Deschambault-Grondines est une municipalité située dans la MRC de Portneuf (Municipalité régionale de comté), dans la région de la Capitale-NationaleRépertoire des municipalités : Deschambault-Grondines, au Québec, Canada.
Deschambault-Grondines a été créée en 2002 par la fusion des villages de Deschambault et de Grondines. Elle est membre de la Fédération des Villages-relais du Québec.
Deschambault Histoire Le village de Deschambault est situé dans la partie est de la municipalité. Il tient son origine de la seigneurie de Chavigny, concédée en 1640 par la Compagnie de la Nouvelle-France. En 1671, Jacques-Alexis Fleury, sieur Deschambault, épouse l'héritière de la seigneurie et il en devient propriétaire en 1683 par un échange de terres. Il donne alors son nom à son nouveau domaine. La paroisse Saint-Joseph-de-Deschambault est fondée en 1713 et érigée canoniquement en 1753. La municipalité de paroisse est créée en 1855, et la municipalité de village s'en sépare en 1951. Ces deux entités se regroupent à nouveau en 1989.
Grondines Histoire Le village de Grondines occupe la partie ouest de la municipalité. Le nom a été attribué par Samuel de Champlain lui-même. Ce nom apparaît sur une carte de 1632, il proviendrait soit du bruit produit par l'eau du fleuve sur les battures de gros cailloux, une explication de Benjamin Sulte, suggère que les cascades bruyantes de la rivière Sainte-Anne, sur le territoire initial de la seigneurie, auraient provoqué un bruit assimilable à un grondement.
La Seigneurie des Grondines est l'une des plus anciennes du Québec, et a été initialement octroyée par la Compagnie de la Nouvelle-France en 1637, à la Duchesse Marie-Madeleine de Pontcourlay, dame d'atours de la reine Marie de Médicis, et nièce du chef d'état de Louis XIV, le Cardinal Richelieu, Duc de Fronsac. Le fief occupait alors une superficie de carrés ou près de Conversion lieue carré en Acre.
En 1646, le Gouverneur de la Nouvelle-France de l'époque, Charles de Montmagny, donna la concession aux religieuses hospitalières, administratrices de l'Hôtel-Dieu de Québec, sous la direction du père Jérôme Lalemant, puis en 1683, les religieuses la revendirent au seigneur Jacques Aubert. Étant le beau-père de Louis Hamelin, la seigneurie passera à la famille Hamelin qui en resteront les seigneurs jusqu'en 1797. La première confirmation de Grondines fut célébrée en 1676 par Monseigneur de Laval, évêque de Québec et membre de la Maison de Montmorency.
Deux fils, François et René Hamelin, épousèrent les filles du seigneur François Dumontier de Paris, premier secrétaire du gouverneur général de la Nouvelle-France, Philippe de VaudreuilSévigny, A. (1991). «S'habituer dans le pays» : facteurs d'établissement du soldat en Nouvelle-France à la fin du grand siècle. Les Cahiers des dix, (46), 61–86. https://doi.org/10.7202/1015582ar, p. 78Actes De Mariage de Rene Hamelin et Marie DumontierPage 74 - Répertoire des greffes des notaires - Vol. 3 : 571 Contrat de mariage entre François HAMELIN, fils de François HAMELIN et tîarie Madeleine AUBERT, de Grondines, et Marie Madeleine DUMONTIER, agée de 20 ans, fille de feu François DUMONTIER, secrétaire du gouverneur, et Marie Anne RIVART, (19 février 1721). En 1698, Louis de Buade, comte de Frontenac (château Frontenac), leur accorde des concessions pour agrandir la seigneurie, incluant dorénavant des îles, îlets et batturesItem P209 - Acte de concession par Louis de Buade, Comte de Frontenac, et Jean Bochart Champigny, gouverneur et intendant de la Nouvelle-France, au sieur Louis Hamelin, seigneur en partie des Grondines, Archives Canada, Réseau Canadien d'Information Archivistique, BAnQ Québec, Fonds Intendants, Registres d'intendance.. D'autres concessions sont accordées en 1711 par le gouverneur Philippe de Rigaud, Marquis de VaudreuilPièce P5 - Acte de concession par Philippe de Rigaud, Marquis de Vaudreuil, gouverneur, et Jacques Raudot, intendant de la Nouvelle-France, à Louis Hamelin, seigneur et propriétaire de la majeure partie du fief, terre et seigneurie des Grondines, Réseau Canadien d'information archivistique, BanQ- Québec, Archives Canada.
