François Cléret de Langavant, né le à Saint-Malo et mort le à l'abbaye Notre-Dame de Langonnet dans le Morbihan, est un prélat français, évêque de La Réunion de 1934 à 1960.

Biographie Famille Né le à Saint-Malo, il est issu de la famille Cléret de Langavant, une famille d'ancienne bourgeoisie originaire de Normandie. Par sa mère, Marthe de La Bonninière de Beaumont, il est parent de Georges Marie Bonnin de La Bonninière de Beaumont auquel il succédera à l'évêché de la RéunionArchives de l'évêché de la Réunion, Dossier Monseigneur de Langavant, Notices biographiques. Son père est Joseph Cléret de Langavant (1859 - 1934), capitaine au régiment d'infanterie basé à Saint-Malo, qui avec un autre capitaine refuse lors des inventaires en 1905 de faire enfoncer par leurs hommes les portes de l'église de Saint-Servan et est pour cela condamné par un Conseil de guerre à un jour de prison avec sursis pour refus d'obéir et immédiatement mis en disponibilité par retrait d'emploi par le ministre de la guerre.. Joseph, après avoir occupé divers emplois dans la vie civile pour nourrir ses dix enfants, est réintégré, sur sa demande, dans son grade de capitaine en 1914 lors de la déclaration de guerre.. Il est mobilisé au 247e régiment d’infanterie. Blessé le à Donchéry, dans les Ardennes, il revient au front moins d’un mois plus tard, puis est fait chevalier de la Légion d’honneur le . Promu chef de bataillon le , il quitte le front en du fait d’une « fatigue excessive ». Deux de ses fils, Louis et Fernand (frères de François qui est également mobilisé au combat) sont morts au combat pour la France. Démobilisé en , il est cité deux fois à l’ordre de l’armée.

Formation François Cléret de Langavant poursuit ses études au grand séminaire de Rennes. Il les interrompt pour participer lui aussi à la Première Guerre mondiale. Il est nommé aspirant et combat à la tête d’un régiment de tirailleurs sénégalais au chemin des Dames. Ensuite il entre au noviciat des Pères du Saint-Esprit à Neufgrange et étudie au séminaire français de Rome. Son frère, Pierre (1899-1947)Aperçu biographique, devient spiritain et est nommé à Diego Suarez et à Fénérive. Docteur en théologie, François de Langavant est ordonné prêtre de la Congrégation du Saint-Esprit le . Il enseigne au séminaire spiritain de la rue Lhomond à Paris qu'il dirige de 1927 à 1929. Le , il est nommé à l'Île Maurice comme vicaire de la cathédrale de Port-Louis.

Évêque vignette|Cathédrale de Saint-Denis de La Réunion.

Le , après plus de cinq ans à l'Île Maurice, l'île jumelle des Mascareignes dont la population est francophone, il apprend par un télégramme de son supérieur, Louis Le Hunsec, qu'il est nommé évêque de Saint-Denis de la Réunion depuis le par Pie XI. Il y remplace un parent de sa mère, de Beaumont. Il part pour la France et reçoit la consécration épiscopale en la cathédrale de Saint-Malo le des mains de René-Pierre Mignen, archevêque de Rennes. Il arrive à La Réunion par le paquebot La Ville d'AngersIl a voyagé dans le même bateau que l'évêque de l'Île Maurice, l'évêque Leen. le où il est accueilli par le gouverneur Alphonse Choteau. Dès son arrivée dans cette île de (dont plus de 90% de baptisés catholiques), le nouvel évêque renforce les moyens du séminaire de CilaosIl fermera en 1972.. Le diocèse compte alors quarante petits séminaristes dont vingt-cinq à Cilaos et huit grands séminaristes réunionnais chez les spiritains à Paris et sept à Allex.

Le , des émeutes éclatent en cette journée des élections législatives à cause de fraudes électorales et quatre électeurs sont tués devant la mairie de Sainte-Suzanne par la gendarmerie. L'évêque fait réciter le De profundis pour les victimes dans sa cathédrale de Saint-Denis, ce qui provoque sa convocation chez le gouverneur afin de s'expliquer sur l'attitude politique de certains de ses prêtresHistoire de La Réunion. Le sénateur Léonus Bernard demande au ministère des Colonies de renvoyer l'évêque, demande qui reste lettre morte. Par la suite, François Cléret de Langavant fait édifier l'église Notre-Dame-de-la-Paix à Saint-Gilles, sur un terrain offert par la famille de Villèle.

Le gouverneur de La Réunion, Pierre Émile Aubert (arrivé le ), apprend par la radio la capitulation de la France, le lendemain de l'armistice. Il se range du côté du maréchal Pétain et l'évêque fait de même une semaine plus tard. Pourtant dès le Lord Halifax déclare: Le gouverneur Aubert refuse que La Réunion se batte aux côtés de l'Angleterre, se méfiant des visées anglaises sur son territoire et ayant de mauvais rapports avec le gouverneur britannique de l'Île Maurice, Sir Bede Clifford. Toutes les relations sont coupées avec l'île jumelle et La Réunion subit un blocus maritime et la pénurie s'installe. Le , les deux députés de La Réunion, Lucien Gasparin et Auguste Brunet, votent les pleins pouvoirs au maréchal au casino de Vichy.

Dans sa lettre pastorale de , l'évêque recommande l'obéissance au maréchal Pétain () et un retour aux valeurs chrétiennes de la France, dont le déclin fut provoqué selon le gouverneur Aubert par La Réunion vous parle, 15-21 juillet 1941. François Cléret de Langavant fait construire l'église Saint-Gabriel de La Montagne et un mausolée à Scholastique Malet.

Les Britanniques s'emparent de Diego Suarez en . Le , Saint-Denis est déclarée ville ouverte. Lorsque les Forces françaises libres débarquent à La Réunion le , il sert de médiateur pour favoriser la reddition du gouverneur Aubert et l'installation au pouvoir le du nouveau gouverneur nommé par le général de Gaulle, André Capagorry. . En , il fait déposer les restes de Jean-Bernard Rousseau dans un mausolée. Le diocèse compte alors cinquante-quatre paroisses. Il organise une grande mission en 1957 afin de renforcer les vocations. Il fait construire trente-neuf églises ou chapelles sous son épiscopat, des salles d'œuvres et de catéchisme. À son départ à l'âge de , le diocèse compte , mais il manque de vocations.

Dernières années vignette|L'abbaye Notre-Dame de Langonnet.

Il démissionne de sa charge le et Georges Guibert lui succède. Il est alors nommé évêque titulaire de , résidant et exerçant différentes fonctions à La Réunion, notamment curé de la paroisse de la Sainte-Famille de Saint-Joseph après 1961, puis aumônier des Dominicaines de la Providence après 1968. Il rentre en France en 1979 pour rejoindre l'abbaye Notre-Dame de Langonnet . En 1975, il publie une Histoire du diocèse de La Réunion (1935-1961). Il fait un séjour d'un mois à la Réunion en 1982 où il participe à l'inauguration des nouveaux bâtiments de l'évêché. Il meurt à l'abbaye de Langonnet à l'âge de .

Distinctions reçues

Références

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