La Manche est le premier département agricole français, principalement dans le domaine de l'élevage (bovin, ovin, équin) et de la culture de fruits (pommes) et légumes (carottes, poireaux, choux fleurs).

La mer concentre également une partie des activités économiques, à travers l'aquaculture et le port de Cherbourg-Octeville (pêche, plaisance, trafic transmanche, commerce, militaire, construction navale).

Depuis cinquante ans, l'industrie nucléaire concentre l'emploi dans le Nord-Cotentin autour de trois établissements, appartenant à de grandes entreprises parapubliques : la centrale nucléaire de Flamanville d'EDF, l'établissement de Cherbourg de DCNS et l'usine de retraitement de la Hague d'Orano.

L'économie manchoise repose enfin sur le tourisme, essentiellement balnéaire et saisonnier.

Données générales Les données générales sont de 2006Sources : Le Journal du Management, Basse-Normandie Info (DRTEFP) n° 134 de novembre 2006 et Insee.

Population totale : (1999) Population active : (1999) Revenu moyen par ménage : (2004) PIB : PIB / hab : Nombre de demandeurs d'emploi : (au 31/12/2004) Taux de chômage : (09/2006)

Agriculture et pêche Agriculture

La Manche fait partie des premiers départements agricoles françaisSource : Memento agricole et rural 2005 — Manche — Agreste — Direction départementale de l'agriculture et de la forêt de la Manche / Service de la statistique agricole., voire le premier en termes d'exploitations agricoles ( exploitations professionnelles et exploitations totales en 2003). Si ce nombre tend cependant à diminuer rapidement puisque près de ont disparu entre 2000 et fin 2003, l'agriculture représente encore plus de 9 % des emplois (salariés ou non).

La Manche est le berceau de la race normande, animal dit mixte car possédant de bonnes qualités laitières en même temps qu'une conformation bouchère. Si elle ne représente que 43 % des effectifs de vaches laitières, contre 55 % pour les Prim'Holstein, ses qualités mixtes lui ont fait retrouvé ces dernières années, depuis la mise en place des quotas laitiers, les faveurs des éleveurs. Pour autant, la Manche n'a développé une spécialisation laitière que tardivement. Sous l'Ancien Régime, la culture des céréales domine dans le Cotentin, et les bœufs sont affectés au trait, même si l'élevage bovin à visée laitière et bouchère s'installe dans les campagnes de Sainte-Mère-Église et d'Isigny (Calvados), à partir du . Avec la mutation des techniques agricoles et le déploiement des techniques de transports au cours du , l'exportation du beurre d'Isigny engendre une croissance de la demande. La Manche se spécialise alors dans l'industrie laitière, consacrant les champs à la prairie, puis en regroupant les producteurs au sein de coopératives au début du (voir Les Maîtres laitiers du Cotentin« Lorsque la Normandie devint laitière », La Presse de la Manche, 17 avril 2008.. Eugène Bretel symbolise localement cette période de l'industrie laitière florissante.

Aujourd'hui, avec le plus gros cheptel bovin français ( têtes dont vaches allaitantes), la production laitière y est dominante (75 % de l'activité agricole professionnelle manchoise), faisant de la Manche le deuxième département laitier de France ( producteurs laitiers en 2004 et 13,5 milliards d'hectolitres produits par an (13,57 milliards hl en 2004, 13,48 milliards d'hl en 2004), au sein du premier bassin laitier européen (Normandie - Bretagne - Pays de la Loire). La production de viande bovine y est donc également bien présente, avec des veaux et des taurillons, élevage spécialisé ou en complément de la production laitière.

