Les Caféiers (Coffea L.) sont un genre de plantes à fleurs de la famille des Rubiacées, qui comprend plus de d'arbres ou d'arbustes originaires des régions tropicales d'Afrique ou d'Asie.
Certaines de ces espèces sont cultivées pour leurs graines, qui donnent après torréfaction le café, une boisson aujourd'hui universellement consommée. Deux espèces sont plus particulièrement cultivées, Coffea arabica et Coffea canephora (et dans une moindre mesure Coffea liberica).
Histoire de la nomenclature Les premières descriptions du caféier par des Européens sont le fait des botanistes suivants : vignette|Philippe Simonneau, Caféier, in Antoine de Jussieu, "Histoire du café", 1715, Mémoires de l'Académie royale des sciences.Charles de L'Écluse, dit Carolus Clusius, décrit en 1574 les grains de café qu'un médecin italien lui a envoyé. Leonhard Rauwolf, un médecin allemand qui vit comment on préparait un café turc à Alep, donna une description de la boisson « noire comme l'encre » en 1583. Prospero Alpini (Prosper Alpin), médecin et botaniste italien qui passa trois ans en Égypte (1581-1584) et en rendit compte dans un ouvrage sur les plantes De plantis Aegypti liber (1592, Venise)Plantes d’Égypte, 2007, par Prosper Alpin, 1581-1584. IFAO, édition, traduit du latin par le P. de Fenoyl, , compare le caféier au fusain. Il le nomme en latin caoua (k'hawah en arabe signifiant « revigorant »). Antoine de Jussieu, donne en 1715 (Mémoires de l'Académie des sciences) la première description botanique précise et le premier dessin exact d'une branche de caféier, de ses fleurs et de ses fruits. Le jeune botaniste du Jardin Royal avait reçu un pied de caféier de Hollande. Il le considère comme un jasmin et le nomme Jasminum arabicum. Carl von Linné le reclasse dans le genre Coffea en 1737 dans Genera Plantarum. Puis en 1753, dans son Species Plantarum, il décrit la seule espèce alors connue : Coffea arabica. Antoine-Laurent de Jussieu, le neveu d'Antoine, range les cafés dans la famille des rubiacées en 1789.
Description Le caféier d'Arabie ou caféier commun (Coffea arabica) est un petit arbre de moins de 9 m de haut, qui apprécie l'ombre d'arbres plus grands. Dans les plantations, il est taillé entre 2 et 3 mètres.
Les feuilles persistantes, d'un vert brillant, de forme elliptiques ont un pétiole court.
Les fleurs blanches, suaves, sont groupées en glomérules de 3 à 7 à l'aisselle des feuilles. Leur corolle gamopétale est en forme de tube à 4 ou 5 lobes.
Les fruits sont des drupes, appelées « cerises », de couleur rouge vif ou violette à maturité, dont la pulpe est sucrée. Elles contiennent deux graines, placées face à face, à la forme caractéristique des grains de café.
Le caféier robusta (Coffea canephora) est très voisin du précédent.
Principales espèces
Plusieurs des 130 espèces du genre Coffea sont propres à donner la boisson, mais C. arabica est la plus appréciée. Les autres espèces sont cultivées sur des terrains impropres à l'arabica. Le robusta, moins coûteux et plus facile à cultiver que l'arabica, est surtout utilisé pour la production de café instantané. La culture de C. stenophylla, au goût aussi raffiné que les meilleurs arabicas et adapté à des températures annuelles moyennes plus hautes ( au lieu de 19), est envisagée comme un substitut possible en réponse au réchauffement climatique..
