Édouard Til, né le à Paris (France). et décédé en à Auschwitz (Pologne), est un boxeur professionnel français. Résistant politique pendant la Seconde Guerre mondiale, il meurt en déportation à Auschwitz.. en 1942.
Biographie Édouard Til est l'aîné d'une fratrie de huit enfants : Clément (1890-1971.), Paul (1891-1926.), Auguste (1893-1894.), Ernest (1895-1926.), Albert (1897-1918.), Jeanne (1900-1900.) et Louise (1901-1953.) ; deux d'entre eux meurent en bas âge. Son père, Victor Til, né à Paris le ., est bijoutier et sa mère, Jeanne Magnaudet, née à Romainville le ., est ouvrière.
Edouard se marie à Arcueil le . avec Désirée Cordier. Ils ont trois enfants, Jeanne (1912-1956), Georges (1914-1987) et Albert (1922-1932). Le soir du mariage, une bagarre éclate ; une femme reçoit des coups de poing et accuse Paul, le frère d'Edouard d'en être à l'origine ; ce dernier se défend vivement mais est condamné à une peine de de prison avec sursis et une amende de ... Plus tard dans la nuit de noces, son autre frère André est blessé par un coup de couteau lors d'une autre altercation et est transporté à l'Hôtel-Dieu....
Sa carrière de boxeur professionnel débute en 1911 à l'âge de , dans les catégories des poids mi-lourds et poids lourds. Til travaille en famille avec ses frères, Clément, dit André Til et Paul Til... Son frère Paul Til est déjà un boxeur vedette dans le circuit international..
Au cours de sa carrière, Til côtoie des pointures de la discipline.. En effet, hormis Paul Til, boxeur prolifique, champion de France poids plume, il s'entraîne notamment avec Georges Carpentier., futur champion du monde, et Marcel Moreau..., champion de France des poids moyens, affronte des champions nationaux et internationaux tels, Albert Lurie, champion de France poids lourds, Willie Lewis, Charley Bradley, champion d'Amérique du Sud. Sa carrière est mise entre parenthèses pendant la Première Guerre mondiale, dans laquelle il est engagé. Au retour, les combats se raréfient et il ne retrouve pas sa forme ; il raccroche les gants en 1922.
Entre 1918 et 1926, plusieurs de ses frères décèdent. Son frère Albert Til meurt au Front dans les Ardennes le . à l'âge de . Puis, en 1926, deux de ses frères décèdent à quelques mois d'intervalle : Ernest Til le , à et Paul Til le , à .
Sa plus jeune sœur, Louise Til, émigre vers les États-Unis après avoir épousé en 1919 un soldat Américain, Joseph Wimpee., originaire d'Alabama ; elle y est recensée en 1940. avec son mari et ses enfants.
Il vit à Vitry-sur-Seine, 17 rue du Rû Grand, et y est élu en 1935 en tant qu'adjoint au maire communiste et conseiller général de la Seine Charles Rigaud..
Le dimanche , à Vitry-sur-Seine, s'organise un challenge sportif portant son nom, le challenge Edouard-Til..
Édouard Til est arrêté le pour distribution illicite de tracts et est déporté le vers Auschwitz par le Convoi des 45000. au départ du Camp de Royallieu.. Sur son acte de naissance, mention est faite de son décès en , cependant, la date du a été reportée dans les registres du camp d'Auschwitz..
Carrière
Édouard Til commence sa carrière professionnelle lors d'un combat contre le boxeur turc Sabri Mahir à l'Élysée-Montmartre le .. Son adversaire en est à son cinquième combat et n'a jusqu'alors remporté aucune victoire. Cette première rencontre se solde par un match nul, en revanche la seconde, trois mois plus tard, est remportée par Édouard Til ....
Le à Paris, Édouard Til affronte à l'occasion de son deuxième combat Camille Coeuille.. Il s'est entraîné avec son frère Paul Til et Henri Piet et est en très bonne forme.. Édouard Til remporte le combat par Knockout au premier round et enthousiasme les observateurs par sa qualité de frappe..
La première défaite d'Édouard Til a lieu le face à Irish O'Mara, un boxeur anglais qu'il rencontre à Liège... Til abandonne à la quatrième reprise, s'étant blessé la main.
Le , quelques jours après sa victoire contre Sabri Mahir, Édouard Til perd face à Hubert Rocquigny "Roc" à Roubaix...
À l'Élysée-Montmartre à Paris, le , Raphaël Belli est grièvement blessé lors d'un combat contre le Britannique Arthur Evernden, étant mis K.O. à la douzième reprise, et décède le au matin...... D'une part, le boxeur anglais est conduit dans les locaux de la police, d'autre part, l'accident mortel déclenche une vague d'émotions...... ; en conséquence, les combats de boxe sont suspendus par le Préfet de police, Louis Lépine..., bien que le boxeur anglais soit mis hors de cause rapidement... En présence des autorités, les acteurs de la boxe, fédérations, organisateurs, boxeurs, journalistes, se réunissent les jours suivants dans les locaux du journal L'Auto afin d'améliorer efficacement les conditions de pratique de la boxe anglaise en France.. Plusieurs boxeurs y participent, dont Til, Moreau, Piet ou Roc. L'objectif est de proposer au Préfet de police des solutions techniques et une nouvelle réglementation afin d'assurer la sécurité des pratiquants et des spectateurs. Les propositions consistent en l'amélioration du ring de boxe, à l'examen médical des sportifs avant le combat et la présence obligatoire du même médecin pendant le combat, à donner tout pouvoir à l'arbitre d'arrêter un combat s'il juge que l'un des combattants n'est plus en état de se battre, l'interdiction des paris et celle donnée aux femmes de combattre, de plus les mineurs doivent obtenir l'aval de leurs parents..... Cette importante réunion porte ses fruits et le Préfet lève finalement l'interdiction des combats.....