La zone de marais qui sépare la presqu'île du Cotentin du reste du département est essentiellement vouée à l'élevage bovin. Le centre et le sud de la Manche sont des zones bocagères, avec un maillage dense de haies. Sur les herbus de la baie du Mont-Saint-Michel, mais également des sept havres de la Manche, paissent les fameux moutons de pré salé. Mais malgré trois races ovines locales (l'Avranchin, le Cotentin et le Roussin de la Hague), le cheptel est restreint ( têtes en 2003), souvent complément d'un élevage bovin réduit par la mise en place des quotas européens. On trouve également un élevage de porc important, particulièrement dans le Sud-Manche ( têtes, la moitié de la production normande). Le Manche est enfin le premier département pour le cheval, avec bêtes, et une race assine, l'âne du Cotentin. L'élevage de chevaux de course, trot et galop, fait partie intégrante de la culture manchoise, avec de nombreux centres équestres, le haras national de Saint-Lô, et le Centre de promotion de l'élevage, autour des deux races équines locales, le cob normand et le selle français, ainsi que le développement d'une industrie spécifique (fabrication de vans, aliments pour chevaux, sellerie…).

Culture maraîchère Tout comme le climat océanique favorise le lait, la production de légumes est également importante dans le département, occupant 640 exploitations. Trois terroirs se distinguent : le Val de Saire, occupant le quart nord-est de la péninsule du Cotentin, est un vaste triangle entre Cherbourg, Barfleur et Réville qui produit poireaux, carottes, choux de toutes sortes, salades, mâches, radis, persil… la côte ouest, bandeau littoral depuis Portbail jusqu'à Carolles, où carottes et poireaux sont majoritaires (dont la fameuse carotte des sables de Créances) ; la baie du Mont-Saint-Michel, où les producteurs de légumes se sont implantés sur les polders de la baie avec la même diversité de cultures que dans le Val de Saire.

La production de navets en dérobé, c'est-à-dire entre deux cultures principales (blé, maïs…) est également une des caractéristiques de la Manche. La Manche est ainsi le premier producteur français de carottes et le second producteur de poireaux.

Pêche et culture marine Avec plusieurs ports en activité (Cherbourg et Granville sont les deux premiers ports de pêche bas-normands), la Manche est également une terre de marins. Granville a été un grand port de départ pour la pêche à la morue à Terre-Neuve.

Dans les criées de Cherbourg et Granville, on trouve des crustacés (homard, étrille, tourteau, araignée…), des céphalopodes (seiche et encornet) et des poissons (dorade grise, raie, roussette, sole, lieu, bar, rouget barbet, rouget grondin, tacaud, cabillaud et Saint-Pierre).

La longue zone littorale accueille enfin une grosse activité conchylicole : la mytiliculture avec les moules de bouchot (Mont-Saint-Michel) et moules de pêche (Barfleur). Les moules de bouchot de la baie du Mont-Saint-Michel sont devenues en 2006 le premier produit de la mer à obtenir une Appellation d'origine contrôlée (AOC) (pour le moment limitée aux zones bretonnes de culture). l'ostréïculture, avec trois terroirs particuliers : l'huître de pleine mer de Blainville-sur-Mer, sur la côte ouest du Cotentin, entre Granville à Portbail ; l'huître de Saint-Vaast-la-Hougue, le plus ancien bassin ostréicole de la région ; et l’huître spéciale d'Isigny, dans la Baie des Veys. Les eaux de la Manche fournissent également une grande partie des huîtres qui sont affinées dans le bassin de Marennes-Oléron. la pêche à la coquille Saint-Jacques (la Normandie, première région de pêche, a obtenu le Label Rouge coquille Saint-Jacques de Normandie en 2002) la praire et le bulot (Granville), la palourde (Chausey) ; des nouvelles cultures, comme sources de diversification, avec l'ormeau (Gouville-sur-Mer), l'oursin, la fissurelle…

De plus, l'entreprise SAS-GMG (ex-Saumon de France) élève des saumons à l’intérieur de la rade de Cherbourg.