Coffea abbayesii J.-F.Leroy Coffea affinis De Wild. Coffea alleizettii Dubard Coffea ambanjensis J.-F.Leroy Coffea ambongenis J.-F.Leroy ex A.P.Davis Coffea andrambovatensis J.-F.Leroy Coffea ankaranensis J.-F.Leroy ex A.P.Davis Coffea anthonyi Stoff. & F.Anthony Coffea arabica L. - Caféier d'Arabie Coffea arenesiana J.-F.Leroy Coffea augagneurii Dubard Coffea bakossii Cheek & Bridson Coffea benghalensis B.Heyne ex Schult. Coffea bertrandii A.Chev. Coffea betamponensis Portères & J.-F.Leroy Coffea bissetiae A.P.Davis & Rakotonas. Coffea boinensis A.P.Davis & Rakotonas. Coffea boiviniana A.P.Davis & Rakotonas. Coffea bonnieri Dubard Coffea brassii (J.-F.Leroy) A.P.Davis Coffea brevipes Hiern Coffea bridsoniae A.P.Davis & Mvungi Coffea buxifolia A.Chev. Coffea canephora Pierre ex A.Froehner - Caféier robusta Coffea carrissoi A.Chev. Coffea charrieriana Stoff. & F.Anthony Coffea cochinchinensis Pierre ex Pit. Coffea commersoniana (Baill.) A.Chev. Coffea congensis A.Froehner Coffea costatifructa Bridson Coffea coursiana J.-F.Leroy Coffea dactylifera Robbr. & Stoff. Coffea decaryana J.-F.Leroy Coffea dubardii Jum. Coffea ebracteolata (Hiern) Brenan Coffea eugenioides S.Moore Coffea fadenii Bridson Coffea farafanganensis J.-F.Leroy Coffea floresiana Boerl. Coffea fotsoana Stoff. & Sonké Coffea fragilis J.-F.Leroy Coffea fragrans Wall. ex Hook.f. Coffea gallienii Dubard Coffea grevei Drake ex A.Chev. Coffea heimii J.-F.Leroy Coffea heterocalyx Stoff. Coffea homollei J.-F.Leroy Coffea horsfieldiana Miq. Coffea humbertii J.-F.Leroy Coffea humblotiana Baill. Coffea humilis A.Chev. Coffea jumellei J.-F.Leroy Coffea kapakata (A.Chev.) Bridson Coffea kianjavatensis J.-F.Leroy Coffea kihansiensis A.P.Davis & Mvungi Coffea kimbozensis Bridson Coffea kivuensis Lebrun Coffea labatii A.P.Davis & Rakotonas. Coffea lancifolia A.Chev. Coffea lebruniana Germ. & Kester Coffea leonimontana Stoff. Coffea leroyi A.P.Davis Coffea liaudii J.-F.Leroy ex A.P.Davis Coffea liberica Hiern Coffea ligustroides S.Moore Coffea littoralis A.P.Davis & Rakotonas. Coffea lulandoensis Bridson Coffea mabesae (Elmer) J.-F.Leroy Coffea macrocarpa A.Rich. Coffea madurensis Teijsm. & Binn. ex Koord. Coffea magnistipula Stoff. & Robbr. Coffea malabarica (Sivar., Biju & P.Mathew) A.P.Davis Coffea mangoroensis Portères Coffea mannii (Hook.f.) A.P.Davis Coffea manombensis A.P.Davis Coffea mapiana Sonké, Nguembou & A.P.Davis Coffea mauritiana Lam. Coffea mayombensis A.Chev. Coffea mcphersonii A.P.Davis & Rakotonas. Coffea melanocarpa Welw. ex Hiern Coffea merguensis Ridl. Coffea millotii J.-F.Leroy Coffea minutiflora A.P.Davis & Rakotonas. Coffea mogenetii Dubard Coffea mongensis Bridson Coffea montekupensis Stoff. Coffea montis-sacri A.P.Davis Coffea moratii J.-F.Leroy ex A.P.Davis & Rakotonas. Coffea mufindiensis Hutch. ex Bridson Coffea myrtifolia (A.Rich. ex DC.) J.-F.Leroy Coffea namorokensis A.P.Davis & Rakotonas. Coffea neobridsoniae A.P.Davis Coffea neoleroyi A.P.Davis Coffea perrieri Drake ex Jum. & H.Perrier Coffea pervilleana (Baill.) Drake Coffea pocsii Bridson Coffea pseudozanguebariae Bridson Coffea pterocarpa A.P.Davis & Rakotonas. Coffea racemosa Lour. Coffea rakotonasoloi A.P.Davis Coffea ratsimamangae J.-F.Leroy ex A.P.Davis & Rakotonas. Coffea resinosa (Hook.f.) Radlk. Coffea rhamnifolia (Chiov.) Bridson Coffea richardii J.-F.Leroy Coffea sahafaryensis J.-F.Leroy Coffea sakarahae J.-F.Leroy Coffea salvatrix Swynn. & Philipson Coffea sambavensis J.-F.Leroy ex A.P.Davis & Rakotonas. Coffea sapinii (De Wild.) A.P.Davis Coffea schliebenii Bridson Coffea semsei (Bridson) A.P.Davis Coffea sessiliflora Bridson Coffea stenophylla G.Don Coffea tetragona Jum. & H.Perrier Coffea togoensis A.Chev. Coffea toshii A.P.Davis & Rakotonas. Coffea travancorensis Wight & Arn. Coffea tricalysioides J.-F.Leroy Coffea tsirananae J.-F.Leroy Coffea vatovavyensis J.-F.Leroy Coffea vavateninensis J.-F.Leroy Coffea vianneyi J.-F.Leroy Coffea vohemarensis A.P.Davis & Rakotonas. Coffea wightiana Wall. ex Wight & Arn. Coffea zanguebariae Lour.
