Le MS 61 (initiales de Matériel Suburbain de 1961) constitue la première génération de matériel commandée par la Régie autonome des transports parisiens (RATP) pour circuler sur le Réseau express régional d'Île-de-France (RER).

Construites par différents constructeurs, notamment Brissonneau et Lotz, ANF et CIMT, les premières rames MS 61 ont été livrées à la RATP en pour la ligne de Sceaux (depuis devenue la partie sud de la ligne B du RER) ; la première rame a assuré son premier trajet commercial le . Le , à la suite de la mise en service de la gare de Nation, qui devient le nouveau terminus de l'ancienne ligne de Vincennes (depuis devenue la partie est du RER A), le MS 61 remplace le train de banlieue tracté par une locomotive à vapeur 141 TBLes 100 plus belles locomotives, hors série La Vie du Rail, avril 1996..

Au total, cinq sous-séries sont livrées entre 1967 et 1980. À partir de 1983 et de la mise en service de l'interconnexion avec le réseau SNCF sur le RER B, les rames sont concentrées sur le RER A. Elles connaissent une rénovation dans les années 1990 et 2000.

À partir de et avec l'arrivée massive des rames à deux niveaux MI 09, les rames MS 61 sont progressivement réformées. La dernière circulation sur le a eu lieu le , marquant la fin de presque cinquante ans d'exploitation de ce matériel, contemporain de la création du RER.

Histoire Genèse En 1936, alors que la banlieue parisienne n'a jamais cessé de prendre de l'ampleur, la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris (CMP) conçoit le premier projet de transport régional ferroviaire en proposant un projet de métropolitain express : le plan Ruhlmann-Langevin Rapport fait au nom de la commission d'enquête relative aux modalités, au financement et à l'impact sur l'environnement du projet de rénovation du réseau express régional d'Île-de-France, Assemblée nationale, constitution du 4 octobre 1958, page 14.. Ce plan prévoit notamment la réalisation d'une ligne est-ouest reliant les lignes de la gare Saint-Lazare à la ligne de Vincennes ou celles de la gare de Lyon. La Seconde Guerre mondiale laisse en suspens ce projet, repris par le successeur de la CMP en 1956, la Régie autonome des transports parisiens (RATP), qui envisage une liaison entre Saint-Germain-en-Laye, Maisons-Laffitte et la ligne de Vincennes. Le principe de réseau -express régional est défini par le plan d'aménagement et d'organisation générale de la région parisienne (PADOG) le . En 1962, le programme d'investissement est fixé : le matériel roulant aura les caractéristiques du métro (forte accélération et freinage) avec le gabarit du chemin de fer national. Le concept du MS 61 est né.

Commandes et affectations La première commande de ce matériel est passée par la RATP en 1963 et porte sur . Les premières rames sont livrées en 1967 alors que la liaison est-ouest n'est pas encore ouverte. Une partie des engins est affectée à la ligne de Sceaux (ancêtre du RER B, partie sud) à partir du Symbioz.net - « Les MS61 ». en renfort du parc de Z 23000 devenu insuffisant. Les autres sont stockés en divers lieux, en particulier dans le tunnel de Boulainvilliers sur le raccordement du même nom. Le , la nouvelle gare de Nation est mise en service et desservie depuis la gare de Boissy-Saint-Léger par les MS 61 sortant d'usine, contrastant avec la desserte par trains à vapeur au départ de la gare de Bastille, supprimée le même jour. Ces premiers MS 61 sont de type A/B, commandés pour la première section du Métro régional Nation – Boissy-Saint-Léger. vignette|gauche|Rame MS 61 strictement en état d'origine, la remorque ayant son capot factice et un compartiment de , à la gare de Bures-sur-Yvette (RER B) en 1968.

De l'autre côté de Paris, le tronçon entre La Défense et Étoile est ouvert le , le , c'est Étoile – Auber qui est mis en service. Puis vient le tour de la ligne de Saint-Germain-en-Laye raccordée à le . Ce sont les qui inaugurent les nouveaux tronçons, mais avec une deuxième tranche, cette fois-ci de type C/D, laquelle se distingue par sa carrosserie différente à l'avant avec un pare-brise d'un seul tenant.

