180px|thumb|Wei Jingsheng. Wei Jingsheng () est né le à Pékin. Ancien garde rouge, fils de hauts cadres communistes, il est un des plus célèbres dissidents chinois et symbole du mouvement de revendications démocratiques en Chine. Il fut pressenti à plusieurs reprises pour le Prix Nobel de la paix et reçut en 1996 le prix Sakharov pour la Liberté de Pensée. Biographie Action politique Wei Jingsheng a pris part à la Révolution culturelle comme garde rouge alors qu'il était électricien au zoo de Pékin. L'arrivée au pouvoir en République Populaire de Chine de « gestionnaires » plus pragmatiques, tels le premier ministre Zhou Enlai et son bras droit Deng Xiaoping qui promouvaient les « Quatre modernisations » (agriculture, industrie, défense nationale, sciences et techniques) et un début très timide de « démaoïsation » ouvrirent le champ au débat et aux revendications politiques. Wei Jingsheng se fit connaître pour son rôle dans le « mouvement démocratique » de 1979 : son dazibao affiché sur le Mur de la démocratie, réclamant la « cinquième modernisation », la démocratie, est resté célèbre. Dénonçant les réformes comme un leurre destiné à masquer la mise en place d'une nouvelle dictature communiste, il attaque violemment les nouveaux responsables politiques chinois. Wei Jingsheng fut arrêté le pour avoir « divulgué des secrets d'État », et fut condamné à 15 ans de prison.. Il avait également écrit en une lettre dénonçant les conditions inhumaines de la prison de Qincheng où fut incarcéré le Panchen Lama et qui conduisirent ce dernier à une tentative de suicide après des séances de thamzing.. Une grande partie des informations contenues dans l'essai de Wei Jingsheng provenaient du père de l'amie de Wei, qui venait d'être relâché de cette prison de haute sécurité. Marie Holzman a déclaré que Wei a complété sa recherche et écrit son essai de journalisme d'investigation en une semaine.. L'ensemble du mouvement contestataire qui prend de l'ampleur en Chine après la mort de Hu Yaobang, ancien Premier ministre plus conciliant, et au moment de la venue à Pékin de Mikhail Gorbatchev en , continue d'inquiéter les dirigeants du PC. C'est finalement la ligne dure du parti qui l'emporte et fait tomber sur le pays une répression sanglante qui suscite beaucoup d'indignation dans le monde (manifestations de la place Tian'anmen, ). Témoignage d'actes de cannibalisme
Dans sa biographie, Wei Jingsheng évoque des cas de cannibalisme dans son village natal Amnesty International 30 novembre 2005, . Gilles van Grasdorff rapporte, à ce propos ses écrits dans La cinquième modernisation et autres écrits du Printemps de Pékin : Gilles van Grasdorff La Nouvelle Histoire du Tibet, Perrin, 2006 pp 340 à 342 Condamnation Les autorités prirent prétexte de sa correspondance avec l'étranger sur la guerre sino-vietnamienne pour accuser Wei Jingsheng de trahison et activité contre-révolutionnaire. Condamné par le régime à 15 ans de prison, il est libéré en par Jiang Zemin. Sa première sortie est consacrée à Ding Zilin, une universitaire dont le fils de 17 ans est mort le lors de la révolte de Tiananmen.. Puis il est de nouveau arrêté en mars 1994 et condamné à 14 ans de prison. Il a été libéré pour raison médicale en après 18 ans d'incarcération et expulsé aux États-Unis. Depuis sa prison, Wei Jingsheng écrivit à Deng Xiaoping de nombreuses lettres qui furent sorties clandestinement et publiéesWORD FOR WORD/Wei Jingsheng;Letters to Deng, From the Pit of Repression. Ainsi, en 1992, il écrit une longue lettre au sujet du Tibet, démontrant sa profonde compréhension de cette question. Il y remet notamment en cause la suzeraineté de la dynastie Qing sur le Tibet Wei Jingsheng's letter to Deng Xiaoping in 1992, Wei Jingsheng, Delivered on October 5, 1992. Vie d'exil Depuis sa libération, Wei Jingsheng vit en exil aux États-Unis et voyage pour promouvoir la démocratie en Chine. Il prend la parole devant des réunions politiques, est quelquefois reçu par des autorités officiellesRéception à Paris le 14 janvier 1998 par le président de l'Assemblée Nationale Laurent Fabius; il n'a pas été reçu par le gouvernement., et agit auprès des Chinois d'outre-mer. Dès 1998, il déclarait : PressClub de Paris, 13 janvier 1998 Certains de ses articles sont diffusés par Global Viewpoint. Dans un article de , il appelle Jacques Rogge, le président du Comité international olympique, à faire pression sur les autorités de Pékin pour qu'elles respectent les droits de l'homme au TibetIl faut, maintenant, faire pression sur Pékin par Wei Jingsheng.. En 2008, Wei Jingsheng rencontre le 14e dalaï-lama à NantesGuillemette Faure, « Nous, Chinois, nous sentons vendus par la France », Rue89, 17 août 2008. Récompenses Wei Jingsheng a reçu en 1994 le prix de la paix Olof Palme et le Prix Robert F. Kennedy des droits de l'homme (associé à Ren Wanding), puis en 1996 le prix Sakharov de la liberté de penséeWei Jingsheng Encyclopédie Larousse. En 1997, il reçoit le Democracy Award de la National Endowment for Democracy. Références
Voir aussi
Liste des Chinois dissidents La cinquième modernisation et autres écrits sur le Printemps de Pékin traduit du chinois par Huang San et Angel Pino, réédition Christian Bourgois 1997, Wei Jingsheng, chinois inflexible, Marie Holzman et Bernard Debord, Editeur : Bleu de Chine (), Marie HOLZMAN à propos de WEI Jingsheng INA : Bouillon de culture Bibliographie Procès politiques à Pékin, Wei Jingsheng, Fu Yuehua de Victor Sidane et Wojtek Zafanolli avec la collaboration de Bao Longtu et François Rauzier Petite collection Maspero, Paris, 1981, 238 pages Liens externes
J'accuse le régime chinois par Guy Sorman dans Le Monde avec Jean-Marie Cavada dans l'émission télévisée La Marche du siècle
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