L'assaut du Capitole des États-Unis a lieu à Washington D.C. le , dans un contexte marqué par des contestations des résultats de l'élection présidentielle américaine de 2020, et a causé cinq morts dont celle d'un policier. Cette émeute est provoquée par Donald Trump, le président sortant récemment battu aux élections, qui conteste le résultat des suffrages. Elle est considérée comme une tentative de coup d'État...

Des milliers de sympathisants radicaux du président sortant Donald Trump se réunissent à son invitation pour (). Cette manifestation arrive au terme d'une vaste campagne menée par Trump pour conserver le pouvoir, en dépit de la victoire de son adversaire, qu'il refuse de reconnaître et conteste à travers de nombreux recours en justice, dont aucun n'a abouti faute de preuve. Il ne reste donc plus que cette étape finale et symbolique du processus électoral pour protester contre le résultat de l'élection présidentielle et soutenir la demande de Trump au Congrès et au vice-président Mike Pence (également président du Sénat) de rejeter la victoire du candidat élu Joe Biden.

Lors de son discours, alors qu'il expose sa rhétorique selon laquelle , Trump incite la foule à se lancer à l'assaut du Capitole pour bloquer la certification des résultats du vote du collège électoral et la victoire de son adversaire, alors que le est réuni au Capitole pour achever le processus électoral...

Tout d'abord, les manifestants se rassemblent au parc The Ellipse, où ils entendent les discours des fils du président sortant et de Rudy Giuliani, lequel réclame un duel judiciaire pour prouver le bien-fondé des accusations de fraudes, puis celui de Donald Trump. Ce dernier les appelle à marcher sur le Capitole, en leur demandant de , et en précisant : .« you'll never take back our country with weakness. You have to show strength and you have to be strong. We have come to demand that Congress do the right thing and only count the electors who have been lawfully slated. »...

Avant la fin des discours, la manifestation tourne à l'émeute, une foule de partisans de Trump part à l'assaut du Capitole, déborde violemment les forces de l'ordre et pénètre par effraction dans le bâtiment.. Le Congrès est en session à ce moment-ci, pour le décompte des voix du collège électoral. Plusieurs bâtiments du complexe sont évacués tandis que les émeutiers franchissent les dispositifs de sécurité du Capitole, investissent salles et bureaux et se livrent au saccage et au pillage... Tous les bâtiments du complexe sont ensuite verrouillés.. Une émeutière est tuée, trois autres meurent pour des raisons médicales, ainsi qu'un policier.

Les images de l'assaut, qualifié de tentative de coup d'État.., d'insurrection., de sédition ou d'acte de terrorisme intérieur..., font le tour du monde. La session du Congrès américain reprend dans la nuit et débouche sur la certification des résultats par le vice-président des États-Unis et président du Sénat Mike Pence (que certains émeutiers ont promis de « pendre »), officialisant la victoire de Joe Biden par contre 232..

La plupart des dirigeants mondiaux tiennent Donald Trump pour responsable de cet événement sans précédent dans l'histoire du pays et considéré comme une attaque contre la démocratie américaine... En conséquence, la Chambre des représentants vote le une seconde procédure de destitution de Donald Trump pour « incitation à l'insurrection contre le gouvernement des États-Unis ». Le , le Sénat vote et le résultat est de contre 43. Sept républicains ont rejoint les démocrates unanimes. Il fallait pour le déclarer coupable. Trump est par conséquent acquitté. Il s'agit cependant de la seule fois dans l'histoire des procès en destitution aux États-Unis qu'autant de sénateurs du même bord politique que l'inculpé votent pour sa culpabilité.

En raison de ses tentatives d'inverser le résultat de la présidentielle 2020 qui ont culminé avec l'assaut du , Donald Trump est inculpé par la justice fédérale pour « complot contre les États-Unis » en , mais les poursuites sont abandonnées lorsqu'il est réélu président des États-Unis en . Une fois investi, le , il continue à affirmer qu'il a perdu en 2020 des ., et gracie plus de 1 500 émeutiers qui avaient été condamnés pour leurs actes et qu'il désigne .

