Ouessa est un département et une commune rurale du Burkina Faso, situé dans la province de l'Ioba et la région du Djôrô. En 2012, le département comptait .

Géographie Situation géographique Située dans la région du Djôrô, la commune rurale d'Ouessa fait partie de la province de l'Ioba. Elle est située à de Dano (chef-lieu de la province) à l’extrême sud de la province. Elle couvre une superficie de sur un total de pour la province, soit 5,91 % et elle est limitée : à l’ouest et au nord par le département et la commune rurale de Boura ; à l’est par le département et la commune rurale de Niégo ; au sud par la république du Ghana () ;

Relief Le relief au niveau de la commune est caractérisé par une succession de plaines et de bas-fonds. Il existe par endroits des plateaux atteignant des altitudes de . Cet aspect contrasté du relief favorise l’érosion hydrique des terres cultivables.

Climat Le régime climatique de la commune d'Ouessa est de type Sud soudanien. Le FIT (front inter-tropical) représente le contact entre l’air sec continental de direction nord-est et l’air maritime humide de direction sud-ouest. Les précipitations qui déterminent le découpage de l’année en saison sont conditionnées par l’oscillation annuelle du FIT. Le climat est donc caractérisé par l’alternance de deux types de saisons bien marquées :

une saison sèche qui s’étale de mi-novembre à mi-mai. Elle correspond au retour du FIT vers le Sud. La saison se subdivise en deux grandes périodes : de mi-novembre à fin février, la période est relativement fraiche et sèche ; c’est pendant cette période que les vents frais et secs de direction nord-est et sud-ouest dominent largement ; ce sont les alizés continentaux chauds ou l’harmattan ; de mars à mi-mai : c’est la période la plus chaude de l’année ; une saison pluvieuse allant de mi-mai à novembre. Elle correspond au passage du FIT à la latitude d'Ouessa. Les précipitations moyennes sont de l’ordre de

Sols Les processus de pédogenèse dominants dans la zone sont de types ferrugineux. Ces processus y ont mis en place des sols majoritairement ferrugineux tropicaux peu lessivés et lessivés, et des sols peu évolués. L’horizon pédologique est donc dominé par les sols suivants :

les sols ferrugineux peu évolués sur matériaux gravillonnaires appelés « Wotcho » en langue locale. Ces sols ont un horizon de couleur brun jaunâtre foncé à brun jaunâtre. Ils représentent 60 % des sols de la commune. La texture limoneux argilo-sableux contient des graviers ferrugineux. Le taux élevé de graviers, la faible teneur en eau et en éléments chimiques constituent un handicap à une exploitation à des fins agricoles. Le potentiel de fertilité de ces sols est faible et ils sont sensibles à l’érosion à cause de leur faible profondeur. les sols sableux ou « Zibiré »en langue locale sont aptes à la culture du sorgho, vouandzou et arachide. Ils occupent environ 10 % des espaces cultivés de la commune. les sols argileux ou sablo-argileux, appelés en langue locale « Zibatow » se prêtent aux cultures comme le maïs et sont également favorables à la culture du riz, aux activités sylvicoles notamment les arbres fruitiers et au maraîchage. les sols vertiques ou « Zibambiné » en langue locale: ces sols se caractérisent par un humus à forte activité biologique. Ils sont profonds avec une texture limono-argileuse. L’argile qui les constitue est de type montmorillonite. La proportion d’argile qui les compose est élevée (>30 %). Ces sols de moindre superficie localisés dans les dépressions, ont résulté du processus de pédogenèse. Ces sols sont chimiquement les plus riches et représentent 20 % des sols. Mais leur mise en valeur est entravée par leur texture lourde. Leur exploitation nécessite l’utilisation de moyens mécaniques. Ils présentent une bonne valeur agronomique pour la culture du maïs, du sorgho, de l’igname. les sols hydromorphes ou « bâatinsô » en langue locale. Ces sols, de couleur gris à gris clair, sont profonds (>) occupent 10 % des sols de la commune. Leur texture est fine, argilo-limoneuse à argileuse. Le taux de concrétion ferro-maganique est faible. Ces sols se caractérisent par une forte teneur en argile. Ils ont une capacité de rétention en eau très élevée faisant d’eux des sols lourds. Ils sont beaucoup plus favorables à la riziculture pluviale ou irriguée. Il en est de même pour les cultures maraîchères et les patates douces en fin de saison pluvieuse.

Hydrographie Le réseau hydrographique de la commune est peu dense et constitué principalement du fleuve Mouhoun et de nombreux autres cours d’eau secondaires dont le plus important reste le Kabarvaro. L’ensemble de ces cours d’eau secondaires dans leur course se jette dans le Mouhoun et est de régime saisonnier excepté le Mouhoun qui ne sèche pas totalement mais l’eau se retire jusqu’au lit mineur par endroits à partir du mois de mars.

Ils sont exploités pour l’abreuvement des animaux, les cultures maraîchères et les activités sylvicoles. En termes de ressource en eau, les producteurs sont unanimes que la principale contrainte de l’agriculture reste l’absence d’ouvrages de maîtrise d’eau, ce qui handicape énormément le secteur agro-sylvo-pastoral.

Pour pallier cette déficience, le gouvernement du Burkina Faso envisage la construction d'un barrage sur le fleuve Mouhoun à quelque trois kilomètres de la ville d'Ouessa. Ce barrage aura une hauteur de , une longueur totale de et une capacité d’environ quatre milliards de avec un déversoir en béton de . Une fois le barrage réalisé, le fleuve Mouhoun sera navigable sur plus de en amont.

Une centrale hydroélectrique sera construite et pourra générer près de de d’électricité en six heures et demie par jour à partir d’une puissance installée de à l’aide de deux turbines à axe vertical avec pour conséquence la réduction de la facture énergétique du pays.

