 1954. Profondément déçu, Meyer, promu contre-amiral, quitte la Marine.
Carrière politique et postérité Après avoir quitté la Marine, Hubert Meyer revient dans son pays d'adoption et devient maire de Royan, de 1959 à 1965. Il écrit plusieurs ouvrages, dont ses mémoires Entre marins, qui reçoit le prix André Vovard de l’Académie nationale des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux en 1966.
Meyer adresse son ouvrage à l’ancien vice-amiral Schirlitz, qui lui répond pour le remercier. En 1976, les époux Meyer se rendent à Kiel, en Allemagne, à l’invitation des époux Schirlitz.
Il meurt dans un accident de voiture le à Saintes.
Publications
Distinctions
, étoile de bronze
Citoyen d’Honneur des villes de Rochefort et La Rochelle
Médailles commémoratives et distinctions étrangères Ouissam Alaouite Dragon d’Annam Nichan Iftikhar Ordre du Nil Mérite naval espagnol Ordre de l'Honneur
Ordre de l'Étoile noire
Notes et références
Sources
Articles connexes Poche de La Rochelle Poches de l'Atlantique Histoire de la marine française depuis 1789 Officier de la Marine française
Liens externes
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