Terroirs La Manche dispose de plusieurs appellations d'origine contrôlée (AOC)INAO. le camembert de Normandie le pont-l'évêque le calvados le pommeau de Normandie calvados domfrontais

L'Indication géographique protégée (IGP) s'applique également aux produits suivants : Porc Volaille Cidre Poireaux de Créances Volaille de Janzé Volaille de Bretagne

Industrie

L'industrie n'est pas un secteur traditionnel de la Manche. Ce secteur est surtout composé de petites entreprises, avec quelques spécialisations traditionnelles comme l'agroalimentaire (liée à la forte activité agricole et maraîchère) et la construction navale (essentiellement à Cherbourg). Ces deux filières concentrent à elles seules un tiers de l'emploi industriel du département. Les effectifs manchois du secteur secondaire sont plutôt stables.

Le tissu industriel est assez diversifié, ce qui limite les risques de crise sectorielle importante. Mais le taux de concentration diffère beaucoup entre les bassins d'emploi. Ainsi, le Nord-Cotentin a développé une industrie étatique. Depuis le port militaire et de l'arsenal, décidés par Louis XVI et Napoléon I, jusqu'aux trois industries nucléaires (DCN, Areva, EDF-Flamanville), fruits de la politique d'indépendance gaullienne, les emplois ont toujours été marqués par les décisions de Paris. L'économie vit donc de grands moments d'expansion, comme dans les années 1970-1980, avec l'ouverture et l'agrandissement de l'usine Cogéma et la construction des deux réacteurs de Flamanville, et des graves moments de récession, comme à partir du milieu des années 1990 avec la baisse d'activité à DCNS et la fin de contrats à long terme par la Cogéma.

À l'opposé, le Sud-Manche, moins favorisé par l'état, a su construire un tissu de petits entrepreneurs, plus souples face aux crises qu'a vécues la région cherbourgeoise lors du désengagement des commandes publiques nationales et internationales de l'armement et du nucléaire civil. On trouve dans le Sud-Manche des secteurs en croissance comme l’agroalimentaire (Elvir à Condé-sur-Vire, les abattoirs Socopa de Coutances, AIM à Sainte-Cécile, Cuisimer à Carentan), l’automobile (les carrossiers Lecapitaine à Saint-Lô, Jean Chereau à Val-Saint-Père et à Ducey, l’équipementier Donaldson à Domjean), la confection haut de gamme (Tricots Saint-James, Louis-Vuitton à Juilley), le carton (Otor à Saint-Amand, MMP Premium à Saint-Hilaire-du-Harcouët).

L'industrie agro-alimentaire Le département tire de l'agriculture et de la pêche une industrie de transformation forte, autour des produits laitiers (Lactalis, Bongrain, Elvir, Maîtres Laitiers du Cotentin…), de la viande (Socopa, AIM), des fruits et légumes (Soleco), et des produits de la mer (Cuisimer et Nutrimer).

Le textile Quelques villes disposaient de manufactures, comme à Cherbourg (toiles et draps) ou Villedieu-les-Poêles (dentelles). Cette industrie de petites mains a rapidement disparu au début du .

Aujourd'hui, à travers les tricots Saint-James et les ateliers Louis Vuitton (installés en 2001 à Juilley pour la maroquinerie de luxe), le Sud-manche vise le secteur du luxe.

Industrie automobile Si, contrairement au Calvados, la Manche n'accueille pas de constructeurs automobiles nationaux, plusieurs carrossiers du département sont des spécialistes reconnus des véhicules industriels et remorques, à l'image de Chéreau et Lecapitaine.

Construction navale Cherbourg a développé au un important secteur de construction navale, autant militaire (avec l'arsenal, devenu Naval Group) que civile (Constructions mécaniques de Normandie, JMV, Allures Yachting, Ajilon engineering…). Mais cette activité a subi fortement la crise de ces dernières années. On trouve également dans la Manche d'autres chantiers navals ou entreprises spécialisées dans le nautisme, comme le Chantier naval Bernard et Facnor à Saint-Vaast-la-Hougue, Cherbourg Voiles, Mécanorem à Valognes, Stabmast à Avranches et James ébéniste à Saint-Laurent-de-Cuves.

Industrie nucléaire vignette|Usine de retraitement de La Hague