Henri Caillavet, né le à Agen et mort le à Bourisp (Hautes-Pyrénées), est un homme politique français.
Avocat de formation, Henri Caillavet eut une longue carrière parlementaire (38 années de mandats électoraux ).
Biographie
Il est issu d'une famille de négociants. Son père Jean Caillavet est drapier, propriétaire de plusieurs magasins à Agen et sa mère, Marie-Louise Caubet., d'origine provençale, est rationaliste et suffragette avant l'heure. Les Caillavet sont originaires du Gers et ce nom veut dire « petit caillou », « gravier » en gascon. Son père est franc-maçon et occupe au Grand Orient de France, durant l’entre-deux-guerres, la charge de vénérable de la loge à Agen. Il fait lire à Henri des ouvrages religieux pour lui former l'esprit. À la maison, l'on reçoit des personnalités : Joffre, Clemenceau, Jean Zay, Joseph Caillaux.
Le jeune Henri suit un parcours scolaire classique à Agen : l'école élémentaire Joseph-Bara puis le lycée Bernard-Palissy. Après un brillant cursus universitaire à Toulouse, où Vladimir Jankélévitch lui a « appris à penser », il est docteur en droit et sciences économiques, et licencié ès lettres (philosophie). À partir de 1938, il exerce la profession d’avocat à la cour d'appel de ParisVoir sa fiche de l'Assemblée nationale..
À 21 ans, il est initié en par la loge Les Vrais Amis Réunis - L'Indépendance Française (VARIF) du Grand Orient de France à l’orient de Toulouse.. Dans le livre Les Frères invisibles, les journalistes Renaud Lecadre et Ghislaine Ottenheimer révèlent que Caillavet était une sommité dans le Grand Orient de France. Il fut longtemps président de la Fraternelle parlementaire..
En 1937-1938, proche des milieux libertaires et anarchistes, il fait passer des armes démontées pour les Brigades internationales qui se battent aux côtés des républicains espagnols pendant la guerre d'EspagneVoir Un esprit libre de 2007..
Il est mobilisé en 1939. Dès 1940, il s’oppose à la politique du maréchal Pétain ; son appartenance au Grand Orient de France n’y est pas étrangère. Ses actions contre le régime de Vichy provoquent son arrestation, il est interné le , durant vingt-quatre heures, au camp de Noé qui « le relâche faute de preuves »... En tant que franc-maçon, il est empêché de passer son agrégation de droit. « Faute de mieux », il plaide au barreau de Bagnères-de-Bigorre.
Il entre en résistance contre l'occupation allemande en 1940 et fonde avec André Hauriou le mouvement Combat. Il est arrêté par les Allemands et livré à la Gestapo en . Du fait d'un alibi justifiant sa présence sur la frontière espagnole, il est libéré au bout de neuf semaines.
Deux ans après la Libération, il est élu, à 32 ans, député le à la seconde Assemblée nationale constituante. En tant que parlementaire, il est membre de la Haute Cour de justice chargée de juger les anciens responsables de Vichy.. Il préserve son mandat de député jusqu’en 1958. Très actif en matière de proposition de lois, il en fait sept jusqu'en 1951, puis vingt-quatre jusqu'en 1956..
En , on lui confie le poste de secrétaire d'État à la France d’Outre-mer dans le gouvernement Mayer, puis en 1954 dans le gouvernement Mendès France ceux de secrétaire d'État, successivement aux Affaires économiques et au Plan, à la Marine nationale, et enfin à l'Intérieur. Par ailleurs, il est élu conseiller général radical-socialiste du canton d’Astaffort de 1951 à 1963.
En 1958, il s’oppose au général de Gaulle en votant contre son investiture et la nouvelle Constitution. Il perd les élections législatives, balayé par la vague gaulliste qui ouvre la République.
Il quitte ensuite le Lot-et-Garonne pour les Hautes-Pyrénées, où il est maire de Bourisp de 1959 à 1983.
Il se présente aux élections sénatoriales en Lot-et-Garonne et est élu en . Sénateur de 1967 à 1983, il cumule ce mandat avec celui de député européen de 1979 à 1984.