Histoire Premières Nations gauche|vignette|Pointe de l'anse des Grondines ou Grande Pointe-des-Grondines Dans des canots, d'écorce de bouleau ou creusés dans un tronc d'arbre, les Premières Nations sillonnaient le fleuve Saint-Laurent d'ouest en est, des Grands Lacs, jusqu'à l'océan Atlantique et tous les fleuves et rivières des Amériques, du nord au sud, de l'Arctique à la Terre de feu, depuis des millénaires. Les Autochtones connaissaient les avantages, les irritants, les barrières et les dangers des cours d'eau bien avant l'arrivée des Européens comme Jacques Cartier (1491-1557).
En face du cap Lauzon, en plein centre du fleuve Saint-Laurent, les rapides Richelieu s'étendent sur une distance de près de 2 km. Ces rapides, pratiquement invisibles, correspondent à un rétrécissement du chenal, marqué, surtout à marée basse, par un courant beaucoup plus fort que partout ailleurs sur le Saint-Laurent en aval de Montréal.
À Deschambault, depuis les canots des Premières Nations et les navires des conquérants, les rapides Richelieu jouent un rôle stratégique dans l'histoire du cap Lauzon, et de celle de tout le Québec. les rapides font encore aujourd'hui, la vie dure autant aux voiliers, aux chaloupes, aux canots, aux petits bateaux comme aux capitaines des grands navires marchands.
À Grondines, la pointe de l'anse des Grondines, aussi nommée dans la langue populaire : La Grande Pointe, Pointe de la Laille ou Grande pointe de la Laille. Le mot laille pourrait provenir de l'anglais light, étant donné qu'il y avait un phare à l'extrémité de l'île.
Selon l'historien Raymond Douville, cette pointe serait à l'origine du nom Grondines donné, sans doute, par les canotiers qui avaient à contourner, à la marée montante, les nombreux cailloux que les vagues venaient frapper en grondements sourds et dont les échos résonnaient sur les escarpements de la côte.
Nouvelle France Originaire d'Angers, région d'Anjou, France, les Hamelin, seigneurs de Grondines, furent l'une des huit dynasties seigneuriales qui vécurent en permanence sur leur domaine en Nouvelle-France pendant six générations, et au fil du temps, marièrent des membres de la noblesse canadienne-françaiseClaude-Henri Grignon, À propos des héros de 1837, 1838 et 1839, Patriotes Saint-Eustache, Le régime seigneurial au Québec après, page 51. Les familles était les Couillard de l'Espinay, les Denys de la Ronde, de la famille de Charles Aubert de La Chesnaye, les Fleury d'Eschambault, les Gaultier de Varennes, les Lorimier de la Rivière, les Chavigny de la Chevrotière, et leur belle-famille comprirent les barons Le Moyne de Longueuil, les Pézard de Champlain, et les Boucher de MontarvilleTables généalogiques de la noblesse québécoise du Histoire Généalogique de la Famille DenysHistoire Généalogique de la Noblesse de la Nouvelle FranceRoy, Pierre-Georges (1916). La famille de Chavigny de la Chevrotière, Lévis, Québec, Monographies, Canadiana, p. 20-23-26-27-34-40-64-70-152-153-162.
Un membre des Hamelins de Nouvelle-France sera également reconnu noble par le Conseil souverain de Louis XIV en 1654, et fera partie de la noblesse canadienne-française, soit le seigneur et commandant Jacques-François Hamelin de Bourgchemin et de l'Hermitière, un descendant de Jacques Hamelin, évêque de TulleArchives de la Province de Quebec, Lettres de Noblesse, Genealogies, Erections de Comtes et Baronnies, insinuees par le Conseil Souverain de la Nouvelle-France, page 113-116Études généalogiques et historiques sur la noblesse canadienne, page 12Dictionnaire biographique du Canada, Hamelin de Bourgchemin et de L'Hermitière, Jacques-FrançoisDeux officiers "indésirables" des troupes de la Marine. En 1766, un membre des Hamelins de Chavigny, aussi de la noblesse canadienne, apparait dans des documents suppliant le roi Louis XV de conserver en poste le Gouverneur du Québec James Murray, afin de diminuer les injustices dont ils étaient victimes après la Conquête AnglaiseLa noblesse de France et du Canada, page 49. Les signataires de la pétition, incluant A. Hamelin, étaient Luc de la Corne, François-Joseph Cugnet, , Antoine Juchereau Duchesnay, et quelques autres.
