Mark Rutte (), né le à La Haye, est un homme d'État néerlandais. Membre du Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD), il est Premier ministre des Pays-Bas du au et secrétaire général de l'OTAN depuis le .

Cadre des ressources humaines chez Unilever, engagé aux libéraux-démocrates dès sa jeunesse, il entre au gouvernement en 2002 comme secrétaire d'État à l'Emploi et à la Sécurité sociale dans la coalition de droite menée par Jan Peter Balkenende. Maintenu en 2003, après des élections anticipées lors desquelles il est élu représentant, il change de poste en 2004 pour devenir secrétaire d'État à la Formation professionnelle et à l'Enseignement supérieur. Deux ans plus tard, il bat Rita Verdonk lors de l'élection du chef politique du VVD et quitte peu après le gouvernement pour prendre la tête du groupe parlementaire du VVD à la Seconde Chambre. À la suite des élections législatives qui se tiennent la même année, il se retrouve dans l'opposition du fait de la formation d'une grande coalition toujours conduite par Balkenende.

Aux législatives de 2010, Mark Rutte axe sa campagne sur la promesse d'une forte rigueur budgétaire et d'un durcissement de la politique d'immigration, ce qui permet au VVD d'arriver en tête du scrutin, une première depuis 1948. Quatre mois après la tenue du vote, il prend la tête d'un gouvernement minoritaire entre le VVD et l'Appel chrétien-démocrate (CDA), soutenu par le Parti pour la liberté (PVV). Ayant perdu le soutien des nationalistes, il convoque des élections anticipées en 2012, à l'issue desquelles il constitue une majorité centriste avec le Parti travailliste (PvdA). Cinq ans plus tard, il remporte un nouveau scrutin législatif, ce qui lui permet d'ouvrir les négociations pour un troisième mandat avec le CDA, les Démocrates 66 (D66) et la Gauche verte (GL). Après que cette dernière refuse de participer au gouvernement, un cabinet majoritaire est formé avec l'Union chrétienne (CU). Il reconduit cette coalition à l'issue des élections de 2021 et forme neuf mois après le scrutin son quatrième gouvernement. Celui-ci chute moins d'un an et demi plus tard, en raison de désaccords sur la question de la politique d'asile. Il ne se représente pas aux élections anticipées consécutives. En , il est choisi par consensus comme nouveau secrétaire général de l'OTAN.

En 2024, avec près de 14 ans passés en tant que Premier ministre, il est le chef de gouvernement à la plus grande longévité de l'histoire des Pays-Bas, devant Ruud Lubbers.

Jeunesse Mark Rutte naît et passe son enfance à La Haye, dans une famille de confession réformée. Il est le benjamin d'Izaäk Rutte (né le et mort le ), d'abord un importateur travaillant pour une compagnie faisant commerce avec les Indes néerlandaises, promu ensuite directeur d'une division de l'entreprise aux Pays-Bas, et de Hermina Cornelia Dilling (1923-2020), une secrétaire ayant un emploi chez Arcadis.

Après s'être intéressé à la politique durant ses études secondaires et voulant devenir pianiste, Mark Rutte obtient en 1992 son diplôme d'histoire à l'université de Leyde, et passe ensuite par l'International Institute for Management Development de Lausanne (Suisse). Il est peu après engagé par la société Unilever comme gestionnaire des ressources humaines.

En 1997, il devient directeur du personnel de Van den Bergh Nederland, mais retourne trois ans plus tard chez Unilever, où il obtient un poste de directeur des ressources humaines directement sous les ordres du conseil d'administration.

Il est promu directeur des ressources humaines de la filiale IGLOMora BV en , mais démissionne au bout de cinq mois, à la suite de sa nomination au gouvernement, dans lequel il entre sans mandat électif. Unilever étant une grande entreprise néerlandaise, ses capacités de gestion dans le domaine social furent remarquées. Il était de plus président de l'association des jeunes du VVD.