Outre le renforcement des capacités de production d’hydroélectricité, la construction du barrage d'Ouessa permettra d’accroître la production hydro-agricole, pastorale et piscicole, sans oublier la régulation du barrage en amont et du cours d’eau en aval ainsi que le développement du tourisme.

Végétation La végétation de la commune est du type savane arborée en général avec un tapis herbacé peu dense. Les espèces dominantes sont Vitellaria paradoxa, Parkia biglobosa, Lannea microcarpa, Andasonia digitata, Tamarindus indica, Faidherbia albia, etc.

Les espèces qui caractérisent la strate herbacée sont essentiellement : Andropogon gayanus, Pennisetum pedicellatum, Cenchrus biflorus, etc. On y rencontre également des forêts galeries le long des cours d’eau. Les espèces dominantes sont : Berlina grandiflora, Syzygium guineense, Carapa procera, Pentadesma butyracea, Adina microcephala, Mitragyna inermis, etc.

La commune d'Ouessa dispose d’une forêt villageoise d’une superficie d’environ . Cette forêt, située à Dianlé à au nord de Ouessa, fait l’objet d’une gestion bipartite entre la population locale et le service forestier. Elle dispose également de pépinières (privées) appartenant à des particuliers.

Le couvert végétal dans l’ensemble est constamment menacé par l’exploitation intensive pour le bois d’œuvre et l’exploitation à titre de pâturage. Face à cette situation, les actions à entreprendre devraient donc être orientées vers une sensibilisation des populations sur la gestion rationnelle des ressources forestières et la restauration du couvert végétal.

Des tentatives de reboisements collectifs ont été menées mais sans succès. Face à l’échec des reboisements communautaires, la commune envisage l’expérimentation d’autres approches telles que le reboisement individuel, les opérations « plantons utile » et le reboisement par contrat avec l'institution du Grand prix du planteur.

Ressources fauniques et aquatiques La faune de la commune est relativement dense. Les plus importants sont les espèces aviaires (francolins, pintades sauvages, etc.), les rongeurs comme les lièvres, les écureuils, les rats, etc., on rencontre également les singes, biches (par ailleurs, des espèces telles que les éléphants et les hypotragues, n’existent pas sur le territoire de la commune mais transitent de manière saisonnière par elle pour d’autres localités.

La faune aquatique est composée de silures, tilapias, carpes, anguilles, sardines et silures à épine dorsale.

Occupation de l’espace L’espace communal d'Ouessa se caractérise par une coexistence de zones d’habitations et de champs de cases évoluant de plus en plus en champs de coton avec la pression foncière. Les champs de brousse d’où sort l’essentiel de la production agricole sont situés à plus de des zones d’habitations et hors de la commune.

Villages Administrativement, la commune rurale d'Ouessa est composée de 7 villages. Le chef-lieu de la commune est loti depuis l’an 2000 et la plupart des villages sont situés à un rayon de .

Le département comprend un village chef-lieu (populations issues du RGPH 2006, actualisées en 2012 pour les élections municipales) : Ouessa () et six autres villages :

Transport terrestre L’espace communal d'Ouessa est traversé par la route nationale reliant Djikologo à Ouessa en passant par Dissin et la route régionale reliant Kolinka à Niégo.

Les villages sont desservis par des pistes rurales carrossables qui pour l’ensemble sont en très mauvais état. Cette situation rend difficile l’accessibilité des villages surtout en saison des pluies car elles traversent des bas-fonds qui ne sont pas le plus souvent munis d’ouvrages de franchissement.

Situation démographique

Effectifs de la population La population de la commune de Ouessa, estimée à en 1985 est passée à 10 189 en 1996. Selon les résultats définitifs du recensement général de la population et de l'habitation (RGPH) de 2006, la commune avait une population totale de . Cette population représenterait 5 % de la population totale de la province du Ioba qui a été estimée à .

On observe que de 1985 à 2006, la population de la commune a connu une légère baisse. Cette situation pourrait s’expliquer en partie par l’importance de la migration entre cette localité frontalière avec le Ghana.

Le taux de croissance intercensitaire (1996-2006) qui était de 0,05 % et est inférieur aux moyennes nationale (2,4 %) et régionale (0,81 %).

Appliquée à ce taux de croissance de 0,05 %, la population résidente de la commune pourrait atteindre en 2013 (année de réalisation du PCD) et en 2017 (année de fin d’exécution du plan).

La densité moyenne est passée de en 1985 à en 1996. Cette densité qui est restée constante depuis lors est légèrement au-dessus de la moyenne nationale qui était de pour la même période.

Malgré cette lente évolution de la densité de population, la commune  connait cependant une pression foncière et sur les ressources naturelles, de l’avis des populations.

+ Évolution des effectifs et des densités de la population communaleINSD (RGPH 1985, 1996, 2006). Années Nombre d’habitants Densité () 1985 55 1996 53 2006 53 2013* 53

Répartition de la population par village La population communale est inégalement répartie dans l’espace territorial de la commune comme le montre le tableau suivant. Le village de Hamélé, situé à la frontière avec le Ghana, concentre 36 % de la population contre 20 % pour Ouessa, chef-lieu de la commune.

Il ressort également des entretiens que les effectifs de population sur le terrain ont connu une importante évolution par rapport aux chiffres donnés par les sources officielles.

+ Répartition de la population communale par villageProjection sur la base des résultats du RGPH 2006. Village 2006 2013* 2014* 2015* 2016* 2017* Békotenga 895 898 899 899 900 900 Dianlé Hamélé Kierrim 283 284 284 284 284 285 Kolinka 762 765 765 766 766 766 Langlé Ouessa (chef-lieu) Total

Répartition par âge et sexe