Enfin, le , le tronçon manquant, entre Nation et Auber, est inauguré par le président de la République française de l'époque, Valéry Giscard d'Estaing conduisant un MS 61 : le est né et les MS 61 peuvent enfin être utilisés sur ce pourquoi ils ont été conçus. Ils accaparent toutes les liaisons de ce nouveau réseau de Saint-Germain-en-Laye à Boissy-Saint-Léger, mais également jusqu'à Noisy-le-Grand-Mont d'Est, à Marne-la-Vallée, ouvert en même temps. À partir de la création du , les MS 61 (A/B comme C/D) circulent désormais sur l'intégralité de la ligne. Une troisième tranche de , de est mise en service à cette occasion ; elle est physiquement similaire à la tranche précédente de .

Les MS 61 circulent alors sur le RER A et le RER B, créé le jour même, en prolongement de la ligne de Sceaux jusqu'à la gare de Châtelet - Les Halles et, plus tard, de Châtelet - Les Halles à la gare de Paris-Nord qu'ils fréquentent assidûment jusqu'à la mise en place de l'interconnexion « de bout en bout » vers Roissy-Charles-de-Gaulle et Mitry - Claye. Au moment le plus fort de leur utilisation, le parc du RER B comporte 24 éléments circulant en solo ou par deux, maximum permis par la longueur des quais. Les MS 61 quittent définitivement cette ligne le au profit des rames MI 79 nouvellement livrées car ils ne sont pas aptes au courant 25 kV 50 Hz en vigueur sur le réseau de Paris-Nord.

Depuis cette date, ils ne circulent que sur le RER A. Ils auront eu l'exclusivité de la ligne jusqu'au où sera mis en service le premier MI 84Symbioz.net - Les rames MI 79 et MI 84.. Entre-temps, le RER A est prolongé de Noisy à Torcy le > et, devant son succès et le manque de MS 61 qui n'ont pas été libérés par l'arrivée retardée des MI 79 sur le RER B, en heure de pointe, ce nouveau tronçon est exploité en navettes constituées d'un seul élément MS 61 (contre trois, pour tous les autres trains du RER A)« Marne-la-Vallée - Le RER exact au rendez-vous », article du magazine La Vie du Rail n°1776 du 15 janvier 1981, pages 9 et 10..

À partir du , date de l'ouverture de l'interconnexion ouest du RER A (c'est-à-dire avec la mise en service de la branche de Cergy, puis un an plus tard de celle de Poissy), les MS 61 fréquentent plus rarement la branche de Marne-la-Vallée et sont affectés à des missions reliant les branches de Saint-Germain-en-Laye et de Boissy-Saint-Léger, jusqu'à la fin de leur carrière. En outre, ils ne sont jamais engagés sur les branches exploitées par la SNCF (de Poissy et de Cergy, au départ de Nanterre-Préfecture) du fait de leur électrification en courant alternatif .

Première modernisation

Entre 1985 et 1992, les MS 61 sont modernisés une première fois. Extérieurement, ils passent du bleu au bleu blanc rouge. Il s'agit d'une rénovation lourde à la suite d'importants dysfonctionnements dus à leur utilisation trop intensive. Intérieurement, les banquettes en moleskine ont été remplacées par des sièges individuels anti-vandalisme violets (de type ). Pour pallier les défaillances de plus en plus nombreuses, la RATP préleva dix éléments de la . Mais les défaillances toujours nombreuses amèneront la RATP à faire circuler vingt-quatre au total sur la . L'arrivée des a permis à la RATP d'engager entre 1985 et 1992 la première rénovation des .

Deuxième modernisation

vignette|Intérieur d'une rame MS 61 ayant subi la . Une deuxième modernisation est réalisée à partir de 2006, mais ne concerne pas tous les éléments (91 sur 125, les autres devant être réformés). La face avant est changée et uniformisée pour tous les éléments. À l'origine, ces , devait faire l'objet d'une seconde rénovation pour d'euros. (somme qui n'aurait permis d'acheter que sept MI 2N neufs.). Cette nouvelle rénovation, effectuée en collaboration avec l'entreprise des Ateliers de Construction du Centre Ingénierie et Maintenance à Clermont-Ferrand, s'est achevée en 2009. Elle comprend l'installation du SISVE (plan lumineux indicateur de desserte, et annonces sonores), le changement des sièges coques, les câblages/haut-parleurs (la sonorisation d'origine étant en piteux état), le sol, les barres de maintien, la cabine de conduite, l'installation de nouvelles girouettes indiquant alternativement le code mission et la destination, les lumières, rendant l'espace intérieur encore plus lumineux, et le changement des vitres et fenêtres. La climatisation n'a pas été installée car trop coûteuse, surtout pour un matériel qui ne durera encore qu'une dizaine d'années.

