Les déserteurs de l’armée française durant la guerre d'Algérie, souvent désignés sous l'acronyme DAF, sont des engagés dans l'Armée française qui décidèrent pendant la guerre d'Algérie de déserter pour rallier l'Armée de libération nationale (ALN).
Histoire Origines des désertions
L'historienne Saphia Arezki donne deux raisons principales à ces désertions au sein de l'armée française. D'une part les conséquences de l'affaire des officiers algériens et d'autre part la volonté du FLN de pousser les militaires issus des « Français de souche nord-africaine » à rejoindre l'Armée de libération nationale (ALN).
L'affaire des officiers algériens commence en 1957 avec une lettre d'Abdelkader Rahmani, signée par 52 officiers d'origine algérienne et adressée au président René Coty. Ils y exposent leur dilemme d'aller combattre en Algérie. Leur demande reste sans réponse. Il s'ensuit des projets de désertions collectives. Découverts, plusieurs militaires d'origine algériennes sont emprisonnés. Par la suite plusieurs signataires réussissent à rejoindre les rangs de l'ALN.
Les militaires d'origine algérienne dans l'armée française sont alors en Allemagne ou dans le nord de la France sans participer effectivement à la guerre d'Algérie. En , le Front de libération nationale (FLN) met en place à Bonn en Allemagne une organisation dont l'objectif est d'inciter les militaires français de souche nord-africaine, en garnison, à déserter pour rejoindre l'Armée de libération nationale (Algérie) (ALN). Ils pourront conserver leur grade acquis au sein de l'armée française et une belle carrière est promise au sein de l' puis dans la nouvelle armée algérienne après l'indépendance.
Mais certains désertent de leur propre initiative. C'est le cas de Saïd Aït Messaoudène formé par l'école de l'air de Salon-de-Provence, il déserte en puis il dirige plusieurs missions dont celle de formation en Chine et en URSS. Il sera à la tête de l'aviation algérienne en 1962 .
Après leur désertion, ils sont tous condamnés par des tribunaux militaires français.
Rôle dans l'ALN L'époque de désertion influe sur la perception qu'ont d'eux les combattants algériens, c'est pourquoi la loyauté des déserteurs « tardifs » est souvent questionnée.
Près de 500 déserteurs, au totalGilbert Meynier, Histoire intérieure du FLN (1954-1962), Fayard, 2002, Selon les déclarations de l'ancien ministre de la défense le général Khaled Nezzar il avait avancé le chiffre de qui ont rejoint l'ALN. Interview réalisé le 12 juillet 2012 par la chaine Anahar TV., auraient rallié les rangs de l' jusqu’à 1961, provenant de divers corps de troupes de l'armée française, certains d'entre eux étaient des saint-cyriens, voire des aviateurs de l'école de l'air de Salon-de-Provence. . .
En revanche, peu avant la fin de la guerre d'indépendance, c'est-à-dire à partir de 1960, d'autres ralliements d'une autre catégorie d'Algériens très limitée en nombre (fraîchement promus aux grades de sous-lieutenant, lieutenant et capitaine) ont été préparés par les services secrets français sous l'impulsion de Roger Wybot de la Direction de la Surveillance du territoire (DST) pour infiltrer l'. Le général de GaulleConstantin Melnik, De Gaulle, les services secrets et l'Algérie, Nouveau Monde éditions, 2010. aurait encouragé la stratégie de Wybot dans le but de franciser de l'intérieur la future armée du pays indépendant et maintenir l'Algérie sous l’influence française.
Selon la technique conçue par Roger Wybot, ancien agent supérieur du contre-espionnage français au sein du bureau central de renseignements et d'action (BCRA) et l'un des créateurs de la Direction de la Surveillance du territoire (DST), il a joué un rôle capital en infiltrant l'armée de libération nationale (ALN) de l'armée des frontières par ces agents recrutés au sein de la promotion, désignée parfois sous l'appellation de « promotion Lacoste », il leur procure un ascendant sur leurs adversaires au sein de l' et les propulse au sommet de la hiérarchie militaire puis à la tête de la gouvernance de l’Algérie devenue indépendante Roger Faligot et Pascal Krop : [La Piscine : les services secrets français (1944-1984) Le Seuil, collection L'Épreuve des faits. .
Place après l'indépendance
Souvent désignés par l'acronyme Cette appellation déserteurs de l'armée française comporte une connotation très péjorative qui sous-entend une accusation de trahison. Elle sera reprise par les islamistes qui utiliseront, quant à eux, une autre expression avec un sens tout aussi péjoratif et accusatoire : « Hizb França », qui veut littéralement dire « Le Parti de la France » ou « Clan français » pour certains écrivains journalistes algériens., ils sont souvent accusés de constituer un groupe dans l’armée, pour protéger les intérêts de la France dans l’Algérie indépendante. L'appartenance à l'armée coloniale est utilisée pour les discréditer, ils sont alors opposés au moudjahid qui symbolise lui la pureté révolutionnaire.
Quatre déserteurs, anciens officiers de l’armée française, Abdellah Belhouchet, Khaled Nezzar, Abdelmalek Guenaizia et Mohamed Lamari, occuperont le poste le plus élevé de l'armée algérienne celui de chef d'État-Major de l'Armée nationale populaire.
Abdelhamid Brahimi avance que l'effondrement d'abord de l'Égypte nassérienne, puis de l'Union soviétique, les a conduits peu à peu à se retourner vers le Nord et à renouer avec la France ainsi qu'avec le pluralisme latent de la société algérienne, au moment même, à la fin des années 1980, où se levait la tempête islamiste. Cette conversion a coïncidé avec la montée en puissance, au sein de l'état-major de l'Armée nationale populaire (ANP), d'une forte équipe de généraux et de colonels issus du clan des . Les deux clans, celui des maquisards ou « orientaux » et celui des , se sont souvent affrontés à l'intérieur du sérail, se disputant notamment les postes stratégiques. Chaque président a dû composer avec les deux partis et respecter un équilibre pour l'attribution des postes de commandement.
Analyse
D'après l'homme d'État algérien Abdelhamid Brahimi, ancien premier ministre de Chadli Bendjedid : .
Déserteurs notables
Notes et références Notes
Références
Annexes Bibliographie
Articles connexes Clan d'Oujda Crise de l'été 1962 Hizb França
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