Amerika - laissant entendre un nom russifié des États-Unis - est une mini-série uchronique américaine diffusée du 15 au sur ABC. La mini-série a inspiré une novélisation intitulée Amerika : Le triomphe de l'esprit américain. Amerika met en scène Kris Kristofferson, Mariel Hemingway, Sam Neill, Robert Urich, et Lara Flynn Boyle, alors âgée de dans son premier grand rôle. Amerika dépeint la vie aux États-Unis après un coup d'État sans effusion de sang orchestré par l'Union soviétique. Ne voulant pas décrire la prise de contrôle effective, Brandon Stoddard le président de ABC Entertainment décida de faire démarrer l'histoire dix ans après celle-ci, en mettant l'accent sur le peuple américain démoralisé après une décennie de conquête soviétique. Le but, a-t-il expliqué plus tard, était de dépeindre l'esprit américain dans de telles conditions et non de raconter la prise de pouvoir des soviétiques.
Décrite dans les documents promotionnels comme « la mini-série américaine la plus ambitieuse jamais créée », Amerika dure plus de 14 heures (en comptant les publicités) et a été diffusée en sept soirées (à compter du ). Elle aurait coûté quarante millions de dollars. La mini-série a été filmée dans le Golden Horseshoe au sud-ouest de l'Ontario, dans les villes canadiennes de Toronto, London et d'Hamilton. C'est ainsi que l'ancien campus de South Street de l'hôpital Victoria de London, a servi de décor au d'Omaha, dans ce que le scénario désigne comme l'« ancien État du Nebraska ». Différents lieux de l'État américain du Nebraska, notamment la petite ville de Tecumseh, rebaptisée « », dans la série, ont également été utilisés comme lieux de prises de vues. Donald Wrye était le producteur exécutif, réalisateur et scénariste d’Amerika. Le compositeur Basil Poledouris a enregistré la musique de la mini-série, avec l'Orchestre symphonique d'Hollywood et composé environ huit heures de musique - l'équivalent de quatre longs-métrages.
En France, Amerika devait être diffusée en 6 épisodes JEUDI 1ER OCTOBRE 1987 LA CINQ 20h30 Amerika Feuilleton américain en six épisodes de Donald Wyre de 90 minutes à partir du sur La Cinq, comme l'annonçaient les programmes télé de l'époque, avant d'être déprogrammée au profit de la mini-série Scrupules (mini-série, 1980) Pour La Cinq:"Le public, c'est de la m... "! Cette chaîne prend un plaisir diabolique à bouleverser ses programmes à tout moment, supprimant allègrement des feuilletons ("Amerika" est l'exemple récent) JEUDI 15 OCTOBRE 1987 LA CINQ 20h30 Scrupules dernier épisode.
Origines Amerika a un lien indirect avec un autre film important d', le téléfilm Le jour d'après, diffusé en 1983, que certains critiques ont estimé trop pacifiste car présentant la doctrine de la dissuasion nucléaire comme inutile. Stoddard a cité un article dans le de Ben Stein, le porte-parole de Richard Nixon, paru quelques semaines avant que The Day After soit diffusé. Stein écrit notamment :
Stoddard a reconnu que les remarques de Stein lui ont fourni l'inspiration pour la mini-série. Stein a reçu le feu vert d' pour l'idée d’Amerika mais n'a pas participé à sa production Le New York Times : "" de John J. O'Connor. Publié le 15 février 1987.. Initialement envisagé comme un téléfilm de quatre heures intitulé « Topeka, Kansas, URSS », le projet a été allongé pour devenir une mini-série.
Synopsis vignette|right|250px|Hôtel de ville du centre-ville de Tecumseh qui devint Milford dans la fiction.
vignette|right|250px|Manoir John Cattle Jr.-Hughes à Seward qui servit de domicile à Bradford à Milford.
Personnages principaux Le scénario de Amerika suit principalement trois dirigeants politiques. Devin Milford (joué par Kris Kristofferson) : politicien non-conformiste avant l'occupation soviétique qui a été candidat à la présidentielle en 1988 (dans le roman, 1992), après que la prise de contrôle soviétique a commencé. Milford a été placé dans un camp de prisonniers pour avoir osé dire la vérité sur la conquête soviétique ; au début de la mini-série, Devin est déclaré « réhabilité » et relâché dans la société à la garde de son père, qui vit dans un comté du Nebraska dirigé par Peter Bradford. Andrei Denisov, colonel du KGB (joué par Sam Neill) : l'administrateur soviétique pour la région d'Amérique centrale. Il est en couple avec l'actrice Kimberly Ballard (jouée par Mariel Hemingway). Le supérieur et mentor d'Andrei est le général Petya Samanov (joué par Armin Mueller-Stahl), le chef militaire soviétique responsable des États-Unis les épaulettes de Samanov indiquent un grade de lieutenant général.. Peter Bradford (joué par Robert Urich) : administrateur du comté dans le Nebraska, qui coopère avec les Soviétiques pour améliorer les conditions de vie des habitants. Il attire l'attention de la direction soviétique parce que, tout en coopérant, il demeure indépendant et est respecté par ses électeurs. Au point culminant de la série, les Soviétiques créent un nouveau pays appelé « Heartland » sur le Midwest, Bradford étant son « gouverneur général ».
Outre Ballard, les principaux personnages féminins comptent la femme de Peter Bradford, Amanda (incarnée par Cindy Pickett), l'ex-épouse de Devin Milford, Marion (jouée par Wendy Hughes), mais surtout la sœur de Devin, Alethea (jouée par Christine Lahti), qui au départ fait office de prostituée auprès du chef d'occupation local. « Alethea est le centre », a remarqué Donald Wrye ; « Elle est une métaphore de l'Amérique — et pas seulement phoniquement. Et c'est elle qui découvre son propre sens moral au cours de la série ». Lara Flynn Boyle a joué la fille adolescente de Bradford, Jackie.