Le , Édouard Til affronte Henry Maillet à la salle du Wonderland à Paris et remporte le combat au second round par Knockout... Cinq jours après, toujours à Paris, il affronte Paul Mettendorf., match qu'il remporte au second round.. Le , Édouard Til est annoncé contre Stuber.. pour l'une des demi-finales du Championnat de France des poids mi-lourds.. Par la suite, il perd aux points face à Hubert Rocquigny lors de leur seconde rencontre.. Le , il doit à nouveau affronter Mettendorf à Saint-Denis, mais celui-ci est blessé et Til se retrouve face à Gaillard et remporte le combat..
Vient une série de trois combats, très rapprochés, les 15, 17 et , ayant lieu dans des villes différentes (Corbigny, Nevers et Cosne-Cours-sur-Loire) contre le même adversaire, Lucien Grognet... Entre-temps, le , Til accompagne le champion français Marcel Moreau lors d'un match d'exhibition à Paris...
A Paris, le .., Édouard Til enchaîne, après sa défaite contre l'Irlandais Patsy Mahoney au Wonderland....., par une importante victoire à l'Édimbourg Boxing Palace contre Louis Robur. En effet, Til se qualifie pour la demi-finale du Championnat de France poids mi-lourds, cependant sans convaincre..
Le , Édouard Til perd à Paris face au Britannique Private Ranson....
Après une première année d'activité riche, Til monte moins souvent sur le ring en 1913. Il est d'abord contraint de déclarer forfait pour blessure à l'entraînement dans le cadre d'un match éliminatoire pour le titre de champion de France poids lourds.. Il essuie une défaite le à Marseille face à l'Américain Willie Lewis.. Puis, de retour à l'Élysée-Montmartre le , Édouard Til affronte Charley Bradley, champion d'Amérique du Sud... et remporte le combat par disqualification de son adversaire au troisième round... Le à Lyon, Édouard Til échoue face à Victor Marchand..
Le à l'Élysée-Montmartre, Til est choisi en dernière minute pour affronter le champion de France poids lourds Albert Lurie., mais est défait dès la première reprise.....
Til participe au Prix Dubonnet de lutte de combat (catch as catch can) qui se déroule sur plusieurs journées à partir du au Nouveau-Cirque à Paris. : au cours des éliminatoires, il bat le Français Huet le ., puis le Français Léger le .. et le Suisse O. Deriaz le ... Il termine son parcours à l'issue des éliminatoires.
Édouard Til enchaîne avec le défi des frères suisses Cherpillod aux Folies-Bergère de Paris, qui se déroule parallèlement au Prix Dubonnet ; les lutteurs acceptent de rencontrer tout adversaire qui se présente... : Til bat le Français Vessière le ., mais perd contre Armand Cherpillod le ..
Le à Paris contre Pierre Estirac, Til est sonné dès la deuxième reprise... et le à l'Élysée-Montmartre contre Marcel Nilles., il jette l'éponge au quatrième round.. Le , Til affronte Lamodière et remporte le combat..
C'est à Anvers, le , qu'Édouard Til enregistre sa dernière victoire : il bat Charles Bradley pour la seconde fois...
Depuis le , sa carrière, comme celles de ses frères et d'autres boxeurs, doit s'interrompre à cause de la Première Guerre mondiale.. À l'été 1915, Edouard Til est en bonne santé à la d'artillerie ; son frère André Til est blessé et se trouve à Brest..
En 1919, la Fédération Française de Boxe met au point un nouveau classement des combattants. Édouard Til est classé dans la catégorie des poids mi-lourds, deuxième série ; la catégorie est dominée par Georges Carpentier, champion de France. Certains de ses adversaires occupent d'autres catégories, comme Lurie, champion de France poids lourds, avec Paul Hams, Nilles et Estirac dans la même catégorie, Victor Marchand, Marcel Moreau ou encore Maillet sont classés dans la catégorie des poids moyens..
Au retour de la guerre, la carrière d'Édouard Til s'essouffle. En effet, il affronte sans succès à Paris, le , l'Américain Ted Jamieson (alors 2 victoires, 2 défaites).. Deux ans plus tard, Til continue son parcours et s'inscrit pour le critérium de France des poids lourds qui a lieu en .. À Paris, le , il perd contre l'Espagnol Joseph Teixidor par abandon à la quatrième reprise.....
Le , une équipe de boxeurs dont fait partie Édouard Til embarque à Marseille pour Alexandrie et Le Caire en Égypte.. Le team est composé de dix combattants de toutes catégories.
Édouard Til perd contre Paul Hams à Strasbourg le . À Charleville le , il perd contre Danis..
Près d'un an plus tard, à Port-Louis en Bretagne, le , Édouard Til raccroche les gants après sa défaite face au Breton Albert Guillemoto, dont c'est le deuxième combat (9 victoires, 0 défaite sur toute sa carrière).