vignette|Schéma en 3D de la molécule 1-fluoroadamantane, un dérivé fluoré de l’Adamantane. Les hydrofluorocarbures (HFC, ou pour les anglophones) sont des halogénoalcanes gazeux de la famille des fluorocarbures (FC).

Ces gaz fluorés d'origine synthétique composés d'atomes de carbone, de fluor et d'hydrogène tendent à remplacer à la fois les chlorofluorocarbures (CFC) et les hydrochlorofluorocarbures (HCFC) comme fluides frigorigènes, propulseurs de sprays et pour la fabrication de mousses isolantes.

En plus de ne pas directement attaquer la couche d'ozone, les HFC ont une efficacité énergétique et des propriétés techniques proches de celles des CFC : ininflammabilité ou inflammabilité modérée dans le cas du HFC-152a, faible toxicité et température de fusion permettant de les utiliser comme fluides frigorigènes. Les HFC peuvent remplacer les CFC dans la majorité de leurs applications, tout en réduisant la quantité de gaz nécessaire.

N'attaquant pas directement la couche d'ozone, ils ont été présentés comme une alternative aux CFC, mais leur contribution au réchauffement climatique est néanmoins importante car leur pouvoir de réchauffement global (PRG) sur cent ans peut être jusqu'à 14 800 fois supérieur à celui du CO2"Inventaire des émissions de polluants atmosphériques et de gaz à effet de serre en France – Format Secten", page 26, Citepa, juin 2020. https://www.citepa.org/wp-content/uploads/Citepa_Rapport-Secten_ed2020_v1_09072020.pdf. En tant que gaz à effet de serre, ils relèvent du Protocole de Kyoto, mais son application n'est obligatoire que pour les pays développés (alors que l'usage des HFC augmente surtout dans les pays tropicaux en développement pour les besoins de réfrigération/climatisation). D'autre part, ses ambitions ont été fortement diminuées lors du passage à sa seconde phase en 2012Guus J.M. Velders , Policy Forum Climate Change Preserving Montreal Protocol Climate Benefits by Limiting HFCs, Science, 24 février 2012, , , , (résumé). Mais un accord mondial signé à Kigali le par les signataires du protocole de Montréal de 1987 sur la protection de la couche d'ozone fixe un calendrier pour l'arrêt progressif de l'utilisation de ces gaz. Leur élimination progressive permettrait d'éviter jusqu'à de réchauffement d'ici à cette date et d'ici à 2100. Cet accord, plus engageant que l'accord de Paris sur le climat, puisqu'il prévoit des sanctions en cas de non-respect des engagements, devrait conduire à réduire leur consommation de 85 % par rapport aux niveaux de 2011-2013 d'ici à 2047.

Histoire Les HFC sont apparus sur le marché peu après la mise en application du Protocole de Montréal (1987) qui est l'un des protocoles internationaux les plus efficaces et important pour la protection du climatVelders GJM, Andersen SO, Daniel JS, Fahey DW et McFarland M (2007), The importance of the Montreal Protocol in protecting climate, Proc. Nat. Acad. Sci., 104:4814–4819. et interdit l'utilisation des chlorofluorocarbures (CFC) et des hydrochlorofluorocarbures (HCFC) en raison de leur action destructrice sur la couche d'ozone. Cette dégradation était due aux atomes de chlore présents dans les CFC et les HCFC qui, une fois irradiés par les rayons ultraviolets dans l'atmosphère, engendraient une catalyse radicalaire favorisant la décomposition de l'ozone () en dioxygène (). Les HFC se veulent donc une alternative aux CFC et aux HCFC en tant que ne contenant pas d'atome de chlore responsable de la dégradation de l'ozone stratosphérique.

Leur usage s'est fortement répandu dans le monde à partir des années 1980, avec des fuites possibles vers l'atmosphère de l'amont à l'aval de leur utilisation.

