La vitamine C est une vitamine hydrosoluble présente dans les agrumes et autres fruits, baies et légumes. Elle est sensible à la chaleur et à la lumière. La vitamine C joue un rôle important dans le métabolisme de l'être humain et de nombreux autres mammifères. Chimiquement parlant, il s'agit de l'acide L-ascorbique, un des stéréoisomères de l'acide ascorbique, et de ses sels, les ascorbates. Les plus courants sont l'ascorbate de sodium et l'ascorbate de calcium.
On parle d'acide ascorbique ou acide L-(+)-ascorbique donc dextrogyre de numéro CAS et il est le seul autorisé à porter le nom de « vitamine C ». L'acide ascorbique lévogyre (acide D-(–)-ascorbique) n'a pas d'effet vitaminique suffisant.
Propriétés chimiques
Conservation Très fragile en solution, elle est détruite au contact de l'air (par oxydation) ou sous l'exposition à la lumière (par action des ultraviolets) et la chaleur accélère ces processus. La cuisson des aliments détruit progressivement la vitamine C, il faut donc privilégier une cuisson courte et à basse température pour la conserver.
Synthèse Alors que la plupart des mammifères sont capables de la synthétiser dans leur foie ou dans leurs reins (ce n'est donc pas une vitamine pour eux), les hominidés (dont l'être humain), le cochon d'Inde, la plupart des chauves-souris, certains oiseaux passériformes et poissons téléostéens en sont incapables. Ils ont tous indépendamment perdu la capacité de synthétiser la vitamine C dans les reins ou le foie. Chez tous ces animaux, cela est dû à une mutation du gène codant pour la L-Gulonolactone oxydase, l'enzyme qui catalyse la dernière étape de la voie de l'acide ascorbique. Le fait que l'auxotrophie pour la vitamine C soit systématiquement causée par l'inactivation de ce gène est probablement dû au fait que la perte d'une enzyme plus en amont dans cette voie de synthèse entraînerait également l'incapacité à synthétiser d'autres molécules.
Étant donné que l'ascorbate présente des fonctions importantes (cofacteur enzymatique, synthèse du collagène, agent réducteur capable d'éliminer rapidement un certain nombre de dérivés réactifs de l'oxygène…), il peut être surprenant que la capacité de synthèse de cette molécule n'ait pas toujours été conservée au cours de l'évolution.
Plusieurs hypothèses ont été formulées pour expliquer cette perte. L'alimentation des animaux ayant perdu la L-Gulonolactone oxydase est riche en vitamine C. Les gorilles, par exemple, consomment 20 à 30 fois plus de vitamine C que l'apport recommandé pour les humains aux États-Unis. L'hypothèse la plus communément admise est qu'un apport alimentaire en vitamine C suffisant rend sa synthèse superflue. Le gène codant pour la L-Gulonolactone oxydase évoluerait donc sans pression de sélection, ce qui favoriserait l'accumulation de mutations menant à sa perte de fonction.
Une hypothèse pour expliquer l'incapacité à produire la vitamine C chez l'ancêtre de l'humain et des grands singes, a été émise par Richard J. Johnson, un spécialiste des maladies cardio-vasculaires, et de l'uricémie humaine (une autre erreur génétique pratiquement caractéristique des grands primates, dont l'Humain). Il suggère que l'acide urique et le manque de vitamine C, deux facteurs pro-inflammatoires, auraient accordé un avantage évolutif en promouvant la rétention des graisses (effet reconnu du stress oxydatif et de l'inflammation), utile durant les famines de l'Éocène tardif et du Miocène moyen, contemporaines de ces mutations génétiques.
Action chez l'humain La vitamine C est un cofacteur enzymatique impliqué dans un certain nombre de réactions physiologiques (hydroxylation).
Elle est requise dans la synthèse du collagène et des globules rouges et contribue au système immunitaire., cependant il n'est pas démontré que la supplémentation orale en vitamine C diminue significativement le risque d'infections respiratoires en population générale déjà bien nourrie..