Le drame humain de ces personnages croise les intrigues politiques soviétiques ayant pour but la rupture de l'Amérique. Bradford, le pragmatique, affronte Milford, l'idéaliste ; l'épouse de Bradford qui est l'ex-petite amie de Milford, trouve qu'elle a encore des sentiments pour lui après sa libération du camp de la prison ; Denisov fait de l'ex-femme de Milford une puissante magistrate (et la maîtresse du général Samanov), pour servir d'adjointe et assistante de Bradford dans Heartland ; et le sens de la fierté américaine, que Kimberly retrouve finalement, affecte finalement sa relation avec Denisov.
Toile de fond Vers la fin des années 1980, alors que le déclin de l'Union soviétique pourrait lui faire perdre la guerre froide, la direction soviétique fait un pari désespéré pour réorganiser l'équilibre mondial du pouvoir. Elle fait exploser quatre puissantes armes thermonucléaires dans l'ionosphère au-dessus des États-Unis. L'impulsion électromagnétique (ou EMP) résultante détruit les communications et les systèmes informatiques du pays, paralysant le réseau électrique américain, touchant tous les équipements informatiques, tout comme la plupart des voitures de modèles récents. Ses missiles balistiques intercontinentaux étant inopérants et l'Autorité nationale de commandement, incapable de communiquer avec les forces militaires des États-Unis à l'étranger ou avec leurs alliés étrangers en Europe occidentale pour lancer une contre-attaque, l'Amérique est forcée d'accepter les conditions de reddition des Soviétiques. Les États-Unis tombent rapidement sous l'occupation militaire soviétique sous le commandement du général russe Petya Samanov. Le président américain et le Congrès des États-Unis deviennent de simples figures de proue pour les responsables soviétiques du Kremlin, qui commencent alors leur oppression sur le peuple des États-Unis.
Les événements ci-dessus sont sous-entendus dans la mini-série, jamais directement expliqués. La description est tirée de la novélisation de la mini-série, Amerika : Le triomphe de l'esprit américain de Brauna E. Pouns et Donald Wrye (Pocket Books, 1987) et repose sur le scénario de Wrye. Les communications entre les zones administratives ont été coupées et les dégâts au réseau électrique causés par l'attaque à l'EMP n'ont jamais été entièrement réparés.
Situation géopolitique Une décennie après sa défaite, le sol américain est occupé par une force de maintien de la paix des Nations unies : le Groupe du Service Spécial (UNSSU), composé principalement de forces du bloc de l'Est. L'UNSSU à Milford est sous le commandement d'un officier de l'Allemagne de l'Est, le major Helmut Gurtman (joué par Reiner Schöne). Les troupes de l'UNSSU se livrent périodiquement à des exercices destructeurs en formation d'armes combinées, intimidant délibérément la population locale.
Les Américains qui se livrent à la dissidence sont dépouillés de leurs droits et envoyés dans des camps d'exil, où ils sont frappés d'anathème par les Soviétiques et leurs concitoyens. Toute association, et même communication, avec les exilés sont formellement interdites, néanmoins certains risquent leur propre liberté en leur offrant l'aide humanitaire. Des quotas de production ont été imposés et les produits alimentaires sont rationnés, les surplus étant envoyés à l'Union soviétique.
Dans ce contexte, Bradford parvient au pouvoir en tant que gouverneur général du Heartland. Collaborateur, il a l'espoir de réformer l'occupation soviétique de l'intérieur avec les idéaux de la vieille Amérique. Milford est libéré du camp de la prison, dans l'espoir de retrouver ses enfants et de participer à la lutte pour mettre fin à l'occupation et de restaurer l'Amérique d'avant. Denisov espère « sauver autant que possible » ce qui reste de la vieille Amérique, tout en sachant que les États-Unis devront cesser d'exister en tant que nation pour apaiser la direction soviétique.
Intrigue
Les dirigeants soviétiques de l'occupation sont confrontés au double problème du maintien d'une Amérique pacifiée tout en convainquant le Politburo que leurs craintes d'une Amérique revitalisée sont infondées car ce pays ne peut plus constituer une menace. Le Politburo n'est pas convaincu et considère même la possibilité de faire exploser des armes nucléaires sur trois villes américaines non citées y compris Washington, D.C., en guise d'avertissement au peuple américain et au monde. Samanov et Denisov, qui tous les deux souhaitent un contrôle soviétique des États-Unis à visage humain, sont horrifiés par cette idée.
Au prix de risques personnels importants, Samanov convainc finalement la direction soviétique d'accepter un plan intermédiaire rejetant l'éventualité nucléaire. Selon ce plan, les États-Unis seront divisés en « États clients », comme Heartland. Le plan de compromis indique également que les membres du Congrès des États-Unis seront exécutés s'ils refusent la dissolution du gouvernement fédéral et de se disperser sans heurt. Après que Samanov ait demandé, à la fin de son discours devant le Congrès réuni, de dissoudre le corps législatif et le gouvernement des États-Unis, tous les membres, unanimes, refusent. Samanov sort alors de la Chambre des représentants et ses hommes commencent à tirer au hasard sur les législateurs. Tous les membres du Congrès des États-Unis sont tués dans l'attentat, dont le président de la Chambre des représentants et le vice-président. Le bâtiment du Capitole et les œuvres d'art de sa rotonde sont détruits dans un attentat de type terroriste. Après le succès de l'opération, Samanov recense les dégâts et les victimes du Congrès. Samanov s'assied alors dans la Chambre et se suicide. On ne sait pas ce qu'il advient du président.