Laure Stella Victorine Bruni, née à Liège le Bulletin des lois de la République française, vol. 56, 1898, (Lire en ligne) et morte en au Locle (Suisse), est une peintre française d'origine belge et suisse.

Biographie Laure Bruni est issue d'une famille de langue italienne, d'origine tessinoiseFeuille d'avis de Neuchâtel, 27 juillet 1967, Bollettino storico della Svizzera italiana, décembre 1969, n° 4. Elle est l'arrière petite-fille du peintre Fiodor BruniUne grande artiste : Laure Bruni, Le Mouvement féministe, 33/1945Exposition Laure Bruni, Feuille d'avis de Neuchâtel, 17 décembre 1948, Bollettino storico della Svizzera italiana, décembre 1969, et l'une des deux filles de Constantin BruniBollettino storico della Svizzera italiana, décembre 1969, , professeur de piano établi en Belgique, à Liège, à partir de 1882, puis chef d'orchestre dans ce pays - au théâtre royal de Liège (1883-1891), puis à Anvers (1898-1902) -, et en France, à Dijon (1891-1894), Montpellier (1894-1897), Lyon (1897-1898), Toulouse (1902-1907), au Mont-Dore (durant la saison du casino), directeur artistique du théâtre royal d'Anvers (1903-1906), du grand-théâtre de Genève (1908-1917 et 1925-1926), de l'opéra de NiceLa Vie montpelliéraine, 22 novembre 1924, Ibid., 28 octobre 1894, Comoedia, 9 janvier 1908, Le Monde illustré, 5 juillet 1902Arthur de Gers, L'historique complet du théâtre royal d'Anvers, 1913Richard Cole, La vie musicale au Grand théâtre de Genève entre 1879 et 1918, Droz, 1999 ; Alain Pâris, Le Nouveau Dictionnaire des interprètes, Robert Laffont, 2015 (entrée grand-théâtre de Genève).

Elle obtient la naturalisation française en 1898 comme son père, né à Varsovie en 1865, sa mère, Laure Marie Jeanne Listray, Belge née en 1865 à Liège, et sa sœur cadette. Sa famille vit alors à LyonBulletin des lois de la République française, vol. 56, 1898, (Lire en ligne).

Elle commence à s'intéresser à la musique, au piano notamment, avant de devenir peintreLa Vie montpelliéraine, 22 novembre 1924. Elle expose d'abord en Suisse, où son père dirige le théâtre de Genève. Elle expose ainsi à la galerie Moos de GenèveGalerie Moos, octobre 1919.

Elle expose des tableaux, des paysages et des fleurs, à partir de 1920 à Paris, grâce en partie au galeriste Moos également installé dans cette villeL’Œuvre, 15 octobre 1924Art et décoration, décembre 1920 (exposition à la galerie Allard en 1920). Plusieurs petites expositions lui sont consacrées par des galeries parisiennes comme la galerie Georges Petit en 1924Aux écoutes, 5 octobre 1924. Elle expose au Salon des indépendants les toiles Lande bretonne en 1927, Dans la Drôme en 1928 et Falaise au Tréport en 1929René Édouard-Joseph, Dictionnaire biographique des artistes contemporains, tome 1, A-E, Art & Édition, 1930, . Abel Bonnard préface le catalogue de son exposition de 1928 à la galerie CharpentierL'Art vivant, mai 1928. Le vernissage de cette exposition attire des personnalités (Albert Sarraut, ministre, Jean Chiappe, préfet de police, le préfet de la Seine, des aristocrates, des ambassadeurs, le critique d'art Raymond Escholier, Bonnard, André Thérive)Le Gaulois, 29 avril 1928. Elle expose à nouveau à partir de 1935, dans une autre galerieAux écoutes, 25 mai 1935 et au salon des indépendantsL'Humanité, 19 mars 1938, Beaux-Arts, mai 1940.

Elle épouse en 1927 René Gillouin, homme de lettres et chef adjoint de cabinet du président du conseil municipal de Paris, protestant ; la cérémonie religieuse a lieu au temple réformé de NiceLe Temps, 8 août 1927. Elle participe parfois à la vie mondaine parisienne aux côtés de son épouxLe Gaulois, 18 février 1929, Ibid., 3 mars 1929, La Revue de Paris, 1929, Le Figaro, 26 janvier 1933, Ibid., 13 décembre 1937, Journal des débats, 22 juillet 1938. Son nom et sa profession de peintre sont mêlés en 1938 à une polémique politique visant son mari, qui s'est lancé dans une carrière politique (il est conseiller municipal de Paris, de droite, à partir de 1931) et qui dénonce les peintres étrangers de l’École de Paris, à l'occasion de leur présence à l’exposition des « maîtres de l’Art indépendant » au Petit Palais, organisée par Raymond EscholierGeorge Besson, Le marchand de couleurs, Ce Soir, 5/1/1938, Ce Soir, 16 janvier 1938, R. Gillouin, « La farce de l’Art vivant », La Revue hebdomadaire, 15 janvier 1938, Le Temps, 19 décembre 1937 (intervention de Gillouin au conseil municipal).

Son beau-fils, Marc, meurt en 1940. Dès les débuts de l'Occupation, les Allemands auraient mené une perquisition au domicile parisien de son mari et emporté plusieurs de ses tableauxRené Gillouin, J'étais l'ami du maréchal, Plon, 1966, .

René Gillouin, installé à Vichy, passe alors pour l'un des conseillers du maréchal PétainD'où cet écho fielleux la visant ainsi que son mari : Paris-Municipal, 23 janvier 1942. Sa femme est l'une des intimes de l'épouse du maréchal Pétain, Annie PétainMichèle Cointet, Les Françaises dans la guerre et l’Occupation, Fayard, 2018 (L'auteure présente faussement Gillouin comme étant vice-président du conseil municipal de Paris ; il l'a été mais avant la guerre.). Elle le suit en exil en Suisse à partir de 1943. Elle expose dans ce pays, notamment des marines, à Genève, Lausanne, Zurich, Lugano. Mais aussi en 1948-1949 à NeuchâtelFeuille d'avis de Neuchâtel, 29 décembre 1948, ou à Bienne en 1951Feuille d'avis de Neuchâtel, 25 octobre 1951, , 1952Feuille d'avis de Neuchâtel, 28 octobre 1952, , 1953Exposition Laure Bruni, à Bienne, Ibid., 28 octobre 1953, et 1955La Sentinelle, 28 octobre 1955, . Son mari s'est à nouveau installé à Paris à partir de 1948 et le couple dispose en France d'une maison à Vaison-la-Romaine. Elle y demeure une partie de l'année, tout en conservant un atelier en Suisse, dans le canton du Tessin à Rovio puis dans le canton de NeuchâtelExposition Laure Bruni, à Bienne, Feuille d'avis de Neuchâtel, 28 octobre 1953, .

Elle divorce le et continue à peindre, installée dans son atelier des Brenets, dans le canton de Neuchâtel.

Bibliographie

René Édouard-Joseph, Dictionnaire biographique des artistes contemporains, tome 1, A-E, Art & Édition, 1930, Bénézit, 1961, 1999, 2011 (Benezit Dictionary of Artists, en ligne) Bollettino storico della Svizzera italiana, , n° 4, (Lire en ligne sur le site des Archives du canton du Tessin)

Notes et références

Liens externes

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