Elle joue également un rôle dans le métabolisme du fer en tant que promoteur de son absorption ; son utilisation est donc déconseillée chez les patients porteurs d'une surcharge en fer et particulièrement d'une hémochromatose.
Sous forme oxydée (acide déshydroascorbique), elle traverse la barrière hémato-encéphalique pour accéder au cerveau. et à plusieurs organes à forte concentration en vitamine C. Les muscles squelettiques répondent rapidement à la prise de vitamine C, mais la perdent également rapidement si l'apport de la vitamine est insuffisant. Il s'agit d'un antioxydant, molécule capable de contrer l'action néfaste d'oxydants comme les radicaux. À cet effet, on emploie également l'acide-D-ascorbique qui, à l'inverse de l'acide-L-ascorbique, ne présente pas d'activité vitaminique.
Apports conseillés Apports journaliers recommandés
Les recommandations européennes conseillent un apport quotidien de pour une femme et de pour un homme. À titre d'exemple, une orange apporte en moyenne de (40 à par ). vignette|alt=Cochon d'Inde|Le cochon d'Inde est l'une des rares espèces qui partagent avec les primates l'incapacité à produire de la vitamine C En France, l'AFSSA recommande un apport quotidien de pour un adulte de 20 à 60 ans.. Les personnes exposées davantage aux effets nocifs des oxydants, comme les fumeurs, ont des besoins accrus en vitamine C (125 mg selon le Conseil supérieur d'hygiène de Belgique)..
Chez les primates en liberté, les analyses nutritionnelles font état d'une consommation quotidienne de par jour pour des primates d'un poids comparable (chimpanzés) ou légèrement supérieur (gorilles) à celui de l'homme. On recommande 25 mg de par kilogramme de poids chez tous les primates en captivité, soit, pour un chimpanzé de poids moyen (), par jour Portman, O. W., 1970, « Nutritional requirements of non-human primates », dans Feeding and nutrition of non-human primates (éd. R. S. Harris), , New York, Academic Press..
Les vétérinaires des NAC recommandent 20 mg de vitamine C pour les cochons d'Inde dont le poids peut varier entre 500 g et 1,7 kg, et pour les femelles gestantes...
On constate donc que les apports recommandés (par kg de masse corporelle) par les médecins nutritionnistes sont sensiblement plus faibles pour l'être humain que pour les autres espèces qui en ont besoin.
Les tenants de la médecine orthomoléculaire, une pseudomédecine, ont avancé que les apports nutritionnels recommandés devraient être d'au moins , voire Pauling, Linus. My Love Affair with Vitamin C. Les études actuelles menées par la communauté médicale et scientifique sur les fortes doses de vitamine C ne sont pas suffisamment concluantes pour en faire une recommandation Bjelakovic G, Nikolova D, Gluud LL, Simonetti RG, Gluud C. The Cochrane Hepato-Biliary Group, Copenhagen Trial Unit, Center for Clinical Intervention Research, Copenhagen University Hospital, Rigshospitalet, Copenhagen, Denmark « Mortality in randomized trials of antioxidant supplements for primary and secondary prevention: systematic review and meta-analysis » JAMA 2007 Feb 28;297(8):842-57..
D'après une méta-analyse publié en 2018, plus la concentration de vitamine C provenant de l'alimentation dans le sang est élevé, plus la mortalité est faible. La concentration la plus élevée mesurée à 90 µmol/L correspond à l'ingestion de 1,25 g deux fois par jour de vitamine C.
Carence Une importante carence en vitamine C, très rare, provoque le scorbut, lorsque l'apport est de moins de par jour. Les hypovitaminoses plus discrètes sont très répandues et se traduisent par de l'asthénie, un amaigrissement, des maux de tête, des douleurs osseuses, une plus grande sensibilité aux infections et parfois des problèmes hémorragiques..
Toxicité La vitamine C est non toxique aux doses usuellement absorbées pour un individu en bonne santé.
Depuis sa synthèse dans les années 1930, la vitamine C est utilisée à toutes les doses à travers le monde. Les seuls effets secondaires associés à son utilisation et qui soient établis sont la diarrhée bénigne et une action diurétique. Celles-ci surviennent lorsqu'elle est consommée trop rapidement et en trop grande quantité. L'organisme ne pouvant la stocker, il en élimine ainsi l'excès.
Les symptômes d'un surdosage en vitamine C peuvent être : (et/ou) nausée, vomissements, céphalées, éruptions cutanées, asthénie..
Les autres effets de la vitamine C à haute dose ne sont pas établis, les études étant contradictoires entre elles. Ainsi, certaines études montrent que les calculs rénaux sont favorisés.Fiche acide ascorbique sur le répertoire BIAM, consulté le 21 mais 2008 par de hautes doses de vitamine C, d'autres montrent qu'ils n'en sont pas favorisés Curhan GC, Willett WC, Speizer FE, Stampfer MJ. « Intake of vitamins B6 and C and the risk of kidney stones in women » J Am Soc Nephrol. 1999 Apr;10(4):840-5. Gerster H. « No contribution of ascorbic acid to renal calcium oxalate stones » Ann Nutr Metab. 1997;41(5):269-82. Curhan GC, Willett WC, Rimm EB, Stampfer MJ. « A prospective study of the intake of vitamins C and B6, and the risk of kidney stones in men » J Urol. 1996 Jun;155(6):1847-51., voire seraient réduits Hoffer A. « Ascorbic acid and kidney stones » Can Med Assoc J. 1985 Feb 15;132(4):320..
La vitamine C n'a pas d'effet mutagène (étude sur des doses allant jusqu’à par jour) Vojdani A, Bazargan M, Vojdani E, Wright J. « New evidence for antioxidant properties of vitamin C » Cancer Detect Prev. 2000;24(6):508-23. « The effects of iron and vitamin C co-supplementation on oxidative damage to DNA in healthy volunteers », Biochemical and Biophysical Research Communications, 8 mai 1998, 246(1):293-8. . In vivo les études montrent que la vitamine C, même en présence de métaux de transition n'a pas d'effet mutagène et qu'au contraire elle protège les cellules de l'action mutagène du peroxyde d'hydrogène.
Certains auteurs, comme Thomas Levy, soutiennent l'innocuité de doses plus fortes, 6 à 12 g/j en dose optimale selon les individus Levy, Thomas E. Curing the Incurable: Vitamin C, Infectious Diseases, and Toxins. MedFox, 2011, , .. Levy précise que certains symptômes constatés entre 500 mg et 1000 mg/j sont transitoires et dus à des doses sub-optimales et disparaissent à plus forte concentration en soulignant que souvent les études d'impact sont basées sur des doses qualifiées d'élevées mais en réalité sous-optimales (par exemple, pour les risques de cataracte, une étude évoque des doses de vitamine C et E combinées à des valeurs moyennes de 1000 mg et 100 mg respectivement « The most commonly used dose of vitamin C and vitamin E as single supplements was estimated to be ≈1,000 mg and ≈100 mg, respectively » </ High-Dose Supplements of Vitamins C and E, Low-Dose Multivitamins, and the Risk of Age-related Cataract: A Population-based Prospective Cohort Study of Men).
Usages thérapeutiques ou pseudo-thérapeutiques En tant que traitement médical, la vitamine C a quelques indications reconnues. : la prévention ou le traitement du scorbut, l'avitaminose C, la méthémoglobinémie idiopathique du nourrisson et la méthémoglobinémie chez les sujets déficients en G6PD.
Il s'agit d'une molécule utilisée couramment en automédication : plus de 10 % des Américains en consomment Timbo BB, Ross MP, McCarthy PV, Lin CT, « Dietary supplements in a national survey : prevalence of use and reports of adverse events » J Am Diet Assoc. 2006;106(12):1966-1974.