Il s'illustre au Parlement notamment par l'élaboration de projets de loi ou de propositions législatives concernant :
le divorce par consentement mutuel ; proposition de loi en . ; la publicité clandestine à la télévision ; rapporteur d'une Commission en sur l'ORTF avec le député du Nord André Diligent. ; l'interruption volontaire de grossesse (IVG) ; il est rapporteur en 1974 devant le Sénat de la loi Veil ; les greffes d'organes, en 1976 ; une loi sur le don d'organes porte son nom (« loi Caillavet ») ; le vote blanc ; proposition de loi en . le tribunal de l'informatique, précurseur de la CNIL ; l'euthanasie et l'acharnement thérapeutique ; il propose en un projet de loi sur le droit de mourir, qui précède de près de trente ans la « loi Léonetti » d'. ; l'homosexualité, en 1978 ; ses propositions pour retirer du Code pénal des mesures discriminantes envers les homosexuels ne seront adoptées complètement qu'en 1981 ; en 1991, il soutient le contrat d'union civile (CUC), préfiguration du PACS voté en 1999. ; la transidentité, en 1981 et 1982..
Il justifie l'avortement thérapeutique et l'euthanasie par des arguments qualifiés par certains d'eugénistes, affirmant que dès lors qu'un enfant peut poursuivre ses ascendants en justice pour réclamer le droit à ne pas naitre handicapé (arrêt Perruche), . Cf. le commentaire de J. Ricot sur cette citation dans La dignité humaine en questions, Paris, Éditions de l'Emmanuel, 2004, ..
Il prend en outre la défense de la tueuse en série Christine Malèvre, une infirmière qui a donné la mort à au moins six patients en fin de vie (dont certains n'étaient pas consentants).« Christine Malèvre : la mort au bout de l'aiguille », Faites entrer l'accusé, ..
Il perd son mandat de sénateur en 1983 contre Jean François-Poncet. Mais il contribue à lancer de nombreuses initiatives, comme la création de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) et le think tank Réseau Voltaire. C'est ainsi qu'il préside la Commission pour la transparence et le pluralisme de la presse (). Plusieurs fois président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), il en démissionne le .
Cofondateur et plusieurs fois président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), il en démissionne le .
Il se présentait comme athée et rationaliste et a intégré le Comité consultatif national d'éthique en 1981.
Il préside le Comité Laïcité République jusqu'en 2009.
Son portrait est brossé en par le journal Le Petit Bleu« Henri Caillavet », Richard Hecht, Le Petit Bleu de Lot-et-Garonne..
Il meurt le dans sa maison de Bourisp et est incinéré au crématorium d'Azereix..
Son épouse, née Françoise Rousseau, meurt en 2011 à l'âge de 99 ans.. Le couple a eu quatre fils : Jean-Pierre, Guy, François et Hugues. Son fils François Caillavet, assureur, a été impliqué dans le scandale financier provoqué par Jacques Crozemarie, président de l'Association pour la recherche sur le cancer (ARC), en 1991..
Décorations
sans_cadre|50x50px Commandeur de l'ordre de l'Économie nationale, ex officio en tant que secrétaire d'État aux finances, aux affaires économiques et au plan (1955).
Fonctions gouvernementales Secrétaire d'État à la France d'Outre-mer du gouvernement Mayer (du au ) Secrétaire d'État aux Affaires économiques et au plan du gouvernement Mendès France (du au ) Secrétaire d'État à la Marine (Défense) du gouvernement Mendès France (du au ) Secrétaire d'État à l'Intérieur du gouvernement Mendès France (du 20 au )
Autres mandats Député (radical) de Lot-et-Garonne (1946-1958) Sénateur (MRG) de Lot-et-Garonne (1967-1983) Député européen (1979-1984) Conseiller général de Lot-et-Garonne (1951-1964) Maire de Bourisp (1959-1983)
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Questions sur l'essentiel, ouvrage collectif, Paris, Cerf, 1979
Liens externes
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