Impact sur la couche d'ozone S'ils ne détériorent pas directement en n'attaquant pas l'ozone, ils l'affectent indirectement car en contexte d'effet de serre exacerbé, les calories émises par la terre sont piégées dans les basses couches qu'elles réchauffent, ce qui se traduit par un refroidissement global des hautes couches. Or le refroidissement de la stratosphère contribue à aggraver la destruction de l'ozone quand elle est en contact avec d'autres gaz destructeurs d'ozone.

Gaz à effet de serre Les HFC contribuent très significativement à l'effet de serre.

Causes Ils font partie des six principaux gaz à effet de serre inscrits sur la liste du Protocole de Kyoto ainsi que dans la directive 2003/87/CE. À la différence d'autres gaz (dont le ), les HFC ont une durée de vie plutôt plus courte que d'autres des gaz à effet de serre les plus problématiques pour le climat, cependant leur potentiel de réchauffement global (PRG - 100 ans) correspond en moyenne à celui du dioxyde de carbone (), allant d'un facteur de 140 (HFC-152a) à un facteur de (HFC-23). Certains d'entre eux ont des valeurs élevées de potentiel de réchauffement global en raison de leur grande durée de vie dans l'atmosphère ( pour le HFC-23), allant de pour le HFC-143a à pour le HFC-23A.A. Lindley et A. McCulloch, Regulating to reduce emissions of fluorinated greenhouse gases, J. Fluor. Chem., 126, 1457–1462 (2005)., Environment Canada - GHG.

Tendances Les HFC contribuent aujourd'hui à environ 1.4 % de l'effet de serre global. Leur pouvoir de réchauffement global et leur durée de vie dans l'atmosphère sont cependant inférieurs aux CFC, qui restent responsables de 8 % du réchauffement mondial en 2022, malgré la très forte réduction de la production qui a suivi le protocole de Montréal à la fin des années 80. Leur consommation et les émissions dans l'air sont en forte augmentationMcFarland M (1999), Applications and Emissions of Fluorocarbon Gases: Past, Present and Prospects for the Future (Kluwer Academic, Dordrecht, The Netherlands).Schaefer DO, Godwin D et Harnisch J (2006), Estimating future emissions and potential reductions of HFCs, PFCs, and SF6, Energy J. Special., . depuis la fin des . Cependant, les émissions croissent moins vite que ce qui était projeté il y a une dizaine d'années, grâce aux négociations internationales et l'usage de gaz HFC et alternatifs moins émetteurs que leur prédécesseurs. (le taux de croissance est passé de 10 % à 15 % par an au début des .Institute for Governance and Sustainable Development (Washington) créé en 2005, spécialisé dans l'élimination des polluants à courte durée de vie, dont le noir de carbone, le méthane, l'ozone troposphérique et les hydrofluorocarbures (HFC). à 7,5 % sur la décennie 2010-2020). A ce rythme, la contribution des HFC au forçage radiatif global serait encore multipliée par 6,5 dans le monde d'ici à 2050.

Si on réduisait leur consommation ayant un fort pouvoir réchauffant, mais une faible durée de vie dans l'atmosphère (comme le méthane et le noir de carbone), éliminer ou réduire l'usage de ces produits pourrait avoir des effets climatiques positif plus rapides qu'en agissant seulement sur le .

Une réduction par palier des HFC avant 2020 aurait pu éviter . Cela correspond à éviter de réchauffement à l'horizon 2050 et jusqu'à de réchauffement en 2100 (scénario de forte croissance). Une élimination par palier .

Selon le Veerabhadran Ramanathan« Scripps Institution d'Océanographie » de l'université de San Diego (Californie)., ceci permettrait de réduire de 20 % la montée des océans d'ici à 2050 et de près de 25 % d'ici à 2100. Une réduction combinée du , de noir de carbone, du méthane et des HFC stabiliserait la hausse des températures à + d'ici à 2100.

