Louise Gaillard, née le à Paris 11 et morte le au Puy-en-Velay, est une militante sourde française de la Belle Époque.

Surnommée la Jeanne d'Arc des sourds-muets, elle est également une poétesse reconnue au sein de la communauté sourde, avec des interventions régulières lors des banquets et des publications au sein de la presse sourde, comme la Revue des sourds-muets.

Elle prend le nom de Louise Walser-Gaillard après son mariage avec le militant sourd Henri Gaillard.

Biographie Jeunesse et vie personnelle Le , Claude Walser et Philiberte Durey donnent la vie à Louise Walser et son frère jumeau Léon, derniers enfants de la fratrie. L'aîné, Joseph, n’a vécu qu’un mois, tandis que le cadet, Henri, a quatorze ans de plus que les jumeaux. Léon meurt de la diphtérie à l'âge de 3 ans et demi. Louise perd l'audition à l'âge de huit ans : elle connaît donc déjà le français écrit et oral.

Le , Louise Walser quitte Paris pour étudier à l'Institution nationale des sourdes-muettes de Bordeaux où elle obtient, comme toutes les autres élèves, un numéro, le 937. Malgré la fin de l'enseignement en langue des signes depuis 1879, Louise Walser la découvre clandestinement grâce à ses camarades.

Claude Walser meurt en à l'âgé de 59 ans, quelques mois avant la fin des études de sa fille.

Le , Louise Walser épouse Charles Dupont dans la mairie du , mais le couple divorce en 1906. Quelques mois après, Charles s'éteint à l'âge de 29 ans.

Le , elle se remarie avec Henri Gaillard, dont elle est la seconde épouse et avec qui elle a 4 enfants.

Parcours

Poétesse Outre de nombreux poèmes déclamés en langue des signes, dont il est fait mention dans la presse sourde de l'époque, Louise Walser écrit des poésies principalement publiés dans la Revue des sourds-muets : Hommage à ma mère, Anniversaire de la Revue, Désir, Bonne Année, Berceuse d'anges, Ma mère.

Congrès international des sourds-muets à Paris en 1912 Le vendredi , le débat se base sur la question : . Louise Walser explique que l'enseignement en langue des signes est plus adapté pour les jeunes sourds, car pendant sa scolarité à l'Institution nationale des sourdes-muettes de Bordeaux, elle a remarqué la difficulté liée à l'enseignement à l'oral et se souvient d'avoir traduit une leçon en langue des signes pour les aider.

Angélique Camau (ou Mère Angélique), la supérieure et directrice des études de l’Institution nationale des sourdes-muettes de Bordeaux, répond directement à son ancienne élève en signant qu’elle a honte d’elle. Les Américains soutiennent Louise Walser en larmes, et la surnomment la Jeanne d'Arc des sourds-muets pour sa défense de la langue des signes, un surnom qui va lui rester.

Après ce congrès, Louise Walser reçoit des soutiens américains : une trentaine de femmes sourdes de Los Angeles lui envoient une lettre de soutien, suivies par le secrétaire de l’Association nationale des sourds américains en .

Au Puy-en-Velay En 1914, la Première Guerre mondiale éclate, Louise Walser et ses enfants s'installent au Puy-en-Velay, tandis qu'Henri Gaillard reste à Paris.

Le , elle est retrouvée évanouie sur la route Espaly-Saint-Marcel et Le Puy-en-Velay et, transportée à l’hôpital, elle meurt ce jour-là.

Postérité Le , le Conseil de Paris vote pour attribuer à la bibliothèque Chaptal le nom de Louise Walser-Gaillard. C'est la première bibliothèque à porter le nom d'une militante sourde.

Bibliographie Marie-Hélène Bouchet, Louise Walser : la Jeanne d'Arc des sourds-muets, éditions du Fox. Angélique Cantin et Yann Cantin, « Louise Walser », Dictionnaire biographique des grands sourds, 1450-1920, Archives et Culture, 2018.

Notes et références

Articles connexes Henri Gaillard Ernest Dusuzeau

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