L'Œil de la Doue est l'émergence du Vignon, située au nord du territoire de la commune de Martel, dans le département du Lot en région Occitanie en France.

Situation et accès L'Œil de la Doue est situé à environ au nord-ouest de Martel par la route des Quatre-Routes (D 23). Au petit pont qui franchit le ruisseau du Vignon, un grand chemin castiné longe le ruisseau vers l'amont et passe à côté du moulin de Murel. Environ après le moulin, un petit chemin part sur la gauche en suivant le ruisseau et mène à son émergence.

Toponymie L'expression œil de la Doue est composée du nom œil qui fait référence à la vasque d'eau et à son environnement rocheux qui font référence à l'organe de la vision et de Doue qui désigne une source abondante, jaillissant des profondeurs de la terre avec un fort débit . Dans l’imagination populaire, les Doux qui s'ouvrent sur le milieu souterrain, font référence, à des lieux maléfiques, à l’inverse des bonnes fontaines, souvent christianisées.

L'orthographe du mot Doue varie selon les époques et les auteurs : Dou dans le récit de la visite de 1893 d’Édouard-Alfred Martel, Douce, Doux, Doutz, Douch dans les vieux textes en occitan.

Description

La vasque d'entrée et le premier siphon temporaire

Édouard-Alfred Martel décrit l'émergence de l’œil de la Doue comme une source basse jaillissant du dessous d'une strate par un joint horizontal, entourée de falaises escarpées, hautes de . Selon les précipitations, elle se présente comme une flaque d'eau croupissante et glauque ou comme une source fraîche et vivifiante. Le premier siphon S1 long de et profond de , empêche habituellement d'y pénétrer.

Mais par grande sécheresse, le niveau de la vasque baisse et laisse un passage libre entre l'eau et la voûte. Le S1 devient alors un premier lac navigable de , suivi d'un bans de sable de , suivi d'un deuxième lac. Une petite cascade haute de conduit à une sorte de petit canyon : la galerie des marmites qui s'arrête au second siphon.

Les parties noyées en permanence Le 2ème siphon est long de et son point bas est profond de . Sa section moyenne est de et il se termine sur une dune de sable.

Le 3ème ( de long) présente en son milieu un puits hélicoïdal plongeant à . Il remonte à la surface dans de gros blocs qui démarre un éboulis.

Le 4ème ( ; ) démarre par une vasque de de diamètre et un sévère laminoir (passage large et étroit) qui descend à 45° et débouche dans une galerie chaotique de (encombrée de grans blocs) qui remonte sur un lac et une large rivière bruyante sur .

Le 5ème siphon ( ; ) débute par un profil très vertical. Il remonte dans une salle chaotique qui s'étend sur .

Le 6me et dernier siphon ( ; ) arrive à un important éboulis de de haut qui rejoint la voûte et bloque la galerie à une distance d'environ de l'entrée de la cavité.

Géologie L'émergence de l’œil de la Doux s'ouvre dans les calcaires karstifiables du JurassiqueHydrogéologie du département du Lot et des Causses du Quercy - Carte au 1/100000 avec fond topographique de l'IGN - Dressée par J.C. Soulé, J. Astruc et R. Vernet - Éditions BRGM.

Hydrogéologie Selon Édouard-Alfred Martel, les eaux du ruisseau souterrain doivent prendre leur source aux environs de Cressensac. Elles seraient absorbées par les plateaux voisins, transiteraient dans les fissures du sol et aboutissent dans les galeries qui peuvent être encombrées de sable ou de rochers. Elles continuent sous un amas de pierres provenant des coteaux et ne sont visibles qu'en temps de crues. Le cours d'eau devient pérenne 500 ou plus loin pour le fonctionnement du moulin de Murel. En cas de pluie pendant quelques jours, les eaux s'échappent par le trop-plein de l'Œil et forment un ruisseau dans la vallée.