Contexte

L'élection présidentielle américaine du voit la victoire du candidat démocrate Joe Biden sur le président sortant républicain Donald Trump avec électeurs , et plus de sept millions de voix d'avance au niveau national.

Avant, durant et après l'élection, Donald Trump, ses avocats et certains républicains la contestent en alléguant une fraude électorale généralisée et en relayant plusieurs théories complotistes.. Ils en nient les résultats et déposent plus d'une soixantaine de recours juridiques, y compris devant la Cour suprême, mais, en l'absence de preuves, ceux-ci sont rejetés dans les semaines qui suivent... Le , le collège électoral consacre la victoire de Joe Biden.

La réunion du Congrès du qui doit certifier les résultats de l'élection est ciblée dès le mois de décembre par Donald Trump, qui y voit la dernière possibilité d'en invalider le résultat.. Par de multiples tweets, il annonce le rassemblement de ses partisans à Washington, D.C. ce jour-là : .

La maire de Washington, Muriel Bowser, demande le que la Garde nationale du district de Columbia soit déployée pour soutenir la police locale pendant les manifestations prévues. Elle demande que les gardes ne soient pas armés et qu'ils assurent la gestion de la foule et de la circulation, permettant à la police de se concentrer sur les problèmes de sécurité.

Les jours précédant la réunion du Congrès, Trump suggère que le vice-président Mike Pence, président du Sénat, rejette la victoire du président élu Joe Biden. Il téléphone au responsable républicain des élections en Géorgie Brad Raffensperger afin qu'il lui , plus précisément , afin de renverser le résultat favorable à Biden dans cet État, et le menace. Mais Raffensperger lui oppose une fin de non-recevoir..

Le matin du , des partisans de Trump réunis en foule devant la Maison-Blanche écoutent les discours belliqueux. de Rudy Giuliani, conseiller de Donald Trump, du représentant de l'Alabama Mo Brooks, des fils de Donald Trump et du président lui-même. L'après-midi, Pence publie une lettre au Congrès dans laquelle il déclare qu'il ne dispose pas des pouvoirs constitutionnels pour s'opposer à la victoire de Biden..

Déroulement des faits

Manifestation Save America Les manifestants commencent à arriver à Washington le mardi , avant un rassemblement appelé « Save America March » prévu le lendemain. Mardi soir et mercredi matin, au moins dix personnes sont arrêtées.

Dans la matinée du mercredi , les manifestants encerclent le Washington Monument et se rassemblent pour assister à des discours prononcés par Rudy Giuliani, conseiller de Trump, et par Trump lui-même. Giuliani répète les théories du complot selon lesquelles les machines à voter utilisées lors des élections étaient « trafiquées ». Mo Brooks s'adresse à la foule en ces termes . Trump prononce un discours derrière une barrière de verre, attaquant les médias et appelant Mike Pence à annuler les résultats des élections, pouvoir dont ce dernier ne dispose pas. Dans son discours, Trump trie les « bons Républicains » du Congrès, ceux qui sont de son côté, accréditent ses allégations sans preuve d'élections truquées et sont prêts à faire objection sur les résultats, et les « mauvais », ceux qui sont en fait déterminés à suivre la Constitution des États-Unis. Il demande à la foule de ses partisans de — qui se trouve à moins de deux kilomètres de The Ellipse, où il tient son discours. :

Lors du rassemblement, Trump déclare également : . Il répète à de multiples reprises , ajoutant même . et n'utilise le terme « pacifiquement » qu'une seule fois en soixante-dix minutes de discours, contre une vingtaine de fois le mot « combat ». Les fils de Trump, Donald Trump, Jr. et Eric Trump, prennent également la parole, attaquant verbalement les membres du Congrès et les sénateurs républicains qui ne soutiennent pas leur souhait de changer le vote du collège électoral et promettant de faire campagne contre eux lors des futures élections primaires. Donald Trump, Jr. dit notamment : ...

