Pouria Amirshahi , né le à Shemiran (Iran), est un homme politique franco-iranien.
Président de l'Unef-ID de 1994 à 1998, il est ensuite cadre territorial dans l'action sociale, dirigeant d'une ONG dans le développement durable et journaliste.
Il élu député en 2012 dans la neuvième circonscription des Français établis hors de France mais choisit de ne pas se représenter en 2017. Il fait son retour à l'Assemblée nationale en 2024 après son élection dans la cinquième circonscription de Paris.
Biographie Jeunesse Pouria Amirshahi est le petit-fils de l'intellectuelle et féministe Moloud Khanlari, membre du Parti communiste iranien (Tudeh) et militante pour les droits de l'homme. Sa mère, Shahrachoub, est journaliste et militante politique socialiste proche de Chapour Bakhtiar. et son père, Ardavan, est architecte. En , sa famille fuit l'Iran pahlavi pour rejoindre Moloud Khanlari en France. Il obtient la nationalité française en 1996.
Engagements syndicaux estudiantins En 1986, Pouria Amirshahi intègre le lycée Buffon à Paris où il participe au mouvement contre le projet de loi Devaquet. À la rentrée suivante, la tension est à nouveau vive dans les lycées. Les lycéens de Buffon menés par Pouria Amirshahi et Boris Rubinsztejn, en liaison avec l'UNEF-ID, lancent un appel connu aujourd'hui sous le nom d'« Appel de Buffon », revendiquant notamment plus de moyens dans les lycées afin d’assurer un meilleur taux d’encadrement, des équipements plus modernes.
En 1989, Pouria Amirshahi poursuit des études de droit à l'université Panthéon-Sorbonne, puis de politique de l'emploi. Il adhère à l’UNEF-ID dont il intègre le bureau national en 1992. Mais le syndicat d'étudiants traverse une crise. Pouria Amirshahi s'engage alors pour un recentrage de l'UNEF-ID sur les valeurs syndicales. Il est l'un des membres fondateurs de la Tendance indépendance et action (TID). Rapidement, les diverses tendances d'opposition s'unifient dans la TID. Le , lors du congrès de Paris, Pouria Amirshahi est élu président de l’UNEF-ID, mais le syndicat sort affaibli de cette lutte interne. Pour le renforcer, l’équipe qu'il dirige propose d’agir selon trois axes : il s’agit de promouvoir un travail de terrain destiné à aider les étudiants dans leur vie quotidienne, de revendiquer un statut social pour les étudiants (allocation d'étude.), et, dans la continuité de l’équipe précédente, de réclamer une réforme pédagogique..
En quatre ans, la nouvelle direction ressoude l’organisation. En s’appuyant sur le mouvement de 1995., ils obtiennent une réforme des études qui supprime l'« admissibilité/admission », généralise la compensation et facilite le passage conditionnel. Dès 1996, l’UNEF-ID redevient la première organisation étudiante représentative.. Lors du congrès de l'UNEF-ID tenu à Montpellier, Pouria Amirshahi et son équipe sont reconduits avec 79 % des suffrages le ..
La question sociale est de plus en plus présente dans les revendications estudiantines : à l’amélioration des bourses et à la création d’un statut social étudiant s’ajoute de plus en plus la préoccupation de l’emploi et de la retraite. En référence à ce que Laurent Joffrin a appelé, en 1986, la Laurent Joffrin. Un coup de jeune, portrait d'une génération morale. Paris : Arléa, 1987. 175 ., Pouria Amirshahi veut incarner l’émergence d’une .. Cette nouvelle donne conduit à un rapprochement de l’UNEF-ID avec les syndicats ouvriers et notamment la CGT de Louis Viannet.