Parcours politique Secrétaire d'État Le , il est nommé secrétaire d'État chargé de l'Emploi, de la Sécurité sociale et des Retraites sous la direction du ministre des Affaires sociales et de l'Emploi Aart Jan de Geus dans le gouvernement de coalition dirigé par Jan Peter Balkenende. Son mandat, comme celui du gouvernement, ne dure que quatre-vingt six jours, mais il est reconduit le , à la suite des élections anticipées du .

Il s'attaque alors à la réforme du système des incapacités du travail (AOW) en faisant adopter un projet de loi censé faciliter le retour vers l'emploi. Il devient le secrétaire d'État à la Formation professionnelle, à l'Enseignement supérieur et à la Vie étudiante au sein du ministère de l'Éducation, de la Culture et de la Science sous la direction du cabinet Balkenende III.

À ce poste, il s'attache à favoriser l'accès à l'enseignement supérieur en réformant les bourses d'études, accordées au départ sous forme de prêt et qui se transforment en don en cas de réussite de l'étudiant. En cas de remboursement, le bénéficiaire ne paie plus de frais mensuels fixes mais une part de ses revenus. Rutte fait également voter en 2006 une loi donnant une plus grande autonomie aux universités.

À la direction du VVD Élu chef politique et tête de liste du Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD) avec 51 % des suffrages face à la controversée ministre de l'Immigration Rita Verdonk le , il prend la présidence du groupe du parti à la Seconde Chambre le suivant, quittant de fait le gouvernement. Verdonk crée le parti Fiers des Pays-Bas en 2008, et se retire de la vie politique en 2010.

Rutte mène la campagne libérale pour le scrutin anticipé du , où le VVD perd six élus, conservant 22 sièges sur 150 et pointant à la quatrième place, derrière le Parti socialiste (SP).

Il affirme en 2009, que la négation de la Shoah, les discours de haine ou les propos insultants de groupes marginalistes ne devraient plus être une offense criminelle en raison de la liberté d'expression. Cette dernière doit, selon lui, être explicitement garantie... Il développe : .

Victoire aux élections de 2010

Il est proclamé tête de liste du VVD le en vue des élections législatives anticipées du 9 juin. Au cours de la campagne, il se montre très critique envers l'Appel chrétien-démocrate (CDA) et son chef, le Premier ministre Jan Peter Balkenende, tout en affirmant ne pas être prêt à s'allier avec le Parti travailliste (PvdA) de Job Cohen. Désigné vainqueur du débat télévisé du , sa campagne est axée sur la réduction du déficit public, la baisse de la fiscalité et un durcissement de la politique d'immigration.

Le jour du scrutin, pour la première fois depuis sa fondation en 1948, le parti libéral arrive en tête du scrutin avec 20,4 % des voix et 31 représentants sur 150, soit un siège d'avance sur les travaillistes. En sa qualité de chef du premier parti de la Seconde Chambre, il est pressenti pour devenir le premier Premier ministre libéral depuis 92 ans et le premier issu du VVD.

La chaîne de télévision BNN, après l'annonce des résultats, affirme vouloir créer un concours pour trouver un conjoint au futur Premier ministre célibataireMark Rutte, Premier ministre néerlandais et bachelor de télé-réalité, Libération, consulté le 17 janvier 2016.. Alors que Rutte ne fait pas de commentaire sur le sujet, la direction ne donne pas de suite à l'ébauche de programme.