Qui mesure les émissions de HFC ? En France, c'est l'Alliance Froid Climatisation Environnement (ou AFCE), qui est elle-même une commission interne de l'Association française du froid. Cette dernière est une organisation créée en 1908 et reconnue d'utilité publique en 1920, qui fédère près de 500 entreprises, syndicats professionnels, centres de formation et de recherche, experts et étudiants, qui dispose de comités régionaux), créée en ) qui s'est proposé pour suivre la part des HFC dans la mise en œuvre et le suivi de l'application en France et dans l'Union Européenne de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. En , l'AFCE s'est constitué en association loi de 1901, se présentant comme indépendante. ..

Négociations internationales

Le protocole de Kyoto signé en 1997, réclamait déjà la réduction des HFC.

En 2010, 108 pays signent la Déclaration de Bangkok appelant à un usage accru de substances à faible potentiel de réchauffement global ne dégradant pas la couche d'ozone et 112 pays signent en 2013 la Déclaration de Bali sur la transition vers ces substances..

Le , la Chine s'est engagée à éliminer les HCFC avant 2030 (pour huit milliards de tonnes équivalent ), et le , elle signait un accord bilatéral avec les États-Unis visant à accélérer l'élimination des HFC unissant ainsi les efforts des deux premiers émetteurs de gaz à effet de serre.

Puis le , Barack Obama et le Premier ministre de l'Inde Manmohan Singh annonçaient un groupe de travail commun pour de l'élimination des HFC.

En 2015, ils sont inclus dans la négociation pendant la COP21 pour l'effort de diminution du réchauffement climatique en vue de leur élimination.

Accord mondial de 2016 pour l'élimination des hydrofluorocarbures L'accord mondial pour l'élimination des hydrofluorocarbures, signé à Kigali le par les 197 pays signataires du protocole de Montréal de 1987 sur la protection de la couche d'ozone, fixe un calendrier pour l'arrêt progressif de l'utilisation de dix-huit de ces gaz, ceux dont le potentiel de réchauffement global est supérieur à et qui pourraient compter pour 9 à 19 % des émissions de GES (en équivalent ) d'ici à 2050. Leur élimination progressive permettrait d'éviter jusqu'à de réchauffement d'ici à cette date et de d'ici à 2100. Cet accord est plus engageant que l'accord de Paris sur le climat, puisqu'il prévoit des sanctions en cas de non-respect des engagements. Les pays développés devront réduire leur consommation de 10 % d'ici à 2019 par rapport aux niveaux de 2011-2013, puis atteindre 85 % de baisse d'ici à 2036 ; les pays en voie de développement, dont la Chine, premier producteur mondial de HFC, et les pays africains, entameront leur transition un peu plus tard, en 2024 et réduiront leur consommation de 80 % d'ici à 2045. Enfin, un troisième groupe de pays incluant l'Inde, le Pakistan, l'Iran, l'Irak et les pays du Golfe commencera à s'exécuter en 2028 pour atteindre 85 % de baisse en 2047. Une aide financière d'environ provenant de pays dits développés, tel le Japon, et de fonds publics et privés permettra de réaliser la transition dans les pays plus pauvresClimat : accord historique sur la fin des gaz HFC pour faire baisser l’effet de serre, Les Échos, .Climat : accord historique pour éliminer les gaz HFC, plus puissant que le , Le Monde, ...

Cet accord a pu entrer en vigueur le , ayant été ratifié par au moins 20 des parties prenantes du protocole de Montréal. La Chine annonce le son intention de le ratifier..

Mesures réglementaires En 2006, le règlement européen F-gas prévoit l’interdiction progressive entre 2011 et 2017 des gaz fluorés au PRG supérieur à 150 dans les systèmes neufs de climatisation automobileEU (2006), Directive 2006/40/EC of the European parliament and of the council of 17 May 2006 relating to emissions from air-conditioning systems in motor vehicles, Official J. EU L., 161:12–18..

En 2012, la Commission européenne confirme son souhait d'une forte diminution des émissions de gaz fluorésCommission européenne, Commission proposes significant reduction in emissions of fluorinated gases, 7 novembre 2012 et émet le un texte élargi prévoyant de réduire de 79 % les tonnages de HFC mis sur le marché en Europe en 2030, par rapport à 2015.