Distribution
vignette|upright=1.2|Répartition géographique des différentes cultures : r : robusta, a : arabica, m : robusta & arabica.
L'arabica est originaire de l'Afrique de l'Est : de l'Éthiopie, précisément de la province du Kaffa, et puis du Soudan, et du Kenya. Seule espèce de caféier cultivé jusqu'en 1865, il est largement répandu dans les régions tropicales, notamment en Amérique centrale et en Amérique du Sud (Brésil, Colombie).
Le robusta est originaire de l'Afrique tropicale centrale et occidentale : République démocratique du Congo, Angola, Côte d'Ivoire, Bénin, Nigeria, Cameroun. Il a été largement introduit en Amérique et en Asie tropicale.
C'est Antoine de Jussieu qui, en 1720, fait introduire le café dans les Antilles.
Température Les caféiers n'arrivent pas à se développer à des températures inférieures à 10 ou 12 degrés, et ne supportent pas non plus celles supérieures à 30 - 35 degrés. Ce sont des plantes qui n'apprécient ni l'hiver ni la sécheresse, et préfèrent les climats subtropicaux.
Culture
vignette|Le caféier joue depuis 200 ans un rôle économique important, non sans impacts écopaysagers : ici une plantation de caféiers en Australie vers 1900, dans une clairière gagnée sur la forêt primaire à Kuranda, dans le Queensland. Le caféier commun (arabica) préfère les terres tropicales en moyenne altitude (200 à d'altitude) où il trouve la température pas trop élevée et l'eau qui lui convient. Son aire de culture s'étend de part et d'autre de l'équateur du de latitude nord au de latitude sud, mais il donne les meilleurs résultats dans les zones intertropicales les moins chaudes. Le caféier robusta aime plus de chaleur et demande moins d'eau, mais supporte assez mal les périodes de sécheresse et croît mieux en basse altitude dans des régions tropicales chaudes et humides, traduction partielle d'un article paru le 29 juillet 2025 dans Grist.. L'arabusta, qui est un hybride entre l'arabica et le robusta est assez peu cultivé. Il peut se cultiver en basse altitude comme le robusta. L'espèce Coffea liberica a aussi été cultivée et appréciée, mais sa culture s'est effondrée à la suite de l'expansion d'une maladie causée par un champignon. Cette culture reprend en 2025, demandant encore moins d'eau que le robusta ; elle est cependant exigeante en main d'œuvre, les grains de café poussant en hauteur.
Les caféiers cultivés ont beaucoup de parasites et de ravageurs. Le plus redoutable est un champignon phytopathogène, Hemileia vastatrix de la famille des Urédinées, qui provoque la rouille du caféier. Le robusta est plus résistant à cette maladie que l'arabica. Des insectes attaquent les feuilles, les fruits et les tiges du caféier. Le caféier est sensible à l'alternance biennale, en particulier l'arabica.
Histoire
Ce sont les Arabes qui ont les premiers utilisé le café comme boisson tonique. Sa diffusion est initialement liée à l'expansion de l'Islam. Quelques jalons dans la diffusion de la culture du caféier : Fin du : introduction de la culture du caféier à Moka (Arabie). En 1591, le botaniste italien Prospero Alpini publie la première description d'un caféier. Vers 1690 : introduction des premiers plants de caféiers à Java (en provenance de Moka) par les Hollandais. 1710 : le jardin botanique d'Amsterdam reçoit un premier plant de Java ; à partir d'Amsterdam, distribution de plants de caféiers dans la plupart des jardins botaniques d'Europe. Vers 1713 : introduction du caféier à Curaçao et en Guyane hollandaise (Suriname) par les Hollandais. En 1714 : introduction de caféiers offerts à Louis XIV par le sultan du Yémen à l'île Bourbon (La Réunion). Vers 1719 : introduction du caféier en Guyane française (en provenance du Surinam). Vers 1727 : introduction du caféier au Brésil et aux Antilles françaises (Guadeloupe, Martinique, Saint-Domingue) en provenance de Cayenne (Guyane française).
Génétique vignette|Plante de café Le séquençage génétique et décryptage du génome du caféier Coffea canephora (700 Mpb), qui produit le café Robusta a été entamé par le Genoscope d'Evry par le CIRAD et l'IRD, il a été choisi en raison d'un génome plus simple que celui des autres espèces et alors que cette plante a aussi fait l'objet de recherche en termes de marqueurs microsatellites.
Les premiers résultats ont été publiés dans la revue Science, le Source : Revue Biofutur , mars 2010, p 7.
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