François de Bar (vers 1538 -1606) est un religieux français du de l'abbaye Saint-Sauveur d'Anchin. Élu premier prieur ou grand prieur de l'abbaye, il joue un grand rôle dans la régulation de la vie du monastère au moment de troubles importants. Il s'illustre en outre par sa science et ses écrits surtout historiques, mais touchant également à de nombreux domaines de la connaissance.
Prieur d'Anchin
François de Bar, originaire de Jezencourt dans l'Aisne., nait vers 1538..
Il est le fils de Guy de Bar de Seizencourt (ou Jezencourt) et de Catherine d'Ostrel. La famille d'Ostrel compte plusieurs dignitaires religieux, dont plusieurs abbés aux d'abbayes importantes (abbaye de Corbie, abbaye de Saint-Thierry de Reims), y inclus l'abbaye d'Anchin elle-même, avec Guillaume d'Ostrel puis son neveu Charles Coquin ou Coguin à la fin du ..
François de Bar entre très jeune dans l'abbaye de moines bénédictins d'Anchin. Il y fait ses premières études puis est envoyé les compléter à l'université de Paris en tant que religieux.. Rentré au monastère, il est professeur de grammaire..
Vers 1564, il est un des moines choisis pour enseigner dans le cadre de la toute jeune Université de Douai des exercices de méditation..
En 1569, François de Bar occupe le rang de prieur de l'abbaye (elle en compte au moins quatre)..
Il est élu premier prieur de l'abbaye d'Anchin en ., et installé le sous Warnerus de Vavré ou Warnier de Daure, abbé. Seuls deux noms avaient été proposés aux suffrages des moines, au lieu de la liberté usuelle du choix, ce qui avait provoqué quelques murmures mais n'empêcha pas que François de Bar recueille une majorité de suffrages.
Qualifié d' « homme d'une vertu exemplaire, d'une profonde érudition. », il marque les frères de l'abbaye par la qualité du discours prononcé, en latin, après son installation.
Il rencontre de grandes difficultés pour exercer ses fonctions, les religieux étant divisés dans un contexte de crise générale dans l'Église, consécutive à la réforme protestante.
L'abbé Warnier tente de ramener la paix dans l'abbaye en prenant des mesures énergiques. Par cette action, il se met à dos une partie des moines. Au début de l'année 1578, il est obligé de s'éloigner et vient en France, l'abbaye d'Anchin étant alors dans les Pays-bas espagnols.
François de Bar tente de le faire revenir, d'autant que parmi les religieux rebelles, certains se cachent de moins en moins de viser le poste d'abbé, ainsi Joachim Zoette. Ce dernier multiplie les calomnies contre l'abbé et le premier prieur. Tant et si bien qu'en , l'official (juge ecclésiastique) d'Arras vient dans l'abbaye pour tenter de calmer les esprits.
François de Bar entreprend de se rendre auprès de l'abbé Warnier, hébergé à Reims, afin de le convaincre de rentrer à l'abbaye d'Anchin, mais sans succès..
Rentré à Anchin, François de Bar ne se sent plus en sécurité et décide de se réfugier à Douai. Ses détracteurs n'hésitaient pas à l'accuser de vouloir livrer le monastère aux Français, alors en campagne dans les environs.. Néanmoins, Joachim Zoette tente de persuader le prieur de revenir, dans l'objectif de réussir à le gagner à sa cause, François de Bar refuse, entre autres parce qu'il n'apprécie pas que Joachim Zoete profite de son nouveau statut de candidat au poste d'abbé pour mener grand train dans l'abbaye.
En septembre-, Joachim Zoette réussit à se faire élire abbé, opération pour laquelle le premier prieur est rentré au monastère en vain. L'imposteur manœuvre suffisamment pour faire confirmer cette élection par le roi d'Espagne Philippe II..
L'évêque d'Arras Mathieu Moulart intervient et fait déclarer l'élection frauduleuse le ..
En , Joachim Zoette réussit à faire expulser officiellement François de Bar de l'abbaye. Celui-ci se réfugie à Cambrai et travaille à protéger les biens du monastère situés à Douai et Cambrai de la convoitise de Joachim Zoette..
À l'été 1579, l'élection de Joachim Zoette est définitivement confirmée illégitime, il est expulsé à son tour, de façon définitive. François de Bar multiplie les démarches pour éviter, autant que faire se peut, que l'usurpateur ne pille l'abbaye..
L'historique des abbés d'Anchin ne mentionne pas l'existence de l'intrus. L'abbé Warnier peut rentrer et François de Bar peut en faire autant. Il contribue à apaiser les différends entre les moines et à obtenir que la réconciliation se fasse dans le monastère..
François de Bar peut dès lors se consacrer à ses travaux d'écriture en toute quiétude, même si la vie quotidienne avec l'abbé Warnier n'est pas facile en raison du caractère de ce dernier, pointilleux sur de nombreux aspects, craintif de manière générale, parfois plus ou moins lésineur, obligeant le prieur à des trésors de patience pour ne pas se prendre de querelle trop souvent avec lui..