Les Hamelins furent également de grands marchands de fourrures, en affaires avec le gouverneur René Gaultier et Pierre Gaultier, ainsi qu'avec les Chaboillez à Détroit, famille de Charles Chaboillez, fondateur du Beaver ClubHistoire des Canadiens du Michigan et du comté d'Essex, Ontario, p. 152-182Gaultier de Varennes et de la Vérendrye, Pierre, Dictionnaire biographique du Canada. Volume III (1741-1770)Le Poste de la Rivière Saint-Joseph (Mich.) (1691-1781), p. 140French Families of the Detroit Region - 1701-1911La descendance montagnaise du Canadien Louis Gariépy (1723-1765), Mémoires de la Société généalogique canadienne-française, Serge Goudreau (7717), p.187-188Communauté Métisse du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan, Metis Familles Souches, Ouvrage Original, 2005, p. 345-346. Des membres notables furent l'officier Jean-Baptiste Hamelin, le patriote François-Xavier Hamelin, le sénateur , le politicien , le médecin Léandre Hamelin, ainsi que le banquier Ananie S. Hamelin, membre du conseil d'administration de la Banque Jacques-Cartier et l'un des plus importants actionnaires de la Banque Provinciale du Canada sous Alphonse Desjardins, sénateur et maire de MontréalLawrence J. Barkwell (2016). Métis Dictionary of Biography Volume H to K, Archives Canada, p. 13-18La généalogie des familles Richer de la Flèche et Hamelin; avec notes historiques sur Sainte-Anne-de-la-Pérade, les Grondines, etc. 1909, Montréal, p. 105-107List of Shareholders of the Chartered Banks of Canada, as on the 31st December, 1900, Sessional Papers Canada, Volume 35, Department of Finance, p. 175Le quincaillier (Septembre 1890-Auot 1891), Commerce, Montreal, Canadian Trade Journals, Volume 7, number 1-26, p. 10Banque Provinciale du Canada, Bulletin mensuel de la Chambre de commerce française au Canada, 1909, Supplément, p. 3. D'autres membres incluent les évêques Jean-Guy Hamelin et Claude Hamelin, ainsi que l'écrivain Louis-Edmond HamelinSauvageau, Jean Guy (2000). Généalogie des familles Grondines: 1685-1995 : souvenances, Editions Jadis et naguère, 276 pages.Grenier, Fernand. « Glanures sur Louis-Edmond Hamelin. » Cahiers de géographie du Québec, volume 40, numéro 110, 1996, p. 163–172. https://doi.org/10.7202/022565ar. Les Hamelin étaient également apparentés au politicien Louis Riel, fondateur du Manitoba, et l'un des Pères fondateurs du CanadaLa grand-mère de François-Xavier Hamelin, Marie-Thérèse Riel, était cousine germaine de Louis Riel. Le grand-père de Marie-Thérèse était Jean-Baptise Riel, dit L'Irlande, né en 1670, mort en 1753..
À la suite de la conquête anglaise en 1797, les Hamelin vendirent la seigneurie aux Anglais, le nouveau propriétaire étant le marchand écossais Mathew MacNider, frère de , membres de la famille du premier ministre Félix-Gabriel Marchand, du , et du . Le dernier seigneur des Grondines sera le sénateur David Edward Price en 1871, membre de l'influente famille Price, l'une des familles les plus riches du Canada de l'époque.
Une paroisse a été fondée en 1646 puis érigée canoniquement en 1680 sous le nom de Saint-Charles-des-Roches ou Saint-Charles-des-GrondinesDeschambault-Grondines : Historique sommaire des deux villages, Un territoire organisé. La municipalité de paroisse a été fondée en 1855, celle de village s'en est séparée en 1912 et les deux ont été réunies en 1984Toponymie : Grondines.
Géographie gauche|vignette|Fossile non identifié, rivage du fleuve Saint-Laurent, Grondines
Deschambault-Grondines est située sur le Chemin du Roy (Route 138), sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, entre Trois-Rivières et Québec.