right|300px|thumb|Le en France, une violente rixe entre anarchistes et policiers se déclare à Clichy. Trois manifestants sont battus, jugés et la peine de mort est réclamée contre l'un d'entre eux par l'avocat général. En représailles, le , les anarchistes Ravachol et Mabillon font exploser une bombe artisanale dans l'immeuble du Président du procès, lançant l'Ère des attentats (1892-1894).
La violence politique est un concept utilisé en sciences sociales et politiques qui fait référence à Philippe Braud, La violence politique dans les démocraties européennes occidentales, Cultures & Conflits, n°9, p. 272.Cyril Tarquinio, La violence politique..
Le concept recouvre de nombreuses activités. Dans le contexte de conflits armés, son spectre comprend des actes ou des événements comme la tentative isolée d'assassinats, la guérilla locale ou à petite échelle, la rébellion armée ou la résistance, le terrorisme politique, l'état de terreur, la répression ou la guerre. La violence politique s'exprime également en dehors de conflits armés, par exemple au travers du contrôle social exercé par l'État ou une de ses réponses, la menace de violence envers soi-mêmePhilippe Braud, La violence politique dans les démocraties européennes occidentales, Cultures & Conflits, n°9, p. 328..
L'usage du concept de « violence politique » a pour objectif de prendre de la distance par rapport au caractère légitime ou non de son expression pour au contraire se focaliser sur son caractère coercitif (l'usage de la force ou sa menace) et sur les moyens pour la réguler.
Description du concept Définition L'étude de la s'intéresse à la place de l'usage de la force dans les systèmes politiques, démocratiques ou non. Les premiers travaux remontent aux années 1970 avec Ted Robert Gurr et . Ce dernier en particulier lui a donné une définition souvent reprise à savoir : . Cette approche est liée à la volonté de nombreux auteurs, principalement américains, de ne prendre en compte dans la que , par exemple les nombres d'émeutes ou de grèves, pour extraire le concept .
Des chercheurs, comme Yves Michaud, ont toutefois remis en cause l'idée même de donner une définition de la « violence politique » qui fasse consensus. De leur point de vue, il n'est pas possible de qualifier un fait de car ce choix dépend trop de la perspective adoptée : celle de l'auteur (ou de l'instigateur) d'un côté ou celle de la victime (ou de la personne ciblée) de l'autre.
Classification Le spectre des actions et des événements couverts par le concept de violence politique est vaste. Il est présenté dans le tableau suivant établi par Tanguy Struye de Swielande, Le terrorisme dans le spectre de la violence politique, Les Cahiers du RMES, juillet 2004..
Grande échelle Petite échelle Émeutes et violences urbaines Actes isolés de sabotage ou attaques de propriétés Rébellion armée ou résistance Tentative isolée d’assassinat Révolution ou contre-révolution Guerre des gangs et vendettas État de terreur ou répression Terrorisme politique Guerre civile Guérilla locale ou à petite échelle Guerre limitée Terrorisme transnational et international Guerre nucléaire Raids de type guérilla sur des États étrangers
Intérêts sémantique et scientifique de l'expression Philippe Braud décrit l'intérêt sémantique de l'expression « violence politique » en particulier dans le contexte scientifique. La dénonciation d'une violence traduit plus le rejet de comportements jugés non acceptables que la mesure de cette violence et en conséquence, les actes de violence politique ne peuvent se définir à partir en particulier du fait de la charge émotive liée à ces actes et de par qui accompagnent cette dénonciation. Or, l'analyse scientifique des événements doit se baser sur .
À ce niveau, l'expression a un double intérêt sémantique et scientifique : elle met l'accent sur le caractère coercitif des actions c'est-à-dire sur l'emploi ou la menace d'user de la « force » et elle porte une qui oblige à étudier les faits au travers de leurs conséquences psychosociales dans la vie politique et non pas aux travers de leurs justifications ou condamnation par les acteurs. Dans cette perspective, le problème particulièrement important pour les systèmes démocratiques de et la devient envisageable.
Problème de la légitimité de l'usage de la violence thumb|Les 6 et , les États-Unis procèdent aux bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki pour obtenir la capitulation inconditionnelle du Japon. Leur légitimité ou non est aujourd'hui l'objet de débats entre historiens.