Invasion du Capitole vignette|Le policier Brian D. Sicknick, mort à l'hôpital le lendemain d'une crise cardiaque. Dans la salle du Congrès, la procédure de certification a commencé, par ordre alphabétique des États. Elle s'arrête à l'Arizona quand des membres républicains de la Chambre des représentants, appuyés par le sénateur Ted Cruz, lancent une objection qui n'a aucune chance d'aboutir, mais doit déboucher sur un débat de deux heures maximum..

Vers , des émeutiers commencent de prendre d'assaut les bâtiments du complexe du Capitole.. Ils sont munis de casques anti-émeute, masques à gaz, boucliers, gaz poivré, fusées pyrotechniques, matériel d'escalade, gilets tactiques, explosifs, tuyaux en métal, hampes de drapeaux, crosses de hockey, battes de baseball.. , explique le chef de la police du Capitole Steven Sund, qui a dû démissionner.

Les émeutiers débordent totalement les forces de l'ordre et les plus hardis cassent des vitres et enfoncent des portes pour pénétrer à l'intérieur du complexe.. Sénateurs, membres de la Chambre des représentants et journalistes sont évacués tandis que des émeutiers franchissent le périmètre de sécurité pour entrer dans le Capitole des États-Unis, y compris le National Statuary Hall. Tous les bâtiments du complexe sont ensuite verrouillés, sans aucune entrée ou sortie des bâtiments autorisée. Les personnes à l'intérieur du bâtiment sont invitées à se réfugier dans les bureaux et à verrouiller leurs portes et fenêtres ; ceux qui sont à l'extérieur doivent quant à eux « se mettre à l'abri ». Les membres du Congrès à l'intérieur de la Chambre doivent mettre des masques à gaz après que les forces de l'ordre commencent à utiliser des gaz lacrymogènes dans le bâtiment. ABC News rapporte que des coups de feu ont été tirés dans le bâtiment du Capitole et qu'un affrontement armé a lieu à la porte d'entrée des salles de la Chambre... Les policiers sortent leurs armes à l'intérieur de la Chambre des représentants.. Une femme, Ashli Babbitt, est mortellement blessée par arme à feu dans le Capitole, par la police, devant une porte que les émeutiers tentent d'enfoncer.. À l'extérieur du bâtiment, plusieurs personnes ont brisé des vitres et sont entrées par effraction dans le bâtiment.

Les émeutiers pro-Trump prennent notamment d'assaut les bureaux de la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, renversant les tables et arrachant des photos des murs et l'un d'eux se fait prendre en photo avec un pied sur son bureau, y laissant un mot : ; ils se livrent également à des pillages à l'intérieur du Capitole... Les émeutiers investissent les salles de la Chambre et du Sénat, paradant sur les sièges de leurs présidents respectifs, Nancy Pelosi et Mike Pence. Alors qu'une partie de la foule a pénétré le bâtiment en criant « Pendez Pence, pendez Pence ! », d'autres encore recherchent le vice-président, pour le « pendre à un arbre devant le Capitole comme un traître » .. Nombreux sont ceux qui justifient leur action en disant : .. En pénétrant dans le bâtiment et faisant face à des policiers, l'un d'eux leur dit qu'il est là avec ses camarades, « parce que nous avons écouté Trump, votre patron ». Les émeutiers investissent la salle du Sénat et fouillent les papiers rangés sous les pupitres. Ils tombent sur ceux de Ted Cruz, lisent ses notes concernant son objection sur l'Arizona, un émeutier dit et un autre : .. Jacob Chansley fait partie de ceux qui montent sur l'estrade pour s'installer sur le siège de Mike Pence, et y laisse un mot : .