Opposé à la division syndicale, Pouria Amirshahi tente dès 1995 un rapprochement avec l'UNEF-SE et propose la construction d’une « L'UNEF-ID propose à l'UNEF de faire «maison commune», Le Monde, 17 décembre 1995. Il faut attendre la crise de la MNEF, en 1999, pour que les deux organisations se rapprochent effectivement. Le , Pouria Amirshahi cède sa place de président de l'UNEF-ID à Carine Seiler. Il se donne alors pour mission de sauver la Mutuelle nationale des étudiants de France (MNEF). Il prend la tête d’une liste commune aux deux UNEF, un premier pas vers la réunification, et remporte les élections avec 40,08 % des voixDe présidents de l’Unef à apparatchiks du Parti socialiste, lefigaro.fr, 22/09/2016. À vingt-sept ans, il est élu le président par le conseil d'administration issu des élections de février, et succède ainsi à Marie-Dominique Linalle. Sa première décision est de retirer toutes les délégations de représentation de la MNEF dans les structures, associations et sociétés commerciales où siège la Mutuelle. Toutefois, la nouvelle équipe n'a pas le temps de mener son plan de redressement à terme. Le , la MNEF est mise sous tutelle par la Commission de contrôle des mutuelles et des institutions de prévoyance, qui nomme de deux administrateurs provisoires à sa tête, Philippe Borgat et Georges Merlhe. Elle est ensuite dissoute en avril 2000. Une nouvelle mutuelle nationale est créée, La Mutuelle des étudiants (LMDE) en conservant le principe d'une administration et d'un contrôle par les étudiants eux-mêmes.
Parcours professionnel En 2000, Pouria Amirshahi commence sa carrière professionnelle comme cadre de la Fédération des mutuelles de France (FMF), en charge en particulier de la protection sociale des jeunes adultes (18/25 ans) et de paniers de soins adaptés à cette tranche d'âge non bénéficiaire du revenu minimum d'insertion (RMI) et également de l'activité internationale de la FMF. À ce titre, il en est le représentant au sein de l'Association internationale de la sécurité sociale et de l'Association internationale de la Mutualité. Il siège également au sein du Haut Conseil de la coopération internationale (HCCI). Il continue de défendre l’idée d’un statut social de la jeunesse, reprise par plusieurs acteurs sociaux..
En 2004, il devient directeur de l'association 4D. (Dossiers et débats pour le développement durable), présidée par Michel Mousel. Ils inscrivent alors l'association dans les réseaux de solidarité internationale (CRID, Coordination SUD) et la représentent au Forum social mondial de Porto Alegre en 2005..
En 2006, il est nommé responsable de la circonscription d'action sociale de la Charente limousine. Directeur de trois centres médico-sociaux (Chasseneuil, Confolens et Chabanais), il y conduit et met en œuvre la politique sociale du Département : accompagnement social et professionnel des personnes, protection de l'enfance, protection maternelle et infantile.
Passionné de bandes dessinées, il rejoint en 2009 la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image, basée à Angoulême. Il accompagne son directeur, Gilles Ciment, recruté un an plus tôt pour diriger le nouvel Établissement public de coopération culturelle. Il contribue à la politique culturelle de l'établissement, coorganise l'université d'été de la bande dessinée. Il participe également à des conférences spécialisées et signe des articles dédiés comme dans le numéro spécial de la revue Dada : La bande dessinée : un art. Il est alors nommé rédacteur en chef de la revue Neuvième Art dont Gilles Ciment a souhaité le basculement intégral sur support numérique. Investi candidat du Parti socialiste sur la neuvième circonscription des Français de l'étranger lors des élections législatives de juin 2012, il quitte progressivement la Cité pour se consacrer à sa campagne électorale puis, élu député, à son mandat.
Fin 2017, il devient conseiller auprès de la direction de l’hebdomadaire Politis, avant d’en prendre la direction de la rédaction d' à . Il est alors élu président de Politis et devient directeur de la publication, à titre bénévole. Il y crée une nouvelle rubrique consacrée à l'histoire et y assure une activité proprement journalistique, réalisant des interviews, signant des reportages, des éditoriaux, des chroniques et des critiques. Il engage une stratégie de rapprochement de plusieurs titres de presse indépendants, dont Basta ! et Regards, qui se traduit notamment par le recrutement d'Agnès Rousseaux comme directrice puis ultérieurement de Pierre Jacquemain comme rédacteur en chef.