Les actions de violence politique sont souvent sujettes à des jugements de valeurs car dans les démocraties occidentales pluralistes, la de la violence est devenue .
Philippe Braud rapporte pourtant des exceptions, comme l'apologie de la violence des colonisés par Jean-Paul Sartre ou celle des . Avec la même idée mais appliquée en sens inverse, il rappelle la stigmatisation de l'inaction militaire comme lors de la Guerre du Golfe ou celle de Bosnie avec un vocabulaire et des arguments faisant référence à la situation de la montée du régime nazi. Il met cependant en garde contre le et conclut que Philippe Braud, La violence politique : repères et problèmes, Cultures & Conflits, 09-10, printemps-été 1993..
En France L'ouvrage Violences politiques en France dirigé par Isabelle Sommier, professeur de sociologie qui recense cinq familles activistes à l'origine des violences (idéologiques de droite et de gauche, indépendantistes, religieuses, professionnelles et sociétalesÉcoterrorisme, cyberterrorisme), observe l'intensification de la violence politique en France depuis le début du : .
Cette tendance s'inscrirait dans un contexte plus global d'extension des conflits et de Concept proposé par Sidney Tarrow dans Democracy and Disorder: Protest and Politics in Italy, 1965-1975, Oxford University Press, 1989 qui serait attesté par cinq éléments : .
Selon le professeur de science politique Xavier Crettiez, parmi les six mille épisodes de violence politique (violences physiques, matérielles, etc.) analysés en France depuis 1986, 87 % de ces violences physiques n'ont fait aucune victime, aucun blessé. Des violences légères mais symboliques (entartages, gifles, etc.) en disent beaucoup sur l'évolution de l'action politique et répondent, avant tout, à une plusieurs logiques : la désacralisation du corps politiqueCe processus débute avec la désacralisation de la monarchie absolue, opérée lors de la Révolution française qui renforce l'objectif de désincarnation du pouvoir selon trois principes : la non-appropriation du pouvoir, le caractère temporaire des mandats politiques, la capacité des responsables politiques à représenter l'intérêt général. Le développement de l'opinion publique et la judiciarisation de l'activité politique (pour mettre fin au sentiment d'impunité pénale qui explique la banalisation des scandalises politiques et la des responsabilités) ont renforcé cette désacralisation. Cf .
La politique-divertissement a également contribué à la . Cf , la désintermédiation (effacement des partis politiques, déclin des syndicats), le narcissisme, la et la qu'encouragent les réseaux sociaux.
Aux Etats-Unis Selon un sondage YouGov pour The Economist de , 20 % des Américains politiquement à gauche pensent que la violence politique peut être justifiée, contre 7 % des Américains politiquement à droite ou au centre. Ce chiffre monte même à près de 30% pour les Américains de gauche âgés entre 18 et 39 ans.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Xavier Crettiez, Les formes de la violence, La Découverte, 2008. Véronique Flanet, La Maîtresse mort - Violence au Mexique, Préface de Jacques Soustelle, Paris, Berger-Levrault, 1982. , Political Violence: Belief, Behavior, and Legitimation, Palgrave Macmillan, 2008. Philip Herbst, Talking terrorism: a dictionary of the loaded language of political violence, Greenwood Publishing Group, 2003. Philippe Braud & al., « La violence politique dans les démocraties occidentales », Culture & Conflits, printemps-été 1993. Cédric Cagnat, Politiques de la violence, L'Harmattan, 2012
Philippe Braud, La violence politique : repères et problèmes, Cultures & Conflits, 09-10, printemps-été 1993. Jean-Paul Chagnollaud , Terrorisme et Violence politique, Confluences Méditerranée, n°20, 1996. Florent Schoumacher, « Les fondements de la violence politique », Hermaphrodite, n°3, Juin 1999
Articles connexes Terrorisme Résistance Bagarre de parlementaires Violence policière Violence structurelle Massacres anticommunistes Tyrannie de la majorité
Liens externes International Center for Polilitical Violence and Terrorism Research Groupe de travail universitaire sur la violence politique et le terrorisme Violence politique sur l'encyclopédie canadienne. James Mensch, Political violence, St. Francis Xavier University, Ontario, Canada. La revue à comité de lecture Terrorism and Political Violence, publiée par Routledge. Major épisodes of Political Violence 1946-2010
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