Les fenêtres, qui ne s'ouvraient en grand que d'un côté (pour éviter les courants d'air), sont remplacées par des baies basculantes de chaque côté. Mais la circulation de l'air étant devenue inexistante, et constituant un risque de multiplication des malaises (et donc des retards, sur une ligne sur laquelle le moindre retard prend rapidement des proportions importantes), les rames en cours de rénovation sont équipées d'une paire de fenêtres coulissantes, situées à chaque extrémité de la voiture, du même côté. Mais la circulation de l'air étant toujours difficile, les rames en cours de rénovation sont alors équipées, de chaque côté de la voiture, d'une fenêtre coulissante en alternance avec une vitre basculante.

Les premières rames rénovées circulent sur le réseau dès le .

Cependant, dans le cadre du programme RER B Nord+, le STIF a décidé en le transfert de six MI 84 du RER A vers le RER B. Pour compenser, il a été décidé de rénover dix MS 61 supplémentaires pour Délibération du STIF 2007/0446, du 11 juillet 2007. Consulté le 11 août 2012. portant donc le nombre de rames rénovées à 101.

Retrait du service vignette|alt=Dernier MS 61 stationnant en gare de Joinville, avec plein de photographes.|L'une des dernières marches des MS 61 marquant un arrêt prolongé en gare de Joinville, en 2016. Avec la commande des premiers éléments MI 09 le , l'avenir des MS 61 s'assombrit Communiqué de presse RATP du 8 avril 2009 : « La RATP passe le plus gros marché de trains à deux étages pour un montant de 2,5 mds € pour la ligne A du RER ».. Mis en service à partir de Annonce de l'inauguration du MI09, en présence de Nicolas Sarkozy, le 5 décembre 2011, sur mobilicites.com, consulté le 2 décembre 2011.Nicolas Sarkozy revendique l'amélioration des transports publics en Île-de-France, article du 5 décembre 2011, sur lemonde.fr, consulté le 5 décembre 2011.« Le MI09, nouveau train du RER A au Val de Fontenay », vidéo de 38 secondes du 6 décembre 2011, sur YouTube, consultée le 8 décembre 2011., les MI 09 commencent à pousser hors du RER A les MI 84 et MS 61.

Les rames MS 61 sont définitivement retirées du service en , alors qu'elles n'effectuent plus que très occasionnellement des missions entre Boissy-Saint-Léger et Saint-Germain-en-Laye.. Une cérémonie d'adieu est organisée le par la RATP à l'occasion de la dernière mission commerciale « Le 16 avril 2016, le MS61 rentre dans l’Histoire », communiqué de presse de la RATP du 14 avril 2016 (consulté le même jour)..

Dans la culture Dans le film Peur sur la ville, sorti en 1975, on peut voir Jean-Paul Belmondo (le commissaire Letellier) sur le quai de la gare d'Auber, avec une rame à quai, lors de sa poursuite du truand Marcucci.

Une rame apparait dans Calmos, film de Bertrand Blier, sorti en 1976, à partir de la , où le personnage de Jean Rochefort monte à la gare de la Défense dans une voiture exclusivement féminine..

Une rame apparait également dans le film Intouchables, sorti en 2011, lorsque Driss attend sa mère de retour du travail.

Une rame apparaît à la gare de Châtelet - Les Halles dans le film Subway.

Dans la série d'animation Foot 2 rue extrême, on peut apercevoir des rames de monorail ressemblante aux rames MS 61 de la sous-série E/ex.

Deux rames apparaissent dans l'épisode On a volé mes enfants ! de l'émission Le Jour où tout a basculé.