Premier ministre Premier mandat

Il est désigné formateur du gouvernement le par la reine Beatrix, après la réussite des négociations exploratoires entre le VVD, le Parti pour la liberté (PVV) et le CDA pour la constitution d'un gouvernement minoritaire, le premier depuis 1939, entre libéraux et chrétiens-démocrates« Les libéraux néerlandais vont former un gouvernement de coalition minoritaire soutenu par le parti de Geert Wilders », Le Monde, .. La feuille de route gouvernementale prévoit notamment la réduction de dix-huit milliards d'euros des dépenses publiques, une réduction pour moitié de l'immigration et le vote d'une loi interdisant le port de la burqa et le niqab (finalement adoptée de façon bipartisane entre le VVD et le PvdA en 2016)« La reine Beatrix charge Mark Rutte de former le nouveau gouvernement », France 24, .. Elle comprend également une politique de tolérance pour les infractions mineures. Mark Rutte prend officiellement ses fonctions de Premier ministre des Pays-Bas le , quittant à la même date la présidence du groupe VVD à la Seconde Chambre, où il est remplacé par Stef Blok. Le suivant, Rutte décore son prédécesseur Jan Peter Balkenende du rang de chevalier grand-croix dans l'ordre d'Orange-Nassau pour huit ans de service au poste de Premier ministre.

Au début du mandat de Rutte, les Pays-Bas connaissent un fort déficit public, que ce dernier réduira fortement. Le Premier ministre fait également voter une loi interdisant la vente de cannabis dans les coffee shops aux touristes étrangers, du fait de l'image dégradante du pays que cela leur procure. Cependant, le bourgmestre d'Amsterdam, Eberhard van der Laan, annonce qu'il ne fera pas fermer les portes des lieux d'achat aux touristes, car cela ferait augmenter considérablement le trafic de rue, et la loi est remise en question. Sur le plan international, menant une politique atlantiste et ouverte sur l'Europe comme ses prédécesseurs, Mark Rutte soutient Israël, mais plaide pour la création d'un État palestinien.

À l'occasion des élections provinciales du , le VVD confirme son statut de première force politique du pays. Le score cumulé des trois partis soutenant le gouvernement ne leur permet toutefois pas d'obtenir la majorité absolue à la Première Chambre.

Chute du gouvernement après le retrait du PVV vignette|gauche|Mark Rutte lisant The Financial Times à bord d'un avion gouvernemental, lors d'un déplacement d'État (2011). Le , Rutte annonce l'échec des négociations budgétaires avec le PVV, après six semaines de discussions, et la probabilité d'élections anticipées« Les Pays-Bas vers des élections législatives anticipées », Le Point, .. Le gouvernement proposait une hausse de la taxe sur la valeur ajoutée, un gel du traitement majoré des fonctionnaires et une baisse du budget de la santé.

Geert Wilders, chef du PVV, affirme alors que de telles élections devraient avoir lieu « au plus vite »« Vers des élections anticipées aux Pays-Bas après l'échec des négociations budgétaires », Le Monde, ., Rutte se rendant deux jours plus tard au Huis ten Bosch pour remettre sa démission et celle du gouvernement à la reine Beatrix« Crise politique aux Pays-Bas : Mark Rutte chez la reine Beatrix », LCI, . qui l'accepte tout en demandant au gouvernement de gérer les affaires courantes« Pays-Bas: Rutte présente sa démission », Le Figaro, .. Toutefois, le , les deux partis du gouvernement, les Démocrates 66 (D'66), la Gauche verte (GL) et l'Union chrétienne (CU) s'accordent pour faire voter, avant les législatives anticipées, les mesures de rigueur budgétaire proposées« Pays-Bas : accord sur l'austérité », Le Figaro, ..

Élections anticipées de 2012 Lors des élections législatives anticipées du , les libéraux arrivent en tête avec 41 représentants, devant les travaillistes de Diederik Samsom, qui remportent 38 mandats. Les deux partis entament, le , des négociations de coalition« Une coalition gouvernementale s'esquisse aux Pays-Bas », Le Monde, ., sous l'égide du libéral Henk Kamp et du travailliste Wouter Bos. Dès le , un accord sur une modification du budget pour 2013 est trouvé, augurant de la réussite future des discussions« La formation d'un gouvernement de coalition se précise », Le Matin, .