Parallèlement, en , il rejoint le conseil départemental de la Seine-Saint-Denis comme directeur Europe-international.. Il y conduit la politique de la collectivité dans deux domaines : la coopération internationale et le développement des programmes européens.
En , il propose deux nouveaux projets dont le président du conseil départemental Stéphane Troussel lui confie la préfiguration et la direction : le Campus francophone en Seine-Saint-Denis et Multitude, la biennale interculturelle de la Seine-Saint-Denis d'autre part.
Engagement politique et social Lors du mouvement étudiant et lycéen de 1986, Pouria Amirshahi noue des contacts avec des organisations et des courants de la gauche française. Il adhère au Parti socialiste en 1987 et en est membre jusqu'en 1994, date de son élection à la présidence de l'UNEF. Il participe au club « Convergences socialistes » qui regroupe Jean-Christophe Cambadélis, Benjamin Stora, Philippe Darriulat et Pap Ndiaye notamment. Il est cosignataire du Manifeste contre le Front national. Puis, il se rapproche de la Gauche socialiste, courant du Parti socialiste animé par Julien Dray et Jean-Luc Mélenchon. Au lendemain de l'élection présidentielle de 2002, il adhère de nouveau au PS. Il est convaincu que l'élimination de Lionel Jospin dès le premier tour s’explique par deux causes principales : le virage libéral engagé en 2000 par le gouvernement et la division de la gauche qui s'est ensuivie. Il participe alors à la fondation du courant Nouveau Monde d'Henri Emmanuelli et de Jean-Luc Mélenchon. Les désaccords au sein de la gauche sont de plus en plus forts et atteignent leur paroxysme en 2005, sur le débat européen. Amirshahi est l’un des porte-paroles du « non socialiste » lors du référendum sur la Constitution européenne.
Au congrès de Reims du PS de 2008, il est membre fondateur du courant Un monde d'avance avec Benoît Hamon, Henri Emmanuelli Élu premier secrétaire de la fédération PS de la Charente, il intègre la nouvelle équipe dirigeante autour de Martine Aubry en tant que secrétaire national aux droits de l'homme, à la Francophonie et au Développement. Il participe alors activement aux mobilisations liées à l’immigration, concernant les Roms et les étrangers en situation irrégulière tout particulièrement.
Lors des élections législatives de juin 2012, Pouria Amirshahi est élu député de la neuvième circonscription des Français établis hors de France (Afrique du Nord et de l'Ouest) avec 63 % des voixVoir sur sudouest.fr.. Élu d’une circonscription qui n’est pas épargnée par des turbulences géopolitiques, Pouria Amirshahi a régulièrement l’occasion de rendre compte de ses déplacements en Afrique de l’Ouest, notamment au sein du groupe de travail consacré au Sahel, également créé par la commission des Affaires étrangères.
En , il cofonde le regroupement « la Gauche durable » avec notamment Laurence Rossignol, Philippe Martin, Barbara Romagnan et Daniel Goldberg qui entend ..
En décembre 2012, il écrit au maire de Paris Bertrand Delanoë et à François Hollande pour réclamer l'ouverture des archives concernant l'assassinat de Farhat Hached...
Après le décès du résistant Stéphane Hessel en 2013, il demande à François Hollande d'organiser un hommage nationalÉric Hacquemand, « Décès de Stéphane Hessel : un hommage national réclamé », Le Parisien, . ainsi que son entrée au Panthéon.
Il fait partie de l'opposition de gauche à François Hollande et est l'un des fondateurs du groupe dit des « frondeurs », pour une politique plus sociale et plus régulée mais aussi pour un renforcement du pouvoir législatif face au pouvoir exécutif. Aux côtés de vingt autres députés socialistes dit « frondeurs »., il vote contre la ratification du pacte budgétaire européen dit TSCG et s'abstient sur la réforme des retraites présentée par le gouvernement Ayrault II.