Martel en déduit de l'exploration de 1893 :

L'existence des siphons et rétrécissements, qui expliquent le caractère intermittent des écoulement ; L'enfoncement des ruisseaux souterrains, et la transformation de leurs anciens lits en simples trop-pleins, pour les crues contemporaines; La convergence des eaux d’infiltration vers un grand collecteur unique. Les plans, réalisés lors du stage topographie de la FFESSM du 3 au , font apparaître une direction constante et générale du réseau où les galeries drainent les eaux sur une ligne depuis l'est-nord-ouest cote du S3 vers l'émergence.

Les eaux du causse de Martel sont aussi captées par les sources et émergences du Blagour de Souillac.

Explorations

En 1870, le meunier du moulin de Murel avait pu : pénétrer sous le rocher, ramper pendant 20 à 30 mètres, puis parcourir une salle immense à fond de sable « où son moulin aurait dansé », et s'arrêter au bord d'un lac dont la bougie ne permettait par de voir la fin.

Ernest Rupin et Louis Armand, deux associés d'Édouard-Alfred Martel, visitent L'Œil de la Doue le . Ils ont patienté trois étés pour noter la veille que le niveau de la vasque laissait un espace de moins d'un mètre sous la voûte. Un premier lac, profond de 2 à , leur permet de naviguer , sur un bateau Osgood fait de toile et de bois et éclairés à la bougie, sous un plafond qui s'élève ensuite jusqu'à au dessus de l'eau. Un amas de fin sable de rivière monte de 3 mètres au-dessus du niveau de l'eau et leur permet d'avancer à pied sur . La voûte abaisse alors, mais au bout du talus de sable, ils découvrent un deuxième lac qui les amène à une cascade haute de 3 mètres, mais complètement à sec. Là, ils parcourent difficilement, en portant leur bateau sur environ 180 mètres, une galerie assez étroite dont le sol est formé de petites cuvettes, profondes parfois d'un mètre. La voûte de la galerie s'élève à ; elle est formée d'une même dalle horizontale dont la roche est polie par endroit comme du marbre. Après un autre amas de sable épais parfois de 5 mètres, la voûte s'abaisse et la galerie se rétrécit,. Ils naviguent encore environ jusqu'au terminus trop étroit, à plus de 500 mètres de l'entrée.

Norbert Casteret visite la cavité en 1936 pour déterminer si une exploitation commerciale était possible.

En 1950, l’équipe de Pierret rectifie le plan de Rupin et ramène la longueur de la grotte à . Les gours, ou lacs, sont de simples marmites. Le triple siphon qui ferme l’issue de la grotte sera franchi par le spéléoclub de Périgueux en 1976 qui découvre une galerie noyée de 300 mètres supplémentaire.

Le , les plongeurs souterrains Michel Verlhac et Jean-Pierre Couloumy, du Groupe Spéléologique de Corrèze, progressent de dans le 2ème siphon (S2), plus tard, Claude Touloumdjian franchit le S2 long de et profond de . Il enchaîne par le S3 sur et s'arrête à la profondeur de .

En , Frédéric Bernard progresse de dans le S3. En 1995, Paul Jolivet puis Patrick Bolagno progresse de .

Du 10 au , une équipe de vingt plongeurs permettent à Marc Douchet et Patrick Bolagno de franchir le S3 long de avec une profondeur maximale de . le S4 ( ; -15) et ils s’arrêtent sur un passage étroit et sableux, après dans le S5 à la profondeur de .

Le , les Anglais et Jason Mallinson du franchissent le passage qui avait bloqué Marc Douchet et Patrick Bolagno et s'arrêtent à à la profondeur de . En , lors d'un camp organisé par la FFESSM, ils avancent de et franchissent le S5 et s’arrêtent à la profondeur de au bout de dans le S6. Le , Rick et franchissent le S5 long de et profond de . Ils enchaînent par le S6 où John fait demi-tour à mi-chemin. Rick franchit ce dernier siphon au bout de avec une profondeur maxi de . L'eau arrive par un important éboulis terminal qu'il escalade sur de haut jusqu'à rejoindre la voûte. C'est la fin explorée de la cavité à environ de l'entrée.

Notes et références

Voir aussi

Vidéo

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Articles connexes

Liste des cavités naturelles les plus longues du Lot Causse de Martel Liste des cours d'eau du Lot

Œil de la Doue (Martel) Catégorie:Martel (Lot)