En 1591, le caractère de l'abbé devenant de plus en plus difficile avec l'âge, le prieur cède à la demande de plusieurs moines et rédige une lettre adressée à l'évêque d'Arras, énonçant les difficultés rencontrées à l'abbaye et demandant à l'évêque de venir se rendre compte par lui-même de la situation. Le courrier reste sans suite..
Il meurt le , à l'âge de 68 ans, quatre ans avant l'abbé Warnier de Daure, après avoir été grand prieur d'Anchin pendant 23 ans selon un auteur, 32 ans selon un écrivain plus récent et géographiquement proche de l'abbaye d'Anchin .
Œuvres François de Bar a beaucoup écrit, sur de nombreux sujets avec une inclination particulière pour l'histoire de son temps. Ses travaux témoignent d'un travail laborieux, sans grand éclat, resté à l'état de manuscrits. Ils sont conservés à la Bibliothèque Marceline-Desbordes-Valmore, bibliothèque municipale de Douai.
il s'illustre également par le soin mis à rassembler, annoter et dresser le catalogue des manuscrits conservés dans la bibliothèque de l'abbaye.
Outre ses propres travaux, François de Bar a en effet veillé à maintenir ou à rétablir l'intégrité de cette bibliothèque, c'est notamment le cas d'un ouvrage provenant d'Anchin, détourné du monastère et réintégré au temps de François de Bar..
Dans d'autres cas, il ajoute nombre d'annotations en marge des volumes..
Le travail de François de Bar a notamment permis à Alphonse Wauters d'attribuer le Polyptyque d'Anchin, au peintre Jehan Bellegambe.
Parmi les thèmes traités par François de Bar peuvent être relevés : l'histoire de l'évêché d'Arras, l'histoire de l'évêché de Thérouanne, l'histoire monastique, une tentative de biographie de son abbé. Il a également donné sa version de la création et de la vie de l'abbaye d'Anchin. Ses textes historiques sont considérés, par l'historiographie britannique, comme les plus détaillés et les plus complets de son époque..
Sont encore retrouvés des traités de géographie, de cosmographie, de droit canonique, des conseils aux religieux, notamment aux novices, ou encore sa correspondance.
Au total, ses écrits forment XIII volumes in-folio.
Preuve de la réputation qu'avaient pu acquérir les travaux de François de Bar, le cardinal Cesare Baronio, bibliothécaire du Vatican, a consulté ses ouvrages, pour la rédaction de ses Annales. Le cardinal faisait partie des érudits avec lesquels François de bar entretient des relations, de même qu'avec Thomas Stapleton et Antoine de Monchy, docteur de la Sorbonne.
Au , l'historien de l'abbaye d'Anchin a lui aussi consulté avec profit le travail de François de Bar..
François de Bar,« le savant prieur d'Anchin. », vivant et écrivant dans l'abbaye à la fin du , déclare avoir compulsé les vieux titres et documents écrits des archives de la communauté d'Anchin. Il estime que l'abondance des textes lui aurait permis de remplir au-delà de 15 mains (soit 15 fois 25 pages ou 375 pages) de papier, « supra quindecim chartarum implere manus potuissemus ».
Il a donné sa version de la fondation de l'abbaye d'Anchin, en traitant notamment des grandes dates du monastère : la fondation en 1079., la prospérité sous le abbé Haymeric., la piété du abbé Gelduin., les différents abbés remarquables du monastère, etc. Il semble reproduire avec complaisance la généalogie des abbés d'Anchin auxquels le rattachent des liens de parenté, et met en avant les réalisations de ces abbés : Guillaume d'Osterel ou Ostrel et Charles Coquin ou Coguin (abbés de la fin du )..
À propos du abbé Haymeric, il avance que la notoriété d'Haymeric valut à l'abbaye d'Anchin la remise d'une relique de saint Georges (Georges de Lydda) par le comte de Flandre Robert de Flandre. Il affirme également que le nom d'Aymeries donné à un prieuré dépendant d'Anchin dérive directement du nom d'Haymeric.. Ou encore que le même Robert II a ordonné au comte d'Hesdin, Enguerrand de donner la chapelle Saint-Georges d'Hesdin à Haymeric sous l'autorité de l'évêque de Thérouanne Gérard..
De manière générale, il veille à la réputation de l'abbaye et à celle des abbés successifs. À ce titre, il n'hésite pas, plusieurs siècles plus tard, à remettre en cause les accusations portées au par Thomas de Cantimpré, contre l'abbé Simon d'Anchin lequel avait reçu du pape Honorius III la mitre et l'anneau..
Historia archiepiscopatus Cameracensis et cœnobiorum ejus, 2 volumes. Historia episcopatus Atrebatensis et cœnobiorum Artesiæ, 3 volumes. Historia episcopatus Fornacensis et cœnobiorum ejus; item Audomarensis et Gandensis, 2 volumes. De Ordinibus monasticis. Opus Ordinum monasticorum. Historia monastica, 2 volumes. Historia monastica Franciæ, Italiæ et Hispantæ. Historia Aquicinctensis Ecclesiæ. Election et gesta R. D. abbatis Acquicinctini, Warneri de Daure. Opera varia. Compendium Annalium.Ecclesiasticorum Cæsaris Baronii, 2 volumes. Epistola. Cosmaographia. Opera varia..
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie .
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