Sainte-Félicité est une municipalité québécoise située dans la municipalité régionale de comté de L'Islet, de la région administrative de Chaudière-Appalaches.

Description Le village de Sainte-Félicité se trouve dans les montagnes appalachiennes, au cœur des monts Notre-Dame, près de la frontière américaine.

Il se trouve au sud de L'Islet et de Saint-Jean-Port-Joli, à mi-chemin entre les villages de Saint-Marcel et de Sainte-Perpétue ainsi qu'au nord du village de Saint-Adalbert et de la ville de Saint-Pamphile.

Le territoire de la municipalité est érigé à l'intérieur d'une série de vallées formées à l'ère glaciaire et par lesquelles plusieurs rivières affluent vers le fleuve Saint-Jean dans l’État américain du Maine. Les plus importantes d’entre elles se nomment la rivière Grand-Calder, la Grande Rivière noire, la rivière de la Savane, la rivière à la Truite, la rivière Gobey ainsi que le Ruisseau-Froid qui alimente le lac du Curé au centre du village. Dans la partie ouest de la municipalité, entre la rivière Grand-Calder et la route de l'Équerre, on retrouve la vallée du Cona-Brook, avec un marécage d'un kilomètre de long. Nommé par la communauté « La Savane », ce milieu humide héberge une multitude d'espèces, dont le grand héron et le martin-pêcheur.

La présence de ces nombreux cours d'eau favorise durant la saison permise la pratique de la pêche, dont la principale espèce convoitée et répandue est la truite mouchetée. Outre la pêche, les habitants pratiquent durant l'automne et le début de l'hiver la chasse de divers gibiers, dont les principaux sont l'orignal, le cerf de virginie, la gélinotte huppée, le lièvre d’Amérique et l'ours noir. Durant la période hivernale, la coutume de la trappe est toujours pratiquée par certains Félicitois. Les fourrures amassées proviennent d'une diversité d'animaux tels que le coyote, la martre d'Amérique, le castor, la loutre de rivière, le pékan, la belette, le vison ou encore le lynx.

La popularité de la chasse et de la pêche dans ce village provient en grande partie du climat et de la richesse écologique de la forêt mixte, où se déploient une variété d'épinettes, le sapin baumier, le cèdre blanc et une variété de feuillus tel que le tremble, le bouleau (blanc et jaune) ainsi que l’érable. Le sol forestier riche en minéraux permet durant la saison estivale la cueillette de produits forestiers non ligneux. Durant l’été, il est possible de cueillir de petits fruits sauvages tels que la fraise, la framboise et le bleuet, principalement aux mois de juillet et août. La présence d'érablières contribue à la tradition de la cabane à sucre et plusieurs acériculteurs effectuent la production du sirop d’érable, tant au plan traditionnel, qu'industriel.

Histoire vignette|Le Sacrée-Cœur au Rang Taché Ouest. Il symbolise l'emplacement initial de l'église et du village de Sainte-Félicité de L'Islet. Image 16mm tournée en 1950 par le cinéaste L'abbé Maurice Proulx et tirée du film Mémoire Boréale de Samuel St-Pierre.

La municipalité elle-même a vu le jour récemment, créée en 1950 à partir du territoire de la paroisse du même nom, érigée en 1945 par le curé Charles Dumais. Son nom lui a été donné à cause de sa proximité avec Sainte-Perpétue. En effet, Perpétue, une dame noble, fut martyrisée avec Félicité, une esclave chrétienne, sous les ordres de l'Empereur romain Septime Sévère à Carthage en l'an 203 de notre ère. L'écrivain de l'époque, Tertullien, aurait d'ailleurs écrit jadis les Actes de Perpétue et Félicité.

Chronologie 1862 : Premiers défrichements au rang Taché ouest par Clément Bois et son fils. Antérieur à la fondation des premières paroisses de L'Islet-sud, l'établissement de cette famille sur la colline qui prendra alors le nom de Côte-des-Bois, marque le début de la colonisation dans l'ensemble des Hauts-pays de la Région L'Islet. : Première concession d'une terre forestière (les lots 24 du rang A, canton Garneau) à Clément Bois (père). Au cours de la décennie suivante, les premiers colons sont rejoints par d'autres pionniers nommés Clément Gagnon, François et Cyprien Pelletier ainsi que Germain Thibault. L'arrivée de ces nouveaux défricheurs, place le rang Taché ouest comme un berceau important pour le peuplement des Appalaches. 1934 : Première initiative de création d'une nouvelle paroisse par les gens du rang Taché ouest. : Fondation de la paroisse de Sainte-Félicité de L’Islet. : Érection de la municipalité de Sainte-Félicité de L'Islet.

Les autochtones Bien qu'il n'y ait jamais eu de recherches archéologiques pour le valider, tout porte à croire que le territoire avait déjà été exploré jadis par les autochtones qui suivaient le déplacement du gibier. Certains récits tirés de bûcherons au début du , racontent l'apparition de quelques familles amérindiennes le long des berges de rivières situées dans les environs de Saint-Pamphile. Ces mêmes récits, dont le plus récent remonte à 1926, racontent par ailleurs, que ces familles étaient pour la plupart nomades et se déplaçaient par l'entremise de canots fabriqués à partir d’écorce de bouleau. Les membres de ces familles parlaient par ailleurs entre eux une langue autochtone. Vu la proximité de ce territoire avec le Kamouraska et le Témiscouata, ces familles nomades et la langue entendue par les bûcherons devaient être issues de la nation amérindienne des Wolastoqey, également appelé Malécites. Le territoire de cette nation s’étendait jadis sur une partie du Bas-Saint-Laurent et de la vallée du fleuve Saint-Jean, qui est à cheval maintenant entre l’État américain du Maine et la province canadienne du Nouveau-Brunswick. De nos jours, il reste moins de 800 Wolastoqey au Québec, cependant il est intéressant de constater que certaines familles de Sainte-Félicité de L'Islet ont dans leurs arbres généalogiques des racines autochtones, résultat d'un métissage des colons canadien-français avec des nations amérindiennes et dans ce cas-ci, avec probablement la nation Wolastoqey.

Début du peuplement Le peuplement véritable de cette vallée appalachienne ne commença qu'aux alentours de 1860 alors que les premières familles à s'y installer furent les Bois et les Gagnon dans le rang Taché Ouest. Ces familles étaient originaires de Saint-Jean-Port-Joli et de ses environs, fondé à l'époque de la Nouvelle-France et surnommé « Les Bas » dans le langage populaire des Félicitois. Les premiers colons quittèrent leurs terres familiales pour les montagnes car l'agriculture dans leurs régions natales devenait de plus en plus difficile vu le manque d'espace disponible pour les nouvelles familles. Cependant, la terre appalachienne n'étant pas une terre propice à l'agriculture, cette dernière demeura essentiellement liée à la survivance. Avec l'ouverture de la route Elgin (aujourd'hui la route 204) qui joint Saint-Jean-Port-Joli à la frontière américaine, un flot d'immigration s'empara des lots bordant le chemin Taché. De nombreuses familles vinrent rejoindre les quelques colons installés dans leurs habitations de fortune, ainsi la véritable naissance de Sainte-Félicité de L'Islet mais aussi des Hauts-pays de la Région L'Islet, venait d'avoir lieu.

Fondation de la paroisse left|thumb|L'ancienne église et le presbytère en 1948. Au début du , le nombre d'habitants ne cesse de grimper, si bien que l'on crée le rang Saint-Isidore au sud du chemin Taché. À cette époque, à la suite de la création des paroisses de Sainte-Perpétue et de Saint-Pamphile, les habitants de ces rangs qui forment alors le canton Garneau, sont sous la juridiction de ces deux paroisses. Au début des années 1930, les habitants du chemin Taché se regroupent pour demander la création d'une paroisse qui lierait les rangs Taché et Isidore. Le premier instigateur de ce projet, fut Alfred Gagnon, qui cède volontairement une partie de ses champs pour ériger la nouvelle église. Les gens du chemin Taché prennent l’initiative, en creusant les fondations et en coupant le bois nécessaire à la construction de leur future église. Cependant le choix de l'emplacement du futur village ne fait pas l'unanimité au sein des habitants du canton Garneau. Certains colons du rang Saint-Isidore font pression auprès du cardinal Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve de Québec, pour que celui-ci revienne sur sa décision et octroie l'emplacement du futur village sur le rang Saint-Isidore. Ce dernier cède à leur demande et ordonne l'emplacement de la future église à sa place actuelle. Devant cette décision, un habitant du rang Taché ouest cesse ses pratiques envers la religion catholique et se tourne vers le protestantisme. vignette|Sainte-Félicité de L'Islet à sa fondation. Image 16mm tournée en 1945 par le cinéaste L'abbé Maurice Proulx et tirée du film Mémoire Boréale de Samuel St-Pierre.

En 1945, la construction de l'église, et du presbytère de Sainte-Félicité de L'Islet, est entreprise. Le curé Charles Dumais se retrouve alors devant une paroisse divisée entre deux camps et deux rangs, à la suite de la décision du cardinal de Québec. Pendant ce temps plus au sud, dans l'ancien canton Casgrain, le rang Saint-Camille vient d'être ouvert à la colonisation et plusieurs colons, principalement issus de la famille Bélanger et originaire de Saint-Pamphile, viennent s'y installer. En juillet 1949, dans des conditions nébuleuses, l'église est détruite par les flammes, ce qui laisse la porte grande ouverte aux légendes. La reconstruction de la nouvelle église et la création de la municipalité en 1950 apaisent alors les conflits internes et unirent les habitants sous une même entité. Durant cette même décennie, aux alentours de 1955, l'électrification de la paroisse est réalisée sous l'égide du gouvernement de Maurice Duplessis, par l'entremise de sa politique de développement de la ruralité. L'électrification s'effectue dans la même période que celle des régions du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie, lors du développement des lignes de transports électrique entre Lévis et le nord-est de la rive-sud du Fleuve Saint-Laurent.

Les années 1960 et 1970 Au tournant des années 1960, alors que souffle un vent de révolution sur le Québec, le téléphone et la télévision font leur apparition, on ferme les écoles de rang pour construire une école centrale au centre du village. Celle-ci est elle aussi incendiée en 1976 et reconstruite la même année. Durant cette même année ont lieu les premières Fêtes du Patrimoine qui deviendront le Festival Fleurdelisé en 1990.

Durant les années 1970, la municipalité investit graduellement dans un comité des loisirs visant à développer la vie culturelle du village : on construit un terrain de baseball, et on développe un service de patinoire durant l'hiver, ce qui amène à la création de ligues de hockey et de ballon-balai. Au fil des ans, le comité des loisirs crée un service de terrain de jeu durant la saison estivale, soutient la création d'un regroupement scout, l'organisation de galas musicaux nommés « Les jeunes Noël » ainsi que la création d'une troupe de théâtre amateur qui se produit dans la salle paroissiale, située au sous-sol de l'église. Par ailleurs, on fonde une troupe de gigue et de danse traditionnelle québécoise nommée « Le P'tit Canot » en l'honneur du monument sur la Côte des Bois. Outre les Fêtes du Patrimoine, cette troupe se produit dans divers événements des régions de Chaudière-Appalaches et du Bas-Saint-Laurent. De nos jours, avec le vieillissement graduel de la population et le manque de relève, le comité des loisirs disparaît, emportant avec lui la plupart de ces organismes. Il ne reste aujourd'hui que le terrain de jeu et la patinoire hivernale comme vestige de cette époque et qui relève à présent directement de la municipalité elle-même. thumb|Souvenir de la première messe et inauguration de la chapelle temporaire de Sainte-Félicité de L'Islet, le 19 novembre 1941. Archive photographique de la Société historique de la Côte-du